Chapitre 424
[Traducteur — Night]
[Relecteur — Gun]
Chapitre 424 : Seul candidat (6)
Le chef des bandits, Jeong Yeongwoo.
Face à ce titre absurde, Jiseon éclata de rire.
— Ha ! Sérieusement ? Ces types ne sont pas des tendres non plus.
C’était tout naturel.
Après tout, leurs adversaires étaient le Conseil planétaire.
Même Yeongwoo ne s’attendait pas à ce que les membres du Conseil cèdent aussi facilement.
« Le Conseil essaie déjà d’imposer son autorité dès le départ. »
— Tu es sûr que c’est le Conseil qui essaie d’imposer son autorité ? À y réfléchir, ne devrions-nous pas, en tant qu’habitants de la Terre, être ceux qui vont l’accueillir ?
Peu importe ses capacités, Yeongwoo restait au fond un Terrien.
Un habitant de cette planète, la Terre.
Aux yeux de Jiseon, le Conseil, chargé de superviser la Terre, était donc naturellement placé plus haut que Yeongwoo dans la hiérarchie.
— Après tout, nous faisons tous partie de la même famille, non ? Inutile de créer des tensions pour rien. Va les accueillir comme il se doit.
À ces mots, Yeongwoo fronça les sourcils et leva les yeux vers Jiseon.
« Tu dis ça sérieusement, alors que tu es à la tête de ce clan de bandits ? »
— Quoi ?
« Si on se met à ramper devant le Conseil maintenant, comment veux-tu qu’on négocie avec la Terre plus tard ? En plus, ces connards viennent de nous traiter de bandits, non ? »
— … Pour être honnête, ils n’ont pas tort.
La Renaissance, la toute première famille de la Terre, avait fait du banditisme et de la violence ses principales activités.
Le Conseil n’avait donc aucune raison de leur parler gentiment.
— Cela dit, « chef des bandits », c’est plutôt modéré. Ça veut dire qu’ils ne nous attaquent pas encore de front.
« Mais ils n’ont pas l’air de nous apprécier particulièrement non plus. »
— … C’est vrai.
Jiseon hocha la tête à contrecœur.
En face d’eux, les écailles bleues de Song Jungho frémirent légèrement.
∴ On dirait qu’ils veulent nous remettre à notre place avant qu’on ne dépasse les bornes. Si on les laisse prendre le dessus dès le début, on est foutus.
Sans même s’en rendre compte, Jungho employait désormais le mot « nous ».
Yeongwoo jeta un coup d’œil à son oncle, puis posa la main sur Bâtard, à sa taille.
« Je n’ai pas l’intention de les laisser nous intimider non plus. Nous sommes la seule famille de cette planète. Pourquoi devrions-nous nous incliner ? »
Puis, tourné vers l’entrée principale du lieu, il éleva la voix.
《Les portes sont ouvertes. Membres du Conseil !》
Sa voix avait quelque chose d’impérieux.
Son ton n’était pas ouvertement hostile, mais il suffit à faire frissonner Jiseon et Jungho, derrière lui.
La puissance de sa voix leur fit involontairement trembler le dos.
Et, naturellement, les membres du Conseil qui attendaient à l’extérieur durent sentir de plein fouet la présence du chef des bandits.
「……」
Comme prévu, le silence tomba à l’extérieur.
— C’est quoi, ce bordel ? Ils sont partis ou quoi ?
Décontenancée par ce calme inattendu, Jiseon regarda autour d’elle.
Jungho, lui, dissipa les éclairs qui entouraient son corps et marmonna :
∴ Ils ont pris peur ?
Et, comme pour lui donner raison…
BOOOOM !
Le mur du fond de la salle explosa, laissant apparaître un immense trou.
« Bande de tarés. »
En voyant le lieu de réception de son mariage réduit en miettes, Yeongwoo bondit sur ses pieds.
Mais avant qu’il ne puisse bouger, une voix empreinte d’autorité retentit depuis l’ouverture béante.
■ Restez où vous êtes. Je ne ferai pas de demandes déraisonnables à un infirme.
« … ! »
Ce n’était clairement pas la même personne que celle qui les avait traités de bandits tout à l’heure.
Le poids et la présence de cette voix étaient d’un tout autre niveau.
Puis, la voix familière de tout à l’heure se fit de nouveau entendre.
「Le Président entre !」
« Le Président ? »
Yeongwoo plissa les yeux.
À cet instant, une silhouette franchit l’ouverture creusée par l’explosion.
Tap.
La première chose qui apparut fut une chaussure en cuir noir ciré, si brillante qu’elle reflétait la lumière.
« … ? »
En remontant le regard, il aperçut ensuite un pantalon de costume à la coupe impeccable.
— Mais qu’est-ce que…
Jiseon murmura sans le vouloir.
∴ … Hein ?
Jungho, lui aussi, laissa tomber sa mâchoire couverte d’écailles bleues, stupéfait.
Le Président du Conseil de la Terre — leur prétendu représentant — était sans conteste un humain.
Pas.
L’homme fit un deuxième pas et émergea entièrement du trou béant dans le mur.
C’était un grand homme vêtu d’un costume gris foncé.
Ses cheveux noirs de jais, coiffés en arrière, étaient impeccablement arrangés.
Son visage était si énigmatique qu’il était difficile de deviner son origine ethnique.
Son âge était tout aussi difficile à déterminer.
À première vue, il semblait avoir une quarantaine d’années, mais sa peau lisse, sans la moindre ride, le faisait paraître plus jeune.
Et pourtant, paradoxalement, il dégageait une impression profonde d’âge et d’expérience.
« … Est-il vraiment humain ? Non, c’est impossible. »
En voyant le Président, Yeongwoo se sentit désorienté.
Il n’arrivait pas à savoir si l’homme était réellement humain ou s’il s’agissait d’un extraterrestre imitant l’apparence humaine.
Pas. Pas.
Derrière le Président, sept hommes et femmes en costume noir franchirent à leur tour l’ouverture.
Leur présence était tout aussi imposante, et l’instinct de Yeongwoo lui soufflait qu’il s’agissait du reste du Conseil.
« Les membres ordinaires du Conseil… eux, ils ont vraiment l’air humains. »
Contrairement au Président, les sept membres du Conseil avaient des origines et des âges manifestement différents.
Autrement dit, ils ressemblaient assez à des humains pour que Yeongwoo puisse estimer leur âge.
Leur peau et leurs yeux semblaient correspondre à leurs années.
L’un d’eux, en particulier, portait une longue barbe grisonnante.
Et cet homme attira l’attention de Yeongwoo.
« Ce type… il a l’air coréen, quoi que j’en pense. »
L’homme portait un chignon traditionnel.
Les chignons n’étaient pas propres à la Corée, mais le bonnet qui l’entourait avait une forme familière.
Et surtout…
« Pourquoi ce vieux me fixe, bordel ? »
Parmi les sept membres du Conseil, le vieil homme au chignon était le seul à lui adresser un regard étrangement chaleureux, presque affectueux.
Un coup d’œil.
Yeongwoo plissa légèrement les yeux et lui rendit un regard acéré.
Mais au lieu de ciller, le regard du vieil homme s’approfondit encore, comme s’il savourait sincèrement la vue de Yeongwoo.
« … Beurk. »
Le regard du vieil homme avait quelque chose d’immense et d’insondable, comme la haute mer.
Yeongwoo finit par baisser les yeux malgré lui, et le Président, qui avait observé la scène, prit un air intrigué.
■ Alors, vous êtes bel et bien humain. Êtes-vous enfin prêt à parler ?
Sa façon de parler laissait entendre qu’il n’était pas lui-même humain.
N’y tenant plus, Song Jungho demanda brusquement :
∴ C’est quoi, ce bordel ? Tu veux dire que tu n’es pas humain ? Et ceux derrière toi ? Au moins eux, ce sont des gens ?
La question était peut-être brusque, mais, contre toute attente, le Président eut un petit rire.
■ Je suis un serviteur de la Terre. Les humains ne m’intéressent pas. Cependant…
Le Président inclina légèrement la tête et jeta un coup d’œil aux sept directeurs derrière lui.
■ Les directeurs, eux, auront forcément une position différente.
Il sous-entendait que les directeurs étaient du côté de l’humanité.
« … Quoi ? Ça veut dire que les directeurs sont peut-être vraiment humains ? »
Yeongwoo ouvrit de grands yeux, incrédule.
Mais, bien sûr, ils ne pouvaient pas être « humains » au sens propre.
Ces êtres étaient des entités cosmiques qui coopéraient avec des planètes depuis les recoins cachés de l’univers.
Il n’y avait qu’une seule explication possible pour qu’ils soient vraiment « humains ».
[Traducteur — Night]
[Relecteur — Gun]
« C’est pas possible. »
Cela voudrait dire qu’ils étaient des ancêtres.
Et Yeongwoo avait déjà vu un cas similaire de ses propres yeux.
Il avait vu Kim Jung-un, transformé en mutant, revenir avec deux prédécesseurs à ses côtés.
De plus, les orcs aux pieds rouges, habitants d’une autre planète, avaient préservé l’esprit de leurs ancêtres grâce à des reliques et aux rites de chaque chef.
Alors, si la Terre avait elle aussi un système de « préservation » similaire…
« Tu veux dire que des fantômes dirigent le Conseil planétaire depuis tout ce temps ? »
Yeongwoo cligna des yeux, incrédule.
Si c’était vrai, les directeurs pouvaient être des centaines, voire des milliers.
Pendant ce temps, le Président désigna nonchalamment une chaise cassée qui gisait sur le sol.
Tap.
À la stupéfaction de Yeongwoo, la chaise se redressa d’elle-même et glissa en douceur vers le Président.
Frouuuf !
« Mais qu’est-ce que… »
Ce n’était pas un simple tour de télékinésie.
Bien qu’il lui manquât un pied, la chaise gardait l’équilibre comme si elle était vivante.
Clic.
Le Président s’installa ensuite sur la chaise.
■ Les deux devoirs les plus importants de notre Conseil sont les suivants.
Sur ces mots, le Président sortit de son manteau un objet rectangulaire de la taille de sa paume.
Frouf.
Fait d’un métal gris cendré, l’objet se révéla être un étui à cigarettes.
« … ? »
Yeongwoo pencha la tête, perplexe. Le Président ouvrit l’étui et en tira une cigarette.
« Un connard d’extraterrestre fume des cigarettes ? »
Bien sûr, rien ne garantissait qu’il s’agissait réellement d’une cigarette.
Le Président imitait manifestement les coutumes humaines en portant un costume ; pourquoi pas en fumant, aussi ?
En outre, il alluma la cigarette sans briquet, d’un simple claquement de doigts.
Tchiii !
En tirant une bouffée, le Président leva deux doigts.
■ Notre première mission est de protéger la planète. Cette tâche me revient essentiellement.
Le Président établissait clairement une distinction entre lui et les directeurs nés humains.
Il tira ensuite longuement sur sa cigarette, l’air songeur.
■ Notre seconde mission est d’assurer la prospérité des habitants.
« La prospérité des habitants… ? »
Yeongwoo ouvrit de grands yeux en découvrant cette mission inattendue du Conseil.
Autrement dit, leur objectif était de favoriser la prospérité de l’humanité.
■ À proprement parler, cela relève de la compétence des directeurs. Dans le cadre des conditions imposées, ils prennent des décisions qui favorisent la prospérité des habitants.
« Au moins, c’est rassurant. Les affaires concernant les humains sont gérées par des directeurs nés humains. »
Mais le vrai problème vint ensuite.
■ Cependant, un problème s’est présenté.
« … Lequel ? »
À la question de Yeongwoo, le Président souffla un énorme nuage de fumée, tel un Grand Dragon.
Hwaaah !
■ Le problème, c’est que votre groupe est la seule famille à avoir vu le jour sur cette planète.
La Renaissance.
Une bande de bandits en pleine ascension, dirigée par Jeong Yeongwoo.
■ En fait, 73 % des membres du Conseil ont voté en votre faveur.
Autrement dit, les directeurs nés humains estimaient que le clan de bandits de la Renaissance contribuerait à la prospérité de l’humanité.
« Hein ? Sérieusement ? »
Pris au dépourvu par ce revirement inattendu, Yeongwoo jeta un coup d’œil aux sept directeurs.
Puis il demanda :
« Mais en quoi est-ce… un problème ? »
Le Président jeta son mégot au sol d’une pichenette et répondit :
■ Vous ne comprenez vraiment pas pourquoi ?
« Je n’en ai vraiment aucune idée. »
Yeongwoo joua les innocents, le fixant d’un air effronté.
Le Président parcourut du regard la salle de réception, entièrement dévastée.
Puis son regard s’arrêta sur les plaques de signature sous l’autel où était assis Yeongwoo…
Des plaques portant les signatures des criminels les plus notoires de la galaxie.
■ Vous croyez vraiment qu’envoyer une telle bande dans l’espace aiderait à protéger cette planète ?
« Ah. »
Sentant le poids de la situation, Yeongwoo se leva enfin.
Au même moment, le Président se leva lui aussi.
Frouuuf !
Une épée venait d’apparaître dans sa main, forgée on ne savait quand.
■ À mon avis, vous êtes la plus grande menace de cette planète. En tant que Président, je vais engager un duel pour assurer la sécurité de la Terre.
À ces mots, Jiseon prit une posture de combat en se tordant le corps.
— On dirait qu’on est foutus, Yeongwoo. On a affaire à un coriace !
Jungho, lui, avait déjà la gueule pleine d’éclairs.
∴ Ils ont dit que 73 % du Conseil nous soutenait ! Pourquoi est-ce qu’on se fait traiter comme ça, bordel ?
Yeongwoo, cependant, avait déjà empoigné son épée bâtarde.
« Espèce de connard d’extraterrestre… Maintenant que j’y pense, si tu disparaissais, le Conseil serait entièrement composé de directeurs nés humains, pas vrai ? »
■ Quoi ?
Pris de court par l’audace de ce simple humain, le Président entrouvrit la bouche.
Dans ce bref instant de flottement, Yeongwoo attrapa sur l’autel la plaque de signature du Président.
« Pour la prospérité de l’humanité et la militarisation de la Terre, je te défie en duel ! »
Sur ces mots, il lança la plaque en direction du Président.
« Ah ! A-Attendez ! Attention ! Elle va se casser ! »
■ …… !
La plaque portait la signature d’une entité de rang trois : un artefact d’une valeur inestimable.
Alarmé, le Président la rattrapa par réflexe.
À cet instant, le regard de Yeongwoo se posa sur le sol sous les pieds du Président tandis qu’il prononçait une incantation.
« Invoque la Montagne des Vingt Épées. »
[Traducteur — Night]
[Relecteur — Gun]