Chapitre 699
TRADUCTIONS WE TRIED
Traducteur : Hydrogen B
Révision : Abstract
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LE CHEVALIER QUI RÉGRESSAIT ÉTERNELLEMENT
Chapitre 699 : L’Épée de la coïncidence
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Les nuages s’amassèrent de nouveau au-dessus de leurs têtes. La faible lumière du soleil qui filtrait jusque-là disparut sans laisser de trace.
La périphérie du village Zaun s’achevait sur une falaise, derrière laquelle se dressait une paroi rocheuse à pic, semblable à un mur.
Par beau temps, le paysage aurait été à couper le souffle. Sous ce ciel sombre et couvert, il semblait arraché à un cauchemar.
Sur ce fond, Enkrid se tenait l’épée à la main, les yeux rivés sur Heskal.
Heskal avait adopté une posture inhabituelle : il tendait devant lui un gantelet muni d’un petit bouclier, tandis que sa main droite tenait l’épée levée derrière, comme s’il la dissimulait.
Ne laisse pas le hasard au hasard.
Pourquoi cette pensée lui était-elle venue ?
Tout était parti d’une question qui lui était apparue en écoutant le Batelier. Celui-ci parlait toujours de ce qui allait arriver.
Le Batelier connaissait-il l’avenir ?
Certaines des choses qu’il lui avait montrées s’étaient réalisées. D’autres non.
Personne ne peut figer l’avenir. Dès qu’on parle de ce qui va arriver, le présent change. C’est le dilemme du prophète.
Si l’on ne dit rien, rien ne peut être prouvé. Si l’on écrit ses prédictions et qu’on ne les lit qu’une fois les événements accomplis, ce n’est pas de la prophétie, mais de l’archivage.
Il suffit d’ouvrir la bouche et de parler pour devenir prophète ? Ceux qui entendent une prophétie connaissent l’avenir et agissent pour l’empêcher. L’avenir change, et la prophétie échoue.
Le Batelier ne pouvait pas non plus échapper à ce dilemme.
Le Batelier ne connaissait pas l’avenir.
Et pourtant, il parlait comme s’il le voyait. Comment faisait-il ?
On met un masque, on cache son visage et l’on peut se faire passer pour quelqu’un d’autre.
Un bal masqué est justement amusant parce que personne ne sait quel visage se cache derrière les masques.
Alors, les invités arrivent vêtus de leurs plus beaux atours. Certains se présentent sous des apparences que personne ne leur aurait imaginées.
Le Batelier ne voyait pas l’avenir. Il portait un masque qui donnait cette impression. Et il en changeait selon les circonstances.
Et s’il se contentait de lire chaque situation et d’adapter ses paroles ?
Il ne laissait alors rien au hasard.
C’était ainsi qu’Enkrid l’interprétait.
Mais, avec une vision étroite, c’était impossible. Il fallait voir plus large.
Pour transformer le hasard en intention, il fallait comprendre ce qui se passait autour de soi.
Cette pensée traça son propre chemin et se rattacha, de façon inattendue, au travail de l’épée qu’il explorait à présent. Les idées s’entremêlaient comme des fils d’araignée, toutes convergeant vers une même conclusion.
Pourquoi avait-il donné à l’épée instinctive la forme d’une contre-attaque ?
Parce que c’était naturel. Il n’y avait pas d’autre voie. Alors il avait fait ainsi.
Mais pourquoi, au juste ?
Il lui fallait une réponse plus claire. Il devait examiner le processus de plus près.
Il se posa la question encore et encore, et en étudia chaque aspect. Il devait en trouver la raison. Un génie y parviendrait sans doute naturellement, sans comprendre pourquoi, mais Enkrid n’était pas un génie.
Il devait donc comprendre chaque étape.
Agir sans comprendre et agir en pleine connaissance de cause, c’était le jour et la nuit. Du moins, pour lui.
La réponse lui vint sans trop de peine. Il y avait réfléchi pendant des jours ; d’une certaine manière, elle était déjà là.
Il devait d’abord accueillir la situation, puis réagir. Voilà pourquoi la forme était toujours celle d’une contre-attaque. C’était la raison.
L’épée du hasard.
C’était son troisième art de l’épée, après Briseur et Éclair.
Comme les fois précédentes.
Une fois le sens, la manière de l’exécuter et la méthode d’entraînement établis, cet art pouvait devenir une technique à part entière.
Était-ce plus facile cette fois, après avoir déjà créé deux arts de l’épée ?
Pas du tout. Créer un art de l’épée, c’était comme ouvrir un monde nouveau.
Et pourtant, la déesse de la Fortune était venue aujourd’hui. N’était-ce alors que de la chance ? Non. Une intention.
Même cette fortune, je la fais mienne.
Voilà ce que signifiait cet art de l’épée. Pour le dire simplement :
Faire croire que toute la chance converge vers moi.
La méthode consistait à tirer parti de tout ce qui arrivait par hasard. Pour s’entraîner, il fallait combattre des centaines, des milliers de fois, accumuler des expériences variées, jusqu’à ce que le corps sache comment réagir en toute situation.
Mais l’expérience suffit-elle vraiment ?
Un léger doute émergea. C’était sans doute là que cet art de l’épée pouvait encore progresser. Mais ce n’était pas à régler sur-le-champ.
Apprendre par l’expérience, Enkrid l’avait déjà fait d’innombrables fois. La méthode d’entraînement était déjà inscrite dans son corps. Il ne lui restait qu’à établir l’exécution et la forme.
Enkrid se servit de l’occasion que lui offrait Heskal pour le faire.
Sans prévenir, Heskal projeta vers l’avant le bouclier de sa main gauche, coupant la ligne de mire d’Enkrid. Au même instant, il donna l’impression que son corps se déplaçait vers la gauche.
L’épée d’Enkrid jaillit par réflexe. La lame de Trois-Fer décrivit un court arc et frappa le bouclier. Le repousser complètement n’était pas chose aisée. Heskal était aussi fort qu’un géant et, en plus de cela, sa technique était exceptionnelle.
Clang !
Au moment où sa lame toucha le bouclier, Enkrid sentit la force s’écouler dans une direction. Le bouclier dévia l’énergie de son coup.
Heskal avait vendu sa feinte, faisant croire qu’il avait esquivé vers la gauche. Il apparut sur la droite.
Projeter le bouclier pour aveugler l’adversaire, feindre un pas à gauche, puis enfoncer son épée par la droite.
Le mouvement était simple. La tactique encore plus. Ce qui la rendait mortelle, c’était la présence d’esprit fulgurante qui avait amené la situation jusque-là, ainsi que la précision technique capable de troubler même les sens d’Enkrid.
Du point de vue d’Heskal, Trois-Fer avait été repoussée vers la gauche ; du point de vue d’Enkrid, vers la droite. Dans les deux cas, le chemin du retour était trop long. Il aurait été difficile de ramener la lame à temps pour parer. C’était, à tous égards, une ouverture.
La lame s’élança. Et Enkrid, comme s’il avait attendu cet instant précis, ramena son épée et frappa du pommeau la pointe de la lame d’Heskal.
Si la lame ne pouvait pas revenir à temps, il n’avait qu’à bloquer avec autre chose.
Crac !
Son coup fut si précis qu’il ne manqua pas sa cible, et l’impact résonna bruyamment.
« Tu cherchais à abîmer ma pointe ? »
Heskal recula en parlant.
Enkrid ouvrit et referma la main, encore engourdie par le choc, puis répondit :
« Le tranchant d’une arme gravée ne s’ébrèche pas si facilement. »
« Tu l’avais prévu ? »
La question fusa sans qu’il reprenne son souffle. Enkrid acquiesça.
Même le hasard, en faire une intention.
Bien sûr, il ne l’avait pas prévu. Il avait été pris au dépourvu.
Alors voilà le croc.
Le croc qu’Heskal avait gardé caché était mortel.
Une épée de tromperie.
Voilà son croc. Il plaçait le calcul et la pression au premier plan, acculait son adversaire, puis le tuait d’un seul geste trompeur.
Le vainqueur vivait. Le perdant mourait. Telle était la réalité de ceux qui portaient une épée. Heskal était fort, il n’y avait aucun doute là-dessus.
Et bien qu’Enkrid ne l’eût pas prévu, l’épée du hasard qu’il venait de révéler était le contre parfait à Heskal.
Heskal se servait de la tromperie pour déceler les ouvertures, tandis que l’épée du hasard transformait même ces ouvertures en intentions.
Mais ce n’était pas à la portée de tout le monde.
Il fallait, au minimum, avoir combattu des milliers de fois. Et cet homme venait d’y parvenir comme si de rien n’était.
Heskal avait l’œil pour ce genre de choses. Il avait compris, dans une certaine mesure, ce qu’Enkrid venait de faire.
C’était la conclusion qu’il en tira.
Seule une accumulation d’expérience colossale pouvait rendre une telle chose possible.
Transformer le hasard en intention, hein ? Facile à dire. Mais sans d’innombrables vrais combats, sans avoir été tailladé et transpercé plus de fois qu’on ne pouvait en compter, c’était impossible.
Peut-être fallait-il passer cent ans à chercher sans relâche des adversaires à sa mesure et à les combattre.
« Un talent remarquable », murmura Heskal.
Enkrid laissa pendre son épée, reprit son souffle et plissa les yeux.
Une idée lui avait traversé l’esprit tandis qu’il élaborait son art de l’épée et s’entraînait au combat.
Les pièces s’étaient soudain emboîtées. L’art de l’épée qui le laissait perplexe avait directement rejoint la situation présente, et un nœud s’était défait de lui-même.
Il repassa en revue tout ce qui s’était produit jusque-là.
Il contempla la situation embrouillée, puis la regarda une fois démêlée. Rien de compliqué. Parfois, prendre du recul permettait d’y voir plus clair.
Et si c’était une intention déguisée en hasard ?
Une hypothèse devint envisageable.
Et si la cible n’avait pas été Ann dès le départ ?
Pourquoi s’en prendre à Ann ? Pourquoi gagner du temps ? Ann représentait-elle une menace ? Comment savaient-ils qui elle était et pourquoi avaient-ils choisi de la viser ?
Et si celui qui avait gagné du temps et celui qui s’en était pris à Ann étaient deux personnes différentes ?
Toutes les questions n’avaient pas de réponse.
Mais certaines semblaient toucher au but.
Ils avaient croisé Ann par hasard. Mais ils avaient reconnu son visage et décidé qu’elle les gênait. Ils avaient donc essayé de la tuer, sans y parvenir.
L’hostilité était manifeste. Mais parler d’acharnement serait exagéré.
Un simple coup de dés, rien de plus.
Voilà la conclusion à laquelle il était arrivé.
« Vous observiez ? »
Au milieu de tout cela, Heskal prit la parole. Pas à l’adresse d’Enkrid.
« Cela faisait longtemps que je n’avais pas vu quelqu’un se concentrer ainsi en maniant une lame. »
Le chef de famille se tenait tranquillement aux côtés d’Anahehra. C’était à lui qu’il s’adressait.
« Je le reconnais. C’était agréable. Enkrid, de la Garde-frontière. »
Heskal échangea quelques mots avec le chef de famille, qui avait observé la scène à l’écart, puis inclina la tête en direction d’Enkrid.
Enkrid avait beaucoup appris de lui. Il lui rendit son salut. Un remerciement.
Il y avait beaucoup à apprendre, ici.
« Et votre santé ? »
Heskal posa de nouveau la question au chef de famille.
« Ne vous inquiétez pas. Je connais mon propre corps. »
Heskal se souciait de l’état du chef de famille, qui conservait son détachement habituel.
Voilà tout. Le chef de famille partit, et Anahehra s’annonça comme la suivante avant de foncer sur Enkrid.
Elle avait le niveau d’un chevalier junior, mais sa seule force égalait celle d’un chevalier à part entière.
Les géants étaient capables de battre à mort des centaines d’humains sans le moindre effort.
Ce n’était pas sans raison qu’on les appelait des Créatures démoniaques au sang rouge. Par nature, leur ardeur combative bouillonnante aurait dû la pousser à semer le trouble sans cesse, à moitié tuer des gens ou pire encore. Mais elle s’était adaptée à Zaun.
Quand il lui demanda pourquoi :
« Parce que c’est amusant. »
Tous les humains n’étaient pas pareils, pas plus que les elfes ou les Grenouilles. Les géants ne faisaient pas exception. C’étaient sa curiosité et son désir de progresser qui lui avaient permis de surmonter l’instinct combatif qui lui coulait dans les veines.
« Je deviendrai chevalier », déclara Anahehra.
« Ce ne sera pas facile », répondit Enkrid, qui lui fit une bosse sur la tête. Il avait frappé avec le plat de la lame. S’il l’avait blessée avec le tranchant d’argent véritable ou le côté en fer le plus dur, la Maison Zaun aurait perdu sa beauté géante.
« C’est justement pour ça que c’est amusant. Je veux mieux me battre. Je veux aussi affronter des adversaires plus forts. »
L’ardeur au combat et la volonté de progresser, réunies.
Il comprit aussi pourquoi elle pouvait parler ainsi. En s’entraînant et en vivant au sein de la Maison Zaun, il avait mieux compris ces gens qu’en apprenant auprès de Grida, Magroon et Odinkar, à la Garde-frontière.
C’était en partie parce qu’ici, personne ne cherchait à dissimuler quoi que ce soit. Et en partie parce qu’Enkrid ouvrait actuellement un nouveau monde, ce qui avait élargi son champ de vision.
La Maison Zaun reposait sur un principe fondamental.
Personne ne se résume à une seule catégorie.
Respecter le caractère de chacun et aider tous à accomplir ce qu’ils désirent. Enseigner, s’entraîner ensemble, partager les méthodes d’entraînement et les techniques.
Un système conçu pour les personnes douées.
Voilà l’escrime que pratiquait Zaun.
Et Enkrid, lui, était en train d’établir un système pour ceux qui n’avaient pas de don.
La voie menait ailleurs.
Dans le cadre du système de Zaun, il pouvait dire qu’il avait appris tout ce qu’il y avait à apprendre. Leurs techniques et leurs méthodes d’entraînement partaient toutes du principe que l’élève était doué.
Voilà l’essentiel.
Dès lors qu’on connaissait l’essentiel, les techniques plus modestes et les approches de l’entraînement découlaient du bon sens.
Cette voie n’est pas la mienne.
Le talent restait bien sûr la norme. Mais…
Ceux qui n’en étaient pas dotés devaient eux aussi pouvoir s’élever.
C’était là que l’escrime devait aller. Enkrid en était convaincu.
Il avait également vaincu Anahehra. Personne ne cria qu’il avait fièrement fait tomber Zaun, mais tous avaient reconnu en silence les capacités d’Enkrid.
Heskal l’avait observé depuis le côté. Il s’approcha et lui demanda :
« Que pensez-vous de Zaun ? »
« C’est bien. »
Heskal était âgé. Sa maîtrise du Volonté dans tout son corps, qui le plaçait au niveau d’un chevalier supérieur, masquait son âge, mais il était bien là.
Sa force physique et ses réflexes avaient dépassé le stade où le déclin s’était amorcé.
Devenir chevalier ne permettait pas d’arrêter le temps.
On vieillissait, même lentement.
Chacun connaissait une saison où il atteignait son apogée.
L’apogée d’un chevalier durait longtemps. Même à un âge avancé, sa force ne faiblissait pas facilement.
Mais elle ne durait pas éternellement.
Heskal semblait plus âgé qu’Enkrid ne l’avait d’abord cru. Pourtant, il allait encore de village en village avec énergie et croquait la vie à pleines dents. Tout le monde disait que c’était un homme prêt à tout pour Zaun.
« C’est vrai. C’est un bon endroit. Mais l’attitude du chef de famille ne vous dérange pas ? »
« Vous voulez dire qu’il s’entraîne rarement directement avec les autres ? »
« Ce n’est pas ça. »
Enkrid ne comprenait pas pourquoi Heskal lui disait cela maintenant.
Ils étaient devenus assez proches pour se parler familièrement, et voilà qu’il commençait par critiquer le chef de famille dans son dos ? Ou y avait-il autre chose ?
« Zaun a un système pour perfectionner les compétences, mais aucun pour résister aux pressions extérieures. C’est au chef de famille de s’en charger, et il ne fait rien. »
« Est-ce vraiment nécessaire ? »
« Vous venez de la Garde-frontière, vous devriez mieux que quiconque le savoir. Êtes-vous resté là-bas uniquement parce que vous le vouliez, et avez-vous stagné simplement parce que vous le pouviez ? Zaun est puissant. Vous savez bien pourquoi Schmidt insiste pour qu’il rejoigne le territoire impérial, non ? »
Ils avaient croisé le fer et discuté. Heskal savait que l’homme en face de lui n’était pas un imbécile.
Ce qu’il disait ressemblait aux propos qu’on avait déjà tenus, autrefois, au royaume de Naurillia.
Juste après la fondation des Chevaliers fous.
La Garde-frontière était devenue trop puissante, prétendait-on. Il fallait disperser les Chevaliers fous ou les envoyer au front.
Certains avaient voulu les intégrer au royaume en en faisant un ordre royal, à l’image des Chevaliers à la Cape Rouge.
Enkrid l’avait appris plus tard.
Chaque fois que le sujet revenait sur la table, Crang y coupait court aussitôt.
« Quelqu’un a-t-il essuyé la sueur du front de sir Enkrid pendant qu’il s’entraînait ? Alors comment pouvez-vous exiger qu’il prête allégeance à la couronne ? »
Voilà ce qu’il aurait dit aux nobles, selon les récits.
À l’époque, certains aristocrates estimaient que les Chevaliers fous n’étaient pas encore assez fous.
Bien sûr, tous ceux qui les affrontaient directement ne tardaient pas à changer d’avis.
Quoi qu’il en soit, le propos d’Heskal était clair.
« Zaun doit changer. Il doit changer d’une manière ou d’une autre avant qu’une vague plus grande ne déferle. Quand la pluie menace, vous n’attendez pas qu’elle tombe pour chercher un abri, n’est-ce pas ? »
Tout le monde n’était pas exactement du même avis qu’Heskal.
« Zaun a de la force. Oui, de la force. Alors, bâtissons un système de défense indépendant. Mieux encore s’il adopte une approche un peu agressive. Faisons venir des personnes douées de l’extérieur, voilà ce que je veux dire. L’Empire nous a vus accueillir des enfants talentueux pour les former, puis a repris cette pratique. Alors pourquoi ne pas nous inspirer de l’Empire à notre tour ? Il attire les gens doués de tout le continent et ne ménage aucun effort pour entraîner ses armées. Nous devrions nous montrer plus entreprenants, nous aussi. »
C’était l’avis de Lynox. Ses propos manquaient un peu d’ordre, mais c’était parce qu’il avait vécu avec l’épée avant les mots.
Heskal s’exprimait mieux, sans l’ombre d’un doute.
Le chef de famille avait écouté leurs deux avis et n’avait rien dit, comme toujours. Il s’était contenté d’un discret hochement de tête.
Impossible de savoir ce qu’il pensait.
Alexandra, qui observait les deux hommes, s’était contentée de dire :
« Tous deux aiment Zaun. Moi aussi. »
Enkrid leva les yeux vers le ciel, lourd de nuages sombres. En le contemplant, il trouva qu’il s’accordait étrangement bien à la situation qui régnait autour de lui.
« On dirait qu’un orage approche. »
Comme Alexandra l’avait dit autrefois.
Le calme qui précédait la tempête semblait s’être installé sur Zaun.
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