Chapitre 694
TRADUCTIONS WE TRIED
Traducteur : Hydrogen B
Éditeur : Abstract
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LE CHEVALIER QUI RÉGRESSE ÉTERNELLEMENT
Chapitre 694 : Réagis !
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L’homme aux six épées observa Enkrid sourire tout au long du combat et acquiesça intérieurement.
Un tempérament remarquable.
S’avancer ainsi vers quelqu’un en affichant un grand sourire. Même chez Odinkar ou les autres enfants Zaun, on voyait rarement une telle joie face à la Pression du chef de famille.
Rare, inhabituel, frappant, mais pas inconnu chez les Zaun. Voilà ce qu’il s’était dit : bon, c’est à peu près tout ce que ça vaut.
« Encore une ? »
Les mots qu’Enkrid avait crachés dès sa défaite étaient d’une tout autre nature. Le sentiment qu’ils renfermaient lui transperça le cœur.
Le porteur des six épées ignorait précisément qui était cet homme, mais il se surprit à vouloir que le chef de famille accède à sa demande.
Regardez-moi cette détermination derrière ces yeux bleus, sous cette chevelure noire.
Chef de famille, n’est-ce pas ce que vous répétiez chaque jour ?
Et ne venait-il pas de le dire lui-même, quelques instants plus tôt ? L’urgence que l’on ressent maintenant arrive toujours trop tard ; seul l’effort déjà fourni permet de répondre à l’urgence du présent.
Et pourtant, cet homme aux cheveux noirs déversait encore cette détermination désespérée, même après qu’on lui eut dit qu’il était excellent.
Continue à manier ton épée. Ce n’est pas fini. Reste encore un peu avec moi.
C’était ce que criaient toutes ses émotions.
Accepter sa défaite avec dignité était excellent, tout comme trouver de la joie dans l’art de l’épée.
Mais rien de tout cela ne valait cette urgence.
C’était l’un des préceptes de la famille Zaun. Et aussi le credo du chef de famille.
Ragna avait été envoyé à travers le monde parce qu’un génie qui perdait son urgence n’en était plus un. Et l’homme qui était revenu avec lui, la scène à laquelle il venait d’assister, avait fait vibrer quelque chose en lui. Profondément. Chaleureusement.
« …Un tempérament peu commun. »
La famille Zaun accordait une grande importance au tempérament. C’était le blond d’âge mûr à ses côtés qui venait de parler.
L’homme aux six épées ne tourna même pas la tête.
« Peu commun ? C’est un tempérament précieux. Affine ton regard, Heskal. »
Une vie passée à tenir une épée lui avait donné de l’instinct, et celui-ci percevait quelque chose de particulier chez cet homme. Peut-être était-ce parce que sa spécialité à lui relevait du concept de vague, mais c’était bien ce qu’il ressentait.
Le blond à ses côtés semblait moins ému. La surprise se lisait dans ses yeux, mais son attitude restait plutôt impassible.
« Je le dirai toujours : je n’aime pas que tu me fasses la leçon sur le discernement. »
Heskal répliqua, mais l’homme aux six épées ne répondit pas.
Tout cela avait-il la moindre importance, à cet instant ? Pas du tout.
D’autres regards les observaient. Ann était de ceux-là, et elle aussi avait senti sa poitrine se serrer devant le désespoir d’Enkrid. Son regard avait été capté, et elle s’était surprise à vouloir voir se relever l’homme qui avait tué son maître.
Naturellement, ses yeux se tournèrent vers celui qui allait répondre à Enkrid.
Elle crut apercevoir une mince volute de fumée sombre se dissiper au coin des lèvres du chef de famille. Ce fut si bref qu’elle aurait presque pu croire à un effet de son imagination ; l’instant d’après, tout avait disparu.
Trop stupéfaite pour le remarquer jusque-là, elle sentit aussi une odeur que seul un alchimiste habitué depuis des années aux drogues et aux plantes médicinales aurait pu déceler.
Ann s’arracha à l’émotion qu’Enkrid avait fait naître en elle. Son instinct d’alchimiste, allié à ce qu’elle cherchait, lui rendit ses esprits.
Ah.
Ann comprit quelque chose et s’apprêtait à parler, mais l’épouse du chef de famille fut plus rapide.
« Je prends la relève. »
Elle s’avança sans attendre l’autorisation du chef de famille, et personne ne s’y opposa.
Quiconque s’y connaissait savait qu’Alexandra était aussi douée que le chef de famille.
Même Enkrid, toujours à genoux devant eux, les yeux brûlants, le sentit à sa prestance et à son élan.
Certains ici le savaient, d’autres non, mais Schmidt, le Recruteur de talents impérial, avait appris l’escrime auprès d’Alexandra.
L’escrime de Schmidt privilégiait la vitesse. Rien d’étonnant : même avant de porter le nom Zaun, sa lame était rapide.
À l’époque où celui qu’on appelait le Chevalier de la Bourrasque s’était bâti une réputation en parcourant le continent à pied et en le tailladant sur son passage, Alexandra avait eu un surnom similaire.
Blitzkling, dans la langue du continent : Lame de foudre.
Ses Armes gravées étaient deux épées dont les lames dépassaient légèrement la longueur d’une Épée courte. Sous ce ciel étrangement sombre, une lueur froide semblait n’envelopper que leurs lames.
L’épée du chef de famille est lourde.
Celle de son épouse est rapide.
Il était sans doute naturel que Ragna, qui avait observé depuis l’enfance les épées de son père et de sa mère, manie une arme à la fois lourde et rapide.
Elle acheva sa phrase et sembla laisser à Enkrid le temps de reprendre son souffle. Puis, avant qu’il ait compris ce qui se passait, l’une des deux épées d’Alexandra devint une pointe dirigée vers l’espace entre ses yeux.
Fiiiiiiiou…
Un bruit semblable à un éclair qui fendait l’air poursuivit l’épée transformée en pointe. Enkrid mobilisa toutes ses forces et inclina la tête sur le côté.
Flic !
La lame lui effleura la joue et une goutte de sang s’envola. Avant qu’elle n’atteigne le sol, au moins quinze échanges avaient déjà eu lieu entre eux.
Tatatatatang !
Enkrid était déjà debout, l’épée tendue devant lui, dans une posture où la lame semblait dissimuler son corps.
Alexandra recula de quatre pas et demi, puis se plaça face à lui, une épée dans chaque main.
Grondement, grondement, grondement.
Des nuages sombres s’amassaient très haut dans le ciel, et le tonnerre grondait. La pluie menaçait de tomber à verse.
Goutte.
La coupure sur sa joue devait être assez profonde, car le sang ruisselait le long de son visage et s’accumulait au bout de son menton.
« Je vais en finir avant la pluie. »
Alexandra avait parlé.
« Ah bon ? »
Enkrid expira brièvement avant de répondre. Comment ai-je paré cette dernière entaille ? se demanda-t-il, cherchant une réponse. Il n’en trouva aucune.
La chance, peut-être ?
Alexandra reprit la parole, comme si elle lui laissait le temps de reprendre son souffle.
« Un temps étrange. Les orages éclatent parfois dans le coin, mais celui-ci dépasse tout ce que j’ai vu. Quel que soit le dieu qui s’amuse, ce n’est pas le Dieu de la Guerre. Le Dieu de la Guerre ne s’intéresserait à rien d’autre qu’à trancher. »
« Ah bon ? »
Le coin des lèvres d’Alexandra se releva.
« Regarde-moi celui-là. Tu n’écoutes pas un mot de ce que je dis ? »
Personne n’était parfait. Ragna connaissait le défaut de sa mère. Elle était généralement douce, mais dès que quelqu’un franchissait une certaine limite, elle cessait de parler avec autant de formalité. C’était un signe avant-coureur.
* * *
Qu’est-ce que c’est ?
Enkrid se concentra sur cette sensation : quelque chose en lui était presque à portée, presque saisissable.
Comme lorsqu’on aperçoit un mirage dans le désert et qu’on se dit qu’en se concentrant assez, on pourrait vraiment l’attraper. C’était pour cela que son urgence lui avait échappé sans qu’il s’en rende compte.
Le désir qu’il gardait d’ordinaire enfoui au plus profond de lui avait refait surface. Au-delà de l’exaltation, une envie bouillonnait en lui : celle de saisir cette chose, là, tout de suite.
Il voulait brandir son épée à tout-va. Il ne savait pas comment faire. Il ne connaissait pas la voie à suivre. Il voulait simplement frapper.
Et il ajouta un autre souhait à tout cela.
Le plus longtemps possible.
Frapper, encore et encore, tout en gardant cette sensation.
Que devait-il faire pour y parvenir ?
Tenir bon.
Sa Volonté ne viendrait pas à manquer. Pour l’instant, il plaça Trois-Fer devant lui et dissimula son corps derrière.
Il avança le pied droit, traça dans son imagination une ligne ascendante depuis son gros orteil, puis la recouvrit de son épée. La lame s’interposa ainsi entre lui et son adversaire. Elle ne verrait plus que l’épée.
Et ensuite ?
Le bref échange précédent lui avait révélé que l’escrime d’Alexandra ressemblait par certains aspects à celle du Tueur unique.
Elle oscillait entre instinct et calcul, mais sa logique sous-jacente était solide. Et s’il la perturbait légèrement ?
Il avait essayé directement contre le démon Tueur unique, et Grida avait fait de même pour briser ses calculs.
Pas de mouvements inutiles. L’objectif, c’est de la déstabiliser.
L’Épée qui bloque les vagues était toujours active. Son sens tactique lui indiquait ce qu’il devait faire.
Enkrid laissa tomber sa main gauche et la dirigea vers Penna. Sans dégainer. Sans même la saisir.
Mais ce seul geste suffirait à introduire une faille dans ses calculs…
Flic !
À cet instant, Enkrid vit deux croissants tomber sur lui. Deux épées sorties de nulle part, qui s’abattaient en forme de croissant de lune.
Il poussa Trois-Fer, inclinée, vers le haut, recula le pied gauche et contracta chaque muscle de son corps.
Tout ralentit un instant. Sans cela, il n’aurait pas pu parer cette attaque.
Les lunes tombaient. Une épée mal maîtrisée devenait une menace pour celui qui la maniait.
Si le coup en croissant le repoussait, il risquait de se blesser avec sa propre lame.
Tang ! Kaaaaang !
Les deux lunes s’écrasèrent contre Trois-Fer. Enkrid estima qu’il était trop tard pour dévier l’attaque avec son épée ; il eut alors recours aux Arts martiaux valériens et laissa son corps absorber puis canaliser la force accumulée dans le coup.
Foump.
Ses deux semelles raclèrent le sol.
Alexandra, qui venait d’exécuter un coup ressemblant à deux croissants de lune, recula et rétablit la distance entre eux.
« Tu joues à quoi ? Je suis plus rapide que toi, et tu tentes ce genre de coup ? Quel idiot ferait ça ? »
Ta fille, par exemple.
Enkrid ravala sa réplique. Ce n’était pas le moment. Alexandra se retenait manifestement.
Son corps venait à peine d’encaisser les coups du chef de famille. Quoi qu’on en dise, il était loin d’être au meilleur de sa forme.
Est-ce qu’elle tenait compte de cela et se montrait indulgente ?
En réalité, non. Ragna reconnut que sa mère avait laissé resurgir son mauvais travers.
Un rat acculé mord le chat. Mais que se passe-t-il si celui qui l’acculait est un tigre ?
Alexandra Zaun aimait, mais uniquement lors des entraînements, acculer son adversaire.
Elle eut un sourire en coin. Elle s’amusait comme jamais.
« Hé. Continue comme ça et tu vas mourir. »
Enkrid sentit ces mots jusque dans son corps. L’intention meurtrière qu’elle lui montrait à présent n’avait rien d’une plaisanterie.
De son côté aussi, la Pression prenait une forme physique.
Le chef de famille lui avait montré une épée à deux mains. Elle, elle lui montrait une pointe de flèche, arc bandé, juste devant le visage.
Il suffisait de lâcher les doigts qui retenaient la corde pour que la flèche, à une paume de lui, parte en sifflant.
Le vertige aiguisait son esprit et embrasait ses pensées. Son cœur s’emballait, sa Volonté parcourait son corps entier. Son esprit enchaînait les calculs, et ses pensées s’accéléraient.
Pour continuer à lui opposer des mouvements décalés qui perturbent ses calculs, je dois exposer mes ouvertures dans la même mesure.
Face à quelqu’un d’aussi rapide, c’est du suicide.
C’était une idée stupide.
C’est noté.
Enkrid acheva cette brève analyse. Elle ne dura qu’un instant. Les pieds d’Alexandra frappèrent de nouveau le sol. Boum !
Dès qu’elle prit appui sur la terre, elle fondit sur lui si vite que son corps se brouilla.
Réagis.
Enkrid en donna l’ordre à son propre corps.
D’abord, la pointe qui avait jailli comme une aiguille. Puis l’enchaînement à grande vitesse. Et maintenant, le coup de tout à l’heure.
Il n’avait pas réfléchi avant de parer. Son corps avait bougé de lui-même.
Tang !
Trois-Fer dévia l’épée qu’Alexandra abattait en diagonale, mais elle en avait deux.
La lame de son autre main poussa un léger sifflement et se planta au-dessus de sa cuisse droite.
Pile dans l’interstice de l’articulation que son armure ne couvrait pas.
Enkrid se servit de la force dégagée en écartant l’épée pour faire pivoter son corps d’un demi-tour. Grâce à cela, la lame qu’Alexandra avait tendue lui entailla la cuisse au lieu de la transpercer, et il évita une blessure grave.
Un peu de sang perla à travers la déchirure de son pantalon, mais ce n’était qu’une égratignure.
« On manie l’épée avec tout le corps. Imbécile ! Renforce-moi ces muscles du tronc, et sérieusement ! »
Quand était-ce, déjà ? À l’époque où il était mercenaire, guide, garde du corps ou simple ornement au bras d’une noble, gagnant des kronas et les dépensant sans compter.
L’un d’eux lui avait enseigné les rudiments de l’épée et lui avait dit cela.
« Tu ne manies pas l’épée qu’avec les bras. Sers-toi de tout ton corps. »
Il avait donc entraîné son corps dans ce but. Chaque jour, sans exception, jusqu’à en devenir fou.
Plus tard, Audin lui avait appris à rendre ses muscles plus épais, plus résistants et plus souples.
Il avait donc fait cela aussi. Il avait poussé son corps en suivant les conseils d’Audin.
Mon corps réagit suffisamment bien.
En plus de cela, il avait appris que, quelle que soit la voie choisie, aucune n’était mauvaise. Ragna le lui avait enseigné. Il n’avait donc aucune raison d’hésiter.
L’instinct et l’intuition relevèrent la tête.
L’épée d’Alexandra échappait à la perception et aux calculs conscients. Aussi ses sens ouvrirent-ils la voie en premier et réagirent-ils avant lui.
Un air froid lui effleura l’oreille. Chacun de ses sens se tendit, chaque poil de son corps s’efforçant de deviner le mouvement suivant.
Le corps d’Alexandra brillait d’un éclat léger et constant, et une lueur semblable courait le long de son épée.
La main gauche ramenée derrière elle, la droite abattait la lame en biais.
Réagis.
Enkrid le répéta à son corps.
Quelque chose de flou et d’informe prenait forme dans sa main.
Ses sens réagirent les premiers, et son corps était déjà en mouvement avant que son esprit ne suive. Dans le même temps, la Volonté circulait naturellement en lui.
Un mouvement qu’il avait exécuté des centaines, voire des milliers de fois, et pourtant, il avait l’impression que quelqu’un avait attaché des fils à ses membres et les manipulait à sa place.
Boum !
Un fracas tonitruant retentit, et Enkrid, comme une marionnette dont on aurait coupé les fils, fut de nouveau projeté en arrière. Cette fois, cependant, il ne roula pas par terre. Quelqu’un bougea derrière lui et le rattrapa, stoppant sa chute.
Au lieu de s’effondrer piteusement, Enkrid atterrit de travers et s’assit par terre, un genou à terre comme tout à l’heure.
Il se retrouvait exactement dans la même posture qu’après son entraînement contre le chef de famille. Pour un peu !
« Qu’est-ce que tu as fait ? »
C’était Ragna. La surprise se lisait clairement sur son visage, fait rare.
« Je n’en sais rien. »
Enkrid répondit.
« Alex, tu essayais de tuer quelqu’un pendant un entraînement ? »
L’homme aux six épées s’adressait à la partenaire d’entraînement d’Enkrid.
« Oh, j’ai vraiment failli te tuer. Ça va ? »
Alexandra avait retrouvé son attitude habituelle et lui posa la question.
« Ah, mais tu as l’air d’aller bien. Tu l’as plutôt bien parée. »
Elle sourit et ajouta cela aussitôt.
Enkrid acquiesça.
« Oui, je l’ai parée. C’était encore amusant. »
Il le pensait sincèrement.
Ragna regarda Enkrid et repassa dans son esprit ce qu’il venait de voir.
C’était difficile à croire sans réserve.
Il avait enveloppé son épée de Volonté.
Aussi bref que cela eût été, c’était bien ce qu’il avait vu.
La Volonté était une force informe. Ragna avait défini en son for intérieur l’étape suivante comme le fait de donner une forme tangible et physique à cette force sans forme.
Pour résumer en un mot : la manifestation.
Il l’avait même montrée lui-même en perçant l’Épée qui bloque les vagues d’Enkrid.
Et il avait tiré les fondements de cette technique de l’épée de son père.
Il avait pris pour base la Pression de son père afin de saisir le concept de manifestation. Voilà pourquoi elle avait pris la forme d’une épée à deux mains.
À présent, il cherchait à comprimer cette force puis à libérer une Volonté d’une autre nature.
Le capitaine venait de le faire.
À cet instant, en interceptant l’épée de sa mère, Enkrid avait parcouru le chemin que Ragna était censé emprunter avant lui.
« Recommence. »
« Hein ? Je ne crois pas que j’y arriverai. »
À ces mots de Ragna, Enkrid secoua la tête et ajouta :
« Ce n’est pas le seul jour qu’on aura. »
Le talent était impitoyable. Pour certains, une seule chance suffisait à reproduire facilement un geste. Pour d’autres, il fallait que la même chance se présente des dizaines de fois avant qu’ils y parviennent.
Même après avoir fait face à cette impitoyable réalité.
« C’est quand même amusant. »
Il y avait peu de gens au monde capables de sourire ainsi, surtout en pareil moment. Vraiment très peu.
Ragna posa un instant une main dans le dos de son capitaine.
« Depuis quand ? »
Ann, qui se tenait à l’écart de tout cela comme une étrangère, s’approcha du chef de famille et lui posa la question.
Le chef de famille la regarda calmement.
L’expression d’Ann parlait d’elle-même.
« Dites-le-moi. »
Elle s’adressa au chef de famille avec une audace qui frôlait l’ordre, mais cela lui semblait naturel.
Peu importe de qui il s’agissait : si la personne était gravement malade et condamnée à mourir, Ann ferait tout pour la sauver. Telle était la conviction de celle qui se disait guérisseuse.
« Parlons-en à l’intérieur. »
Le chef de famille prit la parole, et Alexandra agita la main pour disperser les curieux.
« Le spectacle est terminé, tout le monde. Si vous avez vu quelque chose d’intéressant aujourd’hui, allez vous entraîner deux fois plus dur. »
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