Chapitre 741
TRADUCTIONS WE TRIED
Traducteur : Hydrogen B
Révision : Abstract
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LE CHEVALIER QUI RÉGRESSIONNE ÉTERNELLEMENT
Chapitre 741 : Un rêve audacieux et téméraire
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Les Bêtes magiques changeaient sans cesse de tactique et attaquaient encore et encore. Parfois tous les deux jours, puis tous les trois jours.
Quelques Bêtes-renards agiles firent un large détour autour du village et tentèrent de se dissimuler sur le chemin du lac, mais elles ne parvinrent pas à tromper les sens d’Enkrid. Surtout, cette éventualité entrait dans le cadre de ce qu’il avait prévu.
Si les Bêtes magiques ont appris la ruse des humains…
Il lui suffisait d’en tenir compte et de s’y préparer, lui aussi.
« Comment fais-tu pour prévoir tout ça et t’y préparer ? » lui demanda Eirik un jour.
Puisqu’il y était, Enkrid expliqua quelques petites choses à la jeune fille assise devant lui. Elle lui demanda où se trouvait l’est ; il lui indiqua la direction de la mer. Elle l’écouta avec une attention aiguë. Ses oreilles semblaient presque dressées, et elle clignait beaucoup moins des yeux que d’habitude. Elle était tout entière à ce qu’il disait.
« Même si tu n’en as pas besoin tout de suite, mieux vaut avoir au moins quelques rudiments de combat. Ça pourrait devenir tes crocs, ou ton ultime recours pour échapper au danger. »
L’inconnu qui avait fait irruption dans leur vie par hasard n’était pas une personne ordinaire.
Les paroles d’Enkrid s’inspiraient de la façon dont Kraiss voyait les choses.
La toute première chose que Kraiss avait dite après avoir échappé de justesse à un certain incident, c’était justement cela.
« Et si tu peux te faire des abdos qui feront s’attarder le regard des femmes, c’est encore mieux. »
La suite ne méritait pas d’être répétée ; il la passa sous silence.
« Cela dit, tu ne vas pas pouvoir tuer des dizaines de Bêtes magiques pour l’instant. Mais continue quand même à te renforcer. Quand tu entraînes ton corps, ça, aussi, devient plus efficace. »
Il ponctua ses mots en se tapotant la tempe droite de l’index.
Il mêla ses propres réflexions à celles de Kraiss et partagea ce qu’il avait lui-même vécu.
On appelait ça enseigner, transmettre son savoir.
Après avoir organisé la défense contre les attaques des Bêtes magiques, il s’était contenté de leur faire répéter comment tenir une formation. À Brunhild, il enseigna des techniques de combat, des astuces et des méthodes d’entraînement ; avec Eirik, il se contenta surtout de discuter. Pour elle, ces conversations tenaient du manuel secret d’escrime.
« Ce n’est pas que je sache tout et que je me prépare à tout. Je me prépare à tout ce que je peux prévoir. »
Certains auraient pu pencher la tête, perplexes, mais pas Eirik.
« Ah. »
Un bref son de compréhension.
Kraiss était toujours inquiet, et pour apaiser cette inquiétude, il se préparait à tout.
Appliquée à ce village, cette méthode consistait à réduire le périmètre à défendre et à rassembler toutes les ressources disponibles.
En temps normal, il aurait fallu garder les provisions entreposées dans le dépôt, protéger le chemin du lac et se préparer à ce que les Bêtes magiques s’en prennent aux enfants et aux personnes âgées. Pour l’instant, rien de tout cela n’était nécessaire.
Réduire les besoins et se préparer à tout ce qui était à portée.
Voilà ce qu’on pouvait véritablement appeler la tactique de Kraiss.
Enkrid l’avait copiée et mise en pratique. Au lieu de s’en remettre uniquement à son instinct, il prenait activement les devants. Il n’hésitait pas à se servir de sa tête.
Les villageois saisirent donc leurs lances et combattirent les Bêtes magiques.
Enkrid, installé dans un arbre, les observa pointer leurs lances, prêts à risquer leur vie.
« Si la ligne cède ! »
« On meurt ! »
Ils s’encourageaient les uns les autres et inventaient leurs propres cris de guerre, sans qu’Enkrid leur ait rien appris.
« Si ça devient trop dur, ne vous accrochez pas, repliez-vous ! »
La répétition forgeait les réflexes. Si l’un des dix commençait à faiblir, les autres le tiraient vers l’arrière. La formation tenait toujours à neuf. Ceux qui en sortaient étaient pris en charge par ceux qui ne combattaient pas.
Deux villageois doués à l’arc se tenaient eux aussi, bien campés, au centre du cercle.
Ils s’étaient portés volontaires après avoir failli se faire arracher une épaule par une Bête-hibou deux nuits plus tôt.
Une femme aux bras épais ne cessait de jeter des coups d’œil au-dessus d’elle.
Si une chouette avait pu les attaquer, les corbeaux aussi en étaient capables ; elle ne baissait donc pas sa garde sous prétexte qu’il faisait jour.
Sans chercher à prévoir les mouvements des Bêtes magiques, ils faisaient de leur mieux pour défendre leur position et tenir bon. L’enseignement d’Enkrid avait pris forme, il était devenu réalité.
« Pas question de reculer quand ça devient difficile ! Tenez la ligne ! »
Ils avaient même choisi l’un des leurs comme chef d’escouade.
Parfois, une Bête magique tentait de se frayer un passage dans la formation.
« Même pas en rêve. »
Brunhild l’en empêcha.
Son talent inné flamboyait. La pointe de sa lance fendit la lumière du soleil et s’enfonça dans le crâne d’une Bête magique.
Une simple estocade, mais précédée d’un geste incroyablement bref. La Bête-loup qui la reçut n’eut même pas le temps de montrer à quel point ses crocs étaient acérés avant de mourir.
Le pied gauche en pivot, elle tourna la taille et enfonça sa lance dans la peau de la bête.
Plus exactement, au lieu de viser la peau, elle avait d’abord frappé l’intérieur de sa gueule, plus vulnérable.
La lance dépassait de l’arrière du crâne ; l’en retirer était déjà un spectacle en soi.
Brunhild bondit, prit appui des deux pieds près de l’épaule de la bête alors qu’elle était encore en l’air, puis arracha la lance.
Elle compensait son manque de force brute par des mouvements souples et élastiques. Puis, sa lance à la main, elle la planta dans le sol et retomba sur ses pieds. L’ensemble révélait une maîtrise corporelle hors du commun.
Personne n’a besoin d’aide.
Son cœur s’agita.
C’était une pensée qui lui était déjà venue en regardant des gens mourir.
Et s’ils avaient la force de se protéger eux-mêmes avant de demander de l’aide à quelqu’un d’autre ?
Donnez une pièce d’or à un mendiant et, une fois qu’il l’aura dépensée, il retournera mendier.
Mais apprenez-lui à travailler au lieu de lui donner de l’or, et il apprendra à vivre de son labeur plutôt que de tendre la main.
Je partirai, mais la menace des Bêtes magiques, elle, restera.
Le murmure du Batelier, la nuit précédente, résonnait encore clairement à ses oreilles.
« Regarde. Supposons que tu les aides et que tu partes : qu’est-ce qui se passera ensuite ? Ces gens mourront tôt ou tard. Tu peux détourner les yeux et t’en aller ? »
Une tentative de trouver une faille et d’y enfoncer le doigt.
Enkrid ne vacilla pas.
Il ferait ce qu’il pouvait. Pour la suite, chacun ferait son propre choix.
Il leur donnerait de quoi dissuader leurs ennemis, en s’appuyant sur les principes qui régissaient le continent. Le même principe qui guidait la construction des villes-frontières.
Tuer les Bêtes magiques encore et encore, puis, par le sang et la mort, planter des jalons et revendiquer le territoire.
Une revendication obtenue par la force.
Je ne peux pas tuer toutes les Bêtes magiques.
Ces gens avaient déjà réussi à se remettre sur pied. Il ne leur manquait qu’un peu de force dans les bras.
La plupart des villageois ne comprenaient pas ce qu’Enkrid cherchait réellement à faire, mais Harkvent semblait en avoir saisi la moitié, à peu près, et Eirik l’avait compris depuis le début.
Brunhild et quelques autres ne semblaient pas y avoir réfléchi du tout.
Personne n’a besoin d’aide.
Les mêmes mots lui revinrent.
Il avait vu le cadavre brûlé d’un enfant.
Il avait vu le corps d’un mercenaire décapité en tentant de protéger cet enfant.
Au milieu des mourants, Enkrid avait pensé ces mots.
Et le voilà maintenant ici.
« Ha ! »
Il les regarda repousser les Bêtes magiques en poussant un cri aigu.
Aucun d’eux n’était mort.
Tenez bon.
Eirik avait bien compris. Enkrid les avait aidés à tenir bon.
Cela suffisait. Depuis son perchoir dans l’arbre, Enkrid tourna le regard sur le côté.
Ses sens dépassaient ceux de n’importe quel chevalier ordinaire ; il n’avait donc pas manqué le regard chargé de malveillance qui le suivait depuis des jours.
Ça continuera à me surveiller jusqu’à mon départ.
Tout comme Eirik et Brunhild existaient parmi les humains d’ici, il existait aussi des êtres de leur espèce parmi les Bêtes magiques, capables de réfléchir et de combattre. C’était lui qui était à l’origine de tout ça.
Même s’il ne pouvait pas exterminer toutes les Bêtes magiques en une seule fois, Enkrid pouvait se débarrasser sans trop de mal des quelques individus gênants.
La meute de Bêtes magiques ressemblait à des dizaines de Colonies rassemblées en une seule.
Parmi eux, il devait y avoir des individus clés responsables de chaque Colonie des Centaures. Les tuer réduirait la menace immédiate qui pesait sur le village.
Enkrid quitta sa branche et se propulsa dans les airs. Il bondit d’arbre en arbre comme un écureuil volant, à ceci près qu’il allait deux fois plus vite qu’aucun écureuil volant ne l’aurait pu.
Puis vint un moment où il ne trouva aucun appui convenable et retomba au sol.
Deux Bêtes-panthères tachetées jaillirent de sa gauche et de sa droite.
Elles étaient si furtives qu’il ne les avait pas senties approcher avant l’instant précis où elles passèrent à l’attaque.
La nuque d’Enkrid se hérissa juste avant leur assaut.
Un avertissement de l’instinct.
À l’instant où il le perçut, il déplaça son centre de gravité. Il concentra toute son impulsion vers l’avant dans son pied gauche et le planta au sol pour s’arrêter.
Boum !
La terre, les pierres et les brindilles jaillirent jusqu’à la hauteur de ses yeux sous l’impact.
À travers cette gerbe, les griffes des deux Bêtes-panthères balayèrent l’espace en direction de sa tête et de son flanc.
Se séparer à gauche et à droite ne leur suffisait pas : elles attaquèrent aussi l’une par le haut, l’autre par le bas. Des créatures rusées.
Mais elles n’avaient que ça. Toujours campé sur place, Enkrid tendit sa lame de chaque côté.
Le soleil brûlait, éclatant et massif, au-dessus de lui. La courbe que traça Trois-Fer dans les airs dessina un cercle, comme si un nouvel astre venait de naître dans son dos.
Au lieu de chaleur, ce fut le tranchant de la lame qui se répandit au-dehors comme un rayon de soleil.
Tac.
Le son qui suivit fut discret. Inutile de frapper plus vite que le son.
Il lui suffisait de placer la lame contre la force de leur charge, puis de la faire glisser en la traversant.
Le tranchant de Trois-Fer était assez affûté pour cela.
C’est ce qu’il fit. À droite, il trancha avec le véritable argent. À gauche, il fendit avec le fer le plus dur.
S’arrêter, trancher, repartir. Chaque mouvement tenait dans un seul souffle.
Derrière lui, les deux Bêtes-panthères s’effondrèrent, répandant sur le sol leur sang noir et leurs entrailles.
En repoussant le sol du pied pour continuer sa course, il sembla laisser derrière lui une longue traînée.
Il pouvait mener une guerre d’usure, mais cela lui ferait perdre du temps.
Il leur avait dit de tenir bon, mais rien ne garantissait que ceux qu’il avait laissés derrière resteraient éternellement à l’abri.
Il avait donc une limite de temps. Était-ce difficile ?
Non.
L’éclatement de ligne ne se faisait pas toujours de la même façon. Il y avait des lignes fines et des lignes épaisses.
Et s’il appliquait à ses Jambes puissantes, la méthode qui consistait à charger ses jambes de Volonté, les astuces apprises pour l’éclatement de ligne ? En procédant ainsi, il sentit son corps s’alléger de façon notable. Les arbres défilaient de part et d’autre. Naturellement, ses réflexes s’adaptaient à sa vitesse de course.
Même lancé à pleine vitesse dans la forêt, aucune branche ne lui fouetta le visage ni ne le piqua.
La course d’Enkrid le mit face à une Bête-renard.
Plutôt que de continuer à courir et de risquer d’être attaqué par-derrière, le renard choisit de s’arrêter pour combattre.
Pas bête. Au moment où il se retrouva face à lui, plus d’une centaine de Bêtes-renards se refermèrent sur lui.
Elles se cachaient dans l’ombre, les yeux brillants, leur présence dissimulée.
Une technique apprise dans la nature.
On disait que les chevaliers qui maîtrisaient l’Assimilation l’avaient apprise en observant les elfes, mais, à voir la technique des Bêtes magiques, il n’en était plus si sûr.
Si les elfes l’avaient apprise en observant les mouvements des animaux sauvages, alors il était tout aussi juste de dire qu’ils l’avaient d’abord apprise des Bêtes magiques.
Une histoire que Valmund Balpier lui avait racontée lui revint à l’esprit.
Les humains.
Ils avaient appris la Pression en observant les Créatures démoniaques.
Et si l’Assimilation avait été apprise en observant les Bêtes magiques ?
Il avait aussi dit qu’à présent, les Créatures démoniaques et les Bêtes magiques apprenaient à leur tour des humains.
Qu’est-ce qui se cache encore dans la Terre Maudite ?
Il se surprit à nouveau à vouloir le découvrir. Les combattants qui s’y trouvaient, et pas de simples fragments de Balrok, mais des Balrok entiers.
Les Bêtes-renards dissimulaient des lames dans leur queue et pouvaient déployer leurs griffes, mais comparé à tout ce qu’il avait traversé ce jour-là, le combat fut facile.
Trois-Fer et Penna entrèrent dans la danse.
Le soleil en guise de lustre, le sang noir des Bêtes magiques en guise de tapis ; à ce bal, les deux épées étaient les seules étoiles.
Trancher, transpercer, fendre, tuer. Puis il retourna au village.
Les villageois le fixèrent, les yeux écarquillés, leurs visages mêlant acclamations, soulagement et incrédulité.
« Apportez de l’eau pour le laver », dit Harkvent en le détaillant.
Il devait offrir un spectacle sinistre, trempé de sang noir de la tête aux pieds.
Pourtant, personne ne le réprimanda.
Les regards qu’Enkrid sentait posés sur lui n’étaient pas tous les mêmes.
Parmi les Bêtes magiques qui s’en prenaient au village, il en restait trois autres, plus dangereuses.
Il ne changea pas de tactique. Il les laisserait tenir bon pendant qu’il tuerait les Bêtes magiques essentielles.
La meute avait de bonnes raisons d’abandonner, mais elle ne battit jamais en retraite.
Il y a quelque chose qu’elles veulent ici.
Facile à deviner, mais il ne s’y attarda pas.
Après deux autres poursuites du même genre, Enkrid tua un ours de petite taille, mais d’une vitesse aveuglante ; puis, au milieu d’une meute de chacals et de chiens sauvages qui se déplaçaient comme un seul corps, il trancha la gorge d’un chien noir.
La dernière était une tigresse dont la peau s’était durcie au-delà de l’acier.
Jusqu’ici, c’était lui qui avait poursuivi ses proies, mais la dernière Bête magique l’attendait, comme si elle était venue à sa rencontre.
Grrr.
« Tu rêvais de devenir le roi des Bêtes ? »
La question lui échappa par instinct. Les Bêtes magiques ne pouvaient répondre dans la langue des humains, mais le grondement sourd qui s’échappa de sa gorge ressemblait à s’y méprendre à un oui.
Voir l’essence d’une chose sans passer par les sensations, l’expérience, les associations, le jugement ou l’inférence : voilà ce qu’on appelait l’intuition.
L’intuition d’Enkrid avait déjà surpassé celle des gens ordinaires et des chevaliers communs.
C’était une réponse forgée par tout ce qu’il avait vécu ce jour-là, des années d’expérience et le savoir acquis en combattant des monstres inhumains et des démons.
Roi des Bêtes.
Il ignorait ce nom. Mais le tigre avait véritablement rêvé de devenir le roi des Bêtes magiques.
Dans la Chaîne de montagnes de Pen-Hanil, même une Bête magique ne pouvait se reposer tranquille au sommet de la chaîne alimentaire.
Le tigre, devenu une Bête magique, avait fait un rêve.
S’approprier la chaîne de montagnes, puis parcourir tout le continent en dévorant de la chair humaine le matin et en buvant le sang des elfes le soir.
Grrr.
Des rêves audacieux et téméraires. Et ils auraient pu se réaliser. Si la Bête-tigre s’en était prise à cet endroit, c’était à cause du minerai caché derrière le village.
En avalant ce minerai, elle deviendrait autre chose.
Si l’humain qui se tenait devant elle n’avait pas été là.
Non, si d’autres ne s’étaient pas dressés contre elle auparavant.
Si ce village humain avait survécu aussi longtemps, c’était uniquement parce que quelques Créatures démoniaques avaient attaqué par le front opposé et qu’on s’en était débarrassé.
Enkrid ne sous-estima pas la créature qui lui faisait face.
Elle avait rassemblé en une seule meute des Bêtes magiques de différentes espèces, s’était hissée au sommet de la hiérarchie et avait remodelé le territoire de la chaîne de montagnes.
Tout comme il existait chez les humains et les autres peuples intelligents des êtres qui équivalaient à des chevaliers, des individus d’exception pouvaient aussi naître parmi les Bêtes magiques.
Parmi les Créatures démoniaques aussi, il y avait des êtres hors du commun.
C’était dans la Terre Maudite qu’ils se rassemblaient.
Comme celui qui se tenait devant lui.
Les muscles de l’épaule du tigre se contractèrent. L’œil ne pouvait rien y déceler, mais un sixième sens, au-delà des cinq autres, le perçut.
À l’instant où il sentit le poids du tigre basculer sur ses pattes arrière, la patte avant de celui-ci s’abattit d’en haut.
Accroupi, le tigre était difficile à jauger. Mais une fois dressé, il dépassait en taille l’ours aussi imposant qu’une maison, et pourtant il se déplaçait plus vite que l’ours aux pattes agiles qu’Enkrid avait affronté plus tôt.
Le bruit s’évanouit et l’air s’alourdit sur ses épaules. Il eut l’impression de combattre enfoncé dans un marécage. Le temps semblait s’étirer.
Pour se libérer de ce poids écrasant, il lui fallait une force au-delà des limites humaines, une puissance physique à l’état brut.
Enkrid mobilisa tous ses muscles, y insuffla sa Volonté et abattit Trois-Fer.
Alors que le tigre balançait sa patte avant, il ouvrit la gueule et cracha du feu. Un geste qu’Enkrid n’avait pas prévu.
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