Chapitre 459
[Traducteur — Night]
[Relecteur — Gun]
Chapitre 459 : Action à forte croissance (3)
Un pacte éternel de non-agression mutuelle, transmis de génération en génération.
Ceux que la proposition de Maon stupéfia le plus furent les quatre autres familles.
— Ma… Maon… ?
— Qu’entendez-vous par là ?
La plus ancienne famille d’entre elles proposait à présent un pacte de non-agression mutuelle à une maison naissante qui n’existait que depuis un jour à peine…
Et pas n’importe quel pacte : un pacte « éternel » de non-agression mutuelle, transmis de génération en génération.
Cela signifiait que la famille adverse — autrement dit, Renaissance — était censée s’élever à un tel point qu’il faudrait la contenir pour toujours.
— Maon, vous n’allez tout de même pas croire les absurdités de ce sauvage ?
Emel, le chef de Shirach, se plaça devant Maon en prenant la parole.
Car si Maon décidait d’investir dans Renaissance, les conséquences étaient évidentes.
Les autres familles présentes se précipiteraient pour s’allier à Renaissance, et la prétention de ce nouveau chef de famille dérangé — qui affirmait croître de cent millions d’années chaque jour — pourrait bien devenir réalité.
— Vous le regretterez, sans aucun doute.
Emel prononça ces mots, les yeux brillants. Maon, qui n’avait cessé de le fixer, lui répondit tranquillement :
— Emel, je vois de la peur dans tes yeux.
— … !
— Écarte-toi. Maintenant que j’ai parlé, l’avenir est déjà inscrit dans les registres.
Il voulait dire que dès l’instant où il avait déclaré son intention d’investir, l’avenir de Renaissance avait déjà commencé à prendre forme.
Et avec cette décision, le cœur des autres chefs de famille serait assurément ébranlé : Renaissance ne serait pas détruite aujourd’hui.
Maon ajouta alors une dernière remarque :
— Mais savoir si cet avenir a été gravé dans l’éternité… c’est une question dont je devrai discuter avec cet homme.
Frouf.
Maon leva de nouveau un doigt, non pas vers Emel, mais vers la silhouette derrière lui : Jeong Yeongwoo.
— ……
Enfin, Emel s’écarta, laissant Maon et Yeongwoo s’entretenir.
— C’est honteux, Maon.
— Aspirer à une prospérité éternelle, c’est honteux ? Alors nous avons tous vécu dans la honte.
Le vieux chef de famille qui ne cédait pas un pouce, même face à la famille la plus puissante de la galaxie inférieure.
« Quel vieil homme remarquable. »
Yeongwoo trouvait que les chefs de ces familles, qui n’avaient jusque-là pas attiré son attention, commençaient à révéler leur vraie personnalité.
Maon, surtout : à certains égards, il était presque le sauveur de Yeongwoo.
Mais cela ne signifiait pas que Yeongwoo comptait ramper devant lui.
Comme l’avait dit Maon, il s’agissait d’un investissement.
Un investissement à long terme, qui visait non seulement l’avenir, mais aussi au-delà de l’éternité.
« C’est un honneur, Chef Maon. Vous serez mon tout premier investisseur. »
Sur ces mots, Yeongwoo s’avança pour saluer Maon et se rapprocha naturellement d’Emel par la même occasion.
— ……
En apparence, Emel semblait prêt à dégainer son épée à tout instant, mais Yeongwoo avait déjà compris qu’il ne frapperait jamais le premier.
À sa grande surprise, il avait compris que même dans cet univers, on éprouvait une certaine révérence envers ceux qui avaient vécu longtemps.
« L’univers… Il tient compte du rang, de l’âge… Quel sac de nœuds. »
Bien sûr, la puissance restait sans conteste le critère suprême.
Il n’y avait qu’à prendre Mara, le Roi des Dix Mille Démons, un être proche du mal absolu.
Ferait-il preuve de révérence envers quelqu’un simplement parce qu’il avait vécu longtemps ?
Bien au contraire : il dirait plutôt « Tu as assez vécu. Il est temps de disparaître », avant de l’abattre.
Alors, si Emel témoignait du respect à Maon, ce n’était probablement pas parce que…
« Donc, ce n’est pas un grand méchant extrémiste. La galaxie inférieure est étonnamment peuplée de types plutôt bien. »
Tandis que Yeongwoo réfléchissait, Maon, le chef de famille de Tisef, s’approcha en guidant une énorme sphère.
— Tout ce que je veux, pour l’instant, c’est un pacte éternel de non-agression mutuelle. Fixez votre prix.
Il adoptait une posture résolument défensive : il ne voulait pas s’impliquer davantage auprès de Renaissance.
C’était sans doute sa manière de réduire autant que possible le nombre de variables imprévisibles.
Mais même Yeongwoo n’osait pas prédire l’éternité.
« L’éternité, ce n’est pas un peu trop ? Contentons-nous d’un pacte de non-agression pendant mon mandat. »
Maon éclata de rire pour la première fois.
— Et combien de jours crois-tu qu’il te reste à vivre ? Cent ans, si tu as de la chance ?
À vrai dire, vu la manière dont Yeongwoo fonçait tête la première sur les nouvelles planètes dès leur première rencontre, il n’était même pas certain de tenir jusqu’à la semaine suivante, et encore moins cent ans.
— Je veux bien te surestimer. À ce que je vois, avancer de cent millions d’années par jour, c’est une prouesse que toi seul peux accomplir, puisque tu es le chef de famille.
« Oh ? »
Yeongwoo s’apprêtait à hausser les épaules devant ce compliment inattendu, mais Maon poursuivit :
— Et tes descendants, alors ?
« Pardon ? »
— Tes successeurs seront-ils comme toi ?
« Ouais. »
Yeongwoo n’avait pas réfléchi jusque-là, et sa bouche se referma d’un coup.
Chaque jour, il accomplissait davantage que ce que les autres familles avaient réalisé en des milliers d’années.
Il n’avait donc pas eu le loisir de penser à autre chose qu’à ce qui se passait dans l’instant.
— Si tu bâtis de solides fondations pour ta maison, ta famille, ta planète et ta race devraient perdurer pendant des milliers d’années.
Autrement dit…
— Cela signifie que tu ne seras plus là pendant très, très longtemps.
« … ! »
— Mon offre « éternelle » est donc un geste de bienveillance envers l’héritage que tu laisseras. Tu ne le vois pas ?
« M-Maître Ma… ! »
Il était vraiment digne de son grand âge : quel retournement de situation époustouflant.
S’ils concluaient aujourd’hui un pacte de non-agression éternel, leur sécurité serait garantie même lorsque la puissance de Renaissance déclinerait, des milliers ou des millions d’années plus tard.
Mais Maon avait négligé un détail.
« … Mais, Maître. »
Et ce détail, c’était Jeong Yeongwoo, qui se tenait devant eux, bien vivant.
« Vous n’avez pas bien écouté ce que j’ai dit. »
— Quoi ?
« Je n’ai pas dit cent millions d’années par semaine. J’ai dit cent millions d’années par jour. Difficile à concevoir, hein ? »
[Traducteur — Night]
[Relecteur — Gun]
— … !
Comme Emel l’avait déjà prévenu, Yeongwoo était bel et bien un sacré numéro.
Au ton effronté de Yeongwoo, les chefs des maisons alentour tressaillirent et échangèrent des regards nerveux.
« Cent millions d’années de progrès par jour, ça veut dire que je peux accumuler largement assez de puissance pendant mon mandat. Même si un singe me succède, aucune autre famille n’osera nous défier. »
— Voilà de l’arrogance, jeune chef.
La voix de Maon laissait transparaître une légère colère.
Sentant qu’il était temps de freiner, Yeongwoo adoucit un peu le ton.
« Je suis plutôt arrogant. Alors, si vous voulez négocier l’“éternité” avec quelqu’un comme moi, le prix ne va-t-il pas grimper encore davantage ? »
— …
Ce n’était pas faux.
« Alors, si vous tenez vraiment à un pacte de non-agression éternel, essayez d’en discuter avec mon successeur quand mon mandat prendra fin. »
Il suggérait de négocier dans de meilleures conditions avec quelqu’un de plus raisonnable que lui.
Après tout, au sommet de sa puissance, le chef de Renaissance — Jeong Yeongwoo — serait bien plus difficile à gérer que celui qui lui succéderait.
Mais Maon comprit rapidement la manœuvre de Yeongwoo.
— Toi qui ne vis que l’instant présent, tu refuses la moindre perte.
Maon posa son menton sur ses mains jointes.
— Ta maison prospérera sans aucun doute pendant ton mandat. Mais si le pacte perd tout son poids dès que celui-ci prendra fin…
Alors toutes les maisons ayant autrefois accepté un traité de non-agression frapperaient de nouveau à la porte de Renaissance.
Plus précisément, elles se rassembleraient toutes devant le nouveau chef de Renaissance.
En refusant de signer à la légère un traité « éternel » en tant que fondateur de sa maison, Yeongwoo cherchait en réalité à renforcer le prochain dirigeant.
Après avoir entendu Maon, Yeongwoo avait rapidement envisagé les conséquences à long terme et trouvé la meilleure option à sa disposition.
« Bien sûr, il se peut que je n’aie pas de successeur. Dans ce cas, ce ne serait qu’un échange équitable, le juste prix d’un mandat limité, non ? »
— …
Quoi qu’il en soit, comme le chef actuel de Renaissance ne semblait pas avoir l’intention de vendre l’« éternité », Maon se plongea dans ses réflexions.
Lui aussi devait penser à l’avenir.
S’il ne parvenait pas à garantir une paix éternelle avec cette maison de fous, il laisserait en quelque sorte un fardeau à son propre successeur.
« Vous hésitez ? Vous pourriez même rencontrer mon successeur en personne un jour. »
— On ne prédit pas l’avenir à la légère.
« Mais au moins, vous profiterez de la paix pendant mon mandat, n’est-ce pas ? Alors, pour l’instant, contentez-vous de me souhaiter longue vie. »
Yeongwoo mit fin aux négociations.
Et en voyant son regard, Maon comprit qu’il n’avait pas d’autre choix.
— Quelle audace.
« Après aujourd’hui, nous serons les maîtres de la flotte planétaire. Notre valeur grimpera de jour en jour, et ce sera encore vrai après la fin de mon mandat. »
Yeongwoo prononça ces mots en levant les yeux vers le ciel.
Il parlait sans doute du vaste univers, quelque part là-haut, où se trouvaient les plaques d’impression.
« C’est pour ça que j’ai décidé de ne pas prédire notre valeur future. J’espère que vous aussi, vous vous concentrerez sur le présent. »
À cet instant, des rayons bleus se mirent soudain à pleuvoir du ciel, au-delà de la Terre.
Fwoooosh !
Il approchait de treize heures, et les marqueurs de monstres commençaient à descendre.
« Attendez, une seconde… »
Comme Yeongwoo le redoutait, le ciel vira au rouge et une voix tonitruante retentit au-dessus d’eux.
KWA-RANG !
— Avez-vous préparé quelqu’un pour m’affronter ?
— Que le brave décline son nom !
Un mutant à haut risque du neuvième jour venait d’apparaître à Séoul, en quête d’un adversaire.
Comme d’habitude, une entité draconique avait été assignée à Séoul.
— Quel vacarme.
Maon leva les yeux vers le ciel, intrigué et amusé par ce spectacle inattendu.
Emel, en revanche…
— Tout ce qui vient de la Terre est impoli, à ce que je vois. Vous ne voyez pas que des chefs de famille sont présents ?
Déjà de mauvaise humeur, il lança ces mots vers le ciel d’une voix furieuse.
Mais sa remarque ne fit que provoquer l’autre partie.
— Quoi ? Espèce de petit con insolent… Comment tu t’appelles ?
— Comment oses-tu ? Je suis Emel, chef adjoint de la famille Shirach…
À cet instant, Emel déclina son nom…
Fwaaang !
Un marqueur de général s’abattit directement sur la tête d’Emel.
[Traducteur — Night]
[Relecteur — Gun]