Chapitre 461
[Traducteur — Night]
[Relecteur — Gun]
Chapitre 461 : Action à forte croissance (5)
Deux, quatre.
Puis huit.
Deux calculs avaient tout changé.
« Huit… vous dites ? »
Contrairement à ce que Maon avait supposé — à savoir que la pénalité augmenterait de deux milliards de karma par jour —, le chef de la famille Renaissance avait présenté une formule selon laquelle le montant doublait chaque jour.
Autrement dit, au quatrième jour suivant la signature du contrat, la pénalité s’élèverait à seize milliards.
Au cinquième jour, elle atteindrait trente-deux milliards… et en moins d’une semaine, elle dépasserait les cent milliards de karma. Une règle complètement délirante.
« Vous êtes fou. Vous savez seulement à combien s’élèverait la pénalité le dixième jour avec cette formule ? »
« Non. Je n’ai jamais eu l’intention de laisser les choses aller jusque-là »,
répondit Yeongwoo avec calme.
Pour la première fois, la colère se lisait sur le visage de Maon.
« Qu’avez-vous dit ? »
À ce rythme, les négociations allaient forcément échouer.
Comme prévu, Emel avait déjà remarqué le changement d’atmosphère et affichait à présent un sourire triomphant.
Il devait croire que c’était l’occasion rêvée d’anéantir cette famille de fous une bonne fois pour toutes.
« F-Fais quelque chose. Il n’y a plus personne derrière nous. »
Jiseon aussi était visiblement ébranlée par cette méthode de négociation absolument inédite et regardait autour d’elle, incrédule.
Le Président Dogo et les invités qui avaient autrefois rempli la salle de cérémonie, de l’autre côté, avaient disparu.
À présent, dans l’arrondissement de Gwangjin, seuls se trouvaient les chefs et les représentants des puissantes familles connues dans toute la galaxie.
En d’autres termes, s’ils décidaient de lancer une attaque générale, Renaissance et même le Vaisseau planétaire seraient détruits, et l’histoire de Jeong Yeongwoo s’arrêterait là.
Et alors, enfin…
Clac !
Yeongwoo fit un pas vers les chefs de famille et prit la parole.
« Cette formule n’avait pas pour but de vous soutirer de l’argent. »
Toujours visiblement irrité, Maon posa de nouveau la question :
« Quel était donc votre véritable objectif ? »
« Je vous demande de faire tout votre possible pour réduire la pénalité. Si le contrat est rempli rapidement, elle ne posera aucun problème, n’est-ce pas ? »
« Quoi ? »
Exactement.
En théorie, si Jeong Yeongwoo parvenait à faire progresser son niveau de prestige de deux rangs en une seule journée, aucune pénalité ne serait due.
Et même au bout de trois jours, la pénalité ne dépasserait pas dix milliards. Ils avaient donc trois ou quatre jours devant eux.
« Comme l’a dit le chef de famille, je progresse chaque jour de l’équivalent de cent millions d’années. En une journée, je vis davantage que d’autres au cours d’une ère entière. »
« Et alors ? »
« C’est pour ça que je n’ai pas le temps. Je ne peux pas me permettre d’attendre pour devenir plus fort. »
Yeongwoo leva de nouveau les yeux vers le ciel.
« Sans une pénalité qui double chaque jour, comment espérer que qui que ce soit agisse dans l’urgence ? »
Si le contrat exigeait seulement qu’on lui enseigne comment faire progresser son niveau de prestige de deux rangs, le processus ne manquerait pas de s’éterniser.
Seul Yeongwoo, dont le temps était limité, ressentirait la pression.
Qui sait ce qui pouvait arriver le lendemain ?
Qui sait quand il tomberait sur un ennemi bien plus fort que lui ?
Les chefs de famille comme Maon, en revanche, avaient une tout autre perspective.
Une fois le contrat signé, un pacte de non-agression réciproque entrerait en vigueur. Ils n’avaient donc aucune raison de se presser.
Ces familles existaient depuis des milliers, voire des millions d’années.
À leurs yeux, une seule « journée » n’était qu’un bref instant.
« Il existe une expression sur cette planète, la Terre : yeokjisasaji. »
[Note du traducteur : « Yeokjisasaji » (역지사지) est une expression coréenne qui signifie « se mettre à la place de l’autre ».]
« Yeokjisasaji ? »
« Pour vraiment comprendre quelqu’un, il faut se mettre à sa place. »
« Ha ! Vous voulez dire que cette pénalité extravagante relève de ce principe ? »
Faire ressentir à des êtres qui vivaient des siècles ou des millénaires ce que signifiait vivre une seule journée humaine.
Voilà pourquoi Yeongwoo avait choisi une pénalité qui doublait chaque jour : pour les pousser à agir dans l’urgence.
« Si vous acceptez cette condition, vous finirez par comprendre ce que représente pour moi chaque “journée”. Et alors… »
« Vous nous obligerez à faire tout notre possible pour vous aider à progresser. »
Maon termina la phrase à sa place.
Yeongwoo s’inclina respectueusement.
« C’est exact. »
Maon appuya ensuite le menton sur ses mains jointes et prit la parole.
« Yeokjisasaji, hein… Alors, à votre tour de comprendre ma position, n’est-ce pas ? »
« … ? »
« Pourquoi devrais-je, moi qui suis destiné à vivre des âges entiers, me soucier de vos fugaces “journées” ? Qu’est-ce qui pourrait bien me presser ? »
Il demandait pourquoi un membre d’une lignée puissante, à la longue espérance de vie, devrait se hâter pour un mortel comme Yeongwoo.
Le pacte de non-agression conclu avec Yeongwoo visait seulement à préparer la montée en puissance future de Renaissance. Il n’y avait aucune raison d’accélérer les choses.
Du moins, pas aux yeux de Maon et de sa famille, Tisef.
« … Ça… »
Yeongwoo se tut.
Tout ce qu’il avait dit jusque-là reposait sur un raisonnement détourné, tandis que l’argument de Maon n’était que du simple bon sens.
« Puisque vous ne savez pas quoi répondre, j’imagine que le jeune héritier avait raison : vous êtes un imbécile arrogant. »
Maon avait déjà mentionné que de nombreuses familles avaient été anéanties pour une question de « manque de respect ».
Ses paroles venaient donc de sonner comme un adieu.
Yeongwoo avait dépassé les bornes.
Crac… !
Le corps de Maon, enfermé dans une immense sphère métallique, commença à enfler.
Sa cage thoracique et les traits de son visage grossirent, tandis que les muscles de ses bras et de ses épaules prenaient à vue d’œil des proportions incroyables.
Emel aussi serra fermement son épée et fixa Yeongwoo, prêt à en découdre.
« Il y a donc bien un équilibre dans l’univers. »
Pour reprendre une expression terrestre, c’était le juste retour des choses.
Tout était rentré dans l’ordre.
… Merde.
Sentant la destruction imminente de sa faction, Yeongwoo tourna vivement les yeux vers son épaule droite.
Flash !
Mais l’emblème de Dogo, qui aurait dû briller de mille feux, resta immobile et muet.
C’était la preuve que l’entreprise n’interviendrait pas dans cette affaire.
Enfin, c’est ma faute !
Que devait-il faire, alors ?
« … »
Yeongwoo promena son regard sur les chefs de famille galactiques rassemblés autour de lui.
Par miracle, Bioto et Zeana n’avaient encore montré aucun signe d’hostilité, mais Maon et Emel suffisaient à eux seuls à représenter une menace.
Assez pour anéantir la famille Renaissance ici et maintenant.
Deux contre un ? J’ai déjà du mal en combat singulier… C’est seulement possible ?
Non.
Ça ne l’était pas.
Yeongwoo prit rapidement sa décision et passa aussitôt à l’action.
Fouu !
Avec une vitesse incroyable, il se jeta à plat ventre sur le sol.
Boum !
« Qu’est-ce que… »
Éberlué de voir le chef de la Maison Jeong Yeongwoo se cogner soudain la tête contre le sol, Emel regarda Maon d’un air perplexe.
Il vit que Maon, qui s’apprêtait à combattre, observait à présent le nouveau chef de famille avec une curiosité inattendue.
Comme prévu, le vieux chef s’intéressait encore à cette étrange famille qui n’apparaissait qu’une fois par cycle galactique.
[Traducteur — Night]
[Relecteur — Gun]
« Quelle créature imprévisible. Qu’est-ce que vous mijotez, cette fois ? »
Tandis que Maon dominait Yeongwoo de toute sa hauteur, son corps démesurément gonflé, celui-ci releva légèrement la tête.
« Alors, seigneur Maon, que diriez-vous si je vous donnais une excellente raison de m’aider à progresser rapidement ? »
« Quoi ? »
« Une non-agression réciproque pendant mon mandat, et… »
Yeongwoo déglutit difficilement.
Il savait parfaitement qu’une fois prononcées ici et maintenant, ses paroles seraient irrévocables.
Mais sans premier investisseur, il n’y en aurait pas de deuxième.
Sans lui, aucun avenir ne serait possible.
Parce qu’il mourrait ici.
Alors Yeongwoo déploya l’avenir qui était sur le point de s’effondrer.
« Une défense mutuelle. »
« Une défense mutuelle ? »
« Dès demain, nous serons plus forts que Satral. Le jour suivant, nous pourrons rivaliser avec Shirach. Et le lendemain… Nous serons un allié de poids pour votre grande Maison. »
Sans aucune échappatoire, Yeongwoo lança ses arguments avec un aplomb insensé.
Maon éclata de rire.
« Oser mentionner Shirach devant son chef adjoint… Quelle insolence. »
Mais cette fois, le mot « insolence » avait une tout autre nuance.
Contrairement à Emel, qui avait maintenant l’air d’avoir avalé un insecte amer, Maon riait à gorge déployée.
« Très bien, espèce de va-nu-pieds effronté. Avec une telle audace, faire grandir ce petit corps ne devrait pas vous poser de problème. »
Maon connaissait donc un moyen d’aider Yeongwoo à faire progresser son prestige de deux rangs.
« Rédigez le pacte. Je prononcerai un serment qui sera respecté pendant votre brève existence. »
Enfin, Maon accepta la proposition de Yeongwoo. Emel, dont le front portait le symbole du « Général », serra les mâchoires.
Si les choses tournaient ainsi, sa visite sur cette planète ne lui vaudrait que la honte.
Dans le même temps, derrière Yeongwoo, l’espace se déchira et Kubu, l’administrateur de Renaissance, ouvrit les yeux.
« Seigneur, le serment et les documents du traité sont prêts. »
« Quoi ? Kubu, tu as tout regardé sans dire un mot ? »
Yeongwoo fronça les sourcils, mais Kubu ne répondit pas.
À la place, il fit apparaître dans les airs le sceau d’artillerie de Renaissance.
Flash !
C’était le pacte provisoire qui serait conclu avec la Maison Tisef.
« Les mutants vont bientôt apparaître. Je vous conseille de vous dépêcher. »
Invité par Kubu à faire vite, Yeongwoo tendit la main et toucha le sceau d’artillerie.
Tap.
Le symbole fut absorbé par ses doigts, puis s’imprima sur sa paume dans une lumière éclatante.
« Q-Qu’est-ce que c’est ? »
« Une poignée de main. Chaque famille a ses propres lois contractuelles, mais vu l’urgence, j’ai établi celle-ci moi-même. »
« Une poignée de main ? Ah… »
En voyant sa paume, Yeongwoo comprit enfin l’intention de Kubu.
La poignée de main, qui sur la Terre réinitialisée servait à se lier d’amitié avec les mutants, était désormais devenue le moyen de conclure des pactes au sein de Renaissance.
« Eh bien, ce n’est pas une mauvaise idée. »
Frouf.
Le symbole d’artillerie marqué sur sa main droite, Yeongwoo se tourna vers Maon.
Maon, lui, baissa les yeux vers la paume de Yeongwoo.
« Pourquoi le sceau du pacte est-il dans votre main ? »
D’ordinaire, le sceau du pacte flottait dans les airs entre les parties, qui l’activaient ensemble. D’où sa question.
Yeongwoo tendit la main droite vers Maon et répondit :
« Une défense mutuelle, ça consiste essentiellement à se protéger l’un l’autre, non ? Alors, avant ça, ne devrions-nous pas essayer de nous donner la main ? C’est comme ça qu’on fait sur Terre. »
Maon baissa les yeux vers le bras mécanique fixé à son corps sphérique.
Il comprit que son interlocuteur ne souhaitait pas serrer une main mécanique.
« Vous en avez, des exigences. »
Maon fit rouler la sphère vers l’avant, redressa son immense torse et tendit un bras colossal.
Crac, cric !
Quand le bras musculeux de Maon bougea, un bruit de bois tordu retentit sous sa peau.
Et enfin…
Thump !
La poigne colossale de Maon se referma sur la main droite de Yeongwoo, sceau du pacte compris.
« C’est fait. Le pacte est désormais en vigueur. La paix régnera pendant toute la durée de votre mandat. »
À ces mots, une énergie radieuse jaillit de leurs mains jointes.
Flashee !
Tisef et Renaissance.
Le pacte entre les deux Maisons venait d’être inscrit dans les registres cosmiques.
Au même instant, une énergie immense commença à déferler depuis le sommet de la colonne de lumière bleutée qui traversait le ciel.
Le moment était venu : les monstres entamaient leur descente.
« Qu’est-ce que… ? »
« Hein ? »
Sentant cette énergie de mauvais augure, les autres chefs de Maison dégainèrent tous leurs lames.
Même Maon, qui venait de conclure le pacte, leva les yeux vers le ciel.
« Quel genre de planète est-ce donc… ? »
Alors Yeongwoo tira son épée Bâtard de sa ceinture et répondit poliment :
« Seigneur Maon, montrons-lui comment nous avons survécu jusqu’ici. »
[Traducteur — Night]
[Relecteur — Gun]