Chapitre 736
WE TRIED TRANSLATIONS
Traducteur : Hydrogen B
Éditeur : Abstract
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UN CHEVALIER QUI RÉGRESSE ÉTERNELLEMENT
Chapitre 736 : Cette personne-là
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Quand on saisissait la hampe à deux mains, largement écartées, et qu’on portait une estocade, quel jeu de jambes fallait-il adopter ?
Brunhild connaissait la réponse sans qu’on ait besoin de la lui demander.
« Pourquoi as-tu déplacé tes pieds ? »
Enkrid le lui demandait chaque fois, et Brunhild plantait la hampe comme une canne avant de se plonger dans ses réflexions.
D’une certaine manière, la scène pouvait sembler un peu ridicule. Une personne qui agitait sa lance comme bon lui semblait, l’autre qui lui demandait pourquoi.
Pouvait-on vraiment appeler ça de l’enseignement ?
Et pourtant, ça marchait.
Elle apprenait à une vitesse incroyable.
Et elle ne montrait pas la moindre paresse. Si c’était ça, le talent, alors oui, elle en avait un, qui s’ajoutait à tous les autres. Le talent de savoir apprécier une chose même quand on était fatigué.
Brunhild ne faisait que manier sa lance, mais ses yeux brillaient à chaque répétition.
« Combien de fois faut-il que je le fasse ? »
« Cent fois par jour. »
Qu’il s’agisse d’estocades simples ou d’exercices à la hampe, elle souriait et acquiesçait sans jamais se plaindre.
Enkrid avait passé la majeure partie de sa vie une épée à la main, mais il avait aussi manié la lance assez souvent. Il s’appliquait donc à lui enseigner les bases qu’il connaissait, les répétant jusqu’à ce qu’elles s’ancrent en elle, et lui transmettait les idées qu’il avait glanées au fil de questions et de réponses.
L’important, c’est la façon dont tu emploies ta force.
Peu importait ce qu’elle tenait dans ses mains. La différence serait négligeable.
Elle peut apprendre les bases toute seule.
Ce qui manquait à cette fille, c’était le tour de main. En somme, Enkrid plaçait sur la route que Brunhild devrait parcourir plus tard des panneaux indicateurs.
Il arracha une branche à un arbre, en retira les brindilles, puis la brandit comme une épée d’entraînement en bois. Brunhild poussa un cri de joie et agita sa lance avec enthousiasme.
Enkrid passa ainsi la moitié de la journée.
Pourtant, il manque encore quelque chose.
Brunhild avait un talent exceptionnel, mais elle sautait sans cesse les étapes intermédiaires. Pour l’instant, ça ne semblait pas poser problème, mais…
Mieux vaut qu’elle comprenne bien les choses avant de passer à la suite.
Il lui faudrait y réfléchir encore un peu. Il n’allait tout de même pas s’asseoir pour rédiger un manuel d’escrime avant de partir.
Il faudrait alors rester six mois dans ce village.
Pas question.
Au départ, il comptait simplement régler le problème qui les menaçait. Aussi féroce qu’elle soit, une Bête magique ne poserait pas de problème : il lui suffirait d’attendre qu’elle se montre.
Il devrait suffire de réduire le nombre de Bêtes magiques.
Maintenant qu’il était chevalier, c’était le genre de chose qu’il valait la peine de faire. Si ces bêtes apparaissaient, il pourrait les traquer pendant deux nuits d’affilée, trancher et transpercer jusqu’à ce qu’elles soient mortes.
Il n’y avait aucun signe de Bêtes magiques pour le moment, mais s’il partait à leur recherche, il finirait bien par trouver quelque chose. Ça ne prendrait pas longtemps.
Enkrid n’était pas un chasseur exceptionnel, mais il n’était pas aveugle non plus.
On pouvait facilement perdre son chemin sur les sentiers de montagne, mais tant qu’il avait un camp de base bien défini et qu’il ne s’en éloignait pas trop, il ne risquait pas de se perdre.
Rien à voir avec Ragna.
Le problème des Bêtes magiques qui tourmentait Harkvent n’avait rien d’insurmontable.
Sans qu’il s’en rende compte, le soleil avait commencé à descendre vers l’horizon. En montagne, les journées étaient courtes. C’était normal, quand on ne vivait pas sur un haut plateau comme celui de la Maison Zaun.
La chaîne de montagnes environnante engloutissait rapidement la lumière du soleil, et les ombres s’allongeaient sur le sol. La silhouette de Brunhild s’étirait, toute fine.
« Hé hé. »
La jeune fille souriait toujours et continuait d’agiter sa lance, tandis que le ciel du soir s’embrasait derrière elle. Cette chaleur se posa sur elle, sur lui, puis caressa tout le village en passant.
Sous un certain angle, cette lumière était douce et pleine de chaleur.
C’était la lumière qui rassemblait tous ceux qui avaient enduré les jours les uns après les autres pour parvenir jusqu’à aujourd’hui.
Au milieu d’elle, des visions surgirent. Les visages de ceux qu’il n’avait pas réussi à sauver, de ceux qui étaient morts, se dessinèrent devant lui avec une netteté parfaite.
Des ombres qui ne s’effaçaient pas, même après avoir revécu tant de lendemains.
Certaines taches étaient impossibles à nettoyer. Certaines cicatrices s’estompaient, mais gardaient leur forme.
Aidez-nous, je vous en prie.
Il avait risqué sa vie pour cette seule supplication, et avait échoué. Enkrid n’avait sauvé personne.
Quelqu’un, n’importe qui, doit nous sauver. Ce n’est pas juste. Ce n’est pas équitable.
On les avait appelés un village de pécheurs. Un père dont on avait enlevé la fille avait tenté de tuer le seigneur, échoué, puis était devenu un fugitif.
D’autres avaient tout perdu parce qu’ils n’avaient pas pu payer les frais d’inscription exigés pour rester en ville.
Dans la lueur orange du coucher de soleil, un enchevêtrement de souvenirs traversa son esprit.
Au fil des jours innombrables, il se l’était imaginé. Si quelqu’un s’était tendu vers eux à ce moment-là, les choses auraient-elles été différentes ?
Cette personne-là.
Il ne sentit pas sa poitrine se gonfler de fierté, mais quelque chose remua à fleur de peau, un léger frémissement parcourant tout son corps.
Au fil d’un temps qu’il ne pouvait même plus compter, Enkrid était devenu la personne qu’il avait toujours imaginée à cet instant-là.
Une femme à la tresse soignée, un tablier noué à la taille, sortit des visions et prit la parole.
« Tu crois que je t’en voudrais ? Sans toi, personne ne serait intervenu. Alors dépose ce fardeau et vis ta vie. Tu en as le droit. Tu en as déjà assez fait. »
Une douleur tendre s’embrasa, devint aiguë, lui transperça le cœur et remonta jusqu’à son visage. Il n’avait aucune raison de se retenir ; Enkrid laissa donc couler ses larmes.
Cela n’avait pas de signification particulière. Il laissait simplement l’émotion le traverser.
« Ha ! »
Juste à côté de lui, la jeune fille faisait tournoyer la hampe de sa lance.
Si cette fille grandissait ainsi, elle deviendrait peut-être un jour la personne de quelqu’un d’autre. Cette pensée lui vint.
* * *
Les attaques des Bêtes-chiens sauvages avaient privé Harkvent de sommeil au point que la peau sous ses yeux s’était assombrie. L’angoisse et l’inquiétude le dévoraient.
Si on part en ville dans ces conditions…
Ils devraient s’installer dans les taudis.
Était-ce la bonne décision ?
C’était peut-être mieux que de mourir tous ici.
Quelle était la bonne réponse ?
Harkvent savait qu’il n’existait pas de bonne réponse dans la vie. C’était l’une des choses que lui avaient apprises plus de quarante années d’existence.
Mais est-ce que cette vie-là est vraiment une vie ?
Passer cinquante ans en esclave ?
Ou vivre cinq ans en être humain ?
S’ils défendaient ce village jusqu’à la mort, ils mourraient avec de l’espoir.
Si on descend en ville pour survivre…
Ils vivraient dans le désespoir. Pas mieux que s’ils étaient redevenus esclaves.
Rien que traverser la chaîne de montagnes et en descendre était déjà un exploit hors du commun.
Pourraient-ils en sauver ne serait-ce que la moitié ?
« Urgh. »
La pression qui lui écrasait l’esprit se répandit dans son corps et lui souleva le cœur. Il n’avait rien mangé, alors seul un mince filet de bile lui remonta dans la gorge.
Sa gorge le brûlait. Ses yeux aussi, ainsi que ses oreilles et son nez.
Il avait l’impression d’être un morceau de viande qu’on avait fourré dans un cuiseur vapeur.
« Hff. »
Il expira longuement, reprit ses esprits et releva la tête. Le ciel s’assombrissait.
En le contemplant, il songea à l’étranger. Des cheveux noirs, un visage qu’on n’oubliait pas après l’avoir vu une fois.
L’homme avait tué une Bête magique d’un seul coup. Ce bretteur était-il le sauveur du village ?
Et si ce n’était pas le cas, que voulait-il ? S’il tuait les bêtes avant de leur réclamer quelque chose, leur resterait-il quoi que ce soit à lui donner ?
Et s’il réclame ma fille ?
Devrait-il la lui livrer ? Si sacrifier une personne permettait de sauver tous les autres, serait-ce la bonne chose à faire ?
C’était atroce. Il savait que c’était peut-être ce qu’il fallait faire, et savait aussi qu’il en serait incapable.
Non. Ça n’irait pas jusque-là. Harkvent connaissait l’une des vérités de ce monde. Il fallait gagner son salut par ses propres moyens. Personne ne pouvait sauver quelqu’un à sa place.
« Ne porte pas tout ça tout seul, Harven. »
Un ancien de plus de soixante ans s’approcha et prit la parole. Il avait le dos voûté et les yeux voilés par la cataracte.
« Chacun fera ses propres choix et vivra avec. N’avons-nous pas tous vécu ainsi jusqu’ici ? »
« … Je sais. »
« Si ce bretteur nous demande quelque chose de déraisonnable, nous nous battrons jusqu’à ce qu’il n’en reste plus qu’un debout. »
Le vieil homme avait compris ce qui le préoccupait et avait trouvé les mots pour le dire.
« Il faut d’abord s’occuper des bêtes. »
C’était l’ordre des choses. Après la disparition du soleil, le ciel nocturne était d’un noir absolu. Comme si les deux lunes et les étoiles éparses ne supportaient pas cette noirceur, elles rivalisaient pour briller plus fort qu’elle.
Harkvent n’avait plus la place en lui pour apprécier la beauté, et cette lumière n’atteignait donc pas ses yeux.
Son esprit était tout entier occupé par l’angoisse d’une crise survenue trop tôt.
Puis il entendit un bruit qui frappait cette angoisse comme une cloche. Naturellement, le son n’avait rien de clair ni d’agréable.
Boum. Craac.
Le village de Harkvent se trouvait dans un petit bassin entouré d’arbres anciens. Vu d’en haut, il aurait ressemblé à un cercle bien net, habilement dissimulé dans les montagnes, où les habitations étaient regroupées les unes près des autres.
L’un de ces arbres anciens, une barrière naturelle que le ciel lui-même avait dressée autour d’eux, se brisa dans un fracas de tonnerre.
« Un ours ! »
Quelqu’un cria. Harkvent reconnut la voix de Jeri. Elle avait l’œil et l’oreille, savait fabriquer des arcs et des flèches, et c’était une amie fiable.
Les Bêtes magiques s’étaient comportées étrangement ces derniers temps ; plusieurs pièges avaient donc été posés aux abords du village et quelqu’un montait la garde. Harkvent n’était pas le seul à perdre le sommeil à cause de ça, et Jeri faisait partie de ceux qui veillaient.
Harkvent saisit la lance qu’il avait appuyée contre la paroi de sa demeure semi-enterrée et se rua dehors.
« Si c’est une Bête ours, tu vas te faire tuer ! Tout le monde doit se cacher ! »
L’ancien poussa un cri qui ne convenait pas du tout à son âge.
Se cacher ne résoudrait rien.
Harkvent le savait au fond de lui.
Il courut à perdre haleine jusqu’à la source du bruit, et ce qu’il vit le cloua sur place.
La créature se tenait sur deux jambes, et sa présence écrasante n’avait rien de comparable à celle d’aucune autre. On disait que certaines étaient aussi grosses qu’une maison ; celle-ci faisait véritablement trois fois la taille d’un homme.
Et son corps gigantesque projetait du sang noir dans toutes les directions.
Plus exactement, il voyait une Bête magique dont le cou était à moitié tranché, mais qui continuait de balancer ses griffes.
Devant elle, un homme arrêtait ces griffes à mains nues.
Devait-il se frotter les yeux ? Était-ce vraiment ce qu’il voyait ?
Après tout, une telle question était parfaitement compréhensible.
Harkvent n’avait jamais vu de chevalier. À vrai dire, il était courant de passer toute une vie sans en voir un seul.
Alors que l’équilibre du continent évoluait et que des groupes dotés d’une force cachée commençaient à sortir de l’ombre, ceux qui se trouvaient sur les champs de bataille avaient commencé à sentir la présence des chevaliers jusque dans leurs os. Mais le Village caché était à l’écart de tout cela. La plupart de ses habitants ignoraient ce qui se passait sur le continent.
Ce qu’il avait sous les yeux dépassait donc l’imagination.
La vitesse avec laquelle le chevalier avait abattu les Bêtes-chiens sauvages l’avait déjà stupéfié. Et pourtant, ce spectacle dépassait même cela.
Les Bêtes-chiens sauvages étaient des ennemies qu’ils pouvaient affronter, tant bien que mal, en y mettant des efforts.
Mais une Bête ours ? Et de la taille d’une maison ?
* * *
Avant que quiconque ne crie « ours ». Avant même que l’arbre ne tombe.
Enkrid se réveilla, mû par un instinct sinistre, se redressa d’un coup et descendit du lit sans bruit. En dehors de ses vêtements, il n’avait qu’une paire de gantelets en tissu à enfiler.
Il n’eut pas le temps de les mettre et sortit avec pour seule arme Trois-Fer.
Il écarta d’une tape la peau de Bête magique tendue devant l’entrée, qui s’ouvrit dans un claquement. Dehors, une vague odeur fétide le frappa.
S’il y avait une odeur, il était facile d’en trouver la provenance. Il aiguisa ses sens et perçut le craquement de branches qui se brisaient.
Quelque chose de massif avançait et se rapprochait.
Sa présence était indéniable. Enkrid était déjà en mouvement quand un choc retentit et qu’un homme, qui avait aperçu la créature à la lumière de la lune, cria que c’était un ours.
Un corps massif qui surgissait des ténèbres absolues aurait fait flageoler les jambes de n’importe qui.
De n’importe qui d’ordinaire.
Enkrid se précipita et attrapa par la nuque l’homme qui s’était figé en plein cri.
L’homme s’était complètement immobilisé dès qu’il avait crié.
Un prédateur restait un prédateur, et un prédateur devenu Bête magique pouvait paralyser quelqu’un d’un simple regard.
C’était aussi le principe de base de la Pression dont se servaient les Créatures démoniaques.
La peur de la proie immobilisait son propre corps.
Le début du Refus.
La pensée lui vint tandis qu’il courait. Il n’y avait rien de mal à laisser son esprit divaguer ainsi. Il s’était précipité, mais, une fois arrivé et la situation comprise, il avait le temps de respirer.
Et s’il avait eu le temps de respirer, c’était parce qu’il était arrivé assez vite.
Enkrid tira l’homme en arrière par la peau du cou et le jeta au loin. Les pieds de celui-ci quittèrent le sol.
« Euh… Quoi… Euh… »
L’homme n’arrivait même pas à crier correctement. Il touchait à peine le sol que la Bête ours réduisait la distance et lacérait l’air de ses griffes.
Indépendamment de sa taille, elle était incroyablement rapide. Elle visait l’homme, mais elle se réorienta vers Enkrid dès qu’elle le vit bouger. Elle était donc capable de prendre des décisions.
Enkrid inclina Trois-Fer vers le haut.
La lame de Trois-Fer face à ces griffes avait l’air d’un avant-bras d’enfant opposé à la hache brandie par un géant, mais cet avant-bras repoussa la hache sans effort.
Clang.
Ses griffes sont épaisses.
La lune éclairait suffisamment les environs. Enkrid n’aurait pas dit qu’il y voyait mal. Ce n’était pas tout à fait le jour, mais assez pour distinguer la forme de la Bête magique qui avait surgi des ténèbres.
Il lui manque un œil.
Une vieille cicatrice traversait l’emplacement de son œil, et une touffe de poils en forme de croissant, d’une couleur différente du reste, ornait sa poitrine.
Devenue Bête magique, sa force avait doublé et ses griffes s’étaient durcies jusqu’à être presque aussi résistantes que l’acier.
Quelques autres détails sur la bête lui traversèrent l’esprit, mais il les écarta.
Il était encore en train de s’adapter à l’escrime tactique de Ruagarne ; il avait donc commencé à traiter tout ce qu’il remarquait comme une information. Mais il était tout aussi important d’ignorer ce qui ne servait à rien. Sinon, il finirait submergé.
Alors Enkrid fit justement cela. Il filtra ce dont il n’avait pas besoin.
Il dévia le coup descendant avec le tranchant le plus dur de Trois-Fer, puis enchaîna aussitôt d’un coup à la gorge. La lame traça deux arcs dans l’air : le premier pour dévier, le second pour ouvrir la gorge.
Boum.
Le sang noir gicla au loin et la bête poussa un long rugissement guttural. C’était moins un rugissement qu’un cri chargé de douleur.
Malgré tout, elle tendit l’autre main vers lui.
Voilà une information utile.
Devenue Bête magique, elle avait gagné une vitalité tenace. Les vaisseaux tranchés de son cou s’enchevêtraient déjà et commençaient à se régénérer.
Et elle était assez agressive pour continuer d’attaquer malgré la douleur.
Il arrêta volontairement de son poing nu l’autre main que l’ours balançait. Cela libéra la main qui tenait Trois-Fer.
La Bête ours se battit jusqu’au bout. Gueule grande ouverte, le cou ballant, elle tenta de refermer ses mâchoires sur la tête d’Enkrid.
Une férocité qui allait au-delà de toute compréhension.
Ça m’a surpris.
En un bref instant, Enkrid réfléchit à la situation et activa l’Épée de la Chance, bougeant comme s’il avait même prévu cela.
Trois-Fer traçait une ligne verticale, puis sa trajectoire se courba et la lame transperça la joue de l’ours à l’horizontale, l’arrêtant net.
Tchac. Crac.
La bête mordit Trois-Fer, et Enkrid ramena la main qui l’avait frappée au visage en avançant le pied droit.
En un instant, il adopta une garde de gaucher.
Dans cette position, sa main droite, qui tenait Trois-Fer, se replia tandis que son poing gauche partait vers l’avant.
La tête de la bête, les mâchoires refermées sur la lame, arriva à portée de frappe au moment même où la cheville et la taille d’Enkrid pivotèrent.
Le poing gauche qui s’élançait combinait la technique articulaire des Arts martiaux valériens et le coup unique du Style de l’épée lourde qu’il avait appris en observant Ragna.
Un poing chargé de Volonté frappa le crâne de l’ours.
Crac.
La tête de l’ours éclata et des débris jaillirent sur le côté. Enkrid secoua la main en l’air pour la nettoyer.
Sans son gantelet, on aurait dit que la matière noire s’était glissée sous ses ongles aussi.
Il regarda devant lui. La Bête ours était morte, mais l’odeur fétide continuait de lui piquer le nez.
Dans l’obscurité, deux Bêtes-panthères l’observaient. Elles étaient assez proches pour être rattrapées à pied s’il se mettait à courir.
Son intention bougea, et son corps lui répondit.
Dans un souffle sourd, la terre jaillit des talons d’Enkrid tandis qu’il s’élançait.
Trois-Fer capta la lumière de la lune et traça une longue ligne brillante en fondant sur les deux Bêtes-panthères.
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