Chapitre 740
TRADUCTIONS WE TRIED
Traducteur : Hydrogen B
Éditeur : Abstract
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UN CHEVALIER QUI RÉGRESSE ÉTERNELLEMENT
Chapitre 740 : Une vie que l’on tient entre ses propres mains a tant de prix
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Au Village caché, il n’existait pas de propriété privée. Tout était mis en commun et appartenait à tous.
Et comme personne ne savait jamais ce qui pouvait arriver, on avait accumulé quantité de réserves, à la manière d’un écureuil qui enterre ses glands pour plus tard. Les cachettes aménagées sous les racines des arbres, ou fermées par des planches et recouvertes de terre, s’ouvrirent enfin.
« Même en été, il y fait frais. C’est parfait pour conserver les choses. »
On avait creusé ces trous dans des endroits ombragés où le soleil ne pénétrait jamais. Quand on n’avait pas les moyens de s’offrir des outils magiques pour garder les provisions au frais, il fallait faire preuve d’un peu d’ingéniosité.
L’été approchait malgré tout, alors on avait déjà consommé tout ce qui se gâtait facilement. Le repas était moins copieux qu’un festin d’hiver, mais il restait généreux : de la viande fumée, des fruits séchés que personne n’avait jamais vus. Et en quantité.
« On n’aura plus rien à manger après. »
Un villageois marmonna ces mots. Malgré tout ce qui s’était passé, la peur du gaspillage continuait de le ronger.
Ils n’avaient jamais vraiment connu la faim. La chance y était pour moitié, mais, où qu’ils se soient installés, ils avaient toujours trouvé des baies utiles ou des plantes médicinales à cueillir, et ils avaient noué de bonnes relations avec les marchands ambulants de passage. Ils chassaient quand ils le pouvaient et, lorsque la nourriture venait à manquer, ils faisaient bouillir de la viande de Bête magique pour la manger. Il suffisait d’en retirer le venin et de ne pas trop se soucier du goût : cela nourrissait assez pour survivre.
« Fais ce qu’on te dit, c’est tout. »
Un homme timide prononça ces mots en guettant les réactions. Harkvent, qui parlait au nom du groupe, pinça les lèvres et s’affaira à remplir la table. Il était plusieurs fois plus actif que d’habitude et, même sans cela, il mangeait déjà davantage depuis quelques semaines. Aujourd’hui, il se resservit encore.
Les enfants furent les premiers à tendre la main vers la table chargée. Les autres suivirent.
Tant pis. Mangeons maintenant, on réfléchira après. Si on mange avant de mourir, au moins on ne partira pas le ventre vide.
C’était sans doute le genre de pensées qui traversaient quelques esprits.
Et, à côté, flottait un sentiment vague et informe : peut-être que tout finirait par s’arranger.
« Vague » était le mot juste, car personne n’aurait su en expliquer la raison. Pourtant, en y regardant de plus près, n’importe qui d’attentif l’aurait comprise : tout venait de l’attitude d’Enkrid. Ceux qui n’étaient pas trop occupés à penser à leur estomac pour remarquer leurs voisins l’auraient senti.
Harkvent enfourna un morceau de longe de porc fumée et le mâcha. Le sel lui piqua la langue ; il but de longues gorgées d’eau.
« Ce que nous avons fait, c’était nous entraîner. »
Pour quoi faire ?
« Pour combattre les Bêtes magiques. »
Quiconque avait encore les idées en place en venait naturellement à la question suivante.
« Est-ce que l’entraînement peut vraiment nous permettre d’affronter des Bêtes magiques ? »
Se serrer les uns contre les autres et piquer avec des lances, ça changerait vraiment quelque chose ?
Certains avaient cessé d’y réfléchir depuis longtemps. D’autres, non.
Harkvent avait dépassé le stade où l’angoisse lui nouait l’estomac, mais il ne se sentait pas pour autant tranquille. C’était plutôt comme se trouver sous un toit de terre mal tassée. S’il tenait, tant mieux ; mais il semblait pouvoir s’effondrer et vous ensevelir vivant d’un instant à l’autre. Pourtant, chaque fois que son regard parcourait la table et s’arrêtait sur Enkrid, qui mâchait tranquillement, une partie de son inquiétude s’évanouissait.
« Quel drôle d’homme. »
Il avait le don d’apaiser les gens autour de lui. Un mot par-ci, un geste par-là, et cette façon toute simple d’être dans chaque instant ordinaire. Voilà ce qui faisait la différence.
L’espoir vague qui flottait dans la pièce avait une source évidente, dès qu’on y prêtait attention : Enkrid était assis parmi les villageois, un enfant à ses côtés, et mâchait quelque chose.
* * *
Enkrid croqua dans un petit fruit, détacha le noyau avec sa langue et le recracha. Celui-ci tomba au sol et roula à sa guise.
Le fruit avait la peau ridée et sa chair moelleuse renfermait un noyau de la taille d’un ongle. Son goût était à la fois acide, sucré et légèrement âpre ; pourtant, il donnait irrésistiblement envie d’en reprendre. Quelqu’un avait fait vieillir ces fruits d’arbre selon une méthode particulière.
« C’est bon, hein ? »
L’enfant assis à côté de lui lui posa la question. Juste à côté de cet enfant se tenait Brunhild, une bosse toute fraîche sur le front, à l’endroit où aurait pu se trouver un troisième œil.
« Ça ressemble un peu à une prune. »
Un garçon au regard vif ajouta cette précision. Quand Brunhild avait essayé de l’intimider et qu’Enkrid l’avait arrêtée d’un seul doigt, ce garçon s’était avancé, avait marmonné « quel idiot », puis avait aussitôt pris son parti.
« Elle est très douée physiquement, mais elle n’a pas envie de se servir de sa tête. Et quand elle a décidé quelque chose, elle est trop têtue pour changer d’avis. C’est le seul défaut du génie qu’est Brunhild. Alors tout ça, c’est un malentendu. »
Il devait avoir treize ou quatorze ans, tout au plus. Petit, avec les bras et les jambes maigres, il n’avait pas l’air de savoir se battre.
« Ton nom ? »
« Eirik. »
Enkrid avait guidé les gens vers les cachettes et anticipé la suite, comme l’aurait fait Kraiss. Pas en cherchant à remporter un affrontement décisif, mais en comprenant ce qui se préparait et en se plaçant en conséquence. On pouvait dire qu’il les avait menés comme Rem et qu’il avait planifié comme Kraiss.
« Dès le début, tu as regroupé ceux qui habitaient déjà près les uns des autres, en les répartissant selon leur taille, puis tu les as fait se former en unités. Le but, c’était qu’ils évitent de mourir facilement. De les faire tenir, pas vrai ? »
Eirik avait percé son intention à jour. Une brise, fraîche pour un jour d’été, passa et souleva les cheveux de l’enfant. Ses cheveux blonds étaient si pâles qu’ils en paraissaient blancs.
Un enfant intéressant. Enkrid mâcha un morceau de viande fumée, trop salé à son goût, qu’il avait glissé dans du pain aux plantes médicinales, puis posa une question.
« La formation circulaire et des lances plutôt que des boucliers ? »
« Puisque le but est de les mettre face aux Bêtes magiques et de gagner du temps, il faut garder ses distances. Il suffit de répartir quelques boucliers dans la formation, entre les mains des plus forts. On pourrait appeler ça le Hérisson apeuré. Si on ne laisse rien s’approcher, personne ne meurt. Mais s’ils ne tiennent pas, ils mourront tous de toute façon. »
« Un arc ou une fronde ne seraient pas plus efficaces pour garder ses distances ? »
« Non. Quand on recharge, il y a un moment où l’on ne peut pas tirer. Si des pierres et des flèches suffisaient à les faire fuir, la situation ne serait pas aussi dangereuse. »
Il avait dans les yeux la même lueur ardente qu’Enkrid avait remarquée chez Brunhild. Le regard de l’enfant, d’un ton clair, soutint le sien : deux lacs pâles baignés par le soleil de midi.
Les yeux d’Enkrid étaient d’un bleu profond. Ceux-là étaient plus clairs.
Avant qu’il ait pu répondre, l’enfant demanda :
« Est-ce que je me trompe ? »
Jusqu’ici, il n’avait pas attiré l’attention, ni parmi ceux que Brunhild dirigeait, ni parmi les adultes qui s’entraînaient. Il était passé inaperçu.
« Tu as raison. »
« Tant mieux. »
Il avait posé la question avec assurance, puis s’était dit soulagé.
Non, attends.
Il connaissait cette impression pour avoir passé de longues années auprès de Kraiss. Cet enfant avait réellement douté de son propre raisonnement. Il avait vraiment hésité.
« Il y avait aussi de la peur. »
La crainte des intentions d’un étranger.
« C’était une vérification. Une manière de s’assurer. »
Brunhild qui s’était avancée, et l’enfant qui l’avait défendue : tout cela faisait partie du même processus.
Cela lui rappelait ce qu’avait dû être Kraiss enfant. Un esprit qui fonctionnait autrement que celui de la plupart des gens.
Le talent n’a rien de juste. Il fait pencher la balance sans demander la permission à qui que ce soit. C’est pour ça que des accidents comme celui-ci se produisent.
Le don de Brunhild s’exprimait dans son corps ; celui de cet enfant, dans son esprit.
« Mémorise la forme de la formation. Si elle se disloque, tout le monde mourra. »
Toute cette stratégie, qui consistait à tenir les bêtes à distance dès le départ, reposait sur une seule idée : si elles s’approchent, tout est déjà fini.
« Et après ? »
Aussi intelligent fût-il, l’enfant ne pouvait imaginer ce qui dépassait les limites du monde qu’il connaissait. Eirik ne pouvait donc même pas deviner ce qu’Enkrid avait en tête.
« Anticipe et déduis la suite. Réfléchis par toi-même. Détermine ce qu’il faut faire. »
« Si tu comptes nous emmener avec toi… »
L’enfant cherchait à mesurer la bienveillance d’Enkrid. Une telle audace aurait pu agacer quelqu’un d’autre, mais Enkrid n’était pas si mesquin. Il avait regardé Brunhild sans envie. Il regarda Eirik sans malveillance.
Eirik essayait de savoir jusqu’où allait sa bienveillance.
Lui aussi avait calculé ça ?
« Non, pas cette fois. »
À partir de là, ses paroles tenaient davantage du coup de dés. Il les prononçait en risquant sa vie, pour le bien du village.
« Ça ne marchera pas. Nous sommes venus jusqu’ici parce que nous préférons mourir tous ensemble plutôt que de vivre sous la coupe de quelqu’un d’autre. Nous ne pouvons pas abandonner ce que nous avons bâti. »
Mieux valait mourir que de retourner vivre comme des esclaves dans une ville.
Voilà la volonté qui se cachait derrière ces mots.
Une fondation. Un point d’ancrage. Un foyer. Différents mots pour désigner la même chose, et cet endroit leur appartenait.
Sans le vouloir, Enkrid se rappela les mots qu’il avait entendus avant de quitter la Maison Zaun.
« Je suis désolé. J’aimerais partir avec toi, mais ma place est ici. Ça, au moins, je le sais. »
« Si tu me demandes de te suivre comme esclave, je te suivrai. Mais si tu me demandes de vivre comme Riley Zaun, je ne quitterai pas Zaun. »
« Est-ce que je pourrai venir vous voir un jour ? »
Ils avaient retourné la situation et lui avaient demandé de rester avec Zaun. Drôles de gens.
Il comprenait l’inquiétude de l’enfant. Il avait aussi remarqué que Harkvent lui jetait de temps à autre un coup d’œil. Ni l’un ni l’autre ne le faisait par admiration.
Craignaient-ils qu’on les déracine ? Que voulaient-ils vraiment ?
Les questions continuaient de tourner dans sa tête, mais s’il avait suffi d’une phrase pour rassurer tout le monde, il aurait réuni tout le village dès le début et prononcé un discours. Ce n’était pas le cas, alors il s’en abstint. Même si cela avait marché, ça n’aurait pas eu grande importance et n’aurait fait que leur faire perdre du temps.
Enkrid tendit la main et ébouriffa les cheveux de l’enfant.
« Tu as quel âge ? »
« Dix-sept ans. »
« … Dix-sept ans ? »
« Oui. Je suis petit pour mon âge, pas vrai ? C’est de là que vient mon complexe d’infériorité. Depuis tout petit, je suis faible physiquement. Je n’ai aucune force. »
« Tu as quand même l’esprit vif. »
C’était Brunhild qui avait ajouté cela.
« Évidemment. Tu devrais l’écouter davantage. »
« Je l’écoute. Vraiment. »
Brunhild n’était pas complètement dépourvue de bon sens. Au vu de la situation, l’étranger qui lui avait appris à manier la lance n’agissait pas avec de mauvaises intentions.
La nuit de festin passa. Dans un coin de leur cœur, la peur et l’angoisse de certains continuaient de se tordre, mais leur forme avait un peu changé.
« Des Bêtes magiques ! »
Avant même que les deux lunes ne se soient couchées, dans l’obscurité qui précédait l’aube, une meute composée de Bêtes-chiens sauvages et de Bêtes-loups déferla sur le village. Elles étaient plus de cinquante. Elles contournèrent les pièges disposés à l’entrée et surgirent de la forêt, les yeux rouges luisants, leurs épaisses pattes avant martelant le sol.
Ceux qui tenaient les lances déglutirent. Avant, la soif de sang qui se dégageait d’une meute pareille et son odeur âcre et sauvage leur auraient coupé les jambes. Plus maintenant.
Depuis deux semaines, ces gens avaient côtoyé quelque chose de plus dangereux que n’importe quelle Bête magique. Enkrid les avait entraînés sans pitié, leur fonçant dans le dos et faisant tournoyer sa lame tout près de leur visage.
« Si vous tombez, je vous coupe où je peux. Tenez bon. »
De l’extérieur, on aurait cru qu’il cherchait simplement à les blesser. Pourtant, tous ceux qu’il avait soumis à ce traitement en étaient ressortis plus aguerris.
Face aux Bêtes magiques, leurs jambes ne tremblaient plus comme avant.
« Allez-y. »
Harkvent observa la meute et cria :
« Ha ! »
Au cri, des groupes de dix se resserrèrent en cercles. Les formations humaines firent face aux Bêtes magiques, les lances pointées vers elles, tandis qu’un cercle de combattants protégeait au centre ceux qui ne pouvaient pas se battre.
Eirik se tenait au milieu et regardait autour de lui.
« Tenez bon. »
L’intention de l’étranger était claire. La raison, elle, ne l’était pas.
« Un pervers ? »
Quelqu’un qui voulait les regarder se débattre et mourir ? Qui voulait les tourmenter avant de leur porter le coup fatal ? Qui comptait achever lui-même les survivants ?
Toutes les pensées les plus sombres lui traversèrent l’esprit, mais les faibles n’ont pas le luxe de choisir. Tout ce qu’ils pouvaient faire, c’était se battre pour rester en vie.
Ce que l’étranger avait développé, ce n’était pas la force individuelle, mais la force du groupe.
« Ce n’est pas adapté aux plus remarquables. C’est adapté aux plus faibles, pour que tout le monde puisse avancer d’un seul mouvement. »
Eirik avait vu juste. Une armée ne tire sa force que de son unité.
« Tournez ! »
« Ha ! »
Ils avaient été poussés à bout et la plupart avaient mal à chaque muscle, mais jamais leur esprit n’avait été aussi clair.
Ouaf !
Quatre Bêtes-chiens sauvages foncèrent sur l’un des cercles.
Ceux qui tenaient les lances savaient exactement comment frapper. Les deux mains sur le manche, ils occupaient l’espace où les bêtes s’apprêtaient à avancer.
Brunhild circulait entre les formations, comme on le lui avait demandé, pour corriger les lacunes de leur technique. C’étaient les ordres d’Enkrid, bien sûr. Ce n’est qu’à ce moment-là que les adultes comprirent enfin qu’elle était née avec un don que les autres enfants n’avaient pas.
La défense, c’était le travail de celui qui se trouvait juste à côté de vous. Les longues lances s’allongeaient pour repousser les bêtes. Elles jaillissaient à gauche et à droite, avec un espacement et un rythme parfaits, devenant les piquants d’un hérisson.
Ouaf ! Ouaf ! Jappe !
La peau des Bêtes magiques était plus tendre que celle des Créatures démoniaques. À part quelques spécimens hors du commun, elles restaient gérables. Et il ne s’agissait pas de les tuer, mais de tenir bon. Pour cela, c’était suffisant.
« Très bien. »
Enkrid observa depuis un arbre ceux qui tenaient la ligne. Ils ne mourraient plus si facilement.
Dans les airs, le fantôme du Batelier apparut et lança : « Quel malin, celui-là. »
Malin, oui. On pouvait bien qualifier cette tactique d’excellente.
L’Épée de mercenaire du Style de Vallen et sa technique de feinte de défaite. Faire semblant de perdre était un art singulier. On se laissait réellement repousser et, tandis que l’ennemi avançait, un allié le frappait par-derrière. Tenir compte de l’aide des autres : voilà ce qu’était l’Épée de mercenaire du Style de Vallen.
Certains la méprisaient parce qu’ils n’en connaissaient que quelques astuces. Mais quiconque comprenait ce que renfermait véritablement ce style ne pouvait pas le balayer ainsi.
« L’Épée Illusoire ne diffère pas de l’escrime tactique. Il n’y a pas de distinction importante. »
Enkrid avait déjà assimilé l’Épée Illusoire à un haut niveau. Le problème, comme avec tout art de l’épée, c’était qu’il fallait de la force pour la mettre en pratique. Le fer ne sert à rien tant que quelqu’un ne le saisit pas pour le brandir.
Enkrid affina ses sens depuis les branches, au-dessus d’eux.
Quand suffisamment de temps se fut écoulé, il sauta à terre et repoussa les Bêtes magiques, tuant celles qu’il fallait tuer et dispersant les autres.
« Ha… ha… ha… haaa… »
Partout, des respirations haletantes, mais personne n’était mort. Plus précisément, personne n’avait été blessé. Ils avaient tenu bon.
« Reposez-vous aujourd’hui. »
Enkrid prononça ces mots. Ils s’étaient exercés en conditions réelles. Avec lui pour veiller sur eux, cela restait un entraînement. Une véritable bataille suffisait.
« Ouaiiiis ! »
Une acclamation éclata, qu’ils n’auraient jamais poussée s’ils n’avaient survécu qu’en s’en remettant aux autres.
Une vie qu’on arrache de ses propres mains a tant de valeur.
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