Chapitre 452
[Traducteur - Night]
[Relecteur - Gun]
Chapitre 452 : Seigneur Jeong Yeongwoo (5)
Bureau de gestion des vaisseaux.
Yeongwoo avait déjà entendu un nom similaire : le Bureau de gestion des planètes.
C’était l’organisme auquel appartenaient les inspecteurs venus sur Terre pour évaluer son ascension.
Alors, si cet Homme-lézard venait vraiment du Bureau de gestion des vaisseaux…
« Vous dites que vous venez du Bureau de gestion des vaisseaux ? Vous êtes des fonctionnaires ? »
Le regard de Yeongwoo se posa sur le deuxième Homme-lézard, dont le corps avait été tranché en deux.
Si ces types étaient des fonctionnaires, alors… il venait de tuer un agent de l’État.
Il risquait quand même pas la prison pour ça ?
Non, enfin… On ne va pas en prison comme ça, si ? Si j’avais détourné une fortune ou un truc du genre, je ne pourrais même pas m’indigner.
Mais il changea aussitôt d’avis.
« …Attendez une seconde. »
Ils n’étaient plus que deux dans la pièce : l’Homme-lézard et lui.
Pas de témoins… donc pas de crime, non ?
Les yeux dorés de Yeongwoo brillèrent d’une lueur meurtrière. L’Homme-lézard le dévisagea, stupéfait, la bouche grande ouverte.
— H-Hé… ? À quoi tu penses, là ?
Mais Yeongwoo scrutait déjà la pièce sombre, ses yeux lumineux balayant les alentours.
Il cherchait un éventuel dispositif d’enregistrement, par précaution.
« Tu le sais aussi bien que moi : c’était de la légitime défense. Vous étiez trois, et n’importe qui aurait vu que vous vous apprêtiez à me tomber dessus. »
Au moins, il avait confirmé qu’il n’y avait pas de caméras visibles dans la pièce.
Mais Yeongwoo savait que, dans cet univers, il existait aussi des caméras invisibles.
À contrecœur, il demanda donc :
« Par hasard, cet endroit est enregistré ? »
L’Homme-lézard leva les yeux vers le plafond, la panique peinte sur le visage.
— B-Bien sûr que oui !
« Menteur. »
Sentant sa peur, Yeongwoo leva lentement Bâtard. L’Homme-lézard poussa un cri presque hystérique.
— S-Si tu me tues aussi, le Bureau va venir nous chercher ! Tu auras de sérieux ennuis, toi aussi !
« Qu’est-ce qui est le plus embêtant ? Qu’ils trouvent le cadavre d’un Homme-lézard quelconque, sans cause de décès connue, ou de laisser partir un témoin vivant qui a vu ce que j’ai fait ? »
Mieux valait être suspect que criminel avéré.
« Je n’ai rien contre toi. Si les flics débarquent demain, j’inventerai quelque chose. Adieu, Homme-lézard de l’espace. »
Alors que Yeongwoo lui faisait ses adieux, l’Homme-lézard brandit frénétiquement son insigne et s’écria :
— L-Le Maître du vaisseau planétaire Jeong Yeongwoo doit enregistrer ses données biométriques et soumettre un plan de navigation au Bureau de gestion des vaisseaux !
« …Quoi ? »
— Tous les agents du Bureau de gestion des vaisseaux sont actuellement sur le terrain, alors nous avons envoyé un représentant par intérim ! Il nous faut une réponse, alors, si possible, veuillez nous renvoyer le représentant… !
L’Homme-lézard débita son texte appris par cœur à toute vitesse, comme une mitraillette, puis resta là, haletant et bavant.
En entendant ça, Yeongwoo marmonna :
« …Attends. Vous étiez vraiment des fonctionnaires ? »
Il abaissa lentement Bâtard et contempla de nouveau le cadavre coupé en deux sur le sol.
« …Si tu me l’avais dit plus tôt, j’en aurais peut-être épargné un. »
L’Homme-lézard lui répondit d’un air exaspéré :
— Je ne pensais pas que tu dégainerais ton épée sans prévenir !
« Qu’est-ce que tu racontes ? Vous vous planquiez partout, prêts à me sauter dessus depuis le début ! »
À ce compte-là, ces types étaient de toute façon condamnés à mourir tôt ou tard.
Comment pouvaient-ils s’approcher d’un Maître de vaisseau de cette façon, juste pour lui demander d’enregistrer ses données biométriques ?
C’était du pur suicide.
Bien sûr, les Hommes-lézards avaient leurs raisons.
— Tu es un Maître de vaisseau aligné sur le mal.
« …Quoi ? »
— D’après les renseignements qu’on a reçus, ton alignement est profondément maléfique.
C’est pourquoi ils ne s’étaient pas attendus à obtenir sa coopération, même en présentant leurs titres officiels. Ils étaient prêts à recourir à la force si nécessaire.
« Recourir à la force ? Avec votre niveau, vous ne pourriez battre personne… »
Yeongwoo s’interrompit au milieu de sa phrase.
Il venait de se rappeler qu’il avait roué Pluton de coups quelques heures plus tôt.
Ce n’était pas que les Hommes-lézards étaient faibles : c’était lui qui était devenu beaucoup trop fort.
« Et vous, alors ? Vous n’avez pas franchement l’air de fonctionnaires modèles. Je ne vous aurais pas pris pour des représentants par intérim. »
Yeongwoo désigna les cadavres du bout de son épée. À demi dissimulé dans l’obscurité, l’Homme-lézard répondit à voix basse :
— Je suis Piane, capitaine de l’unité six du groupe d’assassins Nuit Blanche.
« …Quoi, un groupe d’assassins ? »
Yeongwoo eut du mal à retenir un rire.
Mais Piane, lui, restait parfaitement sérieux.
— Celui que tu as tué sans même le regarder dans les yeux, c’était notre deuxième frère, Kisane. Et celui qui est mort derrière, notre troisième frère, Joane.
« …Ah. »
Donc, c’étaient des frères, et tous avaient un nom qui se terminait par « -ane ».
« Je… désolé. Je ne savais pas que vous étiez frères. »
— C’était inévitable. C’est le destin d’un assassin.
« … »
— Mais moi, je ne peux pas mourir aussi. Il faut bien que quelqu’un fasse son rapport pour qu’on touche notre paie.
« …Alors, tu me supplies de t’épargner. »
— Ne laisse pas la mort de mes frères être vaine. Laisse-moi partir. Et tant qu’on y est, enregistre tes données biométriques et ton plan de navigation.
« Tu es toujours aussi culotté ou c’est parce que tu frôles la mort ? »
Pourtant, Yeongwoo n’avait plus envie de tuer Piane.
Après tout, si ces types n’étaient pas vraiment des agents de l’État, alors il n’avait pas commis de crime à proprement parler et ne finirait pas en prison.
Enfin… Dans l’espace, les gens s’entretuent tout le temps, non ? On ne va pas en prison juste parce qu’on s’est disputé avec un représentant du gouvernement.
Mais une chose le préoccupait : la phrase que Piane avait criée tout à l’heure.
« Il nous faut une réponse, alors, si possible, veuillez nous renvoyer le représentant… ! »
C’était la position du Bureau de gestion des vaisseaux, qui avait envoyé les frères Hommes-lézards comme représentants par intérim.
« Si possible, renvoyez le représentant. »
Autrement dit, cela voulait aussi dire :
« Si le représentant ne revient pas, tant pis. »
En d’autres termes, le Bureau avait considéré dès le départ toute l’unité six de Nuit Blanche comme sacrifiable.
Et le fait qu’ils aient qualifié Yeongwoo d’« aligné profondément sur le mal » dans leurs renseignements… signifiait qu’ils savaient très bien que cette mission pouvait être mortelle.
« …Hmph. »
Yeongwoo rengaina Bâtard à sa ceinture.
Fchht… clic !
[Traducteur - Night]
[Relecteur - Gun]
Piane, qui s’était recroquevillé de terreur, cligna des yeux et se redressa prudemment.
— Q-Quoi ? Tu as changé d’avis ?
« Ouais. Si vous n’êtes pas des fonctionnaires, je n’ai pas vraiment besoin d’ajouter d’autres péchés à mon dossier, si ? »
— … !
À ces mots, le visage de Piane s’éclaira nettement.
« Au fait, tu as déjà rencontré des propriétaires de vaisseaux ? Pourquoi avoir accepté une mission aussi risquée ? »
Yeongwoo jeta un coup d’œil aux deux lézards morts — qui auraient survécu s’il n’était pas venu — puis posa sa question. Piane se frotta la mâchoire.
— C’est pour ça qu’on ne s’occupe que des nouveaux propriétaires de vaisseaux. Ce sont les plus faciles à maîtriser et les moins dangereux.
« Les nouveaux propriétaires de vaisseaux ? »
À en croire cette description de Piane, Yeongwoo appartenait effectivement à la catégorie des cibles « faciles à maîtriser et peu dangereuses ».
Après tout, c’était son premier vaisseau.
Le seul problème, c’était que…
« C’est bien mon premier vaisseau. Mais c’est un vaisseau de classe planétaire. Vous le saviez avant de venir ? »
Les yeux de Piane s’écarquillèrent et sa langue jaillit de sa bouche sous le coup de la stupeur.
— Q-Quoi ? Quel genre de vaisseau ?
« Vous avez traversé toute la galaxie en risquant vos vies, sans même savoir quel genre de vaisseau j’allais lancer ? »
— Enfin… un vaisseau, c’est un vaisseau…
Pour être juste, Piane n’y était pour rien.
Combien pouvait-il bien y avoir de vaisseaux de classe planétaire dans cet univers ?
Il était donc naturel de penser qu’un « propriétaire de vaisseau » possédait un vaisseau ordinaire.
En plus, les frères lézards étaient venus enregistrer un tout nouveau propriétaire de vaisseau, qui faisait ses débuts.
Du point de vue des frères de Piane, chargés de cette inscription initiale, impossible de prévoir que le propriétaire qu’ils allaient rencontrer posséderait un vaisseau de classe planétaire.
Ces salauds se sont vraiment fait avoir.
Yeongwoo se frotta le front en voyant l’expression ahurie de Piane.
À présent, la situation devenait claire.
Même si Piane l’ignorait, le Bureau de gestion des vaisseaux devait savoir que « Jeong Yeongwoo » allait lancer un vaisseau de classe planétaire.
Un propriétaire de vaisseau de classe planétaire… et qui plus est, avec un taux de crimes karmiques élevé. Ils n’ont sans doute pas voulu risquer un précieux fonctionnaire.
Ça devait être ça.
On aurait dit que le Bureau avait tout simplement servi les Hommes-lézards en pâture à ce nouveau propriétaire de vaisseau de classe planétaire.
Si l’un d’eux revenait vivant, tant mieux. S’ils mouraient tous, le Bureau n’y perdait rien.
Le Bureau de gestion est vraiment rempli de salauds.
Après cette réflexion, Yeongwoo reporta son regard sur Piane.
« Sale journée pour vous aussi, hein ? Je suis vraiment désolé pour tes frères. »
En se grattant le menton, Yeongwoo ajouta :
« Euh… je ne sais pas si c’est approprié, mais je peux te demander combien on vous a payés pour cette mission ? »
À sa grande surprise, Piane leva un doigt.
Flic !
— Cent millions.
« Cent millions ? »
— Ouais. On devait toucher cent millions de karma.
« C’est une mission sacrément bien payée. »
Et cet argent était devenu le prix de la vie de ses frères.
« … »
Après un moment de silence, Yeongwoo fit une proposition à Piane.
« Je t’épargne. Et je te paie les cent millions prévus pour cette mission à leur place. »
— …Vraiment ?
Les yeux de Piane étincelèrent.
Yeongwoo hocha la tête et répéta :
« À une condition. »
— Laquelle ? Dis-moi ce que tu veux.
« Dès que tu seras sorti d’ici, retourne au Bureau de gestion des vaisseaux. Les mains vides. »
— Quoi ?
« Et dis-leur ceci : s’ils n’envoient pas un vrai fonctionnaire la prochaine fois, ils n’enregistreront pas les données du vaisseau et ne nous retrouveront plus jamais dans la galaxie. »
Demain, le vaisseau de classe terrestre gagnerait en puissance et quitterait son orbite.
Après ça, il ne serait plus possible de retrouver leur position à l’aide des coordonnées actuelles.
« Ah, et dis-leur d’apporter un cadeau. J’ai raté mon donjon quotidien à cause de tout ça. Si le cadeau ne vaut rien, pas d’enregistrement des données. »
— T-Tu crois que ça va passer ? C’est de l’insubordination, ça. Et le Bureau de gestion des vaisseaux, c’est…
Piane commença à s’inquiéter pour Yeongwoo.
Mais celui-ci tendait déjà sa main droite pour effectuer le transfert.
Frouf.
« L’insubordination, c’est le problème des propriétaires de vaisseaux ordinaires. Nous, on a un vaisseau de classe planétaire. S’ils ne vous ont pas envoyés parce qu’ils avaient trop peur, alors pourquoi l’ont-ils fait ? »
Puis Yeongwoo agita sa main droite en l’air.
« Prends ma main. Au moins, tu seras payé. »
En réalité, Yeongwoo essayait de faire une bonne action pour compenser le mauvais karma gagné en tuant les frères lézards.
À cause du haut fait « Glace brûlante », son score de crimes karmiques ne pouvait dépasser le double de son score de vertu.
— M-Merci.
Finalement, Piane s’approcha et prit la main de Yeongwoo.
Clac !
Cent millions transférés.
Sa fortune personnelle passa de huit milliards trois cents millions à huit milliards deux cents millions, mais Yeongwoo se sentit étrangement soulagé.
En fait… c’est pas si mal.
Après avoir déboursé cent millions pour une seule parade et un coup d’épée, Yeongwoo désigna le ciel.
« Maintenant, fiche le camp. Et ne reviens pas sur Terre — même si, la prochaine fois, tu ne pourrais pas revenir, même en essayant. »
Piane leva les yeux au ciel, suivant le regard de Yeongwoo.
Puis, pour la première fois, il sourit de toutes ses dents.
— Merci. J’ai raté la mission, mais j’ai quand même touché la totalité de la somme.
« Mais tes frères sont mor… »
Alors que Yeongwoo commençait à présenter ses condoléances, il vit le corps de Kisane, le deuxième Homme-lézard, tressaillir.
« Qu’est-ce que… ? »
Un faible mouvement agita ensuite le troisième, Joane, dont le crâne avait été écrasé : ses orteils frémirent.
« Attends, non… C’est quoi, ce bordel ? »
Les lézards avaient une régénération rapide.
Et Yeongwoo possédait lui-même des capacités similaires.
Ils m’ont roulé ? Mais l’un d’eux avait le crâne écrasé… comment est-ce possible ?
Alors que Yeongwoo restait figé, comprenant qu’on venait de lui soutirer cent millions, Piane recula d’un pas et lui adressa un grand sourire.
— Propriétaire du vaisseau Jeong Yeongwoo ! Je n’oublierai pas votre générosité. Je transmettrai votre message au Bureau !
« Sales lézards ! Rends-moi mon argent ! »
Jusqu’ici, Yeongwoo n’avait fait qu’extorquer de l’argent aux autres.
C’était la première fois qu’on lui en extorquait.
Pris de panique, il porta instinctivement la main à la garde de Bâtard, à sa ceinture.
En voyant ça, Piane joignit les mains, alarmé.
Clap !
— Mettons fin à cette rencontre mémorable ici ! Adieu, Jeong Yeongwoo !
Ils allaient sans doute refermer le donjon.
« A-Attends ! Au moins, emporte ça avec toi ! »
Alors que Yeongwoo abattait Bâtard devant lui dans un geste désespéré…
Sa vision devint complètement noire.
[Traducteur - Night]
[Relecteur - Gun]