Chapitre 777
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Traducteur : Hydrogen B
Relecteur : Abstract
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Chapitre 777 : Pas tout à fait un épouvantail
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Les épées jumelles fondirent sur lui selon un rythme irrégulier. Enkrid para toutes les attaques avec Forgecrépuscule.
Il ne s’agissait pas d’avoir l’avantage de la vitesse. Il jouait des pieds pour allonger les trajectoires des épées adverses.
Ting. Ti-di-di-ding.
Son adversaire jouait lui aussi des pieds et réduisait la distance tout en faisant tournoyer ses lames. Leurs trajectoires se chevauchaient et se croisaient, faisant jaillir d’innombrables étincelles.
Puis leurs lames se rencontrèrent dans une sorte de prise de fer, et l’homme prit la parole.
« Pas mal. »
Leurs épées étaient plaquées l’une contre l’autre, leurs visages si proches qu’ils auraient senti le souffle de l’autre s’ils s’étaient rapprochés davantage. Enkrid garda une expression impassible et leva le genou.
L’homme recula avant que le genou d’Enkrid ne lui frappe l’entrejambe. Il prit appui au sol par petits bonds, avec une légèreté digne d’un elfe.
Cela rappela aussi Jaxon à Enkrid.
Enkrid avait déjà deviné que l’homme ne se contenterait pas de battre en retraite.
Et il avait vu juste.
Des lames Needle jaillirent de la plante du pied qui avait pris appui comme pour fuir, puis les deux épées que l’homme tenait furent lancées vers lui un instant plus tard.
Les lames avaient elles aussi été trafiquées : une vague de chaleur balaya le visage d’Enkrid avant qu’elles ne l’atteignent.
La Cognition accélérée décomposa les ruses de l’adversaire et lui permit de les discerner une à une.
Il vit Forgecrépuscule se transformer en brise-lames, arrêtant les vagues. C’était l’Épée qui bloque les vagues, réalisée grâce à une pensée optimisée.
C’est moi qui manie l’épée.
Au bout du compte, une épée n’était qu’un outil, et l’escrime consistait à bien s’en servir. Les séparer n’avait aucun sens. Mélanger Éclair et l’Épée qui bloque les vagues était donc sans doute la bonne voie.
Cette brève réflexion lui suffit pour parer toutes les attaques.
Il balaya le sol avec Forgecrépuscule, si bas que la lame le frôla, et créa une bourrasque qui repoussa les aiguilles. Puis, du pommeau, il dévia les deux épées lancées vers lui.
La chaleur qui s’échappait des lames lui effleura la joue. C’était comme si on lui avait brièvement posé une marmite brûlante sur le visage avant de la retirer.
Au même instant, les épées qu’il avait déviées résonnèrent dans un fracas métallique.
« Tu te débrouilles sacrément bien. »
L’homme avait lancé ses épées et se ruait déjà sur lui, réduisant l’écart. Ses doigts se recroquevillèrent comme s’il voulait saisir quelque chose, prêt à l’arracher, à l’agripper ou à le briser.
Enkrid devina une nouvelle fois son intention.
Faire mine d’agripper, puis poignarder.
Avec quoi ? Une lame cachée. C’était ainsi qu’il comptait s’y prendre.
La technique semblait plus avancée que le Couteau caché. Plusieurs dagues courtes étaient en réalité dissimulées dans les manches de l’homme.
Enkrid abattit Forgecrépuscule comme pour l’écraser sous son poids. C’était une lourde frappe descendante, renforcée par la Pression : une escrime qui acculait l’adversaire sous sa puissance.
L’homme n’en tint pas compte et bougea les mains. Une telle pression ne suffirait pas à paralyser son corps. Quiconque aimait le combat rapproché rencontrait souvent ce genre de situation.
J’ai encore gagné.
Il n’était pas nécessaire de dévoiler une technique supérieure à celles qu’il avait déjà montrées.
L’homme en était certain tandis qu’il tendait les deux mains. Les lames cachées dans ses manches glissèrent dehors, effleurant sa peau au gré des mouvements de ses muscles. Il n’avait plus qu’à les saisir et à poignarder son adversaire.
Pourtant, le temps lui sembla terriblement long. Lorsqu’on se concentrait trop intensément, un instant pouvait paraître interminable.
C’était le mystère de la Cognition accélérée.
Mais là, ça dure un peu trop longtemps.
Était-ce parce qu’il s’était reposé récemment et que son corps était en pleine forme ?
Dans ce temps étiré, l’homme plongea son regard dans les yeux d’Enkrid.
Deux yeux bleus, qui ne vacillaient pas le moins du monde, le fixaient droit dans les yeux. Ni choc ni surprise ne s’y lisaient.
Ces yeux calmes ne trahissaient qu’un faible intérêt.
Sur quoi compte-t-il ?
À cet instant, l’homme comprit ce sur quoi Enkrid comptait. La main qui tenait l’épée appuyée contre lui s’était déjà emparée d’une autre lame et la dressait vers le haut.
Cette lame était deux fois plus rapide que quelques instants auparavant. Comme il avançait déjà, il ne pourrait pas l’esquiver.
Non, je suis déjà touché.
Le temps lui avait paru plus long que d’habitude, non parce que sa concentration était excessive, mais parce que sa perception de l’environnement s’effondrait.
Autrement dit, ce n’était que l’étrange sensation provoquée par son crâne fendu.
« Gk. »
Il parvint malgré tout à détourner la tête de justesse. La lame de Penna qu’Enkrid avait lancée lui entailla donc le côté du crâne. À partir de la bouche, un peu moins de la moitié de son visage avait été tranchée.
Après cet échange d’attaques et de parades, de feintes et de calculs, l’homme à moitié défiguré chancela en arrière avant de s’effondrer lourdement au sol. Enkrid se contenta de le regarder.
Lui aussi va se mettre à faire pousser quelque chose sur son corps ?
Non. L’homme ouvrit simplement la bouche, ses lèvres fendues pendantes, et parla.
« En vérité, tu mérites qu’on te reconnaisse. »
Ce n’était pas une chose qu’on disait en mourant. Il n’avait ni refusé d’accepter sa mort ni nié sa défaite.
C’était donc un individu plutôt singulier.
L’homme bascula en arrière en parlant, et une fumée noire s’échappa de lui tandis que son corps se désagrégeait.
« On dirait pas un rêve. »
Enkrid marmonna ces mots, puis sentit une voix résonner dans son corps et regarda autour de lui. Ce n’était pas une pensée formulée dans son esprit : les mots vibraient dans ses cordes vocales et dans sa chair.
Ses sens, aiguisés par la chevalerie, lui indiquaient qu’il s’agissait de la réalité.
Un chemin s’étirait devant lui. Des murs le bordaient à gauche et à droite, et un plafond sombre était apparu au-dessus de sa tête sans qu’il sache à quel moment.
Il avait l’impression d’être entré dans une grotte.
Des torches fixées aux murs à intervalles réguliers éclairaient les lieux.
Que voulait dire son adversaire vaincu par cette histoire de reconnaissance ?
Et que signifiait cette situation ?
Tout ce qu’il savait, c’était qu’il devait avancer.
Rester immobile ne mènerait à rien.
On dirait que je suis entré dans un labyrinthe.
Quelque chose semblait brouiller son sens de l’orientation.
Il se demanda aussi si Ragna vivait toujours comme ça.
Quoi qu’il en soit, Enkrid poursuivit son chemin. Il aperçut bientôt quelqu’un d’autre.
« As-tu lutté avec tant d’acharnement parce que tu souhaitais mourir ? »
Pouvait-on seulement appeler cela une personne ?
Un chevalier, juché sur un cheval fantôme et tenant sa propre tête, salua Enkrid.
C’était une Créature démoniaque de haut rang, rarement aperçue même dans la Terre Maudite : un cavalier sans tête appelé dullahan.
Le visage posé sur le cheval fantôme n’était pas déformé comme celui d’une Créature démoniaque. Il ne reposait tout simplement pas sur son torse. C’était un visage âgé, doté d’une barbe blanche longue d’un doigt, coincé sous un bras contre son flanc.
Des veines bleues saillaient sur son moignon de cou, et son visage rouge lui donnait l’air particulièrement colérique. Son corps, fusionné avec le cheval fantôme, semblait lui aussi massif et robuste.
« Donapha va mettre fin à tes souffrances… Kiaat ! »
Au lieu de répondre, Enkrid fit tournoyer son épée. Il prit appui sur son pied gauche et fondit sur lui.
Son corps fila vers l’avant, en position basse, perçant un mur d’air. Au même instant, sa pensée s’étira et Forgecrépuscule se logea dans sa main comme si toutes ses pièces s’étaient emboîtées.
Il éveilla ses sens et abattit sa lame droit devant lui, dans un mouvement vertical.
Son adversaire ne pouvait pas esquiver. Non, il n’esquiverait pas.
C’était une intuition née dans le domaine du Sixième Sens, au-delà des cinq sens.
Une frappe nette, sans fioritures. Sa trajectoire honnête aurait pu servir d’exemple dans un manuel.
Elle était aussi extrêmement rapide, chargée de la force générée par la rotation de tout son corps.
Une attaque tissée d’Éclair et de Vortex.
Le dullahan tenta de la contrer en balançant une grande hache, mais échoua. Alors qu’il bougeait les deux bras, sa tête, coincée contre son flanc, tomba au sol et roula au loin.
Boum. Roule, roule.
« Misérable. Misérable. »
La tête continua de marmonner en roulant, sa bouche toujours en mouvement.
L’échange s’était achevé en un instant. Enkrid resta dans sa posture finale et repassa brièvement le combat en revue.
Son adversaire avait révélé sa tactique par ses paroles, son attitude, son arme et sa posture.
Un ennemi qui aime les frappes puissantes et lourdes.
Comment un tel ennemi réagirait-il face à une frappe d’épée franche, à la trajectoire directe ?
Enkrid avait anticipé ses mouvements, puis lui avait fendu le corps de haut en bas d’un coup puissant qui dépassait cette anticipation.
Il passa aussi en revue les points à améliorer dans son propre escrime.
J’ai mis trop de force. Enchaîner avec le mouvement suivant m’a paru un peu maladroit.
C’était la première fois qu’il tentait ce geste. Enkrid savait qu’il n’avait pas le talent de Ragna.
Il était pourtant arrivé jusque-là. Quelques répétitions de plus, et il y parviendrait.
À force de persévérer, les choses finiraient bien par s’arranger. Peu importait que la route devant lui ne soit plus clairement visible.
Le chemin qu’il avait parcouru et l’expérience accumulée lui donnaient confiance.
« Comment oses-tu faire cela à Donapha ! »
Le nom de Donapha avait quelque chose de désuet. Sur cette pensée, Enkrid leva son épée et l’abattit sur la tête.
Il n’avait jamais affronté de dullahan, mais lorsqu’il lui fendit le crâne, la tête et le corps se dispersèrent comme une brume noire.
Deux de moins.
Enkrid retira l’épée qui s’était fichée dans le sol.
« Impressionnant. »
Il rencontra le troisième adversaire un peu plus loin dans le passage. Cette fois, la distance était plus courte.
Son adversaire était venu à sa rencontre, mais Enkrid ne pouvait pas le savoir et n’avait pas envie de le découvrir.
La mort de Donapha avait d’ailleurs permis à son adversaire de venir à sa rencontre, mais Enkrid ne pouvait pas le savoir non plus.
« Tu as vaincu Donapha ? Tu as dû tomber sur un adversaire qui t’était favorable. »
Elle continuait à parler à sa guise, sans se soucier de ce qu’Enkrid pouvait bien répondre. Son torse était anormalement long, au point d’évoquer un serpent.
Elle était aussi grande qu’Audin, mais ne paraissait pas massive. Elle ressemblait plutôt à une hampe de lance souple. Ses bras étaient aussi longs que sa taille, ce qui lui donnait une silhouette étrange, et ses muscles fins et denses couvraient tout son corps.
Mais ce qui était plus étrange encore que sa silhouette, c’était sa tenue.
Elle portait des vêtements moulants au lieu d’une armure, mais elle avait l’air d’une grande sœur écervelée qui aurait piqué les habits de sa petite sœur.
Ils ne lui allaient pas et lui collaient à la peau.
Enkrid ne put s’empêcher de dire quelque chose.
« Où as-tu volé ces vêtements ? »
Il n’avait pas voulu la provoquer, mais le visage de la femme se durcit, chargé d’intentions meurtrières.
« Je vais te déchiqueter la langue. Tu pourras te moquer de moi après ça. »
Elle chargea en parlant sur un ton désuet.
Ce n’était pas une épéiste ordinaire.
Elle se rua vers lui dans une posture si basse que sa poitrine frôlait presque le sol. Elle allait aussi vite qu’une flèche.
Un grondement retentit, suivi d’un rugissement dans l’espace qu’elle venait de traverser.
La poitrine presque collée au sol, la femme fit pivoter sa taille. Son torse serpentiforme, pareil à une hampe de lance flexible, se contorsionnait avec une souplesse impossible.
Elle ajoutait de l’irrégularité à l’irrégularité. Elle tenait un fauchon, une lame à un seul tranchant, large et plate, dont la pointe était courbe.
Son épée décrivit une trajectoire irrégulière, remontant depuis le sol.
Ses bras, aussi longs que sa taille, fléchissaient et fouettaient l’air avec violence, leurs muscles souples et fins aussi flexibles que le fouet de Ruagarne.
Clang !
L’épée de la femme fut arrêtée par la lame bleu ciel qu’Enkrid tenait à l’horizontale.
Des étincelles rouge vif jaillirent entre eux.
Parer une fois son attaque irrégulière était faisable, mais la bloquer deux fois, trois fois, sans interruption, était extrêmement difficile.
Elle le savait. Au lieu de chercher à conclure le combat d’un seul coup, elle s’était spécialisée dans les attaques en chaîne.
Quand son arme rebondissait contre la lame adverse, elle exploitait le recul pour accélérer encore. Sentant la Charge s’accumuler dans les muscles de ses bras, elle en tira sa Volonté et la concentra dans ses deux membres.
Le fauchon gagna alors en vitesse, et ses mouvements devinrent encore plus imprévisibles.
Une chaîne d’attaques anormalement longue déstabiliserait un adversaire entièrement concentré sur la défense.
Bientôt, ses mains s’emmêleraient.
Ses longs bras se tendirent, et la pointe de la lame, accélérée selon le même principe qu’un fouet, s’abattit sur la tête d’Enkrid.
Boum. Boum. Boum !
À chacune de ses attaques, le bruit de ses bras et de sa lame déchirant l’air se répercutait dans la grotte.
Bientôt, la grotte ne fut plus remplie que de ce fracas assourdissant.
Boum, clang ! Crack ! Boum !
L’épée bleu ciel bloquait chacune des attaques de sa chaîne. Enkrid en déviait certaines et en redirigeait d’autres, mais ne faiblissait jamais.
La femme attaquait encore et encore sans reprendre son souffle, insistant jusqu’à ne plus pouvoir tenir.
Tout ce qu’elle réussit à faire, ce fut d’érafler légèrement la joue d’Enkrid.
La lame effleura sa joue dans un éclair, et du sang rouge — un sang que la femme elle-même ne possédait pas — perla en minuscules gouttes le long de la plaie.
La vitesse de leurs mouvements dispersa rapidement le sang dans l’air.
Elle devait reprendre son souffle et rassembler sa Volonté. La femme ramena le fauchon qu’elle avait brandi sans merci, puis bondit en arrière.
Flap.
La cape d’Enkrid, raccourcie pendant le mouvement violent, se gonfla dans le vent et voleta.
La femme vit Enkrid tenir l’épée bleu ciel à l’horizontale, puis la porter à hauteur de sa bouche.
Ses yeux bleus semblaient repousser la lueur jaunâtre des torches qui emplissait la grotte. À cette vue, elle sentit sa colonne vertébrale se glacer.
C’était le malaise que lui inspirait son instinct.
Au-dessus de la lame qui lui couvrait la bouche, seuls les yeux d’Enkrid restaient visibles. Puis sa voix lui parvint.
« À moi. »
Quoi ?
La femme se tordit précipitamment la taille et leva son épée pour bloquer la frappe de l’homme, qui avait déjà réduit la distance.
L’épée qu’il avait lancée sitôt sa phrase achevée heurta son fauchon, et leurs positions s’inversèrent.
Elle devait se défendre pendant qu’il attaquait.
« Tch ! »
Contrairement à Enkrid, elle ne pouvait pas tenir longtemps. Depuis le début, elle ne comptait que sur des tactiques offensives.
Elle était faible en défense.
Bien sûr, il fallait être du niveau d’Enkrid pour s’en rendre compte.
« Toi… »
La moitié du cou tranchée, un brouillard noir s’échappant de la plaie, la femme s’effondra au sol.
Elle tourna les yeux vers l’homme qui l’avait tranchée. Il avait cessé de brandir son épée et agitait plusieurs fois la main dans l’air.
Elle l’avait compris avant même de le voir, mais à présent, elle en était certaine.
« Toi ! »
Elle hurla de rage.
Enkrid la regarda d’un air calme et indifférent.
« Tu étais une bonne adversaire. »
La femme cria de fureur.
« Tu te sers de moi comme d’un épouvantail d’entraînement ? »
Sa colère élargit la plaie de son cou, d’où s’échappa encore plus de brouillard. Après cela, elle ne put plus parler.
Elle se dispersa en brume et disparut.
Enkrid regarda l’endroit où elle se trouvait et fit un pas de plus.
Elle avait vu juste.
Le premier adversaire avait employé des tactiques personnelles centrées sur une lame cachée ; Enkrid l’avait donc affronté en s’appuyant sur l’Escrime orthodoxe à la manière d’Enkrid.
Le deuxième adversaire privilégiait les frappes puissantes ; Enkrid avait donc résolu le combat d’un seul coup.
Quant à la femme qui venait de tomber devant lui, elle s’était spécialisée dans les attaques irrégulières et ininterrompues, capables de submerger ses adversaires.
Enkrid avait discerné le point fort de chacun et en avait fait une occasion de s’entraîner.
« Pas tout à fait un épouvantail, quand même. »
Enkrid marmonna ces mots, amusé malgré lui.
Chaque adversaire qui apparaissait possédait une maîtrise exceptionnelle de l’épée, et chacun avait sa spécialité. L’entraînement était satisfaisant.
Il avait l’habitude de s’entraîner avec Rem, Ragna, Audin et les autres ; affronter des adversaires comme ceux-là lui changeait agréablement les idées.
Après quelques pas de plus, il rencontra l’adversaire suivant.
Crépite. Paf.
Une femme avait allumé un feu de camp dans la grotte. Une épée longue encore dans son fourreau reposait en biais contre son corps ; elle se réchauffait près du feu en fredonnant, l’air paisible.
Hum, hum.
En voyant son visage, Enkrid s’arrêta.
La distance qui les séparait n’était pas grande. S’il l’avait voulu, il aurait pu aussitôt brandir son épée.
Mais il ne le fit pas.
« Oh, te voilà ? »
Sentant sa présence, elle l’accueillit comme une amie qu’elle n’avait pas vue depuis longtemps.
Enkrid ressentit quelque chose de semblable et, dans le même temps, crut comprendre qui se trouvait derrière tout ce qui se passait ici.
Il prit la parole.
« Chevalière Aoara. »
Comme le nom de l’épée qu’elle tenait le laissait présager, la Chevalière Aoara sourit.
Pour Enkrid, ce sourire était limpide et sincère.
C’était le même sourire qu’elle avait affiché à la fin de la bataille finale dans la Cité d’Aoara.
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