Chapitre 458
[Traducteur — Night]
[Relecteur — Gun]
Chapitre 458 : Action à forte croissance (2)
Investissement.
Dans le dictionnaire, cela signifie « apporter des capitaux à une entreprise dans le but d’en tirer un profit ».
À l’inverse, cela implique aussi que le bénéficiaire de l’investissement doit reverser des profits aux investisseurs.
« Si on se contente de voler, pas besoin de rendre quoi que ce soit. »
C’était pour ça que Yeongwoo préférait lui aussi le vol à l’investissement…
« Hum. »
Mais il ne parvenait pas à s’y résoudre à cause de ce chevalier pâle aux cheveux blancs — Emel.
Bien sûr, mériter des « égards » ne rendait pas invincible. Mais cet endroit ne comptait-il pas cinq clans nobles de l’espace, dont Shirach, le clan d’Emel ?
Pour les voler, il faudrait tous les maîtriser. Quel que soit l’angle sous lequel il envisageait la chose, ça lui semblait impossible.
— Un investissement ?
Emel pencha légèrement la tête.
— Nous sommes venus ici en tant qu’invités du nouveau clan de la galaxie inférieure, Renaissance.
Pour être précis, ils étaient venus recevoir les salutations du clan Renaissance en tant que puissants voisins, et en tant qu’aînés de quelques milliers d’années au moins.
— Pourtant, tout ce que Renaissance a fait, c’est agresser ses invités… Et maintenant, vous parlez d’obtenir un investissement sans même présenter d’excuses ?
« Ouille, je me suis fait sermonner. »
À quoi s’attendre d’autre de la part du clan le plus puissant de la galaxie inférieure ?
Ils préservaient leur dignité jusqu’au bout, s’exprimaient avec une courtoisie irréprochable et ne prononçaient pas un mot de travers.
Et surtout…
« Je… Je ne peux pas le battre. Ce type est incroyablement fort. »
Dans cet univers, la force fait loi.
Pour le dire sans détour, si l’on était assez fort, on pouvait même agresser des fonctionnaires sans en subir les conséquences.
Yeongwoo rengaina donc Bâtard à sa taille, puis tendit la main vers la gauche de Bioto.
Clac !
Bioto, qui tenait toujours son épée de la main droite, tressaillit et regarda Yeongwoo.
— Q-qu’est-ce qui te prend… Tu veux mourir ?
Depuis son arrivée sur Terre, Bioto ne cessait de subir un choc culturel.
Sans égaler Shirach, Satral était tout de même un clan assez prestigieux dans la galaxie inférieure.
Et comme sa discipline interne était stricte, l’idée que quelqu’un touche sans façon au chef du clan Satral était impensable.
Pourtant, ce sale morveux le faisait pour la deuxième fois.
Glisse.
Yeongwoo leva alors la main gauche de Bioto à hauteur de ses yeux et s’adressa aux quatre clans qui se tenaient au-delà.
« Nous avons déjà échangé quelques coups et réglé l’affaire, n’est-ce pas, chef de clan ? »
Quand Yeongwoo se tourna vers Bioto après avoir prononcé ces mots, celui-ci esquissa un sourire amer à travers les fissures de son casque brisé.
— B-bien sûr. Quelle fougue juvénile… J’admire votre esprit.
Bioto disait ce qui lui passait par la tête.
Dans le même temps, par leurs mains jointes, il lui transféra la somme convenue : 5 milliards de karma.
Flash !
« … ! »
*Karma disponible : 13 264 270 016
*Fonds de défense disponible : 150 322 545
La fortune personnelle de Yeongwoo dépassait une nouvelle fois les 10 milliards de karma.
Il fallait être tout sauf humain pour ne pas ressentir le moindre frémissement devant une telle somme.
« Je suis peut-être mal instruit et me suis montré impoli envers le grand héros Bioto, mais ma sincérité lorsque j’accueille nos honorables invités n’a rien de superficiel ! »
Tout en tenant encore la main de Bioto, Yeongwoo leva le bras bien haut.
L’expression d’Emel se troubla.
Il venait de comprendre qu’un nouveau clan bien encombrant avait fait son apparition dans la galaxie inférieure.
« Notre Renaissance n’a qu’un jour d’existence ! Et ce que nous pouvons offrir à nos honorables invités, c’est… »
Toc.
Yeongwoo lâcha la main de Bioto et pointa le doigt vers le ciel.
« Notre avenir radieux et sans limites ! »
— …
Autrement dit, il s’en tenait toujours à cette absurdité d’« un million d’années par jour ».
À cet instant, quelqu’un derrière Emel leva discrètement la main.
« Oui, je vous écoute. »
Yeongwoo se tourna vers l’origine de cette présence et aperçut un grand chef de clan, le haut du corps enveloppé dans une vaste étoffe grise, qui avait levé le bras.
— Dans quoi cherchez-vous des investisseurs ? Et qu’est-ce que ceux-ci obtiendront en retour ?
Son enveloppe extérieure avait la texture de la porcelaine. Elle n’avait ni yeux, ni nez, ni bouche, comme un mannequin inachevé.
Mais les nombreux ornements suspendus à ses bras et à ses jambes attirèrent l’attention de Yeongwoo.
« Votre voix est empreinte d’une telle élégance. Me serait-il permis de vous demander votre nom ? »
En réponse à la question de Yeongwoo, l’énorme mannequin qui se tenait aux côtés de la haute silhouette parla par sa bouche scellée.
— Voici la grande Zeana, la Montagne de la Planète sacrée Shariphi !
Ce type était probablement une sorte de commandant des chevaliers de Satral.
Bioto ajouta alors à voix très basse :
— C’est la cheffe de la famille Tousan. Elle est réputée pour être incroyablement riche.
« Je vois… Ça se devine un peu au premier regard. »
Après avoir entendu l’explication de Bioto, Yeongwoo sauta du palanquin du clan Satral pour se mettre à la hauteur de Zeana.
Boum !
Puis, après un bref regard à Emel, qui affichait toujours son mécontentement, il fit un pas vers Zeana.
Clac.
« Nous acceptons les investissements en espèces, en équipement, en installations… sous n’importe quelle forme. »
— Et qu’obtiendrons-nous en retour ?
« Un voisin puissant et amical. »
À la réponse de Yeongwoo, Zeana haussa légèrement l’épaule dissimulée sous l’étoffe grise.
Personne dans le groupe, elle comprise, n’affichait la moindre expression, et pourtant Yeongwoo le devina sans peine.
Cette être que l’on appelait la « Montagne de la Planète sacrée » riait.
Zeana leva alors un bras couvert de métaux précieux et pointa Yeongwoo du doigt.
— Tu es très amusant.
« Je le serai moins dès demain. D’ici là, la puissance de ma famille rivalisera avec celle de deux cents millions d’années d’histoire. »
— Ce « demain », c’est simplement ce que tu espères, non ? Dans ton état actuel, tu ne peux pas faire un seul pas sans notre permission.
[Traducteur — Night]
[Relecteur — Gun]
Sa question sous-entendait que, quel que soit l’avenir de Renaissance, les clans réunis pouvaient la réduire en miettes à tout moment.
Autrement dit, si nécessaire, ils pouvaient anéantir Renaissance sur-le-champ.
« Ces salauds menacent vraiment les gens aussi naturellement qu’ils respirent. »
Bien sûr, Yeongwoo savait pertinemment que c’était ainsi que fonctionnait l’univers.
Il fit donc exprès un pas de plus et poursuivit son discours.
Clac !
« C’est pour ça que vous devriez vous assurer ma faveur pour l’avenir, dès maintenant. »
— Quoi ?
« Si cet “avenir” se réalise vraiment, il sera trop tard pour investir en moi, même si vous le souhaitez. »
Si Renaissance progressait vraiment à raison de cent millions d’années par jour, il ne lui faudrait pas longtemps pour dépasser les clans réunis ici.
Surtout à l’échelle cosmique, où quelques millénaires ne sont qu’un instant fugace.
Les clans de la galaxie inférieure n’auraient donc aucune chance de jeter quelques pièces à Renaissance plus tard.
— Mais toi…
Tu pourrais mourir ici même, non ?
Avant que Zeana ait pu exprimer cette pensée à voix haute, Yeongwoo l’interrompit.
« Si je meurs ! Bien sûr que vos investissements partiront en fumée. Investir en moi, c’est donc soutenir l’avenir de Renaissance. »
Autrement dit, quiconque investirait dans Renaissance devrait veiller à ce que Yeongwoo survive à cette réunion.
« Demain, après-demain, et le jour suivant, notre puissance va croître de façon exponentielle. Aucun de vous ne veut-il miser dès maintenant sur la famille destinée à devenir la plus puissante de l’univers ? »
— …
Pour l’instant, Yeongwoo ne pouvait pas vaincre Emel, le plus puissant d’entre eux. L’« avenir de Renaissance » dont il parlait avait donc tout l’air d’un mirage, d’une illusion.
Mais tout changea quand une grande main se leva soudain parmi les chefs de clan.
— Tu as l’air de pouvoir encore nous divertir demain. J’investirai.
Sa voix portait le poids d’un temps immémorial.
Tout le monde se retourna et aperçut bientôt…
Un vieil homme, les yeux luisants à l’intérieur d’une immense sphère d’acier.
La main levée était un bras mécanique relié à la sphère, qu’il chevauchait au lieu d’un palanquin traditionnel.
— Maon… Tu es sérieux ?
Emel, chef du clan Shirach, regarda le vieil homme avec incrédulité.
Si cela continuait, les absurdités de cet insolent nouveau venu cesseraient de sembler absurdes.
D’autant que le clan Tisef, dirigé par Maon, pouvait se targuer de 740 millions d’années d’histoire, la plus ancienne de tous les clans présents.
— N’est-ce pas intéressant ? Qu’une telle chose soit apparue sur notre territoire ?
Maon pointa Yeongwoo de son doigt maigre. Emel lui répondit d’un air dégoûté :
— Tu ferais mieux de chercher ailleurs de quoi t’amuser. Cette chose n’est pas un divertissement, c’est une menace.
— Si nous pouvons gagner les faveurs d’une famille que même Shirach considère comme une menace, n’est-ce pas intéressant ?
— …
Emel se tut aussitôt et Maon reporta son regard sur Yeongwoo.
— Dans cet univers, de nombreuses familles périssent à cause d’une « offense ». Toi, par exemple. Même si tu survis à cette journée, tes jours sont probablement comptés. Mais…
Glisse.
Quand Maon joignit les mains, Emel, qui avait discrètement rapproché la sienne des deux épées à sa taille, recula d’un pas.
— Si tu peux vraiment parcourir cent millions d’années en un seul jour… alors, que vaut une courte vie ?
« … ! »
Yeongwoo ouvrit de grands yeux, comme s’il était ému.
« Ce cinglé… mais qu’est-ce qu’il raconte ? »
Pendant ce temps, Maon fit lentement avancer sa sphère, fendant la foule des chefs de clan autour de lui.
— En tant que chef du clan Tisef, moi, Maon, je vais investir en toi. Que veux-tu ?
Yeongwoo marqua un instant de réflexion, puis lui retourna la question.
« Et vous, monsieur, que désirez-vous ? »
Après tout, il fallait savoir ce que voulait l’autre partie pour fixer un prix équitable.
Les chefs de clan tournèrent bientôt tous leur attention vers Maon.
Eux aussi se demandaient ce qui pouvait bien le pousser à investir dans une famille à peine née.
— Ce que nous désirons…
Maon finit par former un cercle avec une main.
Yeongwoo ne comprit pas vraiment, mais c’était le signe de l’« éternité ».
— L’éternité.
« L’éternité… ? »
— Un pacte de non-agression éternel et ininterrompu, transmis de génération en génération.
[Traducteur — Night]
[Relecteur — Gun]