Chapitre 432
[Traducteur — Night]
[Correcteur — Gun]
Chapitre 432 : Destin (4)
Une simulation, dans l’hypothèse où la Terre serait devenue un vaisseau planétaire.
Mais, du point de vue de Yeongwoo, la Terre disparaissait peu à peu de son champ de vision.
Au départ, elle avait à peu près la taille d’un être humain, mais elle était désormais plus petite qu’un grain de riz.
« Qu’est-ce que… ? Tu as dit que c’était une simulation, non ? Pourquoi la Terre devient-elle si minuscule ? »
Yeongwoo fronça les sourcils en cherchant la Terre holographique. Celle-ci pointa alors le doigt vers une tache sombre dans le ciel.
« Là-bas. Tu ne la vois pas ? »
« Où ça, exactement… ? »
Il ne la voyait vraiment pas.
À la place, il aperçut un petit point jaune qui tournait aux confins obscurs du ciel.
« Qu’est-ce que c’est ? »
« Vénus. On dirait que les planètes les plus proches de la Terre apparaissent en premier. »
Puis Vénus disparut à son tour de son champ de vision.
« Hein ? Et maintenant ? »
« L’image vient encore de dézoomer. Mars et Mercure apparaissent maintenant. »
« …… »
À ce stade, Yeongwoo commençait à avoir l’impression que la Terre se moquait de lui.
Il ne voyait plus que le ciel noir.
Mais alors…
« Oh. »
Au même moment, la Terre poussa une brève exclamation et quelque chose apparut au bord du ciel.
« …… ! »
Une immense masse d’énergie rouge, incandescente.
Le Soleil — Moro.
« C-c’est le Soleil… ? »
« Oui. Voilà à quoi ressemble le Soleil depuis la position actuelle de la Terre dans le Système solaire. »
« Putain, le Soleil… »
Aux yeux de Yeongwoo, le Soleil avait maintenant à peu près la taille d’une tomate.
Pendant ce temps, la Terre, Vénus, Mars et Mercure avaient disparu.
Mais ce n’était pas fini.
Frouf !
Soudain, le ciel sembla s’étirer à l’infini. Le Soleil rétrécit jusqu’à la taille d’une balle de tennis et se rapprocha du centre.
« Qu’est-ce que… Il rétrécit encore ? »
« Le Système solaire n’est pas encore entièrement apparu. »
C’est alors qu’un petit point brun clair se mit à tourner au bord du ciel.
« … Qu’est-ce que c’est ? »
« Jupiter. C’est la seule planète qu’on puisse voir à l’œil nu en comparaison du Soleil. »
Jupiter.
La cinquième planète à partir du Soleil, et la plus grande des huit planètes du Système solaire.
Sa masse équivaut à environ un millième de celle du Soleil.
« Mais le Soleil et Jupiter vont encore rétrécir. Il faut réduire l’échelle à une taille complètement dingue pour faire tenir tout le Système solaire dans le champ de vision. »
« Attends, tu me dis que ça va encore rétrécir ? Je ne vois même plus la Terre… »
« C’est dire à quel point nous sommes petits dans le Système solaire… et même dans l’univers. »
À ces mots, le ciel s’étira de nouveau. Jupiter disparut, et le Soleil rétrécit jusqu’à la taille d’une balle de ping-pong.
« Et maintenant ? »
« Nous regardons à présent la zone orbitale de Saturne. »
« Arrête un peu. Je ne vois que le Soleil. »
Yeongwoo eut un rire sans joie, et la Terre poussa un léger soupir.
« Voilà le Système solaire. »
« Ne me dis pas qu’il y a encore autre chose. »
Yeongwoo commençait à saisir l’ampleur des dimensions en jeu. L’air inquiet, il posa la question.
Comme s’il l’avait attendu, le Soleil rétrécit encore, cette fois jusqu’à la taille d’un ongle.
Frouf !
« Les orbites d’Uranus et de Neptune viennent d’apparaître, l’une après l’autre. J’imagine que la simulation a compris qu’il ne servait à rien de montrer les planètes une par une, à ce stade. »
« Ah oui ? Alors, c’est enfin terminé ? »
« Je crois qu’il en reste quelques-unes, mais on dirait que la simulation ne les affiche pas. »
La Terre gardait les yeux fixés sur le bord du ciel, d’un noir d’encre.
Il restait pourtant quelques membres du Système solaire à prendre en compte.
Pluton et les autres planètes naines, par exemple.
Si éloignées du Soleil que leur température moyenne passait sous les −200 °C, elles formaient les sentinelles glacées aux confins du Système solaire.
« Voilà, c’est tout. Ça ne dézoome plus. »
Soulagé, Yeongwoo s’essuya le visage avec les mains et la Terre désigna le Soleil.
« Cette simulation, centrée sur la Terre, montre l’orbite du Soleil. Si le Soleil n’est plus visible, elle perd tout son intérêt. Ça doit être la limite. »
« Pourtant, le sujet principal, la Terre, a disparu depuis un moment. »
C’était logique.
Le diamètre du Soleil est environ cent neuf fois supérieur à celui de la Terre.
Son volume ?
Un million quatre cent quarante mille fois celui de la Terre.
Sa masse ?
Trois cent trente mille fois supérieure.
Dans une simulation où le Soleil était réduit à cette taille, la Terre ne pouvait donc pas être visible.
« Exactement. À cette échelle, la Terre est invisible. Alors, comment sommes-nous censés tourner autour du Soleil ? »
« …… »
À ce stade, Yeongwoo ne sut plus quoi répondre.
« Si la Terre est un haricot et le Soleil une pastèque, attache les deux avec une ficelle et essaie de faire tourner le haricot autour de la pastèque. À ton avis, qu’est-ce qui va se passer ? »
« … Le haricot ne restera pas en place. La pastèque l’entraînera dans son mouvement. »
« Exactement. Et pour l’instant, nous n’avons même pas la force initiale nécessaire pour lancer cette rotation. »
C’est alors que Yeongwoo posa la question qu’il gardait pour lui depuis un moment.
« Alors, à quoi sert cette simulation ? Si c’est impossible depuis le départ, pourquoi nous la montrer ? »
« Eh bien… »
À vrai dire, la Terre n’en savait pas grand-chose non plus.
Peut-être voulait-on simplement montrer visuellement qu’il était fondamentalement impossible de transformer la Terre en vaisseau ?
Bip !
À cet instant, comme si la disposition des planètes était terminée, le Soleil rétrécit encore.
Soudain, huit planètes, cinq planètes naines et diverses lunes, dont celle de la Terre, apparurent sous forme de points colorés, jusque-là dissimulés dans l’obscurité.
« … Qu’est-ce que c’est ? »
« Ils montrent… les positions. »
La Terre aussi commença à trouver la situation étrange.
Pour préserver son écosystème actuel, elle n’avait besoin que de sa lune et du Soleil.
Et pourtant, la simulation avait pris la peine d’afficher non seulement les planètes, mais aussi les planètes naines et les autres lunes…
« Impossible. »
« Quoi donc ? »
« Si nous devenons vraiment un vaisseau planétaire… peut-être allons-nous emporter tout le Système solaire avec nous. »
Autrement dit, cette simulation ne représentait pas un effondrement structurel dû aux différences gravitationnelles entre la Terre et le Soleil, mais le modèle d’un vaisseau planétaire fonctionnel.
Ding !
Un petit point bleu — sans doute la Terre — clignota, et un mince trait en partit.
En direction du Soleil lointain.
« Guh… ! »
La mâchoire de la Terre s’affaissa, ses yeux s’écarquillèrent.
Yeongwoo, lui, ne comprenait pas du tout pourquoi la Terre avait l’air aussi choquée.
« Quoi ? Qu’est-ce qu’il y a ? »
« Ils… sont vraiment en train d’attacher la ficelle. »
La « ficelle » de la comparaison que la Terre venait de faire, entre le haricot et la pastèque.
« Pour vérifier si ton exemple fonctionne, il faut bien qu’ils attachent la ficelle. »
Yeongwoo répondit d’un ton désinvolte, mais pour la Terre — la planète directement concernée — c’était une tout autre histoire.
« Espèce d’idiot ! »
« Quoi ? »
« S’ils simulent quelque chose d’aussi absurde, ça veut dire que… »
C’était possible.
[Traducteur — Night]
[Correcteur — Gun]
On ne simule pas l’impossible.
On lance une simulation parce qu’il y a une chance que ça marche.
« Alors, c’est quoi, ce trait ? Ils ne sont tout de même pas en train de relier les planètes avec des ficelles ? C’est la gravité ? »
« J-je ne sais pas. Peut-être que ce n’est qu’une représentation visuelle de la comparaison des données entre les deux côtés… »
Puis un texte holographique apparut au-dessus du petit point représentant la Terre.
Pop !
「|l||I-Terre」 = 32
« Hein ? C’est quoi, ça ? »
Yeongwoo posa la question, mais la Terre ne put que rester bouche bée, les yeux écarquillés.
Cependant, l’équation qui apparut ensuite permit à Yeongwoo de comprendre rapidement.
Pop !
「Jeong Yeongwoo」 = 38
« Euh… ! »
Il n’y avait qu’une seule chose qui pouvait relier Jeong Yeongwoo au nombre trente-huit.
[Niveau de prestige : 38]
|50/100
Karma requis par unité de progression : 250 millions
« Le niveau de prestige ? »
Alors que les pensées de Yeongwoo commençaient à s’emmêler, une équation supplémentaire apparut à côté de celle de la Terre.
「|l||I-Terre」 = 32
|Promotion prévue : 36
Autrement dit, si la promotion planétaire en cours allait à son terme, le niveau de prestige de la Terre atteindrait trente-six.
« Terre, qu’est-ce que c’est ? On lance une simulation de vaisseau planétaire… pourquoi calcule-t-on les niveaux de prestige ? »
Pendant ce temps, sur le point bleu, les niveaux de prestige des deux entités étaient combinés.
「|l||I-Terre」 + 「Jeong Yeongwoo」
Les éléments principaux du vaisseau planétaire — la planète complètement dingue et son représentant tout aussi cinglé — étaient additionnés.
= 43
« Attends, quarante-trois ? Ce n’est donc pas une simple addition ? »
Bien sûr que non : le prestige augmentait de plus en plus rapidement à chaque palier.
C’est pourquoi le prestige combiné de la Terre (maximum : 36) et de Yeongwoo (38) atteignait quarante-trois.
Et ce nombre représentait…
« La m-masse. »
« … Hein ? »
« On dirait que c’est la valeur de masse que nous avons obtenue. »
« Tu veux dire le niveau de prestige quarante-trois ? »
Yeongwoo cligna vivement des yeux.
D’après la Terre, le niveau de prestige — une mesure de la présence ou du poids d’une existence — équivalait à la masse.
Pour faire simple…
« Le prestige… peut se convertir en masse ? »
« Ou l’inverse. La masse, c’est le prestige. »
Du point de vue d’une planète, cela avait du sens.
La masse déterminait quel corps céleste devenait le centre.
À l’inverse, Jeong Yeongwoo, qui n’était à l’origine qu’une créature insignifiante, n’avait jamais possédé une masse notable — autrement dit, un prestige digne de ce nom.
*Mais plus maintenant.*
Ayant atteint ce que le système appelait « la fin », Jeong Yeongwoo était devenu plus qu’une créature : il était désormais un être cosmique doté d’un prestige conséquent.
Assez important pour ajouter de la masse à la Terre dans la lutte pour la domination qui l’opposerait bientôt au Soleil.
« … ! »
Lorsqu’il comprit, le visage de Yeongwoo se renfrogna.
« Attends un peu, putain. Espèce d’abruti, tu pèses moins lourd que moi ?! »
Yeongwoo attrapa la Terre par le col, et cette fois, elle ne trouva rien à répliquer.
Car, selon l’ordre universel, le prestige de Yeongwoo était supérieur.
« M-mais quand même… »
« Quand même quoi ? »
« Comparés au Soleil, toi et moi ne sommes rien. »
Et, comme pour lui donner raison, le trait qui reliait le Soleil à la Terre devint rouge.
« On dirait que le résultat n’est pas fameux. »
Yeongwoo cligna des yeux en regardant le trait rouge, et la Terre acquiesça.
« Évidemment. Le prestige du Soleil est plusieurs centaines de milliers de fois supérieur au mien. »
Et lorsqu’on le traduisait en niveau de prestige…
Éclat !
Un texte holographique apparut au-dessus du point rouge représentant le Soleil.
「l||-Moro」 = 66
« Putain de merde. »
Yeongwoo se couvrit la bouche.
En chiffres, cela faisait quarante-trois contre soixante-six.
Seulement vingt-trois niveaux d’écart, mais Yeongwoo savait que ce nombre dissimulait un gouffre immense.
Tout comme l’immense maquette du Système solaire qui s’étendait devant ses yeux.
« Impossible de battre un niveau soixante-six, quoi qu’on fasse. On ne peut ignorer le protocole et brûler les étapes que jusqu’à deux niveaux au-dessus. »
Tandis que Jeong Yeongwoo, novice cosmique, fanfaronnait, la Terre ferma les yeux bien fort.
« Espèce d’idiot. C’est ce que j’essaie de te dire depuis le début. Nous ne pourrons jamais battre le Sol… »
La Terre fronça le front de colère, mais avant qu’elle ait pu finir sa phrase, un nouveau trait jaillit du Soleil.
Bzzzt !
« Hein ? Et qu’est-ce que c’est, maintenant ? »
Le trait partit tout droit du Soleil vers la Terre, et une nouvelle équation apparut au-dessus de celle-ci.
(「|l||I-Terre」 + 「Jeong Yeongwoo」 + 「l||-Moro」) × Coefficient du vaisseau planétaire
« Hein… ? »
« Quoi ? »
On ne savait pas ce qui venait de se déclencher, mais les niveaux de prestige des trois entités avaient été combinés.
Puis le résultat avait été multiplié par le coefficient du vaisseau planétaire.
Le résultat :
= 68
« Soixante-huit ! »
Yeongwoo cria le nouveau nombre comme un barbare.
Au même instant, le Système solaire — non, un corps céleste qui n’avait jamais bougé de cette façon — se mit à frémir.
[Traducteur — Night]
[Correcteur — Gun]