Chapitre 410
[Traducteur — Night]
[Correcteur — Gun]
Chapitre 410 : La collecte (2)
Un testament de la Terre.
Yeongwoo n’avait jamais ne serait-ce qu’imaginé une telle chose.
Non, l’idée même que cette planète sous ses pieds ait une conscience… Était-ce seulement possible ?
Ça n’a aucun sens. La Terre peut penser et même parler ?
Toma, être cosmique, semblait quant à lui avoir du mal à comprendre l’incrédulité de Yeongwoo.
— Comparé à cette planète, tu n’es rien de plus qu’un grain de sable. C’est curieux que tu aies cru pouvoir en faire un vaisseau spatial sans son consentement.
« A-attendez… Mais de toute ma vie, je n’ai jamais vu la Terre parler ! »
Toma laissa échapper un rire grave et désigna du doigt les pieds de Yeongwoo.
— Est-ce que tu parles aux insectes qui rampent sous tes pieds ?
Q-quoi… ?
Yeongwoo resta sans voix, la bouche légèrement entrouverte.
Après tout, quelques jours plus tôt, il n’était encore qu’un humain parmi les milliards que comptait la Terre.
Et cela, avant même que le monde soit relié à l’espace réel.
Autrement dit, la Terre n’avait sans doute jamais éprouvé le besoin de communiquer avec quelqu’un comme lui.
« Mais la situation est différente, maintenant, non ? La Terre est reliée à l’univers et elle a déjà été réinitialisée… »
Bien sûr, tout cela n’était vrai que du point de vue des habitants de la Terre.
Pour Toma, qui vivait dans l’immensité de l’espace depuis bien plus longtemps que Yeongwoo, la réinitialisation n’était qu’une plainte dérisoire.
— Les planètes de rang inférieur ne communiquent qu’avec des individus triés sur le volet.
« Quoi ? Qu’est-ce que ça veut dire ? »
Yeongwoo ouvrit de grands yeux, puis comprit rapidement ce que cela impliquait.
« Oh, ne me dites pas que… »
La méthode pour sélectionner quelques individus parmi les innombrables habitants de la Terre.
Il en avait déjà entendu parler.
Les détenteurs de parts planétaires.
[La planète à laquelle vous êtes affilié est actuellement dans un état neutre non classifié. À l’avenir, les parts planétaires seront attribuées en fonction du montant cumulé des impôts payés.]
C’était une information que Yeongwoo avait directement obtenue de Jiazol, l’employé du bureau des impôts.
Les parts de la Terre réinitialisée seraient distribuées aux contribuables assidus, et leur proportion dépendrait du montant total des impôts versés.
En d’autres termes, plus on avait payé d’impôts, plus sa part de la planète était importante.
Si, au moment de la distribution, il n’y avait qu’un seul contribuable assidu, celui-ci pourrait s’approprier toutes les parts planétaires.
Et c’était exactement ce que Yeongwoo comptait faire.
« Si je deviens détenteur de parts planétaires, je pourrai parler à la Terre ? »
Ayant enfin compris le système de cet univers, Yeongwoo baissa les yeux vers le sol au lieu de regarder le ciel.
« … »
Puis, une idée lui traversa l’esprit et il releva la tête.
« Au fait… »
— … ?
« Pourquoi la Présidente ou le Président n’utilisent-ils pas de vaisseaux planétaires ? J’ai entendu dire qu’ils étaient incroyablement puissants. »
— C’est parce que…
Toma se frotta le front comme s’il avait mal à la tête.
Boum.
C’était une évidence à l’échelle cosmique ; il ne savait même pas par où commencer ses explications.
— En général, l’occasion de construire un vaisseau planétaire ne se présente qu’une fois.
« Une seule fois ? Pourquoi ? »
Avant que Toma ait pu répondre, Yeongwoo trouva lui-même la réponse.
« Ah, parce que les planètes ne communiquent qu’avec des individus triés sur le volet. »
— Exact.
Autrement dit, si quelqu’un ne parvenait pas à convaincre sa planète d’origine, il n’aurait pas de seconde chance de construire un vaisseau planétaire.
Voilà pourquoi même le puissant Président Dogo n’en possédait pas.
« Waouh. C’est vraiment si difficile de convaincre une planète ? »
Maintenant qu’il comprenait la valeur des vaisseaux planétaires, Yeongwoo cligna des yeux, stupéfait.
Toma leva les yeux au ciel et prit la parole.
— Les planètes de haut rang sont arrogantes, celles de bas rang sont craintives.
Sa voix semblait évoquer un vieux souvenir, comme s’il avait lui aussi essayé un jour de convaincre une planète.
— En outre, il n’est pas si facile de rencontrer une planète en personne. C’est elle qui choisit avec qui elle parle.
Même parmi les individus sélectionnés, seuls ceux que la planète choisissait pouvaient réellement être reçus par elle.
Bon sang, c’est ridiculement compliqué.
Bien sûr, la situation de la Terre était plutôt particulière.
Après tout, elle abritait le célèbre Jeong Yeongwoo07.
La planète choisit à qui elle parle ? Dans ce cas, il me suffit de faire en sorte d’être la seule possibilité.
Il devait y avoir très peu d’êtres dans l’univers à avoir détenu cent pour cent des parts d’une planète et parlé personnellement avec elle.
C’était précisément pour cela que les vaisseaux planétaires étaient si rares.
« Si les vaisseaux planétaires ont autant de valeur, je veux absolument en construire un. »
Yeongwoo le déclara avec détermination, et Toma reprit sa marche vers la sortie.
— Quel que soit le vaisseau que tu construiras, il te faudra un canon principal. Si tu comptes livrer beaucoup de batailles, achètes-en un à Toma.
Même dans cette situation, Toma continuait de chercher à vendre ses produits.
Yeongwoo acquiesça, et Toma disparut bientôt au-delà de la sortie de la salle des cérémonies.
Pendant ce temps, Jiseon, qui raccompagnait les invités par la « sortie de service », s’approcha d’eux d’une voix épuisée.
— Pfou… C’est enfin terminé ?
« On a presque fini. »
Le regard de Yeongwoo se posa sur Kubu, qui approchait en tenant précautionneusement quelque chose à deux mains.
« Kubu, qu’est-ce que c’est ? »
Il observa la boîte dorée posée dans les mains de Kubu.
Bien sûr, il avait déjà une assez bonne idée de ce qu’elle contenait.
Derrière Kubu, Chobu et Tobu portaient chacun une offrande nuptiale de mauvais augure : l’un tenait un paratonnerre, l’autre un globe oculaire grotesque.
La boîte dorée ne pouvait donc être que…
— C’est l’offrande nuptiale, patron.
« Ah. Donc c’est comme ça qu’on encaisse l’argent ? C’est la première fois que je vais à un mariage, je ne savais pas. »
Yeongwoo se gratta la joue, et Kubu lui tendit prudemment la boîte dorée.
— Il vous suffit de la toucher pour que les fonds soient immédiatement versés.
« … Ah. »
À l’idée qu’il allait recevoir des centaines de milliards en liquide, un frisson lui parcourut le dos.
« Ouf. »
Yeongwoo prit une grande inspiration.
Puis, sans hésiter, il tendit la main et toucha la boîte de l’offrande nuptiale dorée.
Tac.
Des étincelles dorées jaillirent entre Yeongwoo et la boîte, suivies d’un immense message système.
[Argent des félicitations reçu : 34 842 650 000 karma.]
« Hein… Combien ? »
Yeongwoo cligna rapidement des yeux.
34,8 milliards de karma.
Une somme difficile à concevoir.
Et le plus incroyable, c’était que…
— La prime de 5 milliards convenue verbalement avec le prêtre et le solde restant de la salle de mariage ont été réglés à l’avance.
« … ! »
Autrement dit, le montant total initial des offrandes nuptiales dépassait les 40 milliards.
Attends, il y a aussi la commission d’Osaek Credit.
Yeongwoo sortit la pièce de métal que Daouk lui avait remise et remarqua qu’elle brillait.
[Traducteur — Night]
[Correcteur — Gun]
« Hein ? »
Quoi que ce fût, c’était en train de fonctionner.
Et alors…
Piiiiiiou !
Un faible rayon de lumière traversa le plafond de la salle de mariage et fut absorbé par la pièce de métal.
Un virement… !
Maintenant que l’argent des félicitations avait été réglé, Osaek Credit n’allait pas tarder à transférer les fonds.
Crac !
Des fissures se propagèrent sur la pièce de métal comme une toile d’araignée, puis celle-ci se brisa complètement. Un autre message système apparut.
[1 132 000 000 karma ont été transférés par « Osaek Credit ».]
1,13 milliard.
Mais c’est quoi ce bordel ? Ils ont pris combien d’intérêts ?
Yeongwoo fut stupéfait par l’importance inattendue de la somme.
En voyant cela, Kubu lui donna discrètement un conseil.
— Vu le montant, vous allez devoir payer des impôts. Vous devriez vous y préparer.
« Quoi ? Même l’argent des félicitations est imposé ? »
Yeongwoo s’indigna un instant, puis se calma rapidement.
Non, en fait, c’est plutôt une bonne chose. De toute façon, je dois payer beaucoup d’impôts pour obtenir des parts.
Avec l’argent d’Osaek Credit, ses gains pour le mariage à eux seuls s’élevaient à la somme faramineuse de 35,9 milliards de karma.
Même après les impôts, il lui resterait des actifs d’une valeur supérieure à 10 milliards.
« C’est quoi, le taux d’imposition ? Ces enfoirés… Ils vont en prendre une sacrée part, pas vrai ? »
Kubu haussa les épaules à la question de Yeongwoo.
— Je crois que c’est autour de 30 %.
« Quoi ? »
Cela signifiait que plus de 10 milliards de karma partiraient en impôts.
« À 30 %… Il me resterait combien ? »
Cette fois, Jeonggu intervint.
« Environ 25 milliards. »
« Ah… Pas mal. »
« Pour quelqu’un comme toi, c’est beaucoup trop d’argent, non ? »
Jeonggu plaisantait, mais à moitié seulement.
Il savait quel genre d’homme était Yeongwoo, même quand celui-ci n’avait pas un sou.
Et à présent, Yeongwoo avait accès à 25 milliards de karma.
Jeonggu craignait ce qu’il allait en faire.
« Qu’est-ce que tu comptes en faire ? »
« De l’argent ? D’abord, je devrais améliorer ma puissance de combat… »
Yeongwoo posa la main sur Bâtard, à sa ceinture.
Le mariage lui avait également permis d’acquérir de l’expérience en affrontant des êtres de haut niveau.
Même s’il s’agissait davantage d’une « rencontre » que d’un véritable combat, il avait tout de même entrevu la puissance des entités de quatrième rang.
Si le Président Toma s’était battu sérieusement, je n’aurais pas tenu un seul échange. Il aurait pu me maîtriser par sa seule présence.
Sa priorité était donc d’investir dans ses caractéristiques.
Ensuite…
« Il faut que j’améliore la ville pour augmenter son niveau. Surtout si je compte construire un cuirassé planétaire. »
« … Et après ? »
« Je dois fonder une famille. Ça aussi, ça va coûter pas mal, non ? »
En parlant, le regard de Yeongwoo se posa sur le succès « Famille ».
À un moment donné, il avait presque rempli les conditions requises.
|Accomplissez les trois tâches suivantes. (2/3)
=Obtenir une mère et un père.
=Réunir vos parents.
-Recevoir la bénédiction de vos deux parents réunis.
« Ah, une famille. C’est vrai. »
Jeonggu réalisa soudain qu’il venait de se marier.
Jiseon, elle aussi, sentit venir quelque chose de mauvais et regarda tour à tour son fils et son mari.
— … Pourquoi une famille ? Ce fichu mariage ne suffit pas ?
Non, ça ne suffisait pas.
Le succès « Famille prestigieuse » n’était pas encore obtenu, et Yeongwoo ne voyait aucune indication concernant la fondation d’une famille.
En observant ses parents, qui venaient tout juste d’être réunis, Yeongwoo prit enfin la parole.
« Recevoir la bénédiction de vos deux parents réunis. »
« Quoi ? »
— Qu’est-ce que tu racontes ?
« Le succès dit que je dois recevoir la bénédiction de mes parents. »
Jiseon et Jeonggu échangèrent un regard.
Pour la première fois depuis la Réinitialisation, ils affichaient la même expression.
Sans même s’en rendre compte, ils prirent un air gêné.
Après tout, bénir soudainement un fils qui était presque une catastrophe ambulante n’avait rien de facile.
« … Putain, sérieux. »
Voyant leur hésitation, Yeongwoo dégaina aussitôt Bâtard.
Fchhh !
Kubu, qui observait la scène de près, murmura doucement.
— Prenez-le dans vos bras.
« … Quoi ? »
« … Hein ? »
Surpris par cette suggestion inattendue, tous les membres de la famille de Yeongwoo se tournèrent vers Kubu.
« … Qu’est-ce que vous venez de dire ? »
— Prenez-le dans vos bras et dites-lui que vous êtes heureux qu’il soit né. Ça devrait suffire.
Kubu parlait comme s’il avait déjà reçu ou donné une telle bénédiction.
Yeongwoo aurait voulu lui poser des questions sur son passé, mais il n’en eut pas le temps…
Sa mère s’avançait déjà vers lui, les bras ouverts.
— Oui, Yeongwoo ! Tu es né comme il faut !
[Traducteur — Night]
[Correcteur — Gun]