Chapitre 751
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Traducteur : Hydrogen B
Relecteur : Abstract
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Chapitre 751 : Et si je lui coupais les jambes ?
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« Si je comprends bien, tu as créé cinq arts de l’épée, et chacun d’eux mène à la voie du chevalier ? »
Rem résuma tout ce qu’Enkrid lui avait expliqué ces derniers jours. Les yeux d’Enkrid s’écarquillèrent. On y lisait de la surprise, pas tout à fait de la stupeur, mais presque.
« Pourquoi tu me regardes comme ça ? »
Rem posa la question d’un ton où l’agacement était manifeste.
« Tu es nul pour expliquer les choses, alors pourquoi tu es si doué pour les résumer ? »
Enkrid le dit sans cesser d’écarquiller les yeux. N’importe qui aurait compris qu’il le faisait exprès. Rem fit la grimace.
« Nul ? C’est l’auditeur, le problème. Et range-moi ces yeux-là. »
« C’est juste que je suis surpris. »
Toujours renfrogné, Rem releva un coin de la bouche. Un sourire féroce. Il abattit sa hache.
Son mouvement fut trop rapide pour être suivi du regard. Le rythme ne correspondait pas du tout à sa démarche. Il lança une attaque impossible à lire, non pas sur le temps, mais à contretemps.
Enkrid réagit sans difficulté. Il avait déjà dégainé et leva son épée pour parer. Une frappe diagonale ascendante, calée sur la trajectoire de la hache.
Clang !
Le fer heurta le fer, deux corps humains se tenant derrière l’acier, et une bourrasque jaillit de l’impact. La cape vert sombre d’Enkrid claqua dans son dos. Ce n’était pas un combat. Juste une démonstration.
Après cet unique échange, Rem reprit d’un ton neutre :
« Alors c’est ça, ce dont tu parlais. »
À vrai dire, il était un peu surpris. Parer une hache lancée sans prévenir n’avait rien d’anodin.
Il ne pouvait plus considérer cet homme comme son inférieur. Même pas un peu.
L’homme devant lui avait accueilli sa hache sans la moindre difficulté. Si Enkrid avait esquivé, Rem aurait pu s’y attendre. Mais il avait lancé son épée plus tard et, malgré cela, l’avait fait correspondre à la vitesse de la hache au moment du contact.
Ce n’était pas un duel convenu. Le fait qu’Enkrid ait répondu avec une force et une vitesse comparables prouvait qu’il pouvait faire davantage encore s’il le voulait.
Rem pouvait bien sûr frapper plus vite et plus fort. Mais l’essentiel était qu’Enkrid avait tant progressé qu’on ne pouvait plus le comparer à l’homme qu’il avait été.
Rem chassa cette pensée et renifla brièvement.
« C’est ça. »
Enkrid répondit simplement.
Dans ce dernier mouvement, Rem avait éliminé toutes les variables superflues et concentré toute sa force en un seul geste.
Enkrid avait compris exactement ce qui se cachait derrière.
Un mouvement si rapide qu’il n’y a rien à calculer.
Ce n’était pas que le rythme était rompu. Rem avait simplement fait fi de tout rythme.
Son instinct optimisait sa réflexion. Quel don remarquable, à tous points de vue. Et dire que tout se résumait à deux mots : talent brut. C’était profondément injuste.
« Montre-nous aussi le Style de l’épée lourde, grand frère. »
Audin s’avança. Les explications des derniers jours étaient terminées. Tout avait commencé par ces mots : « Briseur trouve ses racines dans l’épée juste et précise. »
Ruagarne avait poussé tant de cris d’admiration en chemin que ses joues s’étaient gonflées comme si elles allaient éclater.
« Montre-m’en davantage. Alors c’est comme ça que tu utilisais l’escrime tactique. Je m’en doutais, mais c’est quand même remarquable. »
Elle ne cessait d’ajouter des remarques de ce genre.
Cinq lignées, chacune associée à son propre art de l’épée : la juste, la lourde, la trompeuse, la rapide et la fluide.
Briseur et l’escrime orthodoxe, Golem éclair et l’Épée de la Chance.
Parmi elles, la frappe lourde n’avait pas encore été montrée. Les autres avaient été présentées en détail, mais on ne pouvait pas dévoiler à la légère un coup aussi puissant.
Il était également impossible de la montrer dans le paysage mental. Celui-ci ne pouvait contenir que des enchaînements prévisibles, et puisque la frappe lourde n’avait jamais été exécutée, il était impossible de la représenter.
Naturellement, ce qui intéressait le plus Audin, c’était la méthode permettant de concentrer la force en un seul coup, en mêlant les arts martiaux valériens à l’épée lourde et féroce de Zaun.
Fell et Ropord observaient la scène, les yeux brillants d’impatience. D’une façon ou d’une autre, le groupe en mouvement comptait désormais neuf personnes.
« C’est justement ce que j’allais faire. »
Enkrid répondit et tourna les yeux vers la créature démoniaque qui s’approchait, sans se douter de ce qui l’attendait.
Un cyclope. Un géant borgne. Il était désarmé, mais ses mains nues pouvaient déchirer une plaque de fer comme du pain tout juste sorti du four.
Qu’une telle créature apparaisse près d’une ville, et les cloches d’alarme ne cesseraient de sonner.
C’était probablement parce qu’ils s’étaient approchés de la Terre Maudite du sud qu’ils rencontraient des monstres aussi inattendus.
Ou peut-être qu’Enkrid et son groupe avaient éliminé toutes les goules et toutes les créatures démoniaques et bêtes magiques errantes sur leur chemin, jusqu’à ce qu’il n’en reste plus aucune.
Ou alors, ce n’était qu’une coïncidence.
Enkrid ne s’en souciait pas.
Il avait de toute façon l’intention de chasser cette créature. Il était simplement ravi qu’elle se soit présentée d’elle-même.
C’était aussi une cible idéale pour tester une technique.
La conversation prit fin tandis que le cyclope réduisait la distance. Enkrid s’avança et alla à sa rencontre.
« Regardez bien. »
Il lança ces mots sans cérémonie, alors qu’une créature démoniaque gigantesque se tenait devant lui.
Les bras du cyclope pendaient si bas que ses mains frôlaient le sol, et ses cuisses étaient aussi épaisses que la taille d’un homme adulte. Penché en avant, il traînait le dos des mains dans la poussière.
Boum. Boum. Boum.
De longs sillons se creusaient sur le sol sec derrière ses mains. À chacun de ses pas légers, elles rasaient le sol et arrachaient la terre durcie. Impossible d’imaginer à quel point sa peau devait être dense et lourde pour produire un tel effet.
« On va avoir droit à un beau spectacle. »
Ruagarne sortit une larve séchée, la mâcha et se choisit une place. Elle s’assit lourdement par terre. Fell et Ropord, tous deux récemment devenus chevaliers, mais plus motivés que jamais, se placèrent de part et d’autre d’Enkrid pour ne pas perdre une miette de la scène.
Tous deux gardèrent une main sur leurs armes et allumèrent la flamme de la concentration.
Leurs yeux brûlants en disaient long.
Le cyclope ne quittait pas Enkrid de son œil unique tout en s’approchant. Pas de rugissement ni de hurlement. Il préférait déchiqueter ses proies à mains nues plutôt que d’écraser ses ennemis sous un vacarme assourdissant.
Les créatures démoniaques n’avaient pas toutes les mêmes habitudes.
Enkrid marcha vers lui à grandes enjambées régulières. Sans hésitation. Sans peur.
Pour la créature, cela devait ressembler à un suicide : une petite chose qui s’avançait pour se faire déchiqueter.
Crac. Les pieds du cyclope s’enfoncèrent dans le sol. Son centre de gravité bascula et sa taille se chargea de puissance. Ses bras, qui traînaient jusque-là dans la poussière, jaillirent vers le haut à une vitesse dépassant la perception humaine ordinaire.
Ses deux mains s’abattirent comme des crochets. La gauche visait la taille. La droite, la cuisse.
Pas bête.
Enkrid perçut l’état du cyclope grâce à sa conscience étirée et amplifiée.
Il ne visait pas d’emblée la tête ou la gorge. C’était le fruit de l’expérience acquise lors de combats précédents.
C’était pour cela que les bêtes magiques les plus anciennes étaient les plus dangereuses. Elles observaient. Elles apprenaient.
Le chevalier Valmund Balpier de l’Empire l’avait confirmé, non pas comme une théorie, mais comme un fait.
Enkrid se faufila entre les mains crochues du cyclope. Il lui suffisait d’aller plus vite qu’elles.
Il fit circuler sa Volonté dans tout son corps et se propulsa contre la poitrine de la créature, se glissant à portée de ses bras.
Ce qui signifiait aussi pénétrer dans l’espace d’une créature démoniaque au moins trois fois plus grande que lui.
Le cyclope ouvrit aussitôt la bouche. Chacune de ses dents avait la taille d’un poing humain et jaillissait dans toutes les directions, comme les pierres d’un mur effondré. Il visait la tête d’Enkrid.
Ses bras fendirent l’air. Ses dents irrégulières s’abattirent. L’odeur de quelque chose de pire que la chair en décomposition était sur le point de l’atteindre quand le corps d’Enkrid se mit à tourner.
Pivotant sur son pied gauche, il enroula son corps comme un tourbillon. Sa cape vert sombre se plaqua contre son dos. Pour le cyclope, la tête sombre d’Enkrid semblait simplement tournoyer.
Du Point focal à cet état amplifié où la pensée s’étirait et se démultipliait, Enkrid concentra toute son attention en un seul point.
Rotation.
Le conditionnement physique pur avait des limites évidentes. Pour les dépasser, pour gagner en puissance, la voie était toute tracée.
Il ne se contenterait pas de pulvériser un rocher d’un seul coup. S’il voulait aller au-delà, c’était ainsi qu’il devait progresser.
Il mêla tout ce qu’il avait observé, assimilé, appris et pratiqué lui-même.
L’expérience acquise en forgeant plusieurs arts de l’épée lui avait ouvert une nouvelle perspective.
Il faut une seule coupe.
Son corps pivota sur l’axe de son pied gauche et s’enroula comme un dragon. Il contracta puis relâcha les muscles de tout son corps, y intégrant l’explosion ponctuelle.
Juste ce que le corps peut supporter.
Sa Volonté ne s’épuisait pas, mais en déverser trop déchirerait les fibres mêmes de ses muscles. Il le savait d’expérience.
La rotation partit de ses orteils, remonta le long de ses mollets, prit sa taille comme pivot, se transforma en force, passa dans la lame et jaillit vers le haut. Le tranchant s’enfonça dans le corps de la créature.
Ça coupe net.
Cette impression lui parvint à travers son attention dédoublée.
Forgecrépuscule, son Arme gravée, lui avait toujours semblé moins tranchante que Penna. Pourtant, à présent qu’il la maniait vraiment, la lame fendit la créature démoniaque comme une pomme de terre bouillie. La résistance qu’il sentait dans sa main était moindre qu’avec n’importe quelle épée qu’il avait jamais tenue.
Le cyclope était une créature démoniaque à la peau pareille à la roche et aux os tout aussi durs. Pourtant, la lame entra dans son corps et en ressortit avec plus d’aisance que l’épée d’acier argenté forgée par Aetri.
Il concentra la force de rotation dans sa coupe, puis se déporta souplement sur le côté.
Pour les témoins, on aurait dit que la lame avait jailli du corps de la créature au moment même où ses deux bras se croisaient.
Le long de la ligne tracée par la lame, du sang noir, des entrailles et de la matière cérébrale s’écoulèrent.
Et c’est ainsi que mourut une créature digne d’être qualifiée de cauchemar dans toute la région. Dans le sud, le cyclope avait pour surnom le démon errant.
Ce n’était pas un véritable démon, mais on lui avait tout de même donné ce nom. Pourquoi ?
En partie parce que la créature était puissante. Mais surtout parce qu’elle avait tué tant de gens au fil des ans.
Les créatures errantes de ce genre étaient plus difficiles à trouver et à tuer que celles qui ne bougeaient pas.
La chance l’avait aussi favorisée : elle avait échappé aux chevaliers pendant tout ce temps.
Enkrid avait fendu la créature de haut en bas et s’était écarté. Quelques gouttes de sang noir tombèrent sur sa cape vert sombre, puis disparurent sans laisser de trace, entièrement absorbées par le tissu.
Une cape vivante. Et on pouvait en dire autant de l’épée.
Enkrid le ressentit nettement.
Tu as résonné avec ma Volonté, pas vrai ?
Il s’adressa à la lame en pensée. Il la huilait régulièrement et en suivait le fil du bout des doigts ; à ces moments-là, elle lui avait toujours paru étrangement émoussée. Pourtant, dès qu’il l’avait brandie, elle avait résonné avec lui de cette façon.
C’était comme combattre aux côtés d’un ami qui le comprenait parfaitement.
Alors, voilà ce que signifiait Arme gravée.
Gravée : une part de soi-même sculptée dans l’arme.
« Grand frère, tu as appelé ça Vortex ? »
demanda Audin.
Ceux qui avaient l’œil et savaient observer saisirent la subtilité cachée dans l’unique frappe d’Enkrid.
Un coup qui mobilisait tout le corps avant de le faire exploser. Comme plier une branche jusqu’au point de rupture, puis la lâcher.
Plus précisément, il faut donner un coup sec avec la branche au moment où elle se détend.
Ou bien, cela ressemblait peut-être à courir vers l’avant avec un arc bandé, puis à décocher la flèche à trois pas de la cible.
À cette distance, toute la force emmagasinée dans la flèche se transmettait.
Les yeux d’Audin ne cessaient de frémir. Cette technique touchait aux racines des arts martiaux valériens, et les dépassait.
« C’était une excellente leçon. »
Audin examina le corps de la créature morte. Les traces laissées par le passage du Vortex étaient indéniables.
La blessure ne correspondait pas à la largeur de la lame. Elle était déchirée, lacérée.
Il n’a pas seulement enfoncé son épée. Il a aussi fait exploser sa Volonté à l’intérieur.
Était-il possible d’obtenir quelque chose de semblable avec la puissance divine ? Pour aller au-delà de l’imitation et atteindre une telle force, que faudrait-il ?
Voilà le genre de question qui méritait réflexion.
Audin n’était pas le seul. Ragna retraçait le mouvement à rebours, comme il le faisait toujours, remontant au sens de chaque geste par un raisonnement nourri de talent et d’instinct.
Rem faisait de même. Ils s’y étaient tous mis.
Ils auraient pu faire cela aux Gardes-frontières, mais le changement de décor avait modifié leur état d’esprit, et ce changement avait transformé ce qu’ils voyaient et assimilaient.
On pouvait sans doute dire que jamais ils n’avaient étudié avec autant de sérieux les techniques, les arts de l’épée et les méthodes d’entraînement.
Enkrid enseignait aux membres de son unité ce qu’il avait observé et appris, et aucun d’eux, pas même Rem, ne rechignait à apprendre quelque chose de nouveau auprès de lui.
En regardant tout le monde assimiler ce qu’il avait appris, Enkrid se surprit à apprendre, lui aussi.
À sa manière, c’était une chose étrange et merveilleuse. Chacun partageait ce qu’il possédait, puis tous se regardaient et apprenaient les uns des autres en retour.
« J’ai entendu dire que c’était dans les environs. »
Ropord marmonna ces mots tandis qu’ils marchaient. Enkrid et les autres tournèrent la tête vers lui.
Environ quatre jours après avoir pris la direction du sud, Ropord avait tiré une information des rumeurs qui circulaient.
Il avait découvert qu’une ancienne Terre Maudite se trouvait dans la région, d’après les habitants. La comparaison la plus simple était la Forêt Grise, près de la Cité d’Aoara.
Ce genre de phénomène n’était pas courant, mais s’approcher d’une Terre Maudite rendait sa présence loin d’être exceptionnelle.
Un érudit avait un jour dit que s’approcher de la Terre Maudite du sud revenait à passer au milieu d’une centaine d’îles.
Enkrid avait vu la mer et navigué près des côtes, mais l’image d’une centaine d’îles ne lui parlait pas vraiment.
Il comprenait néanmoins assez bien ce que cela signifiait. Aux abords d’une Terre Maudite, une centaine de Terres Maudites plus petites étaient éparpillées dans les environs.
« S’il y en a vraiment une centaine, combien comptes-tu en nettoyer ? »
À la question de Rem, Enkrid répondit sans hésiter :
« Toutes. »
Il déclarait qu’il les éliminerait s’il le pouvait, sans en faire une promesse absolue.
Rem hocha la tête. Le capitaine avait toujours été comme ça.
S’ils n’avaient pas rencontré le cyclope aujourd’hui, Enkrid l’aurait traqué exprès.
Laisser derrière eux une créature surnommée le démon errant ? Hors de question.
Rien que par pure curiosité, il aurait fallu qu’il l’affronte.
« Là-bas. »
Jaxon pointa le doigt dans cette direction et Sinar hocha la tête.
Elle avait les sens les plus aiguisés du groupe et savait déterminer ce qu’elle percevait à partir de la nature même de l’anomalie.
Devant eux, la forêt était tapissée de feuilles brunes et denses. Ce n’était pas une Forêt Grise. C’était une Forêt Brune.
Mais sa couleur avait quelque chose d’étrange, de troublant.
« Rien de là-dedans n’est comestible. »
dit Ruagarne en gonflant légèrement les joues.
Ils n’étaient même pas encore entrés dans la forêt, mais Enkrid voyait déjà des choses grouiller au sol. Certaines ressemblaient à des vers de terre ; d’autres étaient plus rondes. L’influence de la Terre Maudite avait bouleversé l’écosystème. Même les insectes avaient une apparence anormale.
Un vent de face se leva et charria jusqu’à eux l’odeur qui stagnait dans la forêt. La puanteur de la pourriture les frappa en plein visage.
« J’ai entendu dire que des créatures démoniaques appelées vers parasites s’étaient installées ici. On raconte que même quelqu’un de plus haut rang qu’un chevalier junior peut se faire avoir s’il baisse sa garde… »
Comme pour donner suite aux paroles de Ropord, un épéiste sortit de la lisière. Un côté de son visage était couvert de veines brunes, et seuls le blanc de ses yeux apparaissait.
Ropord rectifia ce qu’il venait de dire.
« On dirait que quelqu’un s’est déjà fait avoir. »
À présent, il ressemblait davantage à une créature démoniaque qu’à un humain. Rem n’hésita pas. Sa hachette était déjà dans les airs avant même que les autres aient cligné des yeux.
La hachette fendit le vent, comme si elle venait de se téléporter, et allait s’enfoncer dans le crâne de l’épéiste d’un instant à l’autre.
Clang !
L’épéiste inclina son espadon et para la hachette. Enkrid avait suivi tout l’échange des yeux et prit la parole.
« Ne le tue pas. »
« Pourquoi ? »
Rem se retourna pour poser la question. Quoi que fût la chose qui se tenait devant eux, il était évident qu’il ne la jugeait pas vraiment dangereuse pour lui.
« Je connais ce visage. »
dit Enkrid.
Il avait raison. Il s’appelait Romen. Son rang : chevalier junior.
Romen, chevalier junior qui aurait dû se trouver dans la Cité d’Aoara, se tenait là, les yeux révulsés.
« Et si je lui coupais les jambes ? »
demanda Rem.
« Non. Contente-toi de l’immobiliser. »
Vu de l’extérieur, cela semblait probablement bien difficile.
Romen avait été chevalier junior. Il brandit son espadon ; sous la pression, l’air lui-même se déforma et éclata dans un grondement sourd.
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