Chapitre 84
Au cours du 16e cycle, Thesilid traversa de nombreuses épreuves.
Après l'incident de l'Épée du Démon Céleste, le Vatican l'affecta à une unité en fonction de ses capacités individuelles.
Thesilid commença ce cycle en étant assigné aux chevaliers du « Pilier de Lumière », principalement chargés de la subjugation de donjons.
(Note : Il n'existe pas de traduction littérale pour cet Ordre, c'était un nom propre. J'ai donc dû en inventer un en me basant sur les kanjis dérivés des hanguls du nom. Pff.)
L'ordre du Pilier de Lumière était tout bonnement le pire qui soit.
Le chef était un officier imbu de lui-même, baignant dans l'incompétence et ayant pour habitude de commander tout le monde, le vice-chef était un déchet possédé par un complexe d'infériorité, et le reste des membres n'étaient que des silhouettes grises, dépourvues de volonté propre et facilement manipulables.
Lorsqu'il y était, Thesilid mourut trois fois à cause des initiatives stupides du chef, une fois à cause des manigances du vice-capitaine, et trois fois à cause des erreurs, des trahisons et des sacrifices forcés de ses collègues.
Ce n'est qu'au 8e épisode que Thesilid reprit ses esprits et tenta de changer l'Ordre par lui-même, mais sa vie restait un chemin semé d'embûches.
Jusque-là, il était possible de blâmer les autres, mais il y eut un incident où il fut le seul responsable.
Cela arriva lorsqu'il tomba sur une bande de brigands qui occupaient le village où il avait été envoyé en mission.
Les bandits prirent les villageois en otages et menacèrent Thesilid : « Si tu ne poses pas tes armes, je les tue tous ! »
Comment notre protagoniste a-t-il géré cela ?
C'est douloureux rien que d'essayer de l'expliquer. Je dirai simplement qu'à cause de cette anecdote, le surnom de Thesilid devint « Le paillasson facile ».
Au cycle suivant, il augmenta sa force, ignorant le chantage aux otages et exterminant les bandits. Cependant, il s'avéra que le chef du village qu'il avait sauvé était de mèche avec les brigands ; il fut donc attiré dans un piège et mourut.
Au cycle suivant, il maîtrisa le chef du village et survécut, mais fut rappelé au Vatican, sanctionné et rétrogradé sous prétexte qu'il avait combattu les bandits en ignorant les otages.
Il y eut bien d'autres anecdotes frustrantes.
Il se rendit dans la République Magique en tant qu'envoyé diplomatique, mais fut capturé par une princesse perverse et folle, et soumis à des expériences biologiques.
Dans le royaume, les lecteurs se demandaient s'il finirait enfin par trouver un peu d'amour familial réconfortant, mais les liens du sang ne valaient rien. Un drame tragique complet était prêt à être tourné.
Le personnage principal avait vécu une vie si rude à 16 reprises.
Sa 16e mort fut de périr la poitrine transpercée, sous une pluie battante, en pleine nature. Par l'épée de son propre frère.
La 17e vie commença aussitôt. Il n'y eut pas de temps pour revenir sur la trahison et la mort qui l'avaient englouti dans sa vie précédente.
Dès son retour, il fut capturé par le Boss final et dut mourir à nouveau.
Lentement, terriblement et douloureusement.
…Aussi impuissant qu'un ver.
Le meilleur épisode de tous les temps, qui se termina en seulement trois pages, fut l'épisode le plus déroutant pour le protagoniste.
Dès qu'il ouvrit les yeux après avoir terminé un 16e épisode particulièrement difficile, il fut brutalement assassiné par un agresseur inconnu sans en comprendre la raison.
C'est peut-être pour cela que le dernier paragraphe concluant le 17e cycle était marquant.
– Pensa-t-il alors qu'il était entraîné dans le vide le plus total. Il semble que le monde entier me déteste et souhaite ma mort.
Peu importe le nombre de fois où il essaie, les résultats seront toujours les pires, et peu importe ses efforts, tout finit toujours par la mort. Ce n'est pas pour rien que ce fut le moment où le protagoniste ressentit pour la première fois une désillusion totale envers la vie et le monde.
<……Né sous une mauvaise étoile.>
Les mots d'Agnès n'étaient pas si différents des impressions des lecteurs au moment de la sérialisation.
Thesilid Argent était une personne pour qui l'on ne pouvait qu'éprouver de la pitié.
Tap, tap, tap, tap, tap.
Les légumes étaient coupés proprement sous mes mains.
Je discutais avec Agnès pendant que je cuisinais.
« Oui, c'était un destin infernal. Mais il y a jusqu'à 99 épisodes de cette étrange vie, et plus on avance, pire c'est. »
<À quel point ?>
« Il meurt après avoir été poignardé dans le dos par la femme qu'il aimait de tout son cœur. Et cela, pas moins de trois fois d'affilée. »
<Quoi…… 3 fois d'affilée ?>
« C'est dire à quel point elle comptait pour lui. S'il n'avait pas connu la vérité, il serait mort davantage. »
Ma voix était très basse, même à mes propres oreilles. Comme prévu, c'est une histoire déplaisante que je ferais mieux d'arrêter.
Versant les ingrédients dans la marmite, je les remuai avec une spatule. De la chair de palourde, du bacon et divers légumes cuisaient dans une sauce à la crème chaude et onctueuse. Il ne fallut pas longtemps pour que la délicieuse odeur se répande dans la petite cabane en bois.
« Thesilid ne s'est pas encore réveillé ? »
<Oui. Il n'ouvre pas les yeux du tout. Je suis nerveuse car il dort sans faire le moindre bruit.>
« Je m'inquiète, j'irai jeter un œil dans un moment. »
L'endroit où j'avais emmené Thesilid était le chalet où vivaient mes parents.
La maison était située au pied d'une montagne isolée, donc l'environnement alentour était calme et idyllique. Cela faisait un moment que tous les résidents avaient quitté le village, et il n'y avait personne à croiser. C'était un bon endroit pour une convalescence confortable pour Thesilid, qui avait une apparence si frappante.
C'était une bonne chose que j'aie demandé à mon grand-père de s'occuper de la maison un peu plus tôt. La cabane disposait d'un assortiment d'appareils propres et jolis, ce qui rendait le séjour facile dès l'arrivée.
Les rideaux et la literie étaient doux, les objets du quotidien étaient mignons, et les étagères étaient remplies de livres, allant des contes de fées aux théories alchimiques.
Même le jardin dans la cour était méticuleusement entretenu.
Peut-être était-ce à cela que ressemblait l'endroit quand maman et papa vivaient ensemble.
Grincement.
J'entrai silencieusement dans la chambre par une porte non verrouillée.
« …… »
Un bel homme aux traits sculpturaux dormait sur le lit.
Un visage semblable à du plâtre, des cheveux argentés scintillants, la lumière vive du soleil et une literie blanche.
Peut-être parce que tout était d'un blanc pur, au moment où j'entrai dans la chambre, cela sembla plus sacré que n'importe quelle chapelle.
« Thesilid. »
Encore une fois, il n'y eut aucune réponse.
La poitrine enveloppée dans la chemise montait et descendait régulièrement. Sa respiration et son pouls semblaient normaux, mais il n'y avait aucun signe qu'il allait se lever.
Il est vrai qu'il a traversé beaucoup de choses, c'était un chemin sacrément rude. Le choc doit être sévère. De plus, quand il ouvre les yeux, sa vie désillusionnée ne fait que se répéter ; dormir le rendrait plus heureux.
Je n'ai même pas envie de le réveiller.
« Oui, repose-toi bien tant que je suis là. »
Je fis demi-tour et quittai la chambre. On dirait que je vais devoir manger seule pour le moment.
✠
Ce fut une semaine plus tard que Thesilid ouvrit les yeux.
Il n'y avait rien à faire après avoir préparé de la confiture de fraises, du pesto au basilic, des pickles de betteraves, etc., avec ce que j'avais récolté dans le jardin.
C'est alors que je lisais un roman classique intitulé « L'amour après le mariage entre le Roi Démon et le Héros », trouvé sur l'étagère.
J'entendis le bruissement d'un tissu. Je posai immédiatement le livre et me dirigeai vers la chambre.
C'était comme prévu. Il était assis, le haut du corps bien droit.
« Tu es réveillé ? »
« …… »
Même après un long moment, il n'y eut aucune réponse, alors je m'inquiétai pour son état.
Je tirai une chaise près du lit et m'assis. Au moment où je lui fis face de près, je fus un peu surprise.
Ses yeux bleu océan étaient horriblement vides.
« …… »
« …… »
Je le réalisai à nouveau en le voyant sans expression, sans voix et sans émotion.
Le protagoniste de l'épisode 17 était très fatigué et brisé.