Chapitre 460
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Chapitre 460 : Action à forte croissance (4)
—… Qu’est-ce que…
La marque de général qui apparaissait sur ceux qui se dressaient contre un Draconien était un phénomène propre aux systèmes asiatiques, même sur la Terre réinitialisée.
Il était donc naturel que les chefs des maisons nobles présents ne connaissent pas ce phénomène.
—Q-Qu’est-ce que c’est ?
—Qu’est-ce que… ?
Comme on pouvait s’y attendre, tous affichèrent leur perplexité devant cet étrange caractère qui venait d’apparaître au-dessus de la tête d’Emel.
« Général »
Dans l’univers, la communication entre les espèces était prise en charge par défaut.
Lorsque deux races différentes se rencontraient, au moins l’une des deux parties disposait généralement d’un moyen de traduire les langues.
De plus, les maisons nobles qui existaient depuis longtemps voyaient souvent leur langue officiellement reconnue et bénéficiaient d’un service de traduction universel.
Autrement dit, plus une maison était prestigieuse, plus sa langue avait de chances d’être intégrée à la langue commune de l’univers.
Les langues des fonctionnaires étaient elles aussi automatiquement traduites à des fins administratives.
Mais les autres êtres devaient s’en remettre à des capacités ou à des outils de traduction pour communiquer efficacement avec les espèces étrangères.
En particulier, les « caractères écrits » différaient de la parole : ils ne véhiculaient ni ton ni intention. Une traduction presque parfaite était donc pratiquement réservée à la langue parlée.
En bref, si une langue ne faisait pas partie de la langue commune de l’univers, ses caractères écrits n’apparaissaient aux autres que comme d’étranges symboles.
Et c’était exactement ce qu’était la marque « Général » au-dessus de la tête d’Emel.
—Ce symbole… Qu’est-ce qu’il signifie ?
Visiblement très mécontent, Emel dégaina son épée à une vitesse incroyable et frappa au-dessus de sa tête.
Fiiing !
Un arc lumineux traversa la marque de l’adversaire, mais le symbole ne montra aucun signe de disparition.
Après avoir observé la scène en silence, Maon prit enfin la parole d’une voix calme.
—« Général »… ?
Il avait lu le caractère comme signifiant « général ».
Et Maon en avait également compris l’intention.
—On dirait que c’est le signe qu’il doit combattre cette chose. Je ne pense pas qu’il y ait lieu de s’inquiéter.
Tandis qu’il parlait, les yeux rivés sur l’ombre qui se profilait au-delà des nuages, Emel fronça les sourcils, son épée à la main.
—Je ne m’inquiète pas. C’est simplement que… ça me déplaît.
Emel était l’héritier de la prestigieuse famille Shirach.
À ses yeux, voir apparaître sur sa tête une marque venue d’une planète reculée — qui avait même engendré un renégat comme Jeong Yeongwoo — était profondément insultant.
C’était comme si on lui avait collé un autocollant bizarre sur le corps sans son consentement.
—Quand est-ce que ça va disparaître ?
Finalement, Emel se tourna vers Yeongwoo, qui observait la scène avec une admiration discrète.
« Il continue de me vouvoyer même maintenant… Il tient vraiment à son personnage. »
Puis, comme Maon, il leva les yeux vers le ciel et déclara :
« Dans une vingtaine de minutes, cette chose descendra du ciel. »
—Et ensuite ?
« Puisque vous vous êtes avancé en tant qu’adversaire, vous devrez la combattre et la vaincre. La marque sur votre tête disparaîtra alors. »
Bien sûr, Yeongwoo se demandait ce qui arriverait si Emel ignorait la marque et retournait simplement sur sa planète, mais il n’y pouvait rien.
Après tout, impossible d’assister aux deux futurs possibles.
« Enfin, quand est-ce que je pourrais assister à un affrontement entre l’héritier d’une maison noble galactique et un magnat des affaires terrien ? »
Le seul problème, c’était que l’issue du duel était pratiquement courue d’avance.
Malgré tout, c’était une excellente occasion pour Yeongwoo d’observer Emel au combat.
Parmi les ennemis potentiels de la galaxie inférieure, la famille Shirach figurerait presque certainement en tête de liste.
« Autant analyser les talents martiaux d’Emel dès maintenant, et en profiter pour régler le cas de ce nouveau Draconien. »
Il n’y aurait sûrement pas d’autres membres de la famille Jinhyeon qui tomberaient du ciel.
« …… »
À cette pensée, Yeongwoo tressaillit légèrement et se tourna vers Jiseon, qui se tenait derrière lui.
« Mère. »
—… Quoi ? Qu’est-ce qu’il y a ?
« Vous ne pensez pas que c’est encore un oncle ou je ne sais quoi ? Un autre membre de la famille Jinhyeon ? »
Jiseon leva les yeux vers le ciel avec prudence.
—Difficile à dire. À ma connaissance, il ne devrait y avoir personne d’autre. À moins que les morts ne se mettent à ressusciter…
À cet instant, Maon leva légèrement la main et interpella Yeongwoo.
—Grâce à la bravoure de la famille Shirach, nous avons gagné un peu de temps. N’avons-nous pas des affaires en suspens à régler ?
Il faisait allusion au pacte de non-agression et à son prix.
Ils n’étaient pas d’accord sur la durée de la trêve, après tout.
« Comme je vous l’ai dit, je… »
—Allons-y comme ça.
« Pardon ? »
—Le pacte ne sera valable que pendant votre mandat.
« Vous avez changé d’avis d’un coup ? »
—Celui qui risque le moins de changer d’avis, c’est vous, non ? Je n’ai tout simplement pas de meilleure option.
Au bout du compte, un traité exigeait l’accord des deux parties. Maon n’avait donc pas d’autre choix que d’accepter la proposition de Yeongwoo.
Le pacte de non-agression resterait en vigueur uniquement pendant le mandat de Jeong Yeongwoo, actuel chef de la famille Renaissance.
—À présent, dites-moi : quel sera le prix de cette brève période de paix ?
« …… »
Yeongwoo réfléchit.
En échange du pacte, il pouvait réclamer de l’argent, de l’équipement, des installations… pratiquement tout ce qu’il voulait.
À condition que l’autre partie accepte.
« De l’argent ? Bof. C’est utile, bien sûr, mais à grande échelle, ça n’a pas énormément de valeur. »
Il suffisait de regarder le « prestige », l’indicateur de statut dans l’univers, pour s’en rendre compte.
À partir d’un certain point, même injecter du karma dans quelque chose ne suffisait plus à augmenter son niveau de prestige.
« Pareil pour l’équipement et les installations. Tout ce qui s’achète avec de l’argent perd de la valeur avec le temps. »
À moins, bien sûr, qu’il s’agisse d’équipement de rang mythique.
Mais aucune maison ne céderait de bon gré ses armes mythiques, ses atouts ultimes.
« Hum. »
Après un moment de réflexion, Yeongwoo releva lentement la tête et regarda Maon.
« J’ai pris ma décision. »
—Oh ? Vous n’avez pas traîné. Dites-moi, qu’est-ce que vous voulez ?
Yeongwoo tendit la main en levant l’index et le majeur.
Frouf !
—Qu’est-ce que… ?
« Deux. »
—Deux ?
« Je veux deux niveaux de prestige. »
—… !
À la demande de Yeongwoo, Maon, mais aussi Emel, qui portait la Marque du Challenger sur le front, écarquillèrent les yeux de stupeur.
Ils s’étaient attendus à ce qu’il réclame au plus une somme colossale en karma. Jamais ils n’avaient imaginé qu’il exigerait des niveaux de prestige.
Maon, incapable de cacher son trouble, se pencha légèrement en avant.
Craquement.
—Aucune maison n’a le pouvoir ni l’autorité d’accorder du prestige à un roturier.
Les niveaux de prestige étaient quelque chose qu’il fallait mériter par ses propres accomplissements.
Ce que Maon voulait dire, c’était qu’il ne pouvait pas simplement lui en accorder.
Mais Yeongwoo voyait les choses autrement.
« Je ne crois pas que ce soit vrai. »
—… ?
« Vous êtes tous chefs de maisons nobles qui existent dans cet univers depuis des milliers, voire des milliards d’années, non ? »
—Et alors ?
Maon gardait toujours l’air perplexe.
Yeongwoo le regarda, l’air contrarié.
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« Alors vous devez au moins savoir quelles sortes de choses font augmenter le prestige, non ? »
Il avait raison.
Yeongwoo connaissait la vérité :
Les accomplissements nécessaires pour gagner du prestige étaient universels dans tout l’univers.
« Donjon terminé +1 »
« Mythe possédé +33 »
« Découverte d’une entité de rang 4 +0,1 »
« Combat contre une entité de rang 4 +0,2 »
« Découverte d’une entité de rang 3 +2 »
« Possession de 10 milliards de karma +0,1 »
Terminer des donjons, posséder des mythes, découvrir des entités de rang 4 et de rang 3, détenir d’immenses quantités de karma…
La liste des accomplissements qui était apparue lorsque Yeongwoo avait débloqué son niveau de prestige pour la première fois était cohérente, structurée et universelle.
Autrement dit, n’importe qui — pas seulement Yeongwoo — obtiendrait la même hausse de prestige en accomplissant les mêmes exploits.
« Les conditions de prestige peuvent légèrement varier selon les origines, la race ou les circonstances, mais les tâches à accomplir restent les mêmes, n’est-ce pas ? »
—…
Maon ne répondit pas.
Parce que le raisonnement du roturier était juste.
« Alors, ceux d’entre vous qui ont un prestige supérieur au mien ou qui ont vécu plus longtemps doivent en savoir davantage sur les tâches qui permettent de l’augmenter. »
Frouf !
Yeongwoo leva les yeux vers le ciel.
« Bien sûr, je ne m’attends pas à ce que vous connaissiez toutes les tâches possibles. Mais vous pouvez certainement déterminer lesquelles sont pertinentes pour moi en ce moment. »
Puis il reporta son regard sur les chefs des maisons.
« En échange de la paix, je prendrai donc vos connaissances. »
—Quoi ?
—Vous… !
En somme, il leur demandait de le guider dans sa progression en prestige.
—Et vous osez demander ça après avoir proposé l’atout principal de votre maison comme monnaie d’échange ?
—Vous voulez que nous aidions nous-mêmes le fauteur de troubles de la pègre galactique à monter en puissance ?
Comme on pouvait s’y attendre, les chefs des maisons protestèrent avec indignation.
Pourtant, contre toute attente, Maon resta calme, toujours assis.
Il désigna Yeongwoo et prit la parole.
—Aussi roturier que vous soyez, vous êtes tout de même chef de maison. Cela signifie que vous avez déjà acquis un prestige suffisant.
Le simple fait que Jeong Yeongwoo ait pu frapper Bioto, le chef de Satral, en était la preuve.
—Il est donc impossible que votre prestige grimpe de deux niveaux du jour au lendemain. Même si je vous transmettais des connaissances accumulées pendant des milliards d’années.
Après tout, il s’agissait du prix à payer en échange du pacte de non-agression.
Si le paiement se faisait en argent, on pouvait le verser en une fois ou en plusieurs fois.
Mais la progression du prestige ?
C’était flou et incertain.
Certains gagneraient deux niveaux en une semaine, tandis que d’autres mettraient mille ans.
C’était le problème que Maon venait de soulever.
—Votre proposition est astucieuse, mais le prestige n’est pas si simple. Vous risquez de ne pas atteindre deux niveaux pendant votre mandat.
Il lui suggérait de réclamer autre chose que du prestige.
Mais Yeongwoo secouait déjà la tête.
« La manière de me faire progresser. Non, de faire progresser rapidement Jeong Yeongwoo, voilà qui fait aussi partie du prix de la paix. »
—Quoi ?
« Il faut évidemment que je gagne ces deux niveaux rapidement. Vous devez donc prendre cela pour votre propre mission : vous y consacrer à fond et sans tarder. »
—Mais…
Comment ?
Comment une telle chose était-elle possible ?
Yeongwoo avait aussi la réponse à cette question.
« Deux milliards de karma. »
—Deux milliards ?
« Oui. Si mon prestige n’augmente pas dès le premier jour de notre accord, vous devrez payer une pénalité de deux milliards. »
—Quoi !?
Maon fronça les sourcils devant cette méthode de négociation inédite.
Mais pour une maison qui existait depuis plus de sept cents millions d’années, deux milliards ne représentaient pas une somme énorme.
Il demanda donc :
—Et le deuxième jour ? Si votre prestige n’a toujours pas changé ?
Yeongwoo répondit sans ciller.
« La pénalité passe à quatre milliards. »
—Je vois.
Maon hocha la tête, ayant saisi le principe.
Ils fourniraient à Yeongwoo des méthodes pour augmenter son prestige et, si elles échouaient, ils paieraient deux milliards de plus chaque jour.
Autrement dit, en payant une pénalité quotidienne, ils pourraient préserver la paix sans pour autant faire progresser le prestige de ce fou.
—Et quand devrons-nous payer les pénalités accumulées ?
« Quand mon prestige aura augmenté de deux niveaux, comme convenu. Ou… »
—Ou ?
« Si les pénalités deviennent trop lourdes et que vous souhaitez rompre le pacte, vous devrez tout payer en une seule fois. »
—Astucieux. Pour le prix de la paix, ça vaut peut-être le coup d’essayer.
Deux milliards par jour.
Ce n’était pas une affaire ruineuse.
Maon termina rapidement ses calculs et s’apprêtait à accepter l’« accord sur le prestige » lorsque Yeongwoo lui demanda soudain :
« La pénalité du troisième jour ne vous intrigue pas ? »
—Le troisième jour ? Eh bien, ce serait… six milliards, non ?
Yeongwoo pencha la tête et lui donna une réponse toute différente.
« Ce sera huit milliards, seigneur Maon. »
—Hein ?
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