Chapitre 85
« ……Quoi ? »
<Je ne sens aucun noyau d’aura dans son corps. Et ce n’est pas seulement l’Aura. Ce type n’a pas non plus de pouvoirs divins.>
« Quoi ?! »
Qu’est-ce que cela signifie ? Alors, maintenant, le protagoniste est devenu un débutant de niveau 1 ?
« V-vraiment ? Tu en es sûre ? »
<Cadet Ellet. Qui suis-je ?>
« Agnès Azlit, instructrice de l’Enfer du 1er rang du Vatican. »
<Je pense que cela suffit comme réponse.>
« Oui. »
Le protagoniste était affaibli. Sa croissance était déjà lente, mais la puissance qui était là a disparu.
« Voilà une sacrée patate douce à laquelle je ne m’attendais pas ! »
[« L’Inspecteur des spoilers » apprécie que la sensibilité aride de l’original ait été préservée.]
[« Le Critique qui ajuste l’équilibre » claque de la langue en disant que ce n’est pas le bon gars qui a pris le nerf.]
[« L’Architecte de gratte-ciel tourmenté » dit qu’il s’agit d’une réinitialisation qui dépasse le cadre d’un simple nerf.]
Puis, après avoir terminé son repas, Thesilid se leva du lit.
« Si tu bouges soudainement… eh bien, tu marches bien. »
Il sortit de la chambre et observa lentement les alentours, comme s’il explorait l’intérieur de la maison. Agnès et moi l’observions faire.
Il déposa le bol de soupe qu’il avait mangé dans la cuisine et se dirigea vers la table.
Là, se trouvait le roman « L’amour après le mariage entre le Roi Démon et le Héros » que je lisais juste avant.
Frou-frou.
Thesilid montra de l’intérêt pour le livre et en tourna les pages. Mais après un moment, il fronça légèrement les sourcils et le reposa.
<Quoi ? Mais qu’est-ce que c’est amusant !>
Agnès trembla devant l’humiliation de voir ses goûts ignorés.
C’est alors que Thesilid trouva l’étagère et commença à choisir des livres qui correspondaient à ses goûts. Son choix fut……
<Un livre de contes de fées ?>
Thesilid s’assit sur le sol, sortit tous les livres d’images et commença à les feuilleter lentement.
J’espérais que ce ne serait pas le cas……
Alors que je restais dans un silence pesant, Agnès s’exclama, incrédule.
<Oh mon Dieu, il n’est vraiment pas en position d’ignorer les goûts des autres.>
« Agnès, ce n’est pas ça. »
<Hein ?>
Je gardai les yeux fixés sur Thesilid et poursuivis.
« Il a perdu le langage et il essaie de le réapprendre. »
<……>
Les yeux bleu océan qui survolaient les images et les lettres dans le livre pour enfants étaient infiniment inorganiques. C’était comme une machine à scanner.
Au moment où il lut le dixième livre de contes, une étrange lueur brilla dans ses yeux en cercle. Ce fut l’instant fatidique.
Goutte, goutte.
Cette fois, ce n’étaient pas des larmes, c’était un saignement de nez.
« Thesilid ! »
« ……Je crois que c’était mon nom. »
Une voix calme résonna dans l’air. Tandis que je restais interdite, Thesilid ouvrit un autre livre pour enfants.
C’était une scène où des animaux étaient assis autour d’une grande souche d’arbre et mangeaient.
« Merci. C’était délicieux. »
« …… »
Son sourire bienveillant me noua l’estomac, pour une raison inconnue.
Il n’a pas changé. Même quand le monde était si cruel envers lui, sa bonté est restée intacte.
Sa main tourna les pages du livre de contes un peu plus loin. C’était une scène où un écureuil et un lapin se saluaient.
« Qui es-tu ? »
« …… »
Oui, c’est la question à laquelle je m’attendais.
Chaque épisode était éphémère, cependant, il a perdu des décennies de temps jusqu’au 17e round.
Je n’étais même pas dans le monde où il vivait. Mon existence serait complètement effacée dans les autres épisodes.
[« L’Inspecteur des spoilers » dit qu’il aurait été préférable pour sa santé mentale de tout oublier.]
À mesure que mon silence se prolongeait, ses yeux bleu océan se plissèrent légèrement. Il semblait un peu embarrassé, comme s’il craignait d’avoir posé une question qu’il n’aurait pas dû.
Ce n’est pas grave si tu ne te souviens pas.
« Ellet. Ellet Rodellaine. »
« ……Ça ressemble à un nom que j’ai déjà entendu. Est-ce qu’on s’est déjà rencontrés ? »
Soudain, un autre livre d’histoires s’ouvrit. Sur la page que j’ai entrevue, le loup gentleman jouait un tour à la naïve dame agnelle.
« …… »
« …… »
Thesilid referma précipitamment le livre pour enfants.
« La conversation, un peu plus tard. »
Il rangea les livres d’images sur l’étagère et en sortit d’autres.
✠
Pendant quelques jours, Thesilid passa son temps à dévorer des livres.
Il sortait les livres un par un, de haut en bas et de gauche à droite de l’étagère, sans choisir selon ses goûts. Il ne semblait même pas lire le contenu. Ses yeux roulaient rapidement de gauche à droite, ne scannant que les lettres.
Vraiment comme une machine.
Ça ne faisait pas de bien de le voir travailler silencieusement à sa propre rééducation linguistique sans l’aide de personne. D’autant plus qu’il avait parfois des saignements de nez, mais ne cessait jamais de lire.
<Mais est-ce que l’aphasie se traite habituellement comme ça ?>
« C’est inhabituel. »
J’ai interrogé Thesilid par curiosité. Ayant considérablement récupéré ses compétences linguistiques grâce à ses efforts, il a dit :
« Ce n’est pas une condition digne d’être appelée aphasie. J’ai simplement oublié les mots et maintenant je travaille à ramener les connaissances depuis ma mémoire. »
Je ne sais pas de quoi il parlait, mais j’ai fait semblant de comprendre. Parce que d’autres choses étaient plus importantes.
« Mais pourquoi utilises-tu des formules de politesse ? »
« N’utilisais-je pas des formules de politesse à l’origine ? »
« Oui, mais tu ne les utilisais pas avec moi. C’est très étrange. »
« Je vois. Je ne les utiliserai plus. »
Il est passé au tutoiement en une seconde.
<Il a dû tout oublier de toi.>
Après cela, je l’ai laissé lire à nouveau à sa guise. J’ai appris trois petites choses sur Thesilid en l’observant.
La première était qu’un bel homme reste beau même avec un double saignement de nez, la deuxième était qu’il était très sensé et exemplaire, et la troisième était qu’il n’aimait pas beaucoup l’obscurité.
La première est quelque chose que tout le monde sait. Passons. La deuxième, je l’ai découverte parce qu’il rôdait comme s’il essayait de faire la vaisselle, nettoyant après avoir mangé, et même en désherbant.
En effet, dès qu’il est sorti du lit, la première chose qu’il a faite a été de nettoyer le bol de soupe qu’il avait utilisé.
Enfin, et troisièmement, j’ai réalisé qu’il dormait la nuit en regardant la lumière de la lune, des bougies ou des veilleuses qui brillaient.
[« L’Inspecteur des spoilers » est surpris qu’il n’y ait pas eu de détails aussi précis dans l’original.]
J’étais curieuse aussi. Je pensais bien connaître le protagoniste.
C’était le troisième jour depuis que Thesilid s’était réveillé. Alors que je rangeais les herbes récoltées sur la table, Thesilid s’est approché de moi.
Pour une raison quelconque, il a parlé le premier.
« Je me souviens. Ellet Rodellaine. »
« …… »
« Incarnation. »
Même le sujet utilisé était inhabituel.
En jetant un coup d’œil vers lui, il n’y avait plus de livre dans sa main.
J’ai reporté mon attention sur la taille de l’herbe et j’ai répondu joyeusement.
« Je suis heureuse que tu te souviennes de moi. »
« C’est incroyable. Tu sembles me sauver à chaque fois que nous nous rencontrons. Combien de fois cela fait-il ? La troisième fois ? »
« C’est exact. »
« C’est vrai. Trois fois. »
La façon dont il récitait les chiffres était neutre.