Chapitre 427
[Traducteur - Night]
[Relecteur - Gun]
Chapitre 427 : Candidat unique (9)
— C’est quoi, ce bordel ?
En entendant les premiers mots de la Terre, Jiseon ouvrit de grands yeux, stupéfaite.
— Attends… La Terre peut vraiment parler comme ça ?
La scène qui se déroulait sous ses yeux n’avait rien à voir avec ce qu’elle avait imaginé.
Depuis qu’elle avait appris que cette planète était dotée d’une conscience, elle avait échafaudé d’innombrables scénarios. Mais ça ? Ça ne lui avait même pas traversé l’esprit.
« Eh bien… j’imagine qu’aucune règle ne dit qu’elle en est incapable. »
Bien sûr, Yeongwoo était tout aussi surpris par l’attitude de la Terre.
La seule chose qu’il savait à son sujet, c’était qu’elle était une planète de bas rang, située aux confins de l’univers, et que les planètes de bas rang ne cherchaient généralement pas à s’arracher à leur orbite.
Pour cette raison, Yeongwoo et le reste de la famille Renaissance avaient supposé que la Terre était timide de nature.
Jamais ils n’auraient imaginé qu’elle serait aussi effrontée, qu’elle se mettrait à jurer dès qu’ils auraient établi le contact.
« Qu’est-ce qu’on fait, maintenant ?
— Comment ça ? Il faut aller la rencontrer. »
Mais où devait-il regarder ?
Pour voir la Terre, fallait-il lever les yeux vers le vide ou les baisser vers le sol ?
Tandis que le regard de Yeongwoo errait sans but, il remarqua soudain que le nombre de membres du conseil avait nettement diminué.
« … Hein ? »
Et, effectivement.
Frouf… frouf… !
Les membres du conseil qui remplissaient la salle inclinaient maintenant la tête vers le vide, se changeaient en traînées lumineuses et disparaissaient un à un.
∴ Hé, attendez ! Les membres du conseil sont en train de pointer !
Song Jungho s’écria, alarmé, la voix pressante. Pris de court par ce « départ anticipé » inattendu, Yeongwoo protesta aussitôt.
« Attendez ! Les membres du conseil ? Vous partez comme ça ? Vous n’avez pas un conseil ou deux à nous donner avant de filer ? »
À cet instant, l’un des sept membres du conseil qui avaient accompagné le président — une figure que l’on supposait coréenne — se retourna vers Yeongwoo.
« … ! »
Surpris par ce soudain échange de regards, Yeongwoo hésita.
Le membre du conseil esquissa un léger sourire.
« Qui… Qui est ce vieil homme ? »
Un ancêtre lointain ?
Ou peut-être une grande figure historique ?
Quoi qu’il en soit, ce n’était clairement pas un humain ordinaire.
Yeongwoo inclina légèrement la tête par réflexe et, à cet instant, le corps du membre du conseil fut enveloppé d’une lumière blanche.
Frouf !
« Ah… »
Dès que sa présence se dissipa, Yeongwoo releva vivement la tête.
Mais le vieil homme était déjà parti, disparu sans laisser de trace.
— … Il est parti.
Jiseon marmonna en fixant d’un regard vide l’endroit où il s’était tenu.
Pendant ce temps, les autres membres du conseil lui emboîtèrent rapidement le pas et s’en allèrent à leur tour.
Ils avaient, en somme, accordé à Yeongwoo le droit de rencontrer la Terre, puis avaient déguerpi sans tarder.
Frouf, frouf !
Des milliers de membres du conseil se changèrent en rayons lumineux, traversèrent la salle et disparurent.
Pendant plusieurs minutes, la pièce fut inondée d’une lumière chaotique.
Puis, environ deux minutes plus tard.
Frouf !
Le dernier membre du conseil s’en alla, laissant la salle complètement vide.
« Waouh, ces foutus fantômes. Ils se sont vraiment barrés comme ça, hein ? »
La scène semblait irréelle.
Mais les membres du conseil n’étaient pas partis sans rien laisser derrière eux.
∴ Hein ? C’est quoi, ça ?
Song Jungho remarqua quelque chose à l’endroit où les silhouettes spectrales s’étaient tenues.
« Où ça ? »
Yeongwoo suivit le regard de son oncle et aperçut une enveloppe de documents posée sur le sol.
« Tiens. »
Une enveloppe aussi ordinaire n’aurait jamais pu se trouver dans cette grande cérémonie cosmique.
À l’évidence, les membres du conseil leur avaient laissé un cadeau d’adieu.
— Qu’est-ce que c’est ? Dépêche-toi de la ramasser.
Jiseon pressa Yeongwoo de récupérer l’enveloppe.
Il s’avança sans hésiter.
« C’est vraiment une simple enveloppe. Et en papier, en plus. »
Dans un monde balayé par le phénomène de pétrification, voir un objet non essentiel comme celui-ci en parfait état était rare.
Tap.
Quand Yeongwoo ramassa l’enveloppe, Jeonggu s’approcha à son tour, intrigué.
« Elle est drôlement grande, cette enveloppe. »
Comme Jeonggu l’avait fait remarquer, elle était bien plus grande qu’une enveloppe standard pour contrat.
« C’est forcément quelque chose que les membres du conseil ont laissé. »
Yeongwoo l’examina de près et remarqua un sceau apposé sur le rabat.
« … ? »
Quand il posa le doigt sur le sceau, celui-ci scintilla un instant avant de disparaître sans laisser de trace.
Frouf !
Le rabat de l’enveloppe s’ouvrit lentement de lui-même, et une feuille d’un blanc immaculé en glissa.
« Du papier ? Une sorte de manuel ? »
Jeonggu demanda, les yeux écarquillés par la curiosité.
Jiseon, elle, émit une autre hypothèse.
— Si ce n’était qu’un manuel d’instructions, ils nous l’auraient transmis par le système. Pas besoin de l’emballer comme ça.
Pourtant, aucun des deux n’avait raison.
Frouf.
À l’instant où Yeongwoo prit la feuille, un grand texte système apparut dans les airs.
Éclat !
[Distribution des parts planétaires en cours !]
« Quoi ? »
C’était le jour où les actionnaires de la planète recevraient les parts qui leur revenaient, calculées en fonction de leurs contributions fiscales.
Et ce jour, c’était aujourd’hui. À l’instant même.
« Les membres du conseil nous ont fait un cadeau colossal. »
Tandis que Yeongwoo ouvrait de grands yeux, stupéfait, le système afficha un autre message.
[Un « papier » a été remis à tous les actionnaires.]
[Futurs actionnaires de la planète, veuillez vérifier le nombre inscrit sur votre papier.]
« Le nombre ? »
— De quel nombre parlent-ils ?
Jiseon demanda, la voix débordante d’impatience.
Le système lui fournit aussitôt la réponse.
[Le nombre inscrit sur votre papier représente votre pourcentage de parts planétaires.]
« Putain… »
— Quoi ?!
∴ Attendez, alors, c’est quoi, notre nombre ?
Jungho posa la question décisive.
Yeongwoo tenait déjà la réponse entre ses mains.
« Voyons voir. »
La stratégie qui consistait à évincer les autres candidats à l’actionnariat leur avait-elle permis d’obtenir le monopole ?
Frouf.
Yeongwoo sortit entièrement la feuille de l’enveloppe et découvrit un grand nombre en gras, inscrit en son centre.
Le nombre était :
[Traducteur - Night]
[Relecteur - Gun]
[100]
« Ah… ! »
— … Cent ?
∴ Attendez, ça veut dire qu’on détient cent pour cent des parts ?!
Jeonggu, Jiseon et Jungho en restèrent tous trois bouche bée.
Mais Yeongwoo se contenta de regarder sa famille, comme si le résultat allait de soi.
« À partir de maintenant, cette planète est à nous. »
À ces mots, la feuille blanche qu’il tenait se mit à luire et se désagrégea dans les airs.
Ffffff !
Puis un message inattendu apparut.
[Seuil de prestige augmenté.]
« Attends, non… »
[+0,3 pour le monopole des parts planétaires]
Autrement dit, le seuil de progression de son niveau de prestige actuel venait d’augmenter de trente points.
Et, en effet, le statut de prestige de Yeongwoo avait changé.
Fiiou !
[Niveau de prestige : 38]
|50/100
*Karma requis par point de progression : 250 millions
« Quoi ? Il est déjà à mi-chemin ? »
À son niveau actuel, il lui aurait fallu pas moins de 750 millions de karma pour gagner trente points de prestige uniquement grâce au karma.
En d’autres termes, en obtenant le monopole des parts planétaires, il venait de gagner l’équivalent de 750 millions de karma sans lever le petit doigt.
Il économisait littéralement des millions rien qu’en respirant.
« C’est dingue. Alors, c’est comme ça qu’on progresse dans l’espace. »
C’était aussi la preuve qu’il était extrêmement difficile d’obtenir le monopole des parts planétaires.
« La Terre ne devrait pas accourir pieds nus pour m’accueillir, à ce stade ? »
Tandis que Yeongwoo songeait à cela en regardant le sol, l’espace derrière lui se fendit soudain et Kubu ouvrit les yeux.
— Maître.
« Oh, il y a encore eu un changement ? »
Yeongwoo redressa les épaules et regarda Kubu, s’attendant plus ou moins à la réponse qui suivit.
— Depuis que vous détenez le monopole des parts planétaires, la Renaissance a obtenu plusieurs pouvoirs décisionnels.
L’obtention de pouvoirs décisionnels par le monopole des parts planétaires.
Ce n’était manifestement pas une mince affaire.
« Des pouvoirs décisionnels ? Lesquels ? »
— D’abord, vous pouvez désigner la capitale de la planète.
« Ah, la capitale de la planète. C’est vrai. »
En réalité, la capitale était déjà toute désignée.
Et même si on avait laissé le choix à d’autres villes, qui aurait voulu que la sienne devienne la capitale d’une planète de pillards ?
Plus la planète était mal famée, plus sa capitale risquait de devenir une cible d’attaque.
« C’est pour ça que je transforme Séoul de Métal en ville militarisée. »
Yeongwoo prit une profonde inspiration, puis se tourna de nouveau vers Kubu.
« Et ensuite ? »
— Vous avez désormais accès aux ordres vierges.
« Aux ordres vierges ? »
Le terme ne lui disait rien.
— Oui. C’est le pouvoir de recourir à la force contre les habitants d’une zone donnée si cette zone est nécessaire au développement de la planète.
« Qu’est-ce que ça veut dire ? Explique-le plus simplement. »
Kubu roula une fois des yeux avant de préciser :
— Vous pouvez maintenant déclencher un compte à rebours sur n’importe quelle zone. Quand il arrivera à son terme, toute la région sera anéantie.
« … Quoi ? »
Autrement dit, c’était un droit d’expulsion forcée.
« Hé, j’ai dit que je serais un pillard, pas un tueur de masse. »
Maintenant qu’il détenait la totalité des parts planétaires, Yeongwoo n’avait aucune raison de tourmenter davantage les habitants autochtones.
Les vrais problèmes urgents étaient les éventuelles visites des familles des planètes voisines et la militarisation de la Terre.
— Et le dernier pouvoir que vous détenez actuellement…
« Lequel ? »
— Vous avez obtenu le droit de négocier avec la Terre.
« Les directeurs ne me l’avaient pas déjà accordé ? »
À ces mots, Kubu cligna deux fois des yeux.
— Puisque nous détenons désormais cent pour cent des parts planétaires, vous êtes le seul négociateur admissible. La Terre ne peut donc plus refuser les demandes de négociation.
« Ah. »
Il avait déjà entendu parler de ça en passant.
Apparemment, il fallait obtenir le consentement de la Terre pour négocier avec elle.
Mais maintenant qu’il détenait cent pour cent des parts, tout le système avait changé : la Terre ne pouvait désormais négocier qu’avec Jeong Yeongwoo.
Et, plus important encore…
« Elle ne peut pas refuser ? »
Yeongwoo marmonna, incrédule, et Kubu cligna une nouvelle fois des yeux.
— C’est exact. Toute demande de négociation de votre part doit être acceptée.
« Alors, quand ils ont dit que l’âge d’or de la Terre était terminé, c’est ça qu’ils voulaient dire. »
Ayant enfin compris la situation dans son ensemble, Yeongwoo hocha la tête.
« Dans ce cas, je peux demander une négociation tout de suite ? Une négociation qu’elle ne peut pas refuser, je veux dire. »
Le crépuscule était déjà tombé et les environs de la salle de cérémonie s’assombrissaient.
« Si possible, j’aimerais négocier avec la Terre avant de payer les impôts. »
Sauf interruption soudaine, un autre donjon allait probablement s’ouvrir ce soir.
Yeongwoo voulait donc régler toutes ses affaires avant la nuit.
— La négociation peut commencer immédiatement.
« Ah bon ? »
— Comme la planète ne dispose d’aucun droit de veto, le passage s’ouvrira dès que vous en ferez la demande.
« Attends, la négociation ne se déroule donc pas dans un endroit que je choisis ? »
Que pouvait-il faire, alors ?
« Bon, allons voir le visage de la Terre. Lance la négociation. Tout de suite. »
À l’ordre de Yeongwoo, Jiseon, qui avait suivi la conversation, sursauta et prit la parole.
— Quoi ? Tu y vas maintenant ? Tu es seulement prêt à faire ça ?
« C’est plutôt à la Terre de se préparer, non ? »
Avec un sourire en coin, Yeongwoo posa la main sur Bâtard, son épée à la ceinture, ce qui fit rouler une nouvelle fois les yeux de Kubu.
— Maître.
« Oui ? »
— Il est de coutume de ne pas porter d’arme lorsqu’on rencontre une planète.
« Ah bon ? »
— Oui.
« Alors, à partir de maintenant, ce ne sera plus le cas. »
— … ?
« Sur une planète où le vol et les agressions sont les principales activités, ça a du sens de laisser mes armes derrière moi ? »
Sur ces mots, Yeongwoo s’équipa entièrement avant de monter dans l’ascenseur.
Clic.
« Oh, il y a même des boutons. »
L’ascenseur n’avait que deux boutons : Entrée et Sortie.
Yeongwoo appuya sur Entrée et, comme Kubu l’avait annoncé, un message lui demanda de déposer ses armes.
[Pour le bon déroulement de la négociation, veuillez ne pas emporter d’armes. Merci.]
Yeongwoo fit toutefois semblant de ne pas voir le message et appuya de nouveau sur Entrée.
Bip.
L’ascenseur semblait prêt à fonctionner, mais le même message réapparut.
[Pour le bon déroulement de la négociation, veuillez ne pas emporter d’armes. Merci.]
« … »
Dans un soupir résigné, Yeongwoo tira à contrecœur Bâtard de sa ceinture.
Fchaaa !
Puis, du bout de Bâtard, il appuya une nouvelle fois sur le bouton Entrée.
Bip.
Enfin.
Clac !
L’ascenseur tressaillit une fois, puis commença à descendre sous la surface.
[Traducteur - Night]
[Relecteur - Gun]