Chapitre 718
TRADUCTIONS WE TRIED
Traducteur : Hydrogen B
Éditeur : Abstract
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LE CHEVALIER QUI RÉGRESSE ÉTERNELLEMENT
Chapitre 718 : Talent et garantie
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Le regard de Heskal se posa sur les yeux de Ragna.
Ces yeux qui s’étaient abaissés se relevèrent comme un soleil franchissant l’horizon et se fixèrent droit sur lui. La lumière qui traversait leurs pupilles rouges semblait dissiper les ténèbres alentour.
Des cheveux dorés, des yeux rouges, un visage qui évoquait la femme autrefois considérée comme le plus grand talent à l’épée jamais né et élevé au sein de la lignée Zaun.
« Toi. »
Avant que Heskal ait le temps de prononcer un autre mot, Ragna prit la parole d’un ton si calme qu’il en était presque risible.
« Quand je tiens une épée, le chemin apparaît. Le suivre est facile, c’est ce que je t’avais dit. »
Ragna avait prononcé ces mots lorsqu’il était enfant. Heskal fouilla ses souvenirs et se rappela les avoir entendus le jour où il avait posé les fondations de la Forme de l’Épée correcte pour Ragna. Celui-ci l’avait apprise en une seule journée, puis avait refusé de poursuivre les leçons dès le lendemain matin.
Après cela, Heskal en avait conclu qu’il manquait à Ragna quelque chose d’essentiel.
Ceux qui n’avaient pas la volonté de progresser ne pouvaient survivre au sein de la Maison Zaun.
Ragna Zaun incarnait parfaitement cette règle. À la fin, il était parti.
Une fleur qui ferait étalage de son talent parmi des gens médiocres, brillerait de mille feux, puis se fanerait avant d’avoir atteint ses limites.
Mais que se passe-t-il quand cette fleur se jette dans une vie de dangers et de lutte acharnée ?
La réponse se tenait juste là.
Quand Ragna tenait une épée, le chemin apparaissait devant lui. Pousser un adversaire dans une impasse n’était pas plus difficile que de suivre une route qu’il voyait déjà.
Et cette impasse, c’était précisément là où Heskal s’était retrouvé acculé.
La distance, la position, la posture : tout s’était changé en murs, et ces murs avaient dessiné des chemins. Comme Heskal croyait avoir lui-même ouvert celui qui se dressait devant lui, il l’avait emprunté sans hésiter, et c’était ainsi qu’il s’était retrouvé piégé dans le labyrinthe.
À présent, le choix appartenait à Ragna, pas à Heskal.
Heskal aurait tout aussi bien pu être pris dans une toile dont il ne pouvait se dégager librement.
Ce n’était pas un manque de capacités physiques, et il ne s’était pas laissé piéger par des jeux d’esprit. Il avait vécu assez de combats à mort pour savoir prendre des risques.
L’épée de Ragna était prête à jaillir à tout moment.
Me suis-je trompé sur lui ?
Ragna avait acculé Heskal dans ce coin. Il n’y avait plus de place pour les ruses. Il ne restait qu’à abattre l’épée droit devant soi.
Peu importe où je bouge, je serai entaillé.
Reculer serait le pire choix.
Pas que la situation actuelle soit meilleure.
Parer le coup de front enverrait la lame dissimulée dans l’arme camouflée fendre le vide. Mais il n’y avait plus de place pour ce genre de stratagème.
Il ne restait à Heskal qu’à écraser son adversaire par la force brute. Il devait renoncer à l’Épée Illusoire et l’emporter grâce aux bases, en y mettant toute sa puissance.
Ragna modifia légèrement l’angle de ses orteils. Cela suffit à lui ôter toute possibilité de reprendre son souffle ou de parler.
La suite de pensées que suscita le mot « maladroit » pouvait sembler longue, mais elle fut en réalité aussi brève qu’un coup de lame.
Quand Ragna prononça ces mots, que Heskal lui répondit et qu’ils échangèrent quelques phrases, les pieds de Ragna avaient déjà changé de direction et son espadon raclait le sol. Il s’élança sur la trajectoire qu’il avait choisie. La terre détrempée par la pluie s’ouvrit sans un bruit.
Une large route dégagée. Lisse, sans le moindre caillou, un sol ferme où il faisait bon poser le pied.
Voilà la route qui s’offrait aux yeux de Ragna.
Crac.
L’air se déchira, et la lame de Ragna se trouvait déjà devant le visage de Heskal.
Heskal réagit. Il abattit son épée de toutes ses forces.
Dans ce dernier instant, il choisit la meilleure option qui lui restait. Il insuffla toute sa Volonté dans l’arme camouflée et tenta de briser la lame de son adversaire.
La sienne était une Arme gravée. Celle de Ragna ne l’était pas. Profiter de l’avantage de son arme, briser l’épée adverse, poursuivre son attaque et fendre son adversaire du menton jusqu’au front. C’était le meilleur choix possible.
À cet instant, Heskal vit une faible lueur laiteuse s’élever de la lame de Ragna et, dès qu’il l’aperçut, il sentit sa fin approcher.
Ah.
L’instinct d’un chevalier lui permet de connaître sa propre mort avant qu’elle ne survienne. Plus précisément, sa pensée accélérée lui fait comprendre qu’il est en train de mourir.
À cet instant, il ne lui reste que le choix final. Et ce choix peut définir tout ce pour quoi un chevalier a vécu.
Si l’on veut survivre, on lutte désespérément pour repousser la mort.
Si l’on affronte un ennemi qu’il faut absolument tuer, on peut aller jusqu’au bout de son attaque et tenter de l’emporter avec soi.
Il arrivait, rarement, que certains fassent un choix plus étrange, guidés uniquement par leur volonté et leurs convictions.
L’espadon frappa la lame de Heskal et repoussa son bras. Celui de Ragna poursuivit sa course, traversa la cuisse gauche de Heskal, déchira l’intérieur de son corps et ressortit de l’autre côté. Au moment où Heskal comprit qu’il allait mourir, il tordit son corps de toutes ses dernières forces. Dans l’ordre des événements, cela se produisit juste après que l’espadon eut frappé sa lame. Il détourna entièrement vers ce mouvement de torsion l’énergie qu’il avait accumulée pour un ultime coup désespéré.
Autrement dit, il bougea avant que son corps ne soit fendu en deux.
Pas le cœur.
Crac-crac-crac-crac !
Ffff-Boum.
L’épée avait bougé si vite que le bruit retentit en retard, frappant l’espace que l’espadon avait déjà traversé.
La chair se déchira et le sang gicla sur le côté.
Heskal ne lâcha jamais son épée, mais son bras fut projeté vers le haut. Il s’effondra en arrière, dans une posture qui donnait étrangement l’impression qu’il tenait toujours son arme et s’arc-boutait contre quelque chose.
Une seule question échappa aux lèvres de Ragna.
« Pourquoi ? »
De la cuisse gauche jusqu’à l’épaule, il n’y avait aucune chance de survivre à une telle blessure. Si Ragna posa cette question, c’était à cause du dernier geste de Heskal.
Il avait clairement eu l’occasion de porter un coup supplémentaire, mais il s’en était détourné.
« Hum ! »
Une quinte de toux lui fit cracher du sang. Bien moins que tout celui qui s’écoulait de son corps.
À ce stade, il saignait tellement que la pluie ne pouvait espérer diluer son sang, et ses organes découvraient le monde extérieur pour la première fois de leur existence.
« Éloigne-toi de moi. »
Heskal rassembla le peu de Volonté qui lui restait, força l’air à entrer dans ses poumons et prononça ces mots. Le corps de Ragna obéit par réflexe.
Ils se tenaient juste à côté d’une unité de réserve de Créatures démoniaques.
Des centaines de Créatures démoniaques s’étaient rassemblées là, à observer le combat ou à attendre une ouverture — difficile de savoir lequel. Ragna ramena son espadon et bondit en arrière.
Plus de vingt pas les séparaient. Un espace bien net. Un instant plus tard, quand Ragna jeta un regard derrière lui, il vit le corps de Heskal exploser.
Boum.
Le bruit n’était pas particulièrement fort.
Pourtant, ce qui suivit eut un effet immense sur tout ce qui se trouvait à proximité.
Ssssss !
Les Scalers poussèrent des cris.
À la mort de Heskal, des gouttes de sang jaillirent de son corps, au centre, et se dispersèrent dans toutes les directions. Toutes les Créatures démoniaques touchées par le sang roulèrent des yeux et moururent.
On aurait dit qu’il avait emmagasiné du poison corrosif dans son corps et l’avait fait exploser au moment de mourir.
Pourquoi il avait laissé à Ragna le temps de se mettre à l’abri restait un mystère.
Mais il pourrait y réfléchir plus tard.
Ragna tourna la tête. Heskal était mort.
Avait-il atteint son objectif ?
Non. Il ne s’était jamais égaré. Heskal avait mal compris la situation.
Quand la destination se dessine clairement au loin, comment pourrait-on perdre son chemin ?
Depuis le début, la cible de Ragna était la Créature démoniaque aux cheveux de serpents. Il ne faisait que marcher vers elle depuis tout à l’heure.
Heskal s’était simplement mis en travers de sa route. Rien n’avait changé. Ragna continua d’avancer.
* * *
Fffff.
Le vent s’était calmé. Pas la pluie.
L’averse emportait les organes et la matière cérébrale des Créatures démoniaques tuées par Enkrid, diluant leur sang noir jusqu’à ce qu’il s’infiltre dans le sol.
Juste après la mort de Fanito, plusieurs Scalers aux capacités inhabituelles avaient tenté un coup audacieux. Ils avaient tendu les mains pour user de télékinésie et, au même instant, lancé leurs griffes comme des flèches.
Les flèches-griffes étaient noires, comme trempées dans l’encre — mais elles n’avaient évidemment pas été plongées dans l’encre pour écrire un poème.
Ils étaient trois à avoir lancé leurs griffes, quatre à six chacun. Toutes étaient pareilles à des serpents venimeux en plein vol.
Propulsées par télékinésie, elles fendaient le vent et la pluie en décrivant des courbes, et se tordaient librement comme des serpents à l’approche.
Enkrid les suivit non pas du regard, mais au bruit, puis fit brusquement pivoter la tête au tout dernier instant. Il fracassa avec Trois-Fer celles qui arrivaient en décalé.
Une griffe qu’il n’avait pas brisée tournoya et revint dans son dos, visant sa nuque.
Dans le bref instant où la griffe changeait de direction, Enkrid se rua en avant et ouvrit la tête des Créatures démoniaques une à une, de haut en bas.
Les griffes restantes perdirent leur force et tombèrent au sol.
D’autres Créatures démoniaques eurent recours à des tours inhabituels.
C’étaient sans aucun doute des Créatures démoniaques d’élite, triées sur le volet.
Celles qui lançaient des griffes et les guidaient par télékinésie. Celles qui faisaient éclater leur propre peau pour projeter des gouttelettes de sang. Enkrid leur trancha le cou et leur fendit la tête à toutes.
Esquiver ou fracasser les flèches-griffes. Quand les gouttes de sang étaient sur le point d’éclater, reculer avant qu’elles ne le fassent.
Les Jambes puissantes accéléraient son allure, et son corps entraîné, à l’équilibre aiguisé, lui permettait de se déplacer dans toutes les directions : en avant, en arrière, à gauche, à droite.
Il suffisait d’aller assez vite pour dérouter l’Acuité visuelle dynamique d’un Scaler télékinésiste, et de bouger assez imprévisiblement pour qu’il ne puisse anticiper ses gestes. La télékinésie ne l’attraperait jamais.
Tandis qu’il tailladait les Créatures démoniaques, des pensées sans rapport lui traversèrent l’esprit.
Compliquées à affronter ? Oui. Mais pas vraiment dangereuses.
Il pensa à Jerix, la goule. C’était bien Jerix ? Ou Jeris ?
Quoi qu’il en soit, la goule qu’il avait rencontrée dans la Cité d’Aoara était elle aussi un individu à part, qui avait survécu assez longtemps pour se faire un nom.
Comparées à elle, celles-ci étaient clairement un cran en dessous.
La goule n’avait pas seulement vécu plus longtemps. Jerix savait se battre.
Face à cette goule, ces Créatures démoniaques étaient bien plus faciles à maîtriser.
Il suffit de neutraliser leurs capacités particulières et c’est fini.
Même si la télékinésie le prenait par surprise, la force brute pouvait le libérer. Il n’avait qu’à éviter les griffes enduites de poison.
À présent, la nature de cette meute de Créatures démoniaques commençait à s’éclaircir. Ou plutôt, pas tant leur nature que leur objectif, qui était assez évident.
Des chimères conçues pour épuiser l’adversaire.
Pas de rares variantes naturelles, mais des créatures façonnées par les recherches personnelles de quelqu’un.
Enkrid se tenait au milieu des cadavres des Créatures démoniaques qu’il avait tuées, passa rapidement ses pensées en revue, puis fit tourner ses bras pour les détendre.
Un chevalier peut en abattre mille, dit-on.
Mais il faut pour cela des conditions réunies. Du temps, absolument, et de l’équipement pour préserver son endurance et éviter de gaspiller sa Volonté pour rien.
Qui donc mourrait gentiment d’un seul coup d’épée ?
Même les capacités surhumaines d’un chevalier restaient limitées par le temps.
Bien sûr, si un chevalier savait gérer son endurance et maîtriser sa Volonté avec une habileté exceptionnelle, il pouvait soutenir un combat pendant une durée extraordinaire.
Mais à partir de là, tout dépend des différences entre les chevaliers.
Certains pouvaient balayer leurs ennemis d’un seul assaut bref, puis se reposer et recommencer. D’autres pouvaient se ménager avec régularité et réduire les rangs ennemis sur la durée.
Quoi qu’il en soit, quand Enkrid fit le point sur son état, il constata qu’il était loin d’être parfait. Il avait comme des grains de sable coincés dans les muscles, par endroits. Il combattait sous la pluie, trempé jusqu’aux sous-vêtements. La bataille faisait toujours rage, et il avait lui-même fourni des efforts considérables.
Il était donc tout naturel que son corps lui paraisse ainsi.
Enkrid ouvrit les yeux lorsqu’il sentit une présence approcher derrière lui. La pluie s’était momentanément calmée. Étant donné que les nuages sombres et lourds dont Alexandra avait parlé étaient toujours aussi épais au-dessus de sa tête, cela ne devait être que temporaire.
Ouvrir les yeux signifiait que la malédiction de la Méduse drainerait sa Volonté, mais un petit moment d’accalmie comme celui-ci valait bien la peine d’en profiter. Sur cette pensée, Enkrid regarda la silhouette qui approchait et dit :
« Tu arrives en retard, Ragna. »
« Tu savais que je viendrais ? »
« J’espérais que tu viendrais. »
À vrai dire, il s’était dit qu’une fois le combat terminé du côté du chef de famille, soit il irait les rejoindre, soit Ragna viendrait à lui.
Tenir sa position et abattre tout ce qui lui tombait dessus ne suffisait pas à le satisfaire, pas alors qu’il restait tant d’ennemis.
Et Ragna faisait partie de ceux qui se mettaient en mouvement juste pour trouver quelqu’un sur qui passer leur colère.
Ragna s’approcha et poursuivit :
« Heskal s’est mis en travers de mon chemin. »
« Il s’est mis en travers de ton chemin ? »
« Je l’ai abattu. »
« C’est donc ça. »
Le chef de famille, Alexandra, Lynox, tous les trois, et Heskal aussi : aucun ne connaissait la véritable puissance de Ragna.
Mais Enkrid en avait une vague idée.
Impossible que Heskal et une poignée de Créatures démoniaques puissent arrêter Ragna.
« Heskal n’était pas un adversaire facile, quand même ? »
« J’ai pris un coup dans l’épaule. »
« Le médicament que Ann t’a donné ? »
« Au moins, elle n’avait pas enduit l’arme de poison. »
Indépendamment de leurs paroles, tous deux s’exprimaient avec un tel détachement que n’importe quel témoin aurait cru assister à la conversation la plus paisible du monde.
Autour d’eux, plusieurs Créatures démoniaques tournaient à distance, observant la situation et prenant position.
Les sens d’Enkrid repérèrent aussi quelques présences nouvelles.
Des gens capables de dissimuler leur corps et leur présence. Il avait entendu dire qu’ils étaient nombreux dans le village des chasseurs.
On lui avait raconté que le village des chasseurs s’était formé autour de ceux qui, venus chercher l’héritage de la Maison Zaun, étaient restés faute de pouvoir s’en détacher. Au fil du temps, ils s’étaient rassemblés.
Chasseurs de primes, mercenaires, gens qui vivaient par l’épée : ils s’étaient réunis pour former le village et survivaient des miettes tombées de la table des Zaun.
On pouvait appeler ça un refuge pour les étrangers incapables de trouver leur place chez les Zaun.
Ce qui rendait la trahison plutôt prévisible.
Cling.
Enkrid rengaina Trois-Fer.
Encore un peu de travail. Allez, Trois-Fer.
À vrai dire, Trois-Fer était si bonne qu’Enkrid se demandait parfois si Aetri ne l’avait pas trompé en la transformant en Arme gravée, tout en prétendant le contraire par crainte qu’Enkrid soit déçu.
La lame d’argent pur semblait capable de tout trancher. Celle du fer le plus dur paraissait pouvoir tout fracasser.
Cette impression que l’épée lui parlait chaque fois qu’il la tenait n’était pas qu’un simple fruit de l’imagination d’Enkrid.
« Allons-y. »
Il le dit d’un ton léger. Le moment aurait été parfait si la pluie s’était arrêtée et si un rayon de l’aube avait percé les nuages, mais naturellement, rien de tel ne se produisit.
La tempête ne se calmerait pas avant au moins trois jours.
Il y aurait des moments où elle ferait rage et d’autres où elle s’apaiserait, mais le déluge qui s’abattait alors n’avait pas fini de sévir.
À ces mots, Ragna comprit que son capitaine visait la même cible que lui.
Son admiration lui échappa avant qu’il puisse la retenir.
« Tu as vu la même chose que moi ? Comme je m’y attendais, Capitaine, tu as un vrai talent de guide. Je te le garantis. »
« … C’est à peu près aussi agréable que d’entendre quelqu’un dire que je lui rappelle Rem. »
« Pardon ? »
Ragna inclina la tête, manifestement incapable de comprendre.
« La ferme et suis-moi. L’heure est venue de montrer ce que savent faire deux épéistes. »
Un témoin aurait pu trouver cela mesquin.
« Quelle différence entre deux épéistes et une petite fille ? »
C’étaient les mots qu’avait prononcés Dmuel, le dieu autoproclamé, et Enkrid ne les avait pas oubliés.
Mais Ragna ne pouvait pas lui reprocher sa mesquinerie. C’était trop évident.
Lui non plus n’avait pas oublié ces paroles. Deux épéistes.
« Allons-y. »
Ragna et Enkrid avancèrent côte à côte. Leur cible, campée quelque part devant eux, était une beauté sans pareille de la Terre Maudite, qui portait ses cheveux d’une façon assez singulière : en serpents.
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