Chapitre 428
[Traducteur - Night]
[Correcteur - Gun]
Chapitre 428 : Candidat unique (10)
À vrai dire, il n’y avait jamais pensé.
Au point de vue de la Terre elle-même.
Qu’est-ce que ça pouvait faire, d’exister en tant que planète ?
Et pour une planète, que représentaient vraiment ses habitants ?
« À bien y réfléchir, je n’en sais pas la moindre chose. »
Personne ne savait ce que faisait la Terre au fil de la journée, quelles étaient ses préoccupations habituelles ni comment elle passait son temps — pas même Yeongwoo ou les habitants d’origine de la planète.
« Bon, je vais peut-être le découvrir cette fois. »
Pendant ce temps, l’ascenseur descendait à une vitesse incroyable.
Mais Yeongwoo n’était pas certain qu’il s’agisse d’une véritable descente physique.
Après tout, dès que l’ascenseur était passé sous terre, le paysage s’était transformé en affichage holographique.
Il était donc tout à fait possible qu’il s’agisse en réalité d’un espace distinct, relié au reste par un trou de ver.
« Alors, juste parce que je vais rencontrer la Terre, ils imitent une descente souterraine ? C’est amusant. »
Dans l’ascenseur qui chutait à toute allure, impossible de trouver les boutons d’entrée ou de sortie.
À la place, un code unique était gravé, à peine visible, sur la paroi près des portes.
[|l||I]
L’identifiant unique de la Terre.
Tout comme les ascenseurs humains portaient des numéros de série, la Terre avait sa propre plaque nominative.
« Non, attends, ce n’est peut-être pas la Terre qui a fait ça. »
En fixant le code, Yeongwoo revint rapidement sur sa première impression.
« La Terre se désignerait vraiment elle-même par |l||I ? C’est clairement le code que le système intergalactique lui a attribué pour la distinguer. »
Il se rappela le message apparu lorsqu’il avait obtenu le droit de rencontrer la Terre.
[Le conseil a accordé à Jeong Yeongwoo le droit de rencontrer la Terre. |l||I se conformera à l’autorité compétente.]
D’après le coursier interstellaire, l’univers comptait beaucoup de planètes portant le même nom.
La Terre ne faisait pas exception, d’où la nécessité d’un code et de coordonnées uniques.
« Alors, cet ascenseur n’appartient peut-être même pas à la Terre ? »
En fait, tout cet espace pouvait être une immense zone de transit.
Comme lorsqu’on traversait le vide en empruntant un portail pour entrer dans un donjon.
« Il pourrait donc aussi y avoir des ascenseurs pour d’autres planètes, ici ? »
Intrigué, Yeongwoo colla son visage contre la paroi holographique pour tenter de regarder dehors.
À travers les couches de panneaux holographiques, il distingua vaguement l’espace au-delà.
Au début, il n’y vit qu’une mer de fragments de pellicule multicolores éparpillés.
Mais en se concentrant…
« …… ! »
Tout ce qui entrait dans son champ de vision défilait à une vitesse incroyable.
« Qu… qu’est-ce que c’est que ce bordel ? »
Des centaines, des milliers — non, peut-être bien plus — d’ascenseurs descendaient simultanément dans le domaine holographique.
De l’extérieur, chacun ressemblait moins à un véritable moyen de transport qu’à un morceau de papier rectangulaire coloré découpé dans la réalité.
« Hé, toi ! Regarde par ici ! »
Yeongwoo frappa la paroi et cria en direction d’un ascenseur proche, mais, sans surprise, personne ne lui répondit.
Bien sûr que non.
Les individus à bord de ces ascenseurs allaient sans doute rencontrer leur planète d’origine pour la toute première fois, après un voyage long et éprouvant.
Ils n’avaient aucune raison de prêter attention à quelqu’un qui se trouvait dans une autre capsule.
À moins d’être un curieux excentrique comme Jeong Yeongwoo, évidemment.
« Ces tarés… Pas un seul ne regarde dehors. »
Alors que Yeongwoo pestait tout bas et cognait de nouveau contre la paroi, le code de l’ascenseur se mit soudain à clignoter.
[|l||I]
« Hein ? C’est le signal pour descendre ? »
Ça indiquait probablement qu’ils étaient arrivés à destination.
Et, en effet, une annonce retentit dans l’ascenseur.
« Vous arriverez bientôt à destination. Au revoir. »
La sensation d’accélération s’intensifia, confirmant qu’ils approchaient bel et bien.
Yeongwoo colla de nouveau son visage contre la paroi.
C’est alors qu’il remarqua quelque chose : le nombre d’ascenseurs avait nettement diminué.
« Donc, il y a une notion de direction, ici. Plus on avance, plus on se disperse. »
Et peu après…
Fouuuush !
« Argh. »
Au-delà de la paroi, une lumière blanche aveuglante envahit soudain l’espace.
En réalité, l’ascenseur de Yeongwoo venait simplement d’entrer dans la lumière.
« … C’est la destination ? »
La cible de l’ascenseur.
Le domaine où résidait |l||I — la Terre.
Yeongwoo n’avait aucune idée de la forme qu’il prendrait.
Mais il n’avait pas peur, puisqu’il était entièrement équipé.
« Même s’il n’y a pas d’atmosphère, ça ne posera pas de problème. »
À cet instant, Yeongwoo portait une armure que la Terre ne pourrait jamais produire :
l’armure de plaques intégrale de Vesedel.
« Authenticité » — Armure royale de Vesedel
【Protection de la famille royale de Vesedel】
【Défense résistante】
【S’adapte à n’importe quelle planète.】
【Augmente la résistance aux capacités anormales jusqu’à 5 %.】
【--Emplacement vide--】
【--Emplacement vide--】
【--Emplacement vide--】
◇ Dogo : espace publicitaire
Parmi ses capacités scandaleusement puissantes, il y avait celle-ci :
【S’adapte à n’importe quelle planète.】
Autrement dit, tant qu’il se trouvait dans un domaine planétaire, il pouvait survivre.
Qu’il s’agisse d’un ouragan de feu ou d’un vide sans air.
Crîîîîîk !
L’ascenseur holographique reprit peu à peu sa forme d’origine.
Les parois redevinrent de métal solide et les boutons d’entrée et de sortie réapparurent près de la porte.
« Je ne vois plus rien au-delà de la paroi, hein. »
Un peu déçu que la vue soit désormais obstruée, Yeongwoo se tourna vers les portes.
Chlaaak !
Les portes de l’ascenseur coulissèrent.
Et de l’autre côté…
« Hein ? Je ne m’attendais pas à ça. »
Une forêt dense.
Il entendait des oiseaux au loin : c’était une vraie forêt.
Crac.
Quand Yeongwoo sortit de l’ascenseur, son pied s’enfonça dans la terre humide et écrasa de minuscules herbes.
« …… »
Après une courte pause, il rengaina Bâtard à sa taille.
Clic.
Puis il retira les bottes de métal qui lui couvraient les pieds et posa ses plantes nues sur le sol.
Un étrange sentiment de calme et de sérénité l’envahit.
« … Putain, je sais pas ce que c’est, mais ça fait un bien fou. »
Piou-piou !
Comme pour lui répondre, un oiseau pépia au loin.
Devant lui s’étendait un sentier rectiligne qui traversait la forêt — sans aucun doute un chemin aménagé pour les visiteurs. Yeongwoo s’y engagea.
« Attends, pourquoi ce connard n’est pas là pour m’accueillir ? »
Yeongwoo s’était attendu à rencontrer la Terre dès qu’il aurait quitté l’ascenseur.
Agacé, il souffla bruyamment par le nez et poursuivit sa marche sur le sentier inconnu.
Crac, crac.
[Traducteur - Night]
[Correcteur - Gun]
Après une dizaine de minutes de marche, alors qu’il envisageait de dégainer de nouveau son épée, le sentier forestier déboucha sur une vaste plaine.
Fouuuush… !
Le vent balaya le champ, faisant ployer d’un même mouvement les roseaux dorés qui le remplissaient dans un bruissement.
Et là, au milieu de la plaine, se tenait celui qu’il cherchait.
« …… ! »
Un homme peignait devant un chevalet, tourné vers la direction d’où venait Yeongwoo.
« C’est vous, la Terre ? »
Ils étaient à plus de cent mètres l’un de l’autre, mais Yeongwoo l’interpella à voix haute, convaincu que l’homme l’entendrait.
Et, comme prévu, l’homme lui fit signe d’approcher.
Comme il se trouvait dans le domaine de la Terre, même le son le plus faible lui parvenait sans difficulté.
Frouish.
Yeongwoo leva instinctivement les yeux vers le ciel.
« Ha. »
Au-dessus de lui s’étendait un ciel typiquement terrestre : limpide, avec de grands nuages blancs.
La position exacte du soleil lui échappait, mais une douce lumière venait de quelque part.
Et, au milieu de tout cela, une météorite traversait un pan du ciel bleu.
« Une météorite en plein jour… Quelle poésie. »
Yeongwoo eut un rire amer et se mit en marche vers l’homme — vers la Terre.
En avançant, il remarqua que l’homme au chevalet agitait le bras avec encore plus d’insistance.
« Attends, il est en train de me peindre ? »
Les sourcils légèrement froncés, Yeongwoo accéléra le pas.
Alors, l’homme — la Terre — passa la tête derrière son chevalet.
« …… ! »
Il était plus jeune que Yeongwoo ne l’avait imaginé.
Et d’une beauté saisissante.
Ses cheveux noirs légèrement ondulés lui tombaient jusqu’à la poitrine, sans rien avoir de déplacé.
Enfin, la Terre entrouvrit ses lèvres peintes et prit la parole.
« Quel impatient, bordel. »
« … Quoi ? »
« Ralentis, putain. J’ai même pas encore fini de te peindre à moitié. »
Fouuuush… !
De nouveau, le vent balaya la plaine.
Comme tout à l’heure, les roseaux se courbèrent en une vague synchronisée et les longs cheveux de la Terre flottèrent dans la brise.
Ceux de Yeongwoo aussi.
Chling !
Il dégaina Bâtard en un éclair, projetant une longue ombre sur les roseaux.
« T’as complètement perdu la tête, putain. »
Une lueur dorée brillait dans les yeux de Yeongwoo tandis qu’il serrait les dents.
Pourtant, la Terre ne détourna même pas les yeux de sa peinture.
Il se contenta d’ouvrir la bouche et de dire :
« Si tu tiens tant que ça à me tuer, vas-y. C’est toi que ça va emmerder. »
« Quoi ? »
Pour la première fois, Yeongwoo s’immobilisa.
Au cours de ce bref échange, il apprit deux choses.
D’abord, qu’il pouvait bel et bien tuer la Terre sur-le-champ.
Ensuite…
« Tu dis que je serais perdant si tu mourais ? »
À cette question, la Terre passa de nouveau la tête derrière sa toile.
« Bien sûr. T’as un vaisseau spatial ? T’as quoi que ce soit, d’ailleurs ? Si je meurs, tu n’auras plus nulle part où aller. Tu ne pourras même pas partir. »
« …… »
Merde.
Yeongwoo ne trouva pas le moindre défaut dans son raisonnement.
Les planètes n’avaient peut-être pas besoin de leurs habitants, mais les habitants, eux, avaient foutrement besoin de leur planète.
« Franchement, tu trouves pas ça un peu injuste ? »
« Quoi donc ? »
« Notre sort. J’ai attendu une éternité pour me retrouver avec toi, entre tous… »
« Et qu’est-ce que tu me reproches ? »
Quand Yeongwoo fronça les sourcils et répliqua sèchement, la Terre retira enfin sa main du chevalet.
« Je ne m’attendais pas à ce que mon représentant soit un saint ou quoi. Mais j’espérais quelqu’un d’un peu plus convenable. À la place, ils m’ont refilé un putain de bandit. C’est pas cruel, ça ? »
On aurait dit la lamentation d’un parent déçu par son enfant.
« Hé, connard. Tu ferais mieux de surveiller tes paroles. Bâtard pourrait mal le prendre. »
Yeongwoo pointa vers la Terre la pointe acérée de son épée.
« Et toi, alors ? Tu te crois si spécial ? Pendant que je me cassais le cul à passer les épreuves d’évaluation de la planète, qu’est-ce que t’as foutu pour moi ? T’es juste une planète de seconde zone, complètement dépassée. »
Pour la première fois, le visage de la Terre se déforma de colère.
« … Arrête de m’appeler planète de seconde zone. À force, tu finiras par vivre éternellement sur une Terre de seconde zone. »
« … Quoi ? »
La remarque était lourde de sous-entendus.
Les instincts de Yeongwoo se mirent aussitôt en alerte.
« Qu’est-ce que tu racontes ? Tu veux dire que si je continue à t’appeler planète de seconde zone, il pourrait arriver autre chose ? »
Le ton de Yeongwoo changea instantanément ; il était maintenant tout ouïe.
La Terre ferma les yeux et appuya ses doigts contre ses tempes.
« Ah… Sérieusement, c’est vraiment tout ce que j’ai ? »
[Traducteur - Night]
[Correcteur - Gun]