Chapitre 453
[Traducteur - Night]
[Correcteur - Gun]
Chapitre 453 : Seigneur Jeong Yeongwoo07 (6)
Frouuu !
Une sensation étrange et inconnue l’enveloppa de la tête aux pieds.
« …… ! »
C’était la même sensation que lorsqu’on franchissait un portail.
Le donjon était vraiment en train de se refermer.
« N-non, c’est pas vrai ! Je vais vraiment perdre cent millions comme ça ?! »
Mais sa vision était déjà plongée dans le noir et son corps avait basculé dans un autre royaume, incapable de bouger d’un pouce.
« Saloperies de lézards… ! »
Et voilà comment Yeongwoo fut expulsé du donjon en un instant.
Après un bref moment de flottement, il rouvrit les yeux : une colonne de flammes cramoisies s’élevait juste devant lui.
BOOOUM !
Au beau milieu de la nuit, de la lave jaillissait dans le district de Gwangjin.
Alors que Yeongwoo contemplait, incrédule, la colonne de lave rougeoyante, le gobelin doré qui gardait les lieux pencha la tête.
— Kiit ?
Il lui demandait pourquoi il était déjà revenu.
Il était rentré bien plus tôt que d’habitude.
Yeongwoo laissa échapper un rire sans joie en regardant le gobelin.
« L’univers est vraiment immense, hein. »
Ne comprenant pas, le gobelin leva les yeux vers le ciel, en direction de l’univers.
— Kit !
L’univers.
Un monde immense, parsemé de planètes et d’étoiles conscientes, où de puissants êtres se livraient à des luttes de pouvoir au sein de leur propre hiérarchie.
Et quelque part dans cet univers gigantesque, les salopards de mercenaires lézards qui avaient arnaqué Yeongwoo de cent millions respiraient sans doute encore.
« Fils de putes. »
Tandis que ses yeux dorés brillaient, toujours son épée en main sans avoir pu la brandir, Negwig s’approcha et secoua doucement la tête.
— Kkiik.
Comme pour dire : « Si tu as fini, rentrons. »
« Ouais, on y va. »
Après avoir contemplé le ciel un instant, Yeongwoo ferma fermement les yeux.
« Bon, au moins, grâce à ça, je peux me reposer un peu plus tôt. »
Il rengaina son épée à sa taille, puis grimpa sur le dos de Negwig.
Clac !
« Maintenant, il ne me reste plus qu’à espérer que ces types discutent gentiment avec le Bureau de gestion des vaisseaux. »
Les cent millions étaient déjà envolés, et Yeongwoo n’avait toujours pas remis les données du propriétaire du vaisseau.
Autrement dit, le Bureau devrait soit se rendre lui-même sur Terre avec le cadeau demandé par Yeongwoo, soit nommer un autre représentant.
« Enfin, ce qu’ils apporteront ne sera peut-être pas du tout un cadeau… »
Mais au pire, il ne s’agirait que d’un peu de pression militaire.
Même dans cet univers, peu de choses étaient réellement capables d’effrayer Yeongwoo.
« Ce n’est pas comme si j’avais commis un crime, non ? Je n’ai tué aucun fonctionnaire, et tous les représentants sont repartis vivants. »
Fier de son innocence devant la loi, Yeongwoo bomba le torse et regarda vers le sud.
Frouf.
Il était enfin temps de prendre un vrai long repos.
* * *
Minuit pile.
Arrivé à l’Hôtel Parnas, Yeongwoo ouvrit aussitôt la porte de sa suite personnelle, la chambre 3233.
Clic.
Une voix alarmée retentit soudain dans la pièce faiblement éclairée.
« Q-qui est là ? »
Ce n’était autre que Jeonggu.
Ne s’attendant à voir personne à cette heure-ci, il était allongé sur le canapé et se redressa d’un bond lorsque la porte s’ouvrit.
Puis Jiseon sortit tranquillement des chambres situées de l’autre côté du séjour.
— Qui diable vient à cette heure-ci ?
Elle non plus ne savait pas qui était là, mais ses talents martiaux la rendaient bien plus sereine que Jeonggu.
Sur le seuil, Yeongwoo promena son regard de son père à sa mère, puis haussa les épaules.
« Allez, qui d’autre que moi entrerait comme ça ? »
« Ah, oui, c’est vrai. »
Jeonggu, qui avait tiré son épée sans même s’en rendre compte, se gratta la joue en la rengainant.
Pendant ce temps, Jiseon jeta un coup d’œil à l’horloge du séjour, puis examina Yeongwoo de la tête aux pieds.
— Quoi, tu n’es pas allé dans le donjon aujourd’hui ?
Elle s’étonnait qu’il soit rentré si tôt, mais aussi que son armure ne porte pas la moindre goutte de sang.
Yeongwoo referma la porte derrière lui, entra dans le séjour et se mit à enlever son équipement pièce par pièce, le laissant tomber par terre.
« Bien sûr que j’y suis allé. »
— Tu y es allé ? Alors pourquoi tu rentres si tôt ?
Jiseon désigna l’horloge.
Yeongwoo secoua la tête, comme pour dire que ce n’était pas la peine de s’en préoccuper.
« Il ne s’est pas passé grand-chose aujourd’hui. »
Comme Yeongwoo prononçait ces mots en se laissant tomber sur le canapé, Jeonggu ouvrit soudain de grands yeux.
« … Ne me dis pas. »
« Quoi ? »
« Ne me dis pas… que tu as perdu, cette fois ? Tu es vraiment bizarre. »
Il se fiait à l’heure de son retour et à son humeur du moment.
Après tout, Jeonggu était déjà entré dans un donjon avec Yeongwoo.
Il savait donc mieux le décrypter que Jiseon.
« Tu t’es fait démolir, ou quoi ? »
À cette question insolente adressée au Chef de famille, Yeongwoo fronça aussitôt les sourcils.
« Arrête de raconter n’importe quoi. »
« Alors, qu’est-ce qui s’est passé ? Tu as une famille, maintenant. Tu pourrais au moins nous dire l’essentiel. »
Sentant que quelque chose clochait, Jeonggu s’accrocha à la question comme un chien de chasse à sa proie.
Jiseon pencha la tête et, pour une fois, prit le parti de son mari.
— Oui, il y a quelque chose de bizarre. Tu t’es fait écraser par un petit alien ? Quoi que tu fasses là-bas, tu le fais au nom de notre famille.
« Pourquoi vous parlez tous de me faire battre, aujourd’hui ? »
Bien qu’il eût répondu sur ce ton, Yeongwoo sentit un frisson lui parcourir la poitrine.
Ses parents ne le trouvaient-ils pas étrangement à vif, aujourd’hui ?
On ne l’avait pas frappé physiquement dans le donjon, mais, à vrai dire, il était rentré avec le même sentiment d’humiliation que celui que Jiseon venait de décrire.
Yeongwoo finit donc par leur dire la vérité.
« … J’ai rencontré des représentants du gouvernement. »
— Des représentants du gouvernement ? D’où ça ?
« Ils ont dit qu’ils venaient du Bureau de gestion des vaisseaux. »
— C’est à cause du Vaisseau planétaire ?
« Oui. Mais le Bureau connaissait déjà notre situation, alors ils ont envoyé des types bizarres plutôt que des fonctionnaires. »
Alors que Yeongwoo parlait en regardant le plafond, Jiseon lança d’un ton sec :
— Donc, ça ne s’est pas bien passé avec eux ?
« … Si, la conversation s’est plutôt bien passée, en fait. »
Yeongwoo essaya de changer sa version, mais finit par parler franchement.
« D’une manière ou d’une autre, ils m’ont arnaqué de cent millions de karma. »
« … Quoi ? »
— Imbécile.
Jeonggu et Jiseon réagirent de deux façons différentes.
— Hé, petit crétin. Cent millions de karma, ce n’est pas de l’argent de poche ! Comment tu peux te faire arnaquer « d’une manière ou d’une autre » ? Ça ne veut rien dire !
« Non, je te dis que leurs méthodes étaient cosmiques. »
— Crétin, tu es techniquement un voyageur de l’espace, toi aussi, maintenant, non ? En gros, des ordures se sont affrontées et tu as perdu.
Ancienne magnat de l’industrie, Jiseon alla droit au cœur du problème.
Yeongwoo n’eut rien à répondre.
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Que Yeongwoo ait dégainé son épée au premier regard ou que ces lézards aient fait semblant d’être morts avant de filer avec cent millions, de l’extérieur, ils devaient tous avoir l’air du même genre d’individus.
« Enfin… c’est déjà une chance qu’il soit revenu vivant, non ? En général, quand on perd dans un donjon, on meurt. »
Jeonggu tenta de les apaiser tous les deux, mais sans grand succès.
« Je n’ai pas perdu. Je ne suis même pas arrivé au donjon ordinaire, aujourd’hui. »
— Si tu t’es fait arnaquer de cent millions par un représentant, et même pas par un fonctionnaire, alors tu as perdu, tout simplement.
« … »
Sous les reproches cinglants de sa mère, Yeongwoo montra les dents et pointa Bâtard vers elle.
Fchiiing !
« Ça suffit. La rencontre pour les fiançailles a lieu demain. Tu ne comptes pas y assister ? »
— Qu’est-ce que tu viens de dire ?
« Et puis, ces cent millions ne se sont pas évaporés dans la nature. »
— Qu’est-ce que tu racontes ?
« Je t’ai dit qu’ils étaient des représentants du Bureau. Ils sont venus récupérer les données sur la propriété du vaisseau, mais je les ai renvoyés les mains vides. La prochaine fois, ce seront de vrais fonctionnaires qui viendront. »
— … Et c’est censé être une bonne chose ?
« Tu ne comprends pas ce que ça signifie, qu’ils aient envoyé des représentants ? Le Bureau de gestion des vaisseaux se méfie de nous. Si on s’y prend bien, on pourra peut-être en tirer quelque chose. »
— Tu as essayé de soudoyer le fisc, et maintenant tu veux extorquer le Bureau de gestion des vaisseaux ?
Jiseon secoua la tête, incrédule.
Yeongwoo en rajouta encore dans la folie.
« C’est ce qu’on appelle avoir l’esprit souple. Qui a dit qu’on ne pouvait soudoyer que le gouvernement ? »
— Les pots-de-vin, c’est illégal, à la base.
Jiseon poussa malgré elle un soupir.
Penser que c’était cet héritier qu’elle devrait guider dans l’immensité inconnue de l’espace… un endroit grouillant d’êtres puissants comme elle n’en avait jamais vu.
— Cette attitude imprudente n’a marché que parce que tu étais sur Terre. Si tu t’y prends comme ça dans l’espace, ça va te retomber dessus. Tu ne te fais pas trop d’ennemis ?
« Quoi, Mère, tu connais l’espace ? »
— Quoi ?
« Dans l’espace, montrer sa faiblesse ne fait qu’attirer davantage d’ennemis. Alors, d’abord, on se donne l’air fort. »
Fouuush !
Yeongwoo se redressa alors et pointa Bâtard vers le ciel.
« Ensuite, on devient vraiment fort. C’est notre méthode. »
— « Notre » méthode ? Qui ça, « nous » ?
« Moi et vous tous. Autrement dit, Renaissance. »
Bien sûr, à part l’héritier lui-même, personne n’avait jamais approuvé cette méthode.
« Bref, une grande tâche nous attend, alors je vais bien me reposer aujourd’hui. Si vous avez autre chose à dire, écrivez-moi une lettre. »
Alors que Yeongwoo se levait après ces paroles, Jiseon se souvint soudain de quelque chose et demanda :
— Attends, les Étoiles arrivent à quatorze heures, non ? On ne devrait pas au moins discuter des bases avant ça ?
« De quoi veux-tu discuter ? »
— De l’attitude qu’on adoptera avec eux, du degré de formalité à respecter, au minimum… Il faut qu’on en parle.
Yeongwoo leva les yeux au ciel, puis se tourna vers sa mère.
« Je l’ai déjà dit. »
— … Dit quoi ?
« Notre méthode. Même devant les Étoiles, faisons semblant d’être forts. »
— Quoi ?
« Allez, un mariage, ça se fait à deux. Ce n’est pas parce qu’ils sont des êtres stellaires qu’on doit se sentir inférieurs. »
Techniquement, il n’avait pas tort.
Bon, la princesse Parina n’accueillait pas vraiment ce mariage à bras ouverts.
« Et puis, si on y réfléchit, la Terre n’est même plus classée comme une planète. Alors, nous, on est quoi ? »
— La famille du Vaisseau planétaire… ?
Jiseon pencha la tête en répondant, et Yeongwoo agita son épée de gauche à droite.
« Non. Tu sais comment les représentants du Bureau des vaisseaux m’ont appelé ? »
— Quoi ?
« Maître du vaisseau. »
— Maître du vaisseau ?
« Ça veut dire le propriétaire du vaisseau. Nous sommes les maîtres du Vaisseau planétaire. Alors, qu’est-ce que ça peut faire si nos beaux-parents sont des Étoiles ou je ne sais quoi ? »
— Mais tu vas rencontrer ton beau-père pour la première fois, non ? Et d’après ce que j’ai vu, ses frères n’ont rien de normal non plus. Ne gâche pas tout avec tes manières.
Le beau-père de Yeongwoo, Proxima.
Et ses frères étaient réputés si redoutables que même le Soleil se sentait dépassé par eux.
Jiseon ne pouvait donc s’empêcher de s’inquiéter.
Les fanfaronnades de Yeongwoo avaient peut-être fonctionné jusqu’ici, mais avec de vrais adversaires en face, ce serait peut-être une autre histoire.
— Quand des rochers s’entrechoquent, c’est toujours le plus fragile qui se brise. Fais attention à ne pas fendre notre famille en deux.
« Ça ira. On ne possède pas que le Vaisseau planétaire. »
— … Hein ? Qu’est-ce qu’on a d’autre ?
« Le Roi Destructeur. »
— …… ?
« Si mon beau-père a les frères Centauri derrière lui, nous, on a le Président. »
— Tu comptes vraiment sortir le nom du Président pendant la rencontre des fiançailles ?
« Eh bien, c’est moi qui vais devoir me plier à ce mariage politique. Pourquoi je n’utiliserais pas son nom ? »
Yeongwoo leva alors les yeux vers le ciel et parla à voix basse.
« À ton avis, pourquoi le mot “Réputation” existe ? Au bout du compte, tous les grands noms sont faits pour servir. »
— Ce n’est pas ça, que ça veut dire…
« Le Président a bâti sa Réputation pour un jour comme celui-ci. Je compte bien en tirer le meilleur parti. »
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