Chapitre 780
WeTried Translations
Traducteur : Hydrogen B
Éditeur : Abstract
Discord : <a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" class="link" href="https://dsc.gg/wetried">https://dsc.gg/wetried</a>
Chapitre 780 : Fais tourbillonner la lumière sacrée
──────
Audin aidait Romen à s’entraîner quand il aperçut un groupe d’une quinzaine d’individus qui se rapprochaient de tous côtés.
Aucun n’avait des yeux normaux. Certains avaient les pupilles qui tournaient en rond, d’autres les yeux orientés dans des directions différentes, et beaucoup bavaient.
Pourtant, leur élan n’avait rien d’ordinaire.
Chacun dégageait quelque chose qui s’apparentait à la Pression, comme s’ils faisaient appel à leur Volonté. Mais ce pouvoir était brut et chaotique : quelque chose clochait.
Des chevaliers ?
Audin avait de bonnes raisons de se méfier. À tout le moins, un point d’interrogation flottait dans son esprit.
Les chevaliers étaient des gens aux convictions bien ancrées, qui avaient prêté serment. Leur force mentale différait de celle des gens ordinaires. Ils ne cédaient pas facilement.
Alors, qu’étaient ces choses ?
Leur corps était robuste, mais leur esprit s’était effondré.
Une quinzaine de combattants ayant la force de chevaliers chargèrent d’un seul coup. Chevaliers ou non, ils étaient dangereux. Audin réagit aussitôt.
Audin avait été parmi les moins blessés lors de la bataille contre le mur de bois épineux. Il était épuisé d’avoir trop sollicité sa divinité, mais quelques jours de repos lui avaient suffi pour récupérer.
Autrement dit, il était en assez bonne forme.
« Seigneur. »
Tandis qu’ils approchaient, Audin enveloppa tout son corps de lumière sacrée.
Puis il frappa au visage celui qui fonçait droit sur lui, une énorme hache à la main.
Il fit quelques pas rapides, accéléra et décocha un coup de poing au terme de sa course. En variant sa vitesse pour se soustraire à la perception de son adversaire, il ne lui laissa même pas le temps de songer à esquiver.
Boum ! Crac.
Fais tourbillonner la divinité.
L’Armure de lumière sacrée. La lame de Ragna. L’expérience qu’il avait acquise en libérant sa divinité. Les paroles que son père adoptif lui avait laissées en partant.
Tout cela s’était condensé et avait convergé.
La divinité dans le poing d’Audin se mit à tourner. Il l’avait mise en mouvement en s’appuyant sur le principe du Vortex.
C’était un exploit remarquable.
Le visage de l’homme frappé se tordit en spirale avant d’éclater. Casque ou non, rien n’aurait résisté à ce coup.
Après en avoir tué un, Audin regarda au-delà des monstres privés de raison. Derrière eux, quelqu’un tenait ce qui ressemblait à une flûte et affichait un sourire déplaisant.
La flûte était tenue à l’horizontale contre sa bouche, perpendiculairement à son visage. Aucun son n’en sortait. Pourtant, ceux qui se trouvaient devant redoublaient de frénésie.
À travers la brume noire qui s’échappait de la tête fracassée, une pointe de lance fusa vers lui tandis que deux silhouettes s’écartaient de chaque côté et pointaient leurs lames sur lui.
Ils n’étaient pas différents de monstres, et pourtant ils attaquaient en formation, comme s’ils s’étaient entraînés à combattre ensemble.
À moins que la flûte de ce frère ne les dirige.
C’était une déduction tactique élémentaire. Quoi qu’il en soit, il ne restait qu’une certitude : il devait les affronter de force.
Audin recula d’un pas, raidit sa main gauche comme une lame et la balança.
La lumière qui formait l’Armure de lumière sacrée se rassembla au bord de sa main et prit la forme d’une lame.
L’un d’eux, couvert d’une armure si rouillée que la moitié en était devenue brune, lui lança une longue lance droit dessus.
Audin fit un pas légèrement plus lent que son adversaire, mais avança tout de même. Il évita ainsi les lames qui venaient des deux côtés. Dans le même temps, il esquiva la pointe de lance d’un mouvement minime, une légère torsion du corps, et amena le visage du lancier à portée de sa main.
On aurait dit un échange réglé à l’avance. La main gauche d’Audin effleura le cou de l’homme.
Fchit.
Le bruit fut presque imperceptible, mais pas le résultat.
Le casque rouillé jaillit dans les airs avec un bruit sourd, et une brume noire jaillit en fontaine de la surface tranchée.
Après en avoir abattu un autre, Audin bondit de côté pour éviter les haches, les masses d’armes et les lames dirigées contre lui.
Son mouvement traça une longue ligne dans les airs, laissant une image rémanente. Les monstres regroupés suivirent cette ligne.
Les yeux jaunes d’Audin se firent froids. Au lieu de leur chaleur douce habituelle, ils semblaient chargés d’un vent mordant.
Si l’on demandait à un prêtre qui il détestait le plus, que répondrait-il ?
Les Cultistes ? Les bandits ? Les Créatures démoniaques ?
Non.
Ceux qu’ils haïssaient le plus étaient les nécromanciens, ceux qui relevaient les morts pour les asservir. Ils étaient rares dans ce monde, mais se servaient des âmes et des cadavres pour accomplir des actes grotesques.
Pourquoi faire cela à ceux qui auraient dû rejoindre le Seigneur là-haut ?
Si le Corps sacerdotal d’extermination des cultes, qui ne vivait que pour éradiquer le Culte, le haïssait tant, c’était en partie pour cette raison.
Ses membres avaient perdu des amis ou des proches à cause du Culte, et certains avaient été contraints d’affronter des cadavres ressuscités portant le visage de ceux qu’ils aimaient.
C’était le devoir de tuer une nouvelle fois les êtres aimés qui poussait le Corps sacerdotal d’extermination des cultes à combattre jusqu’à l’éradication du Culte.
Draugr.
Ceux qui auraient dû rejoindre la prison céleste avaient été liés par des sorts et ramenés à l’existence.
On les appelait collectivement des Draugr.
Seigneur.
Priant en silence, Audin déplaça son poids vers l’arrière comme s’il battait en retraite, puis bondit à une vitesse insoupçonnable pour un corps aussi massif.
Vu d’en haut, on aurait cru voir une énorme cloche osciller en défiant les lois de la physique, avant d’être propulsée vers l’avant.
On aurait aussi dit une pierre lancée de toutes ses forces par un être plus grand qu’un géant.
Autrement dit, il ressemblait à un rocher projeté dans les airs.
Une armure empreinte de lumière divine lui recouvrait le corps entier. Ses mains et ses pieds devinrent des masses d’armes et des lames baignées de lumière.
Audin savait bien ce qu’il avait en lui. S’y mêlait ce qu’il avait compris auprès d’Enkrid et de ses pitoyables frères des Chevaliers fous.
Rien ne m’oblige à n’utiliser l’Armure de lumière sacrée que pour me défendre.
Cette prise de conscience, simple et limpide, était à l’origine de la violence dont il faisait preuve.
Hummm.
La lumière sacrée tourbillonna autour de tout son corps. En tournant, elle devint une force spiralée et violente, chargée d’un pouvoir destructeur.
Boum ! Boum ! Fracassement !
La lumière qui enveloppait ses poings devenait des masses d’armes à chacun de ses coups, et chaque impact révélait la puissance d’un Apôtre de la bataille.
Quand il frappait une tête, le crâne éclatait.
Quand il frappait un torse, une brume noire jaillissait du corps.
Une morgenstern hérissée de pointes acérées s’abattit sur sa tête. Audin la reçut sur l’épaule.
Tiddididing.
L’Armure de lumière sacrée en rotation la dévia sur le côté.
Puis le corps de celui qui l’avait brandie se fendit en deux. Audin venait d’abattre verticalement sa Lame à une main.
Les deux moitiés s’écartèrent comme si quelqu’un les avait tirées à gauche et à droite.
La force et la vitesse avaient engendré une pression, et l’onde de choc née de cette pression en était la cause.
Audin pivota à moitié et tendit une jambe derrière lui. Le mouvement fut rapide, mais ceux qu’elle touchait ne la trouvèrent pas légère.
Boum ! Fwouuush !
Une brume noire se répandit derrière le corps atteint par son coup de pied.
Le haut du corps disparut comme s’il avait été broyé. Le bas du corps restant laissa échapper une brume noire avant de s’évanouir.
Au-delà des Chevaliers spectraux qui se dispersaient et disparaissaient, la personne à la flûte fronça les sourcils.
Quel est ce monstre ?
C’était un chevalier qui commandait aux morts.
Jadis, sous le titre de Chevalier de la mort, il avait fait trembler le continent.
Élevé par un vieux fossoyeur, il avait grandi aux côtés d’Esprits maléfiques. Un maître rencontré par hasard l’avait ensuite engagé sur la voie de la nécromancie.
Plus tard, il découvrit qu’il avait du talent pour manier la lame. Il s’entraîna sans relâche et devint chevalier, mais, ce faisant, il prit conscience de ses limites, du mur qui se dressait devant lui.
Je manque de talent à l’épée, mais j’ai d’autres aptitudes.
Ce fut ainsi qu’ils en vinrent à rêver de manier seuls la puissance d’un ordre de chevalerie, avec les âmes des autres en première ligne. Leur désir avait été de faire s’agenouiller à leurs pieds tous les habitants du continent, jusqu’au jour où ils rencontrèrent Balrok et moururent.
Pourtant, son souhait n’avait pas changé.
Rassembler des forces ici, puis attaquer Balrok.
Dans le Labyrinthe, prisonnier du pouvoir divin de Balrok, il n’y avait rien d’autre à faire que de se battre. Alors ceux qui s’y trouvaient piégés combattaient, encore et encore.
À force, certains perdaient la raison. Ceux qui s’effondraient mentalement erraient d’ordinaire dans le Labyrinthe en Chevaliers spectraux, mais l’individu doué pour la nécromancie les avait rassemblés.
Son regard se posa aussi sur la femme qui se tenait à l’écart. Épée et bouclier en main, elle affrontait deux Chevaliers spectraux tout en protégeant l’homme derrière elle.
Cette femme n’était pas à prendre à la légère non plus.
Tout en combattant, elle avait regardé plusieurs fois dans sa direction.
Les yeux de la femme et ceux de l’homme qui venait de réduire en miettes tous les Chevaliers spectraux rassemblés étaient empreints du même calme glacial.
En croisant ces regards, l’individu sentit un frisson le parcourir, malgré l’absence de corps physique.
« Tch. »
Le Chevalier de la mort claqua la langue et tira son épée au lieu de lever la flûte, mais il ne pouvait vaincre le monstre qui fonçait sur lui, le corps entier transformé en arme.
En vérité, il avait toujours su qu’il ne tenait bon qu’en se protégeant derrière un espoir illusoire.
Comment ceux que Balrok avait tués et réduits en servitude auraient-ils pu se rebeller contre leur maître ?
Une fois encore, il abandonna sans résistance, et Audin s’arrêta devant lui, le poing serré.
« Libérez-les tous, je vous prie. »
Les libérer ? Les spectres qu’il avait liés à sa flûte.
« … Essaie donc, si tu en es capable. »
Le Chevalier de la mort se moqua de lui. De toute façon, tout cela n’était qu’un divertissement.
C’était le divertissement du monstre nommé Balrok. Tous ceux qui étaient piégés là n’étaient rien de plus que les jouets de ce démon.
Si cela leur déplaisait, il leur suffisait de tuer le démon appelé Dieu de la Guerre. Si Balrok mourait, tout prendrait fin.
Bien sûr, cela n’arriverait jamais.
Le Chevalier de la mort savait que s’il mourait à présent, il se réveillerait à nouveau après avoir oublié une partie de ses souvenirs.
S’il préservait sa conscience de lui-même au cours de ce processus, il pourrait recommencer. Sinon, il ne serait plus qu’un Chevalier spectral parmi d’autres.
Bon sang.
À cet instant, il comprit.
Ce n’était pas la première fois. Il était déjà mort de nombreuses fois.
Ses souvenirs refleurirent. À l’approche de la mort, ceux qu’il avait enfouis remontèrent naturellement à la surface.
Si je ne veux pas renoncer, je dois rester dans l’ignorance.
C’était une lutte désespérée pour détourner les yeux de la réalité et se rebeller contre Balrok.
Certains jours, il était mort en servant de partenaire d’entraînement à Balrok. D’autres, il avait péri en combattant d’autres spectres. Plus récemment, il était tombé sous la lame d’une chevalière.
Et voilà que cela recommençait.
Boum !
Le poing d’Audin mit fin à ses souvenirs.
« On dirait que le souhait du frère capitaine s’est réalisé. »
Audin parla en retirant la lumière sacrée. Il avait deviné pourquoi le terrain alentour avait changé et pourquoi ce tumulte avait éclaté.
Tout ce qui l’entourait stimulait sa divinité. C’était comme s’il se trouvait dans la Terre Maudite.
Pourquoi ?
Il savait depuis longtemps que les démons maniaient un pouvoir divin. Il l’avait appris en étudiant diverses choses durant sa formation de prêtre combattant.
Il ignorait ce qu’était ce pouvoir divin et sous quelle forme il se manifestait, mais il savait d’instinct qu’il s’agissait d’une part du pouvoir divin de Balrok.
Où êtes-vous, frère capitaine ?
Et peut-être qu’Enkrid faisait face en ce moment même au détenteur de ce pouvoir divin.
Là où la lumière avait disparu, les ténèbres s’insinuèrent, étendant leur territoire et remplissant l’espace. À la mort du Chevalier de la mort, les spectres qu’il contrôlait vacillèrent, puis s’enfoncèrent dans le sol, se changèrent en brume noire et se dispersèrent.
Teresa reprit calmement son souffle et regarda au-delà de la zone transformée en une immense grotte étrange.
« Je crois que d’autres choses vont continuer à arriver. »
Depuis qu’elle était devenue chantre sacrée, son intuition s’était affinée davantage encore que celle d’Audin.
Elle ignorait ce qui venait de se produire et bien des choses lui échappaient, mais d’autres créatures de ce genre continueraient à arriver. Elles apparaîtraient sans fin.
Jusqu’à quand ?
Jusqu’à leur mort.
Teresa écouta ce que lui soufflait son intuition.
« Alors, j’imagine que je vais devoir continuer à frapper jusqu’au bout. »
Audin ne sourit que maintenant, faiblement. Enkrid lui avait appris, entre autres, qu’il suffisait de faire ce qu’on pouvait tout de suite.
Pour l’instant, il ne pouvait ni retrouver ni aider qui que ce soit. En revanche, il pouvait repousser tout ce qui s’en prendrait à eux et protéger ceux dont la peau avait viré au violet.
Cela aussi doit être la volonté du frère capitaine.
Le Père Seigneur au ciel veillait sur eux. Cette pensée raffermit le cœur d’Audin.
Derrière eux, Romen se releva en s’appuyant sur son espadon comme sur une canne.
Sa jambe droite refusait de lui obéir, car sa cuisse avait été entaillée lors de l’embuscade. À cette vue, l’un des habitants s’approcha et lui tendit quelque chose qui ressemblait à un bandage.
C’était un bandage fait de peau de Bête magique.
« Merci. »
Romen serra le bandage autour de sa cuisse.
D’autres créatures allaient arriver ? Et elles auraient toutes la force de chevaliers, comme celles qu’ils venaient d’affronter ?
Devait-il sombrer dans le découragement, s’effondrer sous le poids du désespoir, s’agenouiller et attendre la mort ? Ou devait-il empoigner une épée et foncer, même en sachant qu’il allait mourir ?
Ni l’un ni l’autre.
Il tiendrait bon. Peu importe ce qui l’attendait au bout du chemin, il se battrait et tiendrait jusqu’à la fin.
L’esprit de Romen ne se brisait plus facilement. Il avait changé depuis qu’il avait retrouvé Enkrid. Si un Ver parasite essayait de maîtriser son esprit, il pouvait désormais le repousser.
Il mobilisa délibérément sa Volonté et la ressentit. Il ne pouvait pas devenir chevalier sur-le-champ, mais il pouvait toujours manier une épée.
Même si tout cela dépasse mes capacités.
Il resterait fidèle à l’instant présent.
Même Romen était aussi résolu ; les autres ne vacillaient pas non plus. Plus précisément, les Chevaliers fous restaient calmes jusque dans une situation pareille.
« Il faut rassembler les habitants dans la salle de réunion. »
« Je vais faire le tour. »
Ropord, qui observait la scène, s’avança et prit la parole. Fell répondit à Ropord.
Ils n’avaient qu’à rassembler tous les habitants dans la salle de réunion comme un troupeau de moutons. Pour Fell, c’était une tâche familière.
Boum !
Une explosion assourdissante retentit au loin et attira tous les regards dans cette direction.
Rem apparut. Au-dessus de sa main flottait un disque. Ce n’était pas un vrai disque, mais une illusion créée en faisant tournoyer au-dessus de sa tête une solide lanière de cuir.
──────
Notes de bas de page :
Rejoignez notre Discord : <a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" class="link" href="https://dsc.gg/wetried">https://dsc.gg/wetried</a>