Chapitre 170
« La paix est une belle chose, mais la guerre est le creuset des couronnes. »
— La reine Elizabeth Alban de Callow
Il y avait quelque chose d’étrangement intime à se faire habiller, même si l’on enfilait de l’acier plutôt que des jupes. Tout commença par les jambières : Hakram s’agenouilla à mes pieds pour en serrer les courroies. Il était si grand qu’il fallut un tabouret pour y poser mon pied ; même à genoux, il m’arrivait presque au menton. Ses doigts étaient habiles, malgré leur taille, et, s’il ne se montrait pas délicat, il était d’une méticulosité remarquable. Vint ensuite le pua, cette longue pièce qui couvrait la cuisse et le bas de la jambe, articulée au genou. Par-dessus mon gambison, j’enfilai une cotte de mailles dans le style des Légions, six anneaux entrelacés formant une épaisse protection. Lorsqu’il tendit la main vers les brassards, je posai moi-même la cuirasse sur la maille. Les courroies étaient en cuir durci, renforcé de fer, et grincèrent lorsque je les serrai. Je tendis les bras pour qu’il m’ajuste les brassards, observant son visage se plisser sous l’effet de la concentration. Vinrent ensuite les épaulières, ornées seulement des chiffres miezans de la Quinzième, plutôt que des armoiries et des titres qui s’accumulaient autour de moi comme des mouches autour du miel. Les protège-bras furent ajustés à ma convenance, puis les gantelets articulés achevèrent l’armure. J’avais toujours trouvé que les articulations des doigts ressemblaient à des nageoires. À la fin d’un combat, elles étaient généralement tachées de rouge, par mon sang ou celui de mon adversaire. Le gorgerin se referma autour de ma gorge. Il était inconfortable, mais j’avais appris à ne pas me plaindre. J’avais tué assez de gens en leur tranchant la gorge pour savoir que la laisser sans protection relevait de la pure stupidité.
Je m’attendais à ce qu’on me présente mon ancien casque à visage découvert, dernière pièce d’acier à revêtir, mais celui qu’on m’offrit était différent. Il n’était pas de facture légionnaire, avec ses joues articulées et son nasal plat. Il avait bien une longue protection pour couvrir ma nuque, mais une ouverture à l’arrière devait laisser passer ma queue-de-cheval. Les joues étaient entièrement couvertes et rejoignaient un long protège-bouche incliné, conçu pour reposer contre mon gorgerin. La bande d’acier qui faisait office de nasal était plus courte que ce à quoi j’étais habituée ; au-dessus, une arête d’acier empêchait les lames de glisser jusqu’à mon visage découvert. Mais ce qui avait été forgé au-dessus de cette arête me fit froncer les sourcils : une couronne. En fer noir, intégrée au casque sans en dépasser, mais une couronne tout de même. Mon regard se posa sur l’Adjoint.
« Vous savez que je ne porte pas d’armure ouvragée, dis-je.
— Je sais que votre maître n’en porte pas, répondit l’orc en pressant ma paume contre l’acier. Ce n’est pas lui que nous suivons. »
Ce n’est pas l’armure d’un écuyer, songeai-je. C’est celle d’une reine, et sa couronne est noire. J’avais beau avoir évité les insignes liés à mon rang grandissant, ils avaient fini par me rattraper.
« Vice-reine, lui rappelai-je.
— Pour combien de temps ? demanda-t-il doucement.
Je grimaçai. Quelques mois, peut-être un an. Mais Noir n’était pas homme à revenir sur sa parole, et il m’avait donné la sienne : une couronne pour moi, à condition que je prépare Callow à la guerre. Peut-être avait-il raison. Peut-être était-il temps d’en finir avec cette feuille de vigne. À partir d’un certain point, la réserve tenait davantage de l’arrogance que de l’humilité. Ou, pire encore à mes yeux, d’une forme de peur. Je baissai la tête et laissai Hakram poser la couronne sur mon front. Le contact froid de l’acier ne pesait rien, mais la promesse qu’il portait, elle, était une autre histoire.
« Cela me semble juste, murmurai-je. Que ce soit toi qui me couronnes. »
Son visage tressaillit ; il ne parvint qu’à moitié à retenir un mouvement de recul. Mon gantelet se posa sur son bras et le serra avec douceur.
« Je me suis reposée sur toi pour tant de choses, depuis que tu étais mon sergent, dis-je.
— J’ai fait ce que j’ai pu, répondit l’Adjoint d’un ton bourru.
Il détourna les yeux et, s’il avait été quelqu’un d’autre, je l’aurais cru gêné.
« Nous avons conclu un marché, un soir au clair de lune, dis-je.
— Ce n’était pas un marché, Catherine, répondit l’orc. C’était un serment, et je m’y tiens. Je t’ai appelée Seigneur de guerre, alors, et je ne le regrette pas. Je ne suis pas les anciennes coutumes, pas comme Nauk, mais ce n’est pas un mot en l’air. Je ne l’ai plus employé parce que… »
Pour une fois, il fronça les sourcils, incertain.
« Ce n’est pas le bon titre, pas pour nous deux, finit-il par dire. Il ne va pas assez loin là où il le faudrait. Nous sommes plus que la guerre. »
C’était dans ces moments-là que je comprenais à quel point Hakram était singulier, comparé aux siens. Ce n’était ni son tempérament ni son aisance avec les gens. Chez les orcs comme Nauk et Juniper, comme chez tous ceux que j’avais rencontrés, le monde semblait toujours porter une menace sous-jacente. Rien de tel chez l’Adjoint. J’avais beaucoup d’estime pour la Limier infernal, mais je ne l’aurais jamais imaginée dire nous sommes plus que la guerre. Cela aurait été contraire à sa nature. Pour ma générale, la paix était l’intervalle entre deux campagnes, et gouverner un mal nécessaire qu’il valait mieux laisser à d’autres. Depuis qu’il était entré à mon service, Hakram avait joué mille rôles : diplomate, intendant, tacticien et guerrier. Confident, aussi. Combien de fois mon tempérament m’aurait-il égarée sans son influence apaisante ? C’était mon Nom qui avait rassemblé les Woe, mais c’était l’Adjoint qui les maintenait unis. Au fil des semaines, cela devenait indéniable. Il aurait été facile de croire que son Nom en était la cause, qu’il devenait tout ce dont j’avais besoin, mais les Noms ne naissaient pas de rien. Il fallait une volonté derrière eux, le désir de combler les vides que je laissais sans même m’en rendre compte. Ces derniers temps, j’avais remporté bien des victoires, mais peu auraient été possibles sans l’orc de grande taille qui, discrètement, s’occupait du travail dont je n’avais même pas songé qu’il restait à faire.
Je me demandai si Noir ressentait la même chose pour Scribe : un membre dont l’absence vous laissait estropié de la pire des façons. Ces derniers temps, j’avais beaucoup parlé de mes sentiments pour Kilian et du nœud toujours plus compliqué qu’était ma relation avec mon maître, mais si je devais nommer la personne que j’aimais le plus au monde, c’était l’orc devant moi. Parce qu’il avait choisi de me faire confiance alors qu’il n’avait rien à y gagner, bien avant que les Noms entrent en jeu. Parce que c’était un homme bien et qu’il croyait toujours en ce que nous faisions — et tant que je gardais cela en moi, cette vérité éclatante au fond de mon esprit, peu importait à quelles horreurs j’attachais mon destin. Hakram était peut-être mon ami le plus proche au monde, mais il était plus encore : ma boussole. Sans lui, je serais perdue de bien des façons.
« Les serments lient les deux parties, dis-je. La part qui m’incombe, estimes-tu que je l’ai respectée ? »
Il rit doucement.
« Tu as toujours gardé les yeux fixés sur l’horizon, dit-il. Sur la prochaine tâche, le prochain ennemi, la prochaine guerre. Regarde en bas, Catherine Foundling. Vois où tu en es. »
Dans ses yeux profondément enfoncés brillait une lueur fiévreuse : le feu qu’il tenait toujours sous clé, libéré pour moi.
« Nous gagnons, dit-il. Rien qu’en nous tenant ici, nous gagnons. Ils ne nous gouvernent que tant que nous les laissons faire, et dès que cette vérité saigne, leur pouvoir meurt. Ils peuvent nous tuer jusqu’au dernier, cela ne changera rien : tant que la bannière aura été levée une fois, quelqu’un se lèvera pour la porter à nouveau. »
Il montra les crocs et soutint mon regard.
« Ils ne voulaient pas nous laisser une place à leur table, alors nous l’avons brisée, dit Hakram, une satisfaction sauvage dans la voix. Quoi qu’il arrive aujourd’hui, cela ne s’effacera pas sans bruit. »
« Les choses vont empirer, dis-je à voix basse. Après la Diaboliste. Nous connaissons les gens de son espèce, nous savons de quoi ils sont capables : s’élever très haut, puis tomber tout aussi durement. Ce sont ceux qui la soutiennent qu’il nous faut éliminer, et ils possèdent les Terres désolées depuis avant même qu’elles portent ce nom. »
« Hautes les lances, immense l’armée, récita-t-il en kharsum, d’une voix basse et cadencée. Pour le catafalque de l’empire, des fantômes gravés. »
Son sourire se fit acéré, sans la moindre parcelle de pitié.
« On raconte que le dernier des Seigneurs de guerre récita ces vers après que les Miezans eurent détruit les terres sacrées des Bois Brisés, dit Hakram. Nous étions grands, à cette époque, aussi grands que n’importe quelle puissance née depuis. »
La Bête remua sous ma peau, s’enroulant paresseusement tandis qu’elle humait la puanteur de la mort dans l’air — celle du passé et celle qui restait à venir.
« C’est ainsi que vont les ères, Catherine, dit l’Adjoint, le regard dur et fier. Elles prennent fin. Alors enterrons-la ensemble, tous les deux : cette foutue Ère des Merveilles qu’ils ont bâtie sur notre dos. »
Je saisis le bras qu’il m’offrait, et le geste eut valeur de serment.
Liesse ressemblait aux portes de quelque enfer oublié des dieux. Les murs de pierre dorée par le soleil étaient couverts de grands runes, et leurs blocs pâles s’étaient flétris comme des fruits sur leur branche. Des milliers de silhouettes immobiles se tenaient à leur sommet, tournées vers nous. C’était une ville fortifiée, pas une place forte, mais ses remparts étaient hauts et bien bâtis. Derrière eux, le labyrinthe de ruelles et de boutiques grouillerait de protections magiques et de morts-vivants : nous saignerions pour chaque rue. J’avais déjà pris cette ville, autrefois, en me frayant un chemin à travers l’Épéiste Solitaire et son armée, mais la menace était d’une autre nature, cette fois. C’était Akua Sahelian. J’avais beau la haïr profondément, je ne pouvais nier qu’elle était rusée, impitoyable et puissante. La Diaboliste avait rallié les derniers Sang-purs, rassemblé les sorciers, les maîtres de la magie et toutes les variétés de praticiens que les Terres désolées pouvaient produire. Déchaîner les éléments était le moins que je pouvais attendre d’elle. Il y aurait des diables, et peut-être même des démons. Elle était allée trop loin pour reculer devant les conséquences d’un échec. Mais ce qui rendait Akua si dangereuse par-dessus tout, c’était ce qui s’étalait sous nos yeux devant la ville.
Trente mille morts-vivants se tenaient là, mais pas en simples rangs. Tandis que je rassemblais des armées venues des quatre coins de Callow, la Diaboliste avait préparé le terrain pour m’accueillir. On avait creusé un fossé et élevé une palissade derrière, où se massaient des revenants armés de lances. Trois bastions de pierre brute avaient été érigés en retrait, remplis de mages et des quelques engins de siège dont elle disposait. Ce n’étaient pas de grandes fortifications, mais nos trébuchets et nos scorpions seraient plus bas et devraient s’approcher à portée de tir, tandis que les siens attendaient. De chaque côté du fossé, on avait enfoncé dans le sol des pieux aux larges pointes, pour dissuader clairement mes chevaliers. Elle connaissait la nature de mes forces et savait que, de nous deux, c’était moi qui étais pressée par le temps. On avait proposé d’attaquer les autres murailles, puisque ce front était si lourdement fortifié, mais même si une telle offensive aurait lieu, l’assaut principal devrait passer par ici. C’était là que se trouvaient les portes, le point faible des protections magiques. Les fortifications tournées vers Procer étaient les plus récentes, car ce côté donnait autrefois sur le lac Hengest et n’avait jamais été fortifié. Depuis, elle avait dressé des murs au sommet d’une pente abrupte de terre battue et y avait ancré des protections magiques. Le terrain entre ces murs et le palais ducal avait été transformé en champ de massacre digne de Summerholm.
C’était le chemin le plus direct vers le cœur de son rituel, mais les pertes que nous subirions en nous frayant un passage seraient… vertigineuses. La connaissance de l’ancrage de son rituel ne nous était pas venue d’un quelconque espionnage. La folie d’Akua Sahelian s’étalait au-dessus de Liesse, offerte aux yeux de toute la Création. Des piliers de ténèbres s’élevaient du toit du palais sur plusieurs lieues dans le ciel, où leur véritable nature se révélait : une cage. Comme des griffes, les ténèbres enserraient une sphère gigantesque de fumée tourbillonnante, qui ne cessait de bouger et d’éprouver ses limites. Seule une poignée de personnes sur le champ de bataille en connaissait avec certitude la véritable nature, mais je soupçonnais le Warlock de la deviner après l’avoir examinée de plus près. Après tout, il avait aidé à concevoir les protections de confinement qui allaient être activées autour de la ville. Les âmes des Deoraithe assombrissaient lourdement le ciel matinal, qui prenait les teintes d’un crépuscule orageux à mesure qu’on approchait de la ville. Des millions et des millions, accumulés depuis avant que Praes ne forme une seule nation, avant même que les Miezans aient seulement aperçu les rivages de Calernia. C’était, me dis-je, une profanation presque aussi profonde que le massacre désinvolte de cent mille innocents par Akua. Presque.
« Pas impressionnant, lança l’Archère. Si elle avait mis le ciel en feu, là, ça aurait eu de l’allure. Mais ça, c’est juste décoratif. »
« Ferme ta putain de gueule, cracha Juniper. Lord Black va prendre la parole, et si tu me fais manquer ne serait-ce qu’un mot à force de geindre, tu vas le regretter. »
Pour une fois, la Quinzième ne mènerait pas l’assaut. Cette tâche reviendrait aux Légions vétéranes, tandis que mes soldats resteraient en réserve mobile, prêts à être déployés une fois la ville percée. Le champ devant nous n’était pas à nous. J’avais malgré tout rassemblé la plupart de mes gens, car les Woe auraient du travail avant que les combats de rue ne commencent. L’absence de la Voleuse était la plus flagrante : elle n’était venue au camp que quelques heures, à notre arrivée, avant de disparaître à nouveau dans Liesse. Elle m’avait pourtant fourni des renseignements inestimables et, même si elle ne prendrait pas part aux combats, une dernière tâche l’attendait. Le Hiérophante s’ennuyait visiblement à mourir, impatient de reprendre ses expérimentations sur les protections magiques qu’il avait passé plusieurs semaines à concevoir. L’Archère faisait pire encore. Dès qu’elle avait aperçu les armées en ordre de bataille, elle était devenue fébrile, avide d’en découdre. L’état-major de Juniper se tenait à ses côtés et, comme toujours, Hakram était le seul îlot de sérénité. Quant à Robber et sa cohorte, ils étaient mon couteau dans la nuit. Ce que je leur réservais n’impliquait pas de s’exposer au grand jour.
« Archère, ne t’en prends pas à ma générale, dis-je distraitement. Je n’en ai pas une de rechange. »
Juniper me lança un regard méprisant, mais ne répondit pas. Cela faisait une demi-heure qu’elle ordonnait à tout le monde de se taire, bien avant que Black ne soit sur le point d’apparaître. Il était maintenant là. Monté sur son cheval mort bardé d’acier, en armure de plates de la tête aux pieds, sa cape noire flottant derrière lui. Il m’avait proposé de prononcer le discours, mais j’avais décliné. Les discours n’avaient jamais été mon fort : j’étais plus efficace en petit comité. Il faudrait bien que j’apprenne, un jour, mais cette bataille comptait trop pour risquer de bafouiller. Mon maître passa à cheval devant les rangs cuirassés des Légions, ralentit et s’arrêta. Lorsqu’il prit la parole, sa voix était portée par la sorcellerie : pas une âme dans notre armée ne pourrait manquer de l’entendre.
« Nous avons déjà mené cette guerre, déclara-t-il, et ses paroles déferlèrent sur nous comme une vague.
Il marqua une pause, mais pas assez longue pour que le silence s’installe. Je ne pouvais qu’admirer son habileté : sa réputation d’orateur n’était pas usurpée.
« Il y a quarante ans, nous l’avons menée des Steppes aux Sables voraces, reprit-il. Vingt ans auparavant, elle avait déjà fait rage, et ainsi de suite, jusqu’à l’époque de la Déclaration. Mille batailles, sur mille ans. »
Le pouvoir du Chevalier Noir emplit l’air comme une brume, et même là où je me tenais, je le sentis me murmurer à l’oreille.
« Légionnaires, appela-t-il, et un frisson venu des os lui répondit. Regardez le sommet de ces murailles et sachez que vous affrontez un millénaire de sang et d’arrogance qui vous toise. Vous connaissez cette bannière. Vos pères et vos mères ont combattu sous elle, et contre elle. Sous cet étendard, Callow a été saignée cent fois. Sous cet étendard, Praes s’est déchiré au gré des caprices des fous et des cruels. Vous n’en avez pas assez ? Moi, si. »
Il rit, d’une colère sombre et amère.
« Je mène cette guerre depuis que je suis enfant, dit-il. Et vous aussi, dans chaque boutique, chaque champ et chaque fosse de cet empire. Il n’y a pas de paix avec cet ennemi, seulement une lutte de l’aube au crépuscule. »
Sa voix s’éleva.
« Légionnaires, appela-t-il. Vous de Praes et de Callow, des Steppes et des Eyries, vous avez déjà mené cette guerre et vous l’avez gagnée. Il y a quarante ans, nous avons brisé l’échine des Hauts Seigneurs. Pourtant, les voici devant nous, les crocs découverts. Laisseriez-vous ce défi sans réponse ? »
Ce furent les orcs qui lancèrent le mouvement. Leurs pieds martelèrent le sol, leurs épées frappèrent leurs boucliers. Le vacarme enfla et retomba comme un orage d’été, assourdissant dans sa fureur soudaine, puis dans son brusque silence.
« Je ne vous dirai pas que notre cause est juste, car la justice ne gagne pas les guerres, dit-il. Je ne vous dirai pas que la victoire est méritée ou assurée, car la Création ne nous doit rien. Si le monde vous refuse ce qui vous revient, alors déclarez la guerre au monde entier. »
Son épée jaillit du fourreau ; le sifflement de l’acier tranchant fut un appel à la guerre.
« Sur ce champ, en ce jour, deux vérités règnent, dit-il. Il n’y a qu’un seul péché. »
« LA DÉFAITE ! » hurlèrent soixante mille voix.
« Il n’y a qu’une seule grâce. »
« LA VICTOIRE ! »
Les boucliers se levèrent, les épées furent dégainées, les cors sonnèrent et, tandis que ce dernier mot emplissait l’air, la deuxième bataille de Liesse commença.