Chapitre 677
TRADUCTIONS WE TRIED
Traducteur : Hydrogen B
Éditrice : Abstract
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UN CHEVALIER QUI RÉGRESSE ÉTERNELLEMENT
Chapitre 677 : Que restera-t-il ?
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« Tu as beaucoup changé. Vraiment. »
Ragna tourna la tête en entendant Grida. Sa sœur l’avait regardé s’entraîner seul sous la lune.
Elle ne lui demanda pas pourquoi il avait choisi de s’asseoir à même le sol plutôt que sur une chaise. Trop d’efforts, sans doute.
« Moi ? »
« Oui. »
Il avait posé la question, elle avait confirmé. Ragna hocha vaguement la tête. La sueur lui coulait sur le visage et gouttait de son menton.
« Si les autres te voyaient comme ça, ils seraient surpris. »
Ragna hocha de nouveau la tête. Son attitude parlait pour lui : que les autres soient surpris ou non lui importait peu.
Il remua la tête avec désinvolture, comme si tout cela lui était égal.
« Enfin, au bout du compte, tu rentres quand même chez toi. »
Grida l’avait dit.
« Je ne rentre pas. »
« Alors quoi ? »
« Je passe juste. »
« Pourquoi ? »
« Pour récupérer quelque chose. »
Est-ce qu’il était sérieux ? Grida le fixa longuement, puis épousseta son derrière et se leva. Elle était assise sur la terre sèche ; en se relevant, elle souleva un petit nuage de poussière.
« Très bien. Tu t’occuperas de tes affaires. »
Elle était simplement stupéfaite de voir à quel point Ragna avait changé. Après son départ, il continua de manier son épée.
Il avait décidé de retourner auprès de sa famille, mais pour ramener ce dont il avait besoin, il lui faudrait aller plus loin qu’il ne l’avait fait jusqu’ici.
Et puis…
« Je n’ai pas le temps. »
Alors il consacra à l’entraînement tout le temps dont il disposait.
Il suffisait de brandir l’épée pour que la voie apparaisse. Cela avait toujours été ainsi, depuis son enfance.
Jusqu’où il pouvait aller, où le mènerait un entraînement acharné : tout lui était visible. La voie apparaissait d’elle-même, sans qu’il ait à faire le moindre effort.
Pas besoin de s’agripper désespérément, ni de se débattre. La voie était déjà là.
Mais la suivre avait-elle vraiment un sens ?
Les souvenirs du passé déferlèrent comme une marée et s’amassèrent dans son esprit.
« Deviens chevalier. »
C’était ce que son père lui avait dit.
« Pourquoi le devrais-je ? »
Ragna avait posé la question. Son père l’avait regardé comme un homme regarderait une créature qu’il n’avait jamais vue de sa vie, puis avait répondu :
« Tu as besoin d’une raison ? »
Les membres de la Maison Zaun étaient fascinés par l’épée elle-même. Ragna, lui, ne ressentait rien de tel. Manier une épée ne lui procurait aucun plaisir.
« Ça ne te plaît pas ? Pourquoi ? »
Tout le monde autour de lui le lui demandait, mais sa réponse ne changeait jamais.
« Et toi, pourquoi ça te plaît ? »
« Tu veux battre quelqu’un, ou repousser tes propres limites, ça t’enthousiasme, non ? C’est juste amusant. »
Certains disaient des choses comme ça. Ragna ne pouvait pas être d’accord.
Battre quelqu’un ? Même s’il n’y arrivait pas aujourd’hui, il y parviendrait dans un mois. Le résultat était déjà évident. C’était un fait immuable.
« De quoi tu parles ? Tu te prends pour un prophète ? »
Il le prouva à ceux qui ricanaient. Et même cette démonstration était terriblement ennuyeuse. Tout se jouait sur la différence de talent brut. Ragna le savait.
Ils n’avaient rassemblé que des gens doués, et pourtant il se démarquait encore.
Alors, tout était monotone. Une vie vide. Il manierait son épée jusqu’à sa mort. Il pouvait même pressentir comment elle surviendrait.
« Est-ce que je vais simplement suivre cette voie tracée, l’épée à la main, jusqu’à mourir ici ? »
Un nouvel art de l’épée ? Une nouvelle voie ? Il ne voyait rien. Seulement ce qui était déjà décidé.
Le talent accordé par le ciel aurait dû être une bénédiction. Pour Ragna, il était devenu une malédiction.
Dieu lui avait offert ce don, puis lui avait dérobé jusqu’à la dernière parcelle de désir avec lui.
C’était ainsi qu’il avait quitté la maison, et qu’il avait fini par rencontrer Enkrid.
« Pourquoi est-ce que tu te donnes autant de mal ? »
Un jour, il lui avait posé cette question.
« Pour l’instant, je manie mon épée juste pour survivre. Mais ce n’est pas comme ça que je veux vivre. »
À cette époque, Ragna jugeait Enkrid profondément brisé, ses bases trop mauvaises pour valoir quoi que ce soit.
Pourtant, même alors, la Volonté d’Enkrid ne vacillait pas. Une voie droite, inflexible. Voilà ce qu’était sa Volonté.
Comme s’il tranchait l’eau calme de ses pensées, Ragna, revenu au présent, brandit son épée.
Ping.
La lame fendit l’air à l’horizontale, parallèle au sol, ne laissant qu’un léger bruissement avant de disparaître dans son arc.
La lune suivait la trajectoire tracée par l’espadon. Il continuait à frapper sans relâche ; la clarté lunaire courait derrière la lame, qui jouait avec elle et s’éloignait.
Des dizaines de traits argentés apparurent puis se dissipèrent dans l’air, encore et encore.
Les paroles d’Enkrid s’étaient imprégnées dans l’esprit de Ragna et y étaient restées, remontant à la surface quand bon leur semblait.
« Je veux vivre comme je l’entends. Je veux lever mon épée pour les pauvres et les malades, pour l’honneur, pour ceux que j’aime. »
En toute logique, le déluge de talent aurait dû le submerger. Le poursuivant qu’on appelait les limites aurait dû le saisir par la peau du cou et le forcer à s’agenouiller. C’était l’avenir que Ragna avait imaginé pour Enkrid.
Mais Enkrid avait rejeté tous les avenirs que Ragna avait envisagés pour lui. Il avait tout porté, jusqu’à ces poids accrochés à lui comme une malédiction, et avait avancé d’un pas bête et obstiné. Pour finir, il avait semé le poursuivant qu’on appelait les limites, sans jamais revêtir les habits du désespoir et de la défaite.
Voir quelqu’un avancer ainsi, juste à côté de lui, avait fait frissonner Ragna.
Est-ce que suivre une voie toute tracée avait un sens ? Avait-il seulement essayé de la parcourir ? Enkrid posait ces questions par ses actes, sa vie, sa Volonté. Ragna n’avait pas de réponse. Il devait donc la trouver lui-même.
Il devait découvrir si sa propre voie était la bonne, comme l’homme devant lui le lui avait montré. C’est alors qu’il avait commencé à aimer l’épée.
On pouvait dire qu’il enchaînait les expériences étranges.
Les souvenirs accumulés le tiraient en avant.
« Tu es allé chez Juri ? »
Ann, guérisseuse et alchimiste, lui posa la question.
« Oui. »
Il n’avait rien à cacher, alors il répondit franchement. Ann s’interrompit pour choisir ses mots, puis le regarda soudain dans les yeux et lui demanda :
« Juri t’intéresse ? Ou alors tu as peut-être un faible pour les filles plus jeunes ? »
« Tu me prends pour qui ? »
Ça l’irrita un peu.
À la réaction de Ragna, Ann rejeta par-dessus son épaule ses cheveux soigneusement tressés et dit : « Alors laisse tomber. Pourquoi tu y es allé ? »
« Pour regarder. »
« Regarder quoi ? »
« Tu crois qu’on doit toujours vouloir quelque chose ? »
Ragna lui retourna la question. Ann y réfléchit un instant, puis répondit :
« Je ne sais pas. »
Elle avait déjà bien assez à faire avec sa propre voie. Ce que les autres faisaient ou ne faisaient pas ne la concernait guère. L’intérêt d’Ann ne s’étendait pas jusque-là.
« Voilà. C’est tout. »
« Qu’est-ce que ça veut dire, au juste ? »
« Raconte-moi ton histoire. »
Ragna avait changé. Il avait changé depuis l’époque où Grida Zaun l’avait connu. Il avait aussi changé depuis sa première rencontre avec Enkrid.
« … Qu’est-ce que tu veux savoir ? »
« Tu as sursauté en voyant Magroon. »
Il arrive donc à lire les gens, même s’il ne sait pas s’orienter, marmonna Ann dans sa barbe. Puis elle reprit, sans cesser de le regarder droit dans les yeux.
« Ce n’est pas une malédiction, c’est une maladie. Plus précisément, elle se propage par une sorte de poudre invisible. Et cette maladie a tué plus de cent personnes dans la ville où j’ai grandi. »
Ann avait perdu ses parents, ses proches, ses amis, tous. Elle avait survécu par chance. Non, à vrai dire, grâce à son talent.
Petite, elle avait déjà commencé à apprendre les bases de l’alchimie auprès de Raban.
C’est ce qui l’avait maintenue en vie. Mais elle l’avait compris, maintenant. Raban était son ennemi. Non, son maître était le véritable ennemi. Quelqu’un avait formé l’alchimiste Raban. C’était cette personne qui avait créé la maladie.
Ann le savait.
« À l’époque, on étudiait encore ce qui s’était répandu là où je vivais. Alors tout a disparu sans laisser de traces, sans même qu’une rumeur ne subsiste. On s’est contenté de dire que la peste se propageait, puis on a brûlé vifs des dizaines de gens qui n’avaient même pas été contaminés. »
Ceux qui étaient nés avec la maladie étaient censés mourir alors.
C’étaient ceux qu’Ann avait vus. Des gens nés avec un handicap, comme ses propres parents. En regardant son père boiteux et sa mère muette brûler vifs, Ann avait compris que deux choix s’offraient à elle.
Rêver de vengeance, ou suivre une voie complètement différente.
Ann avait choisi l’autre voie. Ceux qu’elle aurait pu vouloir venger étaient si nombreux et si dispersés que la vengeance n’avait plus aucun sens.
Des paysans terrifiés s’étaient glissés dehors, en pleine nuit, et avaient mis le feu aux tentes de paille. Ce n’était pas l’œuvre d’une seule personne. Une partie du bidonville avait regardé sans intervenir. Certains les avaient même encouragés.
Fermer les yeux, encourager, agir soi-même, savoir et laisser faire.
Qui était responsable ? Le monde ? La noblesse ? Les gens du peuple qui n’avaient rien à craindre et s’étaient contentés de regarder ? Les gardes qui patrouillaient dans le quartier ?
Certains de ces gardes avaient puisé de l’eau et aidé à combattre les flammes, sans se soucier du risque de contracter la maladie.
« Je suis désolé. Vraiment désolé. »
L’un de ces gardes avait dit ça. Il avait même pleuré.
Ann ne se souvenait pas de son visage, mais elle ne pensait pas qu’il ait eu quoi que ce soit à se faire pardonner.
À cet instant, Ann avait trouvé sa voie. Celle qu’elle suivrait jusqu’à la fin de ses jours.
« Aucune maladie ne me vaincra. »
Elle s’était endurcie et avait érigé une tour de Volonté dans son cœur. Elle avait résolu d’anéantir aussi la peur que la maladie inspirait aux gens.
Ces derniers temps, la migration de la cité elfique lui avait procuré quantité de matériaux rares. C’était l’occasion de faire avancer des recherches qu’elle n’avait jusqu’alors pu qu’imaginer.
Alors elle s’y était consacrée. Quand elle avait dit à Ragna qu’elle n’avait pas dormi depuis plusieurs nuits, elle n’exagérait pas.
Existait-il un remède capable de guérir toutes les maladies du monde ? Ann s’était posé la question. La réponse n’était pas simple, mais elle la connaissait déjà.
« Une telle chose n’existe pas. »
Non. Si, ça existe.
Ça n’existe pas, et pourtant, si. Le remède n’existe pas. Mais il pourrait exister quelqu’un qui sache guérir n’importe quelle maladie. Deviens guérisseuse.
« C’est ce que je veux. »
Son objectif était clair, tout comme la direction à prendre. Elle n’avait aucune raison de regarder ailleurs. C’était pour cela qu’Ann pouvait difficilement s’attarder sur les autres.
« Je dois me rendre là où la maladie s’est propagée. Je crois que tout est parti d’un champignon ou d’une fleur, quelque chose comme ça. Je dois le trouver et le vérifier. C’est le seul moyen de fabriquer un remède. »
« Tout le monde meurt quand on l’attrape ? »
« Tôt ou tard, oui. Je le crois. »
Ann répondit sans hésiter, puis poursuivit :
« Le moment dépend de la chance. Tu as dit que Magroon vomissait du sang et que le chef de famille avait aussi contracté la maladie ? Certains auront l’air en pleine forme, tandis que d’autres gémiront et n’auront plus la moindre force. C’est parce que la maladie agit différemment chez chacun. Ce n’est pas une malédiction. »
Ragna hocha la tête et dit : « De temps en temps, je passe chez cette Juri pour regarder un peu, et les enfants m’accueillent. »
Une remarque soudaine. Il disait ce qui lui passait par la tête. Ann accueillit même cette déclaration sans broncher.
« Et alors ? »
« Alors j’y vais. »
La maison de Juri désignait aussi l’endroit où l’on prenait soin des enfants. Ann lui avait demandé plus tôt pourquoi il s’y rendait, et il venait seulement de lui répondre.
« Tu en as mis, du temps. »
Ann marmonna ces mots et sentit un léger soulagement. Finalement, il n’y avait pas de quoi s’inquiéter. Elle avait été un instant décontenancée, se demandant s’il s’était mis avec Juri, la vendeuse de marmelade.
Du moment que ce n’était pas ça.
Ann marmonna quelque chose dans ce goût-là, puis s’en alla.
Ragna poursuivit le fil de ses pensées en déplaçant les pieds, puis en donnant des coups d’estoc et de taille.
Il commença par une taille horizontale venue d’en haut, enroula sa lame autour de celle de l’adversaire, se pencha et trancha, puis frappa en diagonale avant d’écarter d’un revers latéral une épée imaginaire. Il abaissa ensuite sa lame, comme pour tapoter le sommet du crâne d’un adversaire repoussé par la force du coup.
Chaque enchaînement s’achevait de la même manière : par une contre-attaque.
L’adversaire imaginaire changea de garde. Il traîna un pied et abattit son épée. Ragna lut la trajectoire de la lame descendante. Son ennemi imaginaire avait tenté une taille horizontale venue d’en haut depuis une garde du bœuf.
Ragna supposa que son épée se retrouverait liée à celle de l’adversaire, puis ramena sa lame, réduisit la distance et envoya son poing dans l’espace où aurait dû se trouver un visage.
Fouu.
Bien sûr, son poing ne rencontra que le vide. Il maniait l’épée et le poing contre un adversaire inexistant.
« On dirait une parade à mon Éclair. »
Une voix lui parvint. Quelqu’un dont il sentait la présence depuis un moment déjà : celui qu’il appelait son capitaine.
« Ce serait différent si on essayait pour de vrai. »
Ragna laissa pendre son épée et répondit.
« Tu peux toujours régler ça avant même qu’on se lie. »
Enkrid s’était approché sans que Ragna s’en aperçoive. Il ne transpirait pas, signe qu’il s’était déjà lavé après son propre entraînement nocturne.
Une brise printanière traversa la nuit, fraîche et chargée d’un léger parfum de fleurs.
« Le Saint Homme a dit qu’en ville, quelqu’un faisait déjà ce qu’il voulait entreprendre. Il parlait de la maison de Juri. »
Enkrid poursuivit.
Juri, la femme qui vendait de la marmelade, avait recueilli des orphelins de guerre, des enfants qui avaient perdu leurs parents et d’autres que leurs parents avaient abandonnés. Elle les élevait tous. Au début, ils n’étaient que quelques-uns, mais leur nombre avait grandi et d’autres personnes étaient venues lui prêter main-forte.
Résultat, elle manquait constamment de couronnes. Quelqu’un lui faisait régulièrement des dons.
« Oui. »
« Tu lui as donné toutes les pièces d’or que tu as extorquées à Kraiss ? »
« Élever des enfants coûte pas mal de couronnes. »
« Élever des gens coûte toujours cher. »
C’était ce que Ragna avait fait.
« Pourquoi ? »
Enkrid posa la question avec une curiosité sans détour, en regardant Ragna, qui gardait le silence.
« Ces enfants n’avaient pas forcément de rêve ni de projet. Je me suis dit qu’ils avaient quand même le droit de vivre comme tout le monde. »
Fallait-il avoir un rêve ? Fallait-il nourrir un désir pour vivre ?
Ragna disait que certains n’en avaient pas besoin. Comme lui, dans son enfance.
« C’est une évidence. »
Enkrid accueillit ces mots en silence.
Dans le monde, certains souhaitaient seulement vivre en paix leurs dernières années, tandis que d’autres espéraient que demain ressemblerait simplement à aujourd’hui.
À l’inverse, certains espéraient que demain ne serait pas une répétition d’aujourd’hui.
« Je voulais juste aider. C’est tout. »
Ragna ajouta :
« Dans l’ouest, on dit que quand quelqu’un change, c’est qu’il est temps pour lui de mourir. »
« Tu me maudis ? »
« Non. Je dis ça comme ça. »
« Dès que j’aurai trouvé ce que je cherche, je reviendrai. »
Le sens de ces paroles brusques était limpide. Ragna ne repartirait pas. Désormais, sa maison était ici.
« Je ne m’inquiétais même pas. À demain. »
Enkrid tourna les talons.
Ragna hocha la tête sans trop y penser.
À peine seul, il rengaina son épée et porta une main à sa bouche, tandis qu’une petite toux lui échappait.
« La chance, hein… »
Du sang rouge maculait sa main. Il avait mal aux entrailles, ou quelque chose comme ça. Quoi qu’il en soit, il ne se sentait pas bien à l’intérieur.
Un signe de la maladie.
Le destin semblait lui poser la question.
Combien de temps crois-tu pouvoir vivre ?
Il avait cru suivre une voie toute tracée, et voilà qu’une route qu’il n’avait jamais prévue s’ouvrait devant lui. Étrangement, cela lui faisait presque plaisir.
« Si ma vie s’achève ainsi, que laisserai-je derrière moi ? Que puis-je laisser derrière moi ? »
Ragna avait commencé à aider la maison de Juri après s’être posé cette question.
« Que restera-t-il de moi ? »
Il ne le savait pas encore. Voilà ce que pensait Ragna.
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