Chapitre 420
[Traducteur — Night]
[Relecteur — Gun]
Chapitre 420 : Seul candidat (2)
« Quoi… quoi ? »
Parmi les personnes présentes, seul le Gardien de l’Italie avait bien entendu les paroles de Jiseon.
Les deux autres se tenaient tout simplement trop près de Yeongwoo pour l’entendre clairement.
« Comment oses-tu ! »
La voix de Yeongwoo tonna, chargée d’une rage et d’une puissance écrasantes.
Sans hésiter, il trancha l’air de la main comme d’une lame et sectionna le poignet du Conquérant, qui tendait le bras vers le Bâtard.
Kwaak !
Pour les témoins, tout se résuma à un éclair soudain.
Alors…
« … ! »
« Hein ? »
Pendant un bref instant, ils restèrent bouche bée.
Ce ne fut que lorsque le Conquérant leva son poignet et hurla de douleur qu’ils comprirent pleinement la situation.
« Guaaahhh ! »
« M-ma main… ? »
Le combat venait d’éclater.
L’Ombre de la Toundra fixa la main tranchée du Conquérant, posée sur la table ronde, tandis qu’une vague de chaleur lui montait le long du cou.
Au plus profond de son subconscient, un voyant rouge s’alluma, mais son corps bougea avant qu’il ait pu pleinement prendre la mesure de sa peur.
Frouf !
Par instinct, il se mit en garde et se jeta sur son adversaire.
Tat-tat !
Ses mouvements, aiguisés par d’innombrables combats à mort, étaient rapides et précis.
« Estime-toi heureux de n’avoir perdu que ta main ! Mets-toi derrière lui ! »
Tout en hurlant cet ordre au Conquérant manchot, l’Ombre de la Toundra chargea.
Une démonstration digne des plus puissants de la planète.
Mais tout cela ne servit à rien.
Cet adversaire était bien trop puissant pour eux : ni le courage ni la détermination ne pourraient combler l’écart.
Jeong Yeongwoo avait déjà dépassé les limites des simples mortels.
« … »
Calme et maître de lui, Yeongwoo se contenta d’observer son adversaire foncer imprudemment sur lui.
Ta-at !
Au moment où l’épée de la Toundra s’élança…
Fssht.
Yeongwoo leva l’index et arrêta sans effort la pointe de la lame.
Ting !
Un tintement léger, presque ridicule, retentit.
Ce ne fut qu’alors que la mâchoire de la Toundra et celle du Conquérant s’affaissèrent d’incrédulité.
« … Hein ? »
« C-c’est impossible… »
La réalité, indéniable, se déroulait sous leurs yeux : ils ne pourraient jamais vaincre une telle force, quels que soient leurs efforts.
« Ton courage est tout de même louable. »
Yeongwoo eut un sourire mauvais et écarta d’un simple doigt la lame de la Toundra.
Enfin conscients de l’absurde différence de puissance, les deux hommes reculèrent en trébuchant, horrifiés.
« Q-qui… qu’est-ce que tu es, bon sang ? »
La Toundra, incapable de croire ce qu’il venait de voir, fixait son épée tremblante.
Yeongwoo pencha légèrement la tête.
« Hmm. Qui suis-je ? »
Puis, sans se presser, il tourna le regard vers l’espace vide derrière lui.
« Administrateur, quelle est mon identité ? »
Fssrrt.
À son appel, Kubu fendit le vide et réapparut.
— Jeong Yeongwoo. Maître du mythe et fondateur de la première grande famille de la Terre : la Renaissance.
« Oui, je suis Jeong Yeongwoo, le chef de la Renaissance ! »
Sur ces mots, Yeongwoo abattit la paume sur la table ronde.
Une déferlante de puissance explosa et balaya la pièce dans un souffle furieux.
— C-ce fou… !
Les cheveux fouettés par le vent, Jiseon recula instinctivement de plusieurs pas.
Quant au Conquérant et à la Toundra, pris de plein fouet par l’explosion, ils furent forcés de s’agenouiller sous le poids écrasant de sa présence.
« Pendant que je bâtissais une famille en partant de rien, moi, un orphelin, qu’est-ce que vous foutiez ? »
« E-eh bien… »
« … »
En apprenant pour la première fois que Yeongwoo avait été orphelin, les deux hommes restèrent sans voix.
Alors qu’ils balbutiaient en silence, Yeongwoo poursuivit :
« On dirait que je suis le seul à avoir une vision digne de ce nom. Je vais donc revendiquer la totalité des parts de cette planète. »
« N-non, mais… »
La Toundra, qui tentait de protester, releva légèrement la tête… avant d’être aussitôt écrasée par la vague de présence de Yeongwoo.
Les trois puissants de la planète présents avaient tous l’habitude de payer des impôts exorbitants.
Ils savaient donc parfaitement qu’en restant parmi les plus gros contributeurs fiscaux, ils finiraient par obtenir des parts de la planète.
Mais voilà qu’ils entendaient l’impensable.
Un être monstrueux venait d’apparaître et revendiquait toutes les parts de la planète pour lui seul.
« Q-qu’est-ce que vous comptez faire de toutes les parts de la planète ? »
Le Gardien de l’Italie, qui s’était discrètement éloigné de Yeongwoo, posa la question avec prudence.
La voix de Yeongwoo s’adoucit considérablement.
« C’est une question importante. »
Cette fois, il parla même d’un ton résolument humain.
« Nous sommes déjà dans l’espace. »
« D-dans l’espace… ? »
Perplexe, l’Italie leva les yeux vers le ciel.
Il n’y vit que le bleu familier du ciel terrestre.
Mais Yeongwoo, comme toujours, voyait au-delà.
« L’espace est un milieu impitoyable où seul le plus fort survit. Si nous voulons y tenir, quelqu’un doit tenir les rênes de cette planète. »
« M-mais pourquoi vous… ? »
La question échappa naturellement à l’Italie, et le ton de Yeongwoo se durcit aussitôt.
« Parce que je suis le seul à avoir une véritable expérience de l’espace, bande d’imbéciles ! »
« … Aïe ! »
Réprimandés par son rugissement, les trois puissants de la planète s’effondrèrent à genoux en tremblant.
« Avez-vous déjà fait du lobbying auprès des inspecteurs planétaires ? Survécu à la colère d’une Mara furieuse ? »
Yeongwoo pointa le ciel du doigt en parlant.
« Face aux titans cosmiques, vous n’êtes même pas des grains de poussière. Mais moi… moi, je suis au moins devenu un bâtard de chiot. »
Un individu de prestige de niveau 38, soutenu par le géant intergalactique Dogo…
C’était amplement suffisant pour justifier sa candidature comme représentant de cette planète paumée.
« Je vais bientôt être reçu par le Conseil de cette planète. Je compte m’y présenter comme le seul candidat aux droits sur les parts planétaires. »
En clair, il voulait voir disparaître les trois puissants devant lui, ses concurrents.
« Le plus simple serait de vous tuer tous les trois, mais j’en ai assez d’être trop cruel. »
Grâce à la Pomme de vertu qu’Aldo avait plantée dans sa poitrine, il répugnait désormais à commettre des atrocités.
[Glace brûlante]
| Veillez à ce que votre total de points de Karma maléfique ne dépasse pas le double de vos points de bon karma.
« Q-qu’est-ce que vous comptez faire de nous, alors ? »
La voix tremblante appartenait au Conquérant, toujours à genoux, le poignet tranché.
« … »
Yeongwoo baissa les yeux vers la main coupée du Conquérant, puis la ramassa tranquillement sur la table.
Sans un mot, il la lui lança avec un Noyau de Slime.
Frouf.
「Noyau de Slime」 — Bracelet de mutation
【Le pouvoir de régénération augmente considérablement.】
« Ce truc ressoude même les crânes fendus. Recollé ta main et rends-la-moi. »
« Q-quoi ? »
Stupéfait, le Conquérant rattrapa sa main coupée et le bracelet.
[Traducteur — Night]
[Relecteur — Gun]
Dès qu’il les toucha, une intense chaleur se répandit dans tout son corps.
En regardant son poignet, il vit la plaie se refermer à toute vitesse.
« Ah ! »
Éberlué, le Conquérant plaqua rapidement sa main coupée contre son poignet.
Floc !
À sa grande stupeur, la main se ressouda à son poignet ; les chairs se recollaient à une vitesse alarmante.
« M-merci. »
Il balbutia, encore abasourdi par la situation.
Au milieu de ses remerciements, Yeongwoo sentit s’estomper peu à peu son envie de lui écraser le crâne à mains nues.
« Ne me remercie pas trop vite. »
« … Comment ? »
« Trois milliards. »
« … ? »
« Vous devez vous partager trois milliards. C’est le coût de construction de cette salle de conférence. »
Pour la première fois, les trois puissants poussèrent simultanément un cri d’incrédulité.
« Trois milliards ? »
« Pourquoi est-ce qu’on paierait ça, bon sang ? »
« Ce bâtiment est bien dans votre pays, non ? »
À eux trois, cela leur ferait un milliard chacun à payer.
Mais sans sponsors ni entreprises pour les soutenir, comment pourraient-ils réunir une telle somme ?
Bien sûr, c’était précisément ce que voulait Yeongwoo.
« Pourquoi vous devriez payer ? Parce que je dois faire de vous des crève-la-faim pour prendre le contrôle de cette planète. »
Sur ces mots, Yeongwoo jeta de nouveau le Bâtard sur la table ronde.
« Si vous refusez de devenir des mendiants, je n’aurai pas d’autre choix que de vous tuer. Les autres candidats doivent disparaître. »
« … ! »
La voix de Yeongwoo était humaine, mais pas ses paroles.
La vue de l’épée sur la table ronde — celle-là même qui avait tranché la main du Conquérant — ne fit qu’accentuer la terreur dans les yeux des trois hommes.
« … Merde, pourquoi vous nous faites ça ? »
« Oubliez les droits de propriété, on n’a même pas un milliard ! »
« Ouais ! On est fauchés, bordel ! »
Tandis que les trois plaidaient leur cause, Yeongwoo leur exposa tranquillement la suite de son plan.
« Empruntez. Je vous prêterai l’argent. Grâce à un privilège racial, le taux d’intérêt quotidien n’est que de un pour cent. »
Un milliard à un pour cent d’intérêt leur coûterait dix millions de karma chaque jour.
« … Hein ? »
« Si vous devez rembourser chaque jour le principal et les intérêts pour ne pas mourir, vous serez forcés de classer ça dans les dépenses indispensables. Vous passerez automatiquement dans la tranche des bas revenus… »
Ce qui les rendrait inadmissibles à la propriété planétaire et ferait de Jeong Yeongwoo le seul candidat.
« Rien que d’y penser, ça me fait plaisir. Si vous avez une objection, réglez-la à l’épée. »
Yeongwoo désigna le Bâtard posé sur la table ronde, le regard glacial.
Les trois puissants échangèrent un regard.
Ils savaient que même en attaquant tous ensemble, ils n’auraient aucune chance contre le monstre qui leur faisait face.
Mais s’endetter pour une somme aussi absurde ?
C’était tout aussi impensable.
« Hmph. »
Bien sûr, Yeongwoo, méchant chevronné, avait prévu leur dilemme.
« Vous avez l’air tiraillés. Laissez-moi alléger un peu votre supplice. »
« … ! »
« À partir de maintenant, les prêts seront accordés dans l’ordre d’arrivée. »
« Q-quoi ? »
« Qu’est-ce que tu racontes, bon sang ? »
Les trois se levèrent aussitôt d’un bond, alarmés, mais Yeongwoo n’en tint aucun compte et leur asséna le coup suivant.
« Total : trois milliards. Le premier à emprunter aura la plus petite part : huit, dix et douze. »
L’Ombre de la Toundra grimaça et demanda, le visage tordu :
« P-pourquoi le dernier a douze ? »
« Parce qu’on dirait que c’est toi qui vas te retrouver à payer un milliard deux cents millions tout seul. »
« Espèce de… Bâtard… ! »
Comme Yeongwoo faisait apparaître un contrat de prêt dans sa main gauche, le Conquérant des Grands Lacs se rua en avant.
Fssht !
Mais, contrairement à tout à l’heure, il ne visa pas le corps de Yeongwoo.
Clac !
Il lui arracha plutôt le contrat des mains.
« Je passe le premier ! »
Ayant vu de ses propres yeux les prouesses martiales de Yeongwoo, il fut le plus prompt à prendre cette décision impitoyable.
« T-tu es sérieux ? »
L’Ombre de la Toundra dévisagea son compagnon, stupéfait par cette trahison fulgurante.
Mais la véritable catastrophe ne faisait que commencer.
« Argh ! »
Le Gardien de l’Italie courait maintenant de toutes ses forces vers le contrat.
Mieux valait payer un milliard que se retrouver avec un milliard deux cents millions sur les bras.
« Merde ! Bande d’abrutis ! »
L’Ombre de la Toundra serra les dents et cracha ses insultes, mais tendit lui aussi la main vers le contrat.
Après tout, mieux valait payer un milliard qu’un milliard deux cents millions.
Fssht !
Mais juste avant que ses doigts ne touchent le contrat, le Gardien de l’Italie lança son épée et en envoya la poignée percuter la main de l’Ombre.
Pan !
« Quoi… ? »
« Désolé ! »
Tandis que l’Ombre de la Toundra vacillait, la main lancinante, le Gardien de l’Italie posa enfin la sienne sur le contrat de prêt.
Thud !
« Ha. »
Le résultat était loin d’être idéal, mais au moins avait-il évité le pire.
Le milliard deux cents millions restant échut donc au puissant Russe, exactement comme Yeongwoo l’avait prédit.
« La dette coûte moins cher que la mort. Ne faites pas un choix que vous regretterez. »
Yeongwoo tendit froidement le contrat au dernier candidat.
À vrai dire, il ne voulait pas créer d’hostilité inutile sur Terre ; il espérait donc en silence que l’homme ne serait pas assez stupide pour résister.
Et l’Ombre de la Toundra, après avoir hésité un instant…
« … C’est du grand n’importe quoi. Espèce d’enfoiré, et après ça, tu vas posséder notre planète ? »
En maugréant entre ses dents, il signa tout de même le contrat à contrecœur.
Flash !
Yeongwoo devint ainsi créancier de trois milliards de principal, ce qui lui rapporterait trente millions de karma d’intérêts par jour.
« Je ne fixerai pas de date de remboursement. Remboursez avant de mourir. Mais pour m’assurer que vous obéirez, si vous manquez un paiement, je viendrai vous tuer moi-même. »
« … »
Comme ils venaient tous de la même planète, ils n’avaient nulle part où fuir.
« Et comment on est censés payer les intérêts… ? »
« En attendant d’obtenir le droit de recouvrement à distance, j’enverrai quelqu’un les percevoir tous les jours. »
Sa famille n’en était qu’à ses débuts ; il n’avait pas encore le droit d’automatiser les recouvrements.
Il ne me reste plus qu’à écraser le Conseil et le reste de la Terre.
L’esprit tranquille, Yeongwoo leva les yeux vers le ciel.
Le Gardien de l’Italie demanda alors avec prudence :
« A-alors… vous nous laissez partir ? »
Yeongwoo tourna vers lui un regard calme.
« Déshabille-toi. »
« … Quoi ? »
« Tu dois laisser ton équipement ici, comme promis. »
[Traducteur — Night]
[Relecteur — Gun]