Chapitre 101
« On apprend davantage d’une défaite que d’une victoire. Craignez donc le général qui n’a jamais gagné de bataille. »
— Isabella la Folle, générale procerane
Masego n’avait pas changé d’un pouce depuis la dernière fois que je l’avais vu. Grand, la peau sombre et le visage rond, presque poupin, sous ses vêtements amples. Ses lunettes étaient embuées par le froid. Il avait enfilé une épaisse cape, et ses tresses ornées de breloques disparaissaient sous… Honnêtement, j’étais bien en peine de décrire cette abomination. Une sorte de laine colorée tricotée, vaguement en forme de vilain chapeau en train d’en dévorer un autre, tout aussi affreux ?
« Désolée. Je suis contente de te voir et tout, mais qu’est-ce que c’est que ça ? » demandai-je en désignant la créature inanimée perchée sur sa tête.
« Mon père l’a tricoté », répondit Apprenti sur la défensive. « Il ne voulait pas que je sorte dans le froid sans avoir les oreilles couvertes. »
J’eus presque envie de lui demander lequel de ses pères avait commis ce crime contre toute personne douée de vue, mais j’ignorais si cette chose serait plus inquiétante si elle venait de Warlock ou d’un incube. Je renonçai donc à le découvrir. Probablement l’incube, pensai-je avec un plaisir malsain. Warlock avait toujours été impeccablement vêtu chaque fois que je l’avais vu. Même ses occasionnelles menaces de mort, formulées avec désinvolture, ne m’avaient pas empêchée de remarquer à quel point cet homme était ridiculement séduisant. Avec lui et Malicia, le Mal avait largement de quoi assurer le côté « dangereux et sexy ». Cela dit, Kilian me suffisait amplement, ajoutai-je ensuite par loyauté. Elle risquait bien moins de me tuer, et j’avais appris que ce n’était pas toujours acquis, quand on était une méchante.
« Catherine », dit Hakram.
« Je suis là », répondis-je à la hâte.
« Masego, tu as quelque chose ? » demanda l’orc.
« Oui, répondit le mage soninke en remontant ses lunettes. L’ancrage de la tempête de neige se trouve plus loin. J’ai circonscrit une zone. »
« Tu ne peux pas simplement briser le sort d’ici ? » demandai-je.
« Ce n’est pas un sort. Et les sorts ne se brisent pas, ils se dissipent », répondit Apprenti. « Cette tempête de neige se déverse depuis Arcadie par une porte semi-stable. »
« On ferme la porte, on arrête le mauvais temps, dis-je. Compris. »
« C’est possible, répondit l’homme à lunettes. Tout dépend de l’ampleur du débordement d’Arcadie dans la Création. »
« Je ne compte pas laisser l’hiver s’installer pour de bon au beau milieu de ma ville, Masego. Être fauchée, infestée de démons et ensevelie sous la glace, c’est la limite que je me fixe. »
« Nous savons prendre des positions fermes », déclara gravement Hakram.
Quel crétin. J’allais répliquer quand j’aperçus un mouvement devant nous, dans la tempête. En un instant, mon épée fut de nouveau dans ma main et la hache d’Adjoint se leva.
« On en reparlera plus tard », dis-je en prenant la tête et en m’enfonçant dans la tempête de neige.
« Je suis un rebelle », entendis-je Hakram annoncer d’un ton satisfait à Masego.
« Et tu triches au shatranj », rétorqua Apprenti d’un ton boudeur.
« Je n’en ai même pas besoin, avec toi », répondit l’orc.
Je soupirai. Les Héros devaient-ils supporter autant de chamailleries ? Au moins, aucun d’eux n’avait tendance à se lancer dans des monologues. C’était déjà ça. Les vents hurlants et la neige qu’ils charriaient nous aveuglaient, mais cela ne gênait pas ma petite troupe : une bulle de pouvoir bleu translucide s’était formée dès notre entrée, grâce à Masego. Avec la chaleur qu’il dégageait, on était presque bien. Presque. Je ne revis pas le mouvement entrevu, ce que je pris naturellement pour un mauvais signe. Ce n’était pas parce que je ne voyais pas à plus de quelques pas que les fées en étaient incapables. Pour autant que j’en savais, elles nous encerclaient discrètement tandis que nos bottes crissaient dans la neige. Pour la discrétion, on repasserait.
« Masego, dis-je. Si nous étions encerclés, tu le saurais ? »
« Oui, répondit-il. Avec les bons instruments. »
Je m’arrêtai.
« Tu as les bons instruments ? » demandai-je.
Il cligna des yeux derrière ses lunettes.
« Non, dit-il. Avec toute cette magie féerique qui inonde la zone, le mieux que je puisse faire pour le moment, c’est repérer la direction de la porte. »
« Ça fait combien de temps qu’on marche ? » demanda Hakram en fronçant les sourcils.
« Impossible à dire, répondis-je. Ce n’est probablement pas bon signe. »
« La dilatation du temps varie énormément d’un endroit à l’autre, en Arcadie, ajouta Masego avec obligeance. Dans certaines régions, une nuit peut durer un siècle dans la Création ; dans d’autres, à peine quelques battements de cœur. »
« Mais nous ne sommes pas en Arcadie, n’est-ce pas ? » dis-je.
Apparemment, les hurlements du vent ne rendaient pas les silences gênants moins gênants. On en apprenait tous les jours. Je jetai un coup d’œil à Apprenti.
« Masego ? »
« Nous sommes près de la porte », répondit-il.
« Masego. »
« Nous devrions y être bientôt. »
« Masego. »
Le Soninke potelé se racla la gorge.
« Je ne peux pas le dire, admit-il. À mes sens, j’ai l’impression que nous y sommes, mais ça ne devrait pas… »
Dans un tintement discret, le javelot traversa la bulle protectrice et aurait transpercé la gorge du mage si je ne l’avais pas attrapé au vol par réflexe. Je baissai les yeux vers l’arme. Du bronze, gravé de runes. Qui brillaient. Je parvins à la jeter au loin un instant avant qu’elle n’explose en éclats de métal et de glace, dont certains me griffèrent les joues.
« Nous venons en paix », mentis-je sans vergogne en lançant ces mots dans la tempête, épée au poing.
Hakram tenta de transformer son rire en toux.
« Catherine, dit Masego, les fées sont des maîtres de la tromperie sans égaux. Elles ne vont pas se laisser prendre par… »
La tempête de neige se dissipa devant nous, révélant une silhouette élancée. Un homme en armure d’écailles tressée de bois mort et d’obsidienne, le visage entièrement dissimulé sous un casque à cornes — même les yeux — à l’exception du menton et de la bouche. La peau pâle qu’on apercevait dessous était blême comme celle d’un cadavre. Une lance à la main, il était juché sur ce qui aurait pu être un grand cheval hirsute aux longues jambes, si une longue corne ne lui avait jailli du front.
« Je déteste quand tu fais ça », marmonna Apprenti.
« Bonsoir, Dame de Marchford », dit la fée.
Ma méfiance monta aussitôt d’un cran. Les fées inférieures n’étaient pas tout à fait parvenues à parler comme des humains : leur voix était trop mélodieuse, trop chantante pour être tout à fait mortelle. Les soldats de bois mort n’avaient même pas essayé ; chaque mot dégoulinait de magie et d’images. Mais celui-ci ? Il parlait comme une personne. Les monstres les plus dangereux étaient toujours les plus rusés.
« C’est bien moi, acquiesçai-je. Et vous êtes ? »
« Un Cavalier de l’Hôte, répondit-il poliment en inclinant la tête. Enchanté de faire votre connaissance. »
Je sentis la majuscule dans sa voix, comme lorsqu’on entendait quelqu’un prononcer un Nom. Cela ne prenait pas une tournure très agréable.
« Un Cavalier, donc, dis-je. Je suppose que vous ne faites pas déplacer des gens derrière nous en ce moment même ? »
« Je vous donne ma parole qu’aucune fée n’attaquera tant que la trêve tiendra », répondit-il calmement.
Ce n’était pas un non. Je jetai un regard à Masego, qui acquiesça sèchement. Quoi qu’il nous tombe dessus quand les négociations échoueraient inévitablement — et, si j’étais tout à fait honnête avec moi-même, je savais qu’elles n’avaient aucune chance d’aboutir —, ce serait à lui de s’en occuper.
« Alors, c’est vous qui commandez les fées qui envahissent ma ville ? » demandai-je.
« On m’a confié le commandement de cet Hôte », répondit le Cavalier.
Bon, ça suffirait. S’il avait tourné sa réponse ainsi, au lieu de me dire oui ou non, c’était probablement qu’il omettait quelque chose. Mais les subtilités de la politique féerique m’importaient à un degré remarquablement faible. Ne m’obligez pas à apprendre la politique des fées, bande de salauds, pensai-je sans un mot. J’arrive à peine à gérer celle des humains.
« Je suppose que vous ne repartiriez pas gentiment en Arcadie si je vous le demandais ? » dis-je.
Le Cavalier sourit, révélant une rangée de dents acérées, d’un blanc laiteux.
« Me proposez-vous un marché, Dame de Marchford ? » demanda-t-il.
« Par les dieux, je ne tomberai jamais dans ce piège », marmonnai-je. « Écoutez, peu importe ce que vous êtes. Je pourrais chasser de mon jardin cette bande d’envahisseurs miteux, mais j’y laisserais des plumes. Impossible d’y couper. J’ai d’autres chats à fouetter, alors si on en restait là pour ce soir et qu’on s’en allait chacun de son côté ? »
« Cela ressemblait à une menace », remarqua le Cavalier.
« C’en était une, répondis-je franchement. Vous êtes probablement une force avec laquelle il faut compter en Arcadie, mais ici, c’est mon domaine. J’ai déjà laissé derrière moi les cadavres de choses bien plus effrayantes que vous. »
« Dame de Marchford, c’est chez nous », dit-il en souriant.
« Catherine », murmura Masego.
« Je suis un peu occupée à… »
Je m’interrompis. La dernière fois que j’avais ignoré les conseils d’Apprenti dans une situation délicate, j’avais fini par tomber en plein dans une séance de démonologie, suivie de près par un intermède de chirurgie de l’âme et de hurlements. Tire les leçons de tes erreurs, Foundling.
« Oui ? »
« Tu te souviens de la question que tu m’as posée ? » dit-il.
J’acquiesçai.
« C’est le cas, murmura-t-il. Ils ont fait traverser un fragment d’Arcadie. »
Oh, ça ne faisait qu’empirer, foutre dieu.
« Cavalier, vous avez féerisé le centre de ma ville, bande de connards ? » grondai-je.
« La trêve est terminée », répondit la fée.
La tempête l’engloutit aussitôt.
« Donc, c’est oui, dis-je. Dieux d’en Bas et Feu Éternel. Vous commencez à rattraper Héritière sur ma liste de gens à tuer. »
Je ne les entendis pas approcher, car ils ne faisaient aucun bruit. C’était une sorte d’instinct que me conférait mon Nom, le même qui me permettait d’attraper une flèche en plein vol ou de rouler hors d’un bâtiment en flammes avant qu’il ne s’effondre — deux choses qui m’étaient arrivées à une fréquence désespérément élevée depuis que j’étais devenue une méchante. Une mince pointe de fées montées à cheval surgit sans un bruit des vents hurlants, lances prêtes. Comme le Cavalier qui m’avait parlé, elles chevauchaient les sinistres cousines d’une licorne, même si leurs armures ne portaient pas l’obsidienne de la précédente. Peut-être avait-il vraiment été leur chef. Je plissai les yeux en voyant leurs sabots ne laisser aucune trace dans la neige. Je ne les en croyais pas incapables, mais plus probablement… Mon poignet se leva d’un coup et une lance d’ombre se matérialisa, traversant la tourmente sans faillir pour transpercer la poitrine du premier cavalier. Il se dissipa : tous n’étaient qu’un mirage glacial.
« Cat », dit Hakram d’un ton alarmé.
Mon regard suivit la direction de sa hache, sur notre gauche. Une autre pointe de cavaliers féeriques. Un filet de pouvoir de Nom afflua dans mes yeux, aiguisant ma vue dans la pénombre. Ceux-là non plus ne laissaient pas de traces. Ce qui signifiait… Et tiens donc : une autre pointe silencieuse approchait par-derrière. Elle, en revanche, laissait des empreintes de sabots. La réponse semblait évidente. Mais deux ans à traiter avec Akua Sahelian m’avaient appris que cela voulait probablement dire qu’on se foutait de moi. Je formai une autre lance d’ombre et pivotai pour la lancer à ma droite, la seule issue qu’ils n’empruntaient pas ostensiblement. Un battement de cœur plus tard, la silhouette floue d’une cavalière qui se baissait sous la lance, plaquée contre sa monture, apparut fugitivement. Te voilà.
« Préparez-vous », dit Apprenti.
Une lumière bleue aveuglante jaillit ; sa bulle se transforma en un large panneau rectangulaire dressé sur leur trajectoire. La cavalière à la pointe de la formation, toujours plaquée contre sa monture, guida sa licorne pour qu’elle le franchisse d’un bond. Elle heurta un autre panneau dans un bruit sourd, celui-là totalement invisible. Je reniflai. Voilà qui était nouveau. Les deux ailes de cavalerie se séparèrent sans heurt et commencèrent à contourner l’obstacle avant même que la première fée ait touché terre. La lueur du panneau bleu s’intensifia, puis il explosa dans un éclair de chaleur et de lumière.
« Masego, tu peux me dire où se trouve celui qui parle ? » demandai-je.
« Derrière eux », répondit le Soninke sans hésiter.
« Alors c’est là que je vais, dis-je. Vous deux, essayez de ne pas vous faire tuer. Je ne suis pas sûre de pouvoir me payer des funérailles doubles. »
Je me mis en mouvement avant qu’ils aient le temps de répondre. J’avais à peine fait une douzaine de pas que la protection du sort d’Apprenti cessa, et le vent manqua de me renverser. J’étais passée par le milieu, le chemin le plus dégagé, mais les cavaliers à l’arrière des deux colonnes bifurquèrent et foncèrent droit sur moi. Tant pis pour la solution facile. Il y en avait un, deux, trois… huit en tout. Joie. J’allais le sentir passer demain matin, pas vrai ? Je retins mon souffle et tins ma position, épée au poing. On m’avait appris à affronter des hommes à cheval, mais pas des fées. Le seul point dangereux d’une lance, c’est la pointe, me rappela la voix de Noir. Surveille le cheval. La cavalerie piétine ce qu’elle ne peut pas embrocher. C’étaient des lances courtes, pas des lances de cavalerie, mais le principe restait valable. Je remarquai que les cavaliers avaient l’habitude de chasser ensemble. Ils ajustèrent silencieusement leurs angles afin de ne pas se percuter si je parvenais à les éviter.
La sorcellerie qui les avait rendus presque invisibles avait disparu, mais je flairais le piège. Jusqu’ici, ils n’avaient pas tenté une seule attaque directe : il y avait forcément autre chose. Les sourcils froncés, je formai un petit orbe d’ombre et le tirai sur le cavalier tout à gauche. Il fit légèrement dévier sa monture pour l’éviter sans ralentir. Ce n’était pas un leurre ? Une gerbe de flammes jaillit derrière moi, signe que Masego passait aux choses sérieuses, et la lumière répondit à ma question : seule la moitié des cavaliers projetaient une ombre. Par les dieux, je commençais déjà à détester combattre les fées. Alors, comment esquiver un coup qu’on ne voyait pas venir ? Ne sois pas là où il frappe, si l’on en croyait Capitaine. Elle m’avait appris cette leçon à coups de marteau. Le pouvoir du Nom afflua dans mes jambes et je pris appui, projetant une gerbe de neige derrière moi. Je me tins aussi bas que possible, l’œil fixé sur les lances qui convergeaient vers moi en un demi-cercle lâche, puis changeai de trajectoire pour passer sous une licorne avant qu’on ne me découpe en plusieurs morceaux sanglants. Mon épée jaillit, ouvrant le ventre de la bête tandis que je glissais dessous, et je grimaçai quand l’eau glacée se répandit de la blessure.
J’atterris en catastrophe derrière la bête qui trébuchait, me forçai à me relever et courus dans la direction indiquée par Apprenti. Je sentais les cavaliers faire demi-tour derrière moi pour lancer une nouvelle charge et résistai à l’envie de tirer à l’aveugle une lance d’ombre dans leur direction. Mon puits était plus profond depuis que mon Nom m’avait été rendu, mais il y avait encore des limites à ce que je pouvais en tirer. Je ne pouvais pas gaspiller trop de pouvoir en tirs lointains, pas avec un combat difficile qui m’attendait. Or, fuir un cavalier meurtrier en lui tournant le dos, au beau milieu de plaines dégagées, était à peu près la pire position possible face à la cavalerie. Je n’en ignorais rien, bien sûr, mais tenir ma position là-bas, avec les deux autres à mes côtés, aurait été une bataille perdue d’avance. Notre arsenal de tours de passe-passe n’avait rien de négligeable, et il s’était étoffé depuis la Rébellion de Liesse, mais nous ne tiendrions pas éternellement face à des créatures dont l’essence même était la ruse.
Non, pour en finir, il fallait que j’aille de l’avant. Couper la tête du serpent, et autres métaphores vaguement violentes. Les cavaliers derrière moi me rattraperaient assez vite, mais je comptais sur le fait que cela ne changerait rien. Même avec la vue conférée par mon Nom, j’avais du mal à distinguer la silhouette du Cavalier de l’Hôte, mais elle était bien là. Sur une colline, dominant la mêlée et rayonnant d’un dédain affable. Oui, il avait tous les petits signes distinctifs de la noblesse. Même en Arcadie, certaines choses ne changeaient pas. J’atteignis le pied de la colline avant que l’ennemi ne me rattrape. Je jetai un coup d’œil au Cavalier et évaluai mes options tandis que les lances se rapprochaient, quand il prit la parole.
« Assez, dit-il. Je m’en occupe. Brisez les autres. »
Ah, voilà. J’adorais un brin d’hybris chez mes adversaires. J’avais provoqué le grand méchant féerique et m’étais dressée devant lui ; bien sûr qu’il voulait s’occuper de moi. Et il ne voulait pas que ses subalternes s’en mêlent, parce qu’il tenait à marquer le coup. Probablement pas par honneur, chez les fées, mais l’arrogance ferait l’affaire. Je n’étais pas difficile.
« Ouais, bonne chance, dis-je. La dernière fois que j’ai vu Masego s’énerver, il a carbonisé un démon si fort qu’il a fait fondre la pierre sous lui. »
« Nous ne sommes pas des démons, dit le Cavalier en levant sa lance. Nous ne sommes pas des abominations dénuées de raison. Notre existence a un but. »
« Vous êtes aussi censés avoir un cerveau, dis-je. Alors je ne comprends vraiment pas pourquoi vous semez le chaos ici. Même si vous parveniez à vaincre mes hommes, vous devez bien comprendre que l’Empire enverra toutes ses forces jusqu’à ce que vous cédiez. »
« Ces questions dépassent votre entendement, Dame de Marchford », dit-il.
« Je vais prendre un plaisir fou à faire sortir cette phrase de votre bouche à coups de poing », répliquai-je avec entrain, les dents découvertes.
La lance s’abaissa, le Cavalier chargea et mon Nom hurla de joie, si fort qu’il couvrit le vent.