Chapitre 676
NOUS AVONS ESSAYÉ DE TRADUIRE
Traducteur : Hydrogen B
Éditeur : Abstract
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UN CHEVALIER QUI RÉGRESSE ÉTERNELLEMENT
Chapitre 676 : Sinar l’interprète
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On pouvait dire des Zaun qu’ils étaient tordus, puis retordus encore.
Ils avaient de la force, mais choisissaient de ne pas s’en servir, et étaient prêts à tout pour perfectionner leur maîtrise de l’épée.
Parmi les choses que Grida avait dites, l’une était restée gravée dans son esprit.
« Si on remonte assez loin, à la génération d’avant celle d’avant, on trouve nos origines. D’après ce que je sais, quelqu’un à qui il manquait quelque chose s’est mis à manier l’épée pour combler ce vide. »
Inutile de demander d’où venait ce manque. Quelle qu’en soit la raison, tout finissait toujours par ramener à l’épée.
Prenez un homme au cœur brisé après avoir été rejeté par une femme. Comment surmonter sa peine ? Un Zaun répondrait : manier l’épée.
Un enfant qui a perdu ses deux parents ne fait pas exception. Comment surmonter le chagrin et la tristesse ? Manier l’épée.
Il y avait un enfant qui, depuis son plus jeune âge, se perdait sans cesse. Il aspirait à trouver la bonne voie, la vraie. Son talent l’avait poussé en avant, et la seule voie dont il ne s’était jamais écarté était celle de l’épée.
Son désir de trouver le droit chemin s’était concrétisé dans la lame.
L’enfant qui ne parvenait pas à se souvenir des visages avait grandi et développé un talent pour retenir les techniques à la place.
Grida avait une mémoire presque parfaite, mais uniquement quand il s’agissait de l’art de l’épée.
Alors…
« Oh, Roni ? Qu’est-ce qui t’amène ? »
Qu’elle appelle Kraiss par le mauvais nom, même après tout ce temps, n’avait rien d’un échec particulier. Si on la comprenait, si on connaissait la famille Zaun, c’était tout naturel.
« Pourquoi tu te trompes toujours de nom ? Tu cherches la bagarre ? »
Chaque fois que Kraiss râlait, Grida souriait et répondait :
« Désolée. Je n’ai jamais croisé le fer avec toi. »
Si cela avait été le cas, elle s’en serait souvenue grâce à l’escrime. Sans cela, Grida ne retenait tout simplement pas les visages.
Était-il sensé de combler ainsi un manque par l’épée ? Pour un observateur extérieur, c’était absurde, mais eux en étaient capables. Il leur fallait juste un dernier ingrédient pour que ce soit possible.
Le talent.
Des gens nés avec du talent qui se rassemblaient, se tordaient dans des formes étranges et s’entraînaient à l’épée. Voilà ce qu’était la famille Zaun.
Parmi ceux qui assistaient au duel, tous ceux qui savaient lire un combat comprirent ce qu’avait fait Grida.
Enkrid, qui l’avait affrontée de près, le comprit lui aussi.
Une riposte sur mesure.
Ce n’était pas si différent de ce qu’avait fait Sinar. Sinar avait trouvé un moyen de briser l’Épée qui bloque les vagues ; Grida, elle, avait conçu quelque chose pour bouleverser ses calculs.
Une riposte conçue pour détruire une technique bien précise.
« Je vais te montrer le résultat de deux mois d’entraînement. »
C’étaient les mots de Magroon avant le début du combat. Et voilà le résultat.
Des mouvements irréguliers, une suite de gestes dénués de sens pour démêler les calculs. Il aurait dû piétiner le sol et foncer droit devant, mais le mouvement ne s’enchaînait jamais.
Se tourner en arrière et passer l’épée sous sa propre aisselle, se taper la cuisse sans raison, secouer la tête de gauche à droite : certains gestes avaient un sens, d’autres pas.
Comme ces mouvements n’avaient aucun lien entre eux, les calculs ne pouvaient que se défaire.
C’était plutôt intéressant, cela dit.
Il ne s’agissait pas de gagner. Le but était uniquement de briser une technique, de brouiller les calculs, puis de transformer ce brouillage lui-même en art de l’épée.
Ils étaient vraiment fascinants, ces gens, non ?
Alors, avaient-ils aussi réfléchi à l’Épée qui bloque les vagues ? Elle aussi existait dans le domaine de la pensée.
Que se passerait-il s’il continuait à appliquer la Charge de cette façon ?
Même ainsi, ça ne fonctionnerait pas contre l’Épée qui bloque les vagues.
Ils ne feraient que devenir deux lignes parallèles avançant sans jamais se croiser.
L’Épée qui bloque les vagues était une lame entièrement vouée à la défense, et sa résistance était inégalée. Même si on la qualifiait d’épée qui entraînait l’esprit, son essence demeurait la défense.
Magroon et Grida le savaient tous les deux.
La réponse était donc évidente : si l’Épée qui bloque les vagues se présentait, inutile de chercher à forcer le passage.
Ils brisaient les techniques et trouvaient leur joie dans l’escrime elle-même. C’était leur nature. Sur le côté, Odinkar remua les épaules, comme si quelque chose s’était éveillé en lui.
Enkrid ajusta sa garde. Grida savait frapper là où ça faisait mal. C’était sa spécialité.
« J’y retourne. »
Il le dit en regardant Grida, puis leva son épée au-dessus de sa tête. Ses deux bras étaient levés, et sa poitrine, ses flancs ainsi que ses aisselles étaient largement exposés.
Grida repéra aussitôt plusieurs ouvertures chez Enkrid. L’envie monta en elle, et son corps bougea de lui-même. Il lui suffisait d’abaisser la pointe et de s’élancer. Pourtant, même en le sachant, elle n’y parvenait pas facilement.
Pourquoi ?
À cause de l’épée qu’Enkrid avait levée au-dessus de sa tête.
Si elle attaquait, elle serait touchée.
Grida retira l’épée qu’elle s’apprêtait à lancer. Une décision prise en un instant. Sa lame blanche capta la lumière du soleil et brilla tandis qu’elle se dressait perpendiculairement au sol.
Enkrid transforma la forme de ses calculs. Pas dans la durée, mais en un instant.
Si la défense consistait à bloquer la vague, l’attaque était un éclair unique. Il avait décidé que telle était la signification de l’épée.
Zzzt.
Il prit appui sur ses deux pieds. La terre sèche souleva de la poussière sous ses bottes. Si le pied gauche avançait, le droit suivait naturellement. Il s’empara de l’espace et prit la distance qu’il voulait.
« Ne pare pas ! »
Odinkar cria juste avant que le coup ne porte. Une inquiétude lui avait fait remuer les lèvres. Magroon, lui, observait la scène, les yeux écarquillés.
Rem, Audin, Ragna et Jaxon bougèrent tous au même instant. Mais ils étaient déjà trop tard.
Zzzzzt.
Enkrid racla le sol du pied droit et avança en diagonale, puis fit pivoter son épée et saisit le plat de la lame avec l’index droit, le pouce replié. Il frappa. En un instant, il avait calculé tous les mouvements que Grida pourrait faire pour se défendre et frappa en anticipant chacun d’eux.
La lame blanche de Grida, tenue à la verticale, résonna sous le choc de Trois-Fer.
Clang !
Le son éclata comme le tonnerre. Grida lâcha un grognement étranglé. Enkrid avait lancé un coup horizontal depuis le haut. L’avantage de ce coup, c’était que même paré, il s’enchaînait depuis la garde haute vers la garde du bœuf, puis directement en estoc.
C’est exactement ce qu’il fit.
L’épée décrivit un large arc au-dessus de sa tête. Alors qu’il semblait repousser la lame blanche de Grida vers la gauche, il appuya son tranchant contre le sien, bloquant avec la garde le mouvement de l’épée de Grida, puis glissa vers elle en estoc.
La force fit plier les genoux de Grida à mi-course. Dans les yeux de tous, une vision fugace apparut : un grand trou s’ouvrait dans son crâne. Mais rien de tel ne se produisit. Enkrid avait arrêté son épée bien avant.
« … J’ai un peu envie de pisser. »
Grida dit cela, et Enkrid se tourna vers celui qui se tenait derrière lui, projetant une longue ombre.
« Si j’avais voulu la tuer, j’aurais fait une entaille en diagonale suivie d’un coup remontant, pas un coup horizontal venu d’en haut. »
« On le savait. C’est pour ça qu’on n’a pas bougé. »
Rem ajouta cette dernière précision, qui n’était pas nécessaire. Odinkar s’était déjà levé et avait dégainé avant même que quiconque ne s’en aperçoive.
La situation était claire. Enkrid avait gagné et Grida avait perdu. Grida expira longuement, relâcha la tension et s’assit par terre. Un rire perçait dans sa voix.
« Hé, tu es censé te battre en gardant ta lucidité jusqu’au bout. »
« On n’a jamais convenu de ça. »
« C’est vrai. »
Grida acquiesça. Enkrid sourit et rengaina son épée.
« C’était intéressant à voir, mais ce n’est pas vraiment adapté à un combat amical, hein ? »
Ragna lança cela depuis le côté.
« C’est vraiment toi qui dis ça ? »
Pendant que Rem lui adressait cette pique, Ropord, qui était parvenu de justesse à garder en vue la méthode de combat d’Enkrid, n’entendait plus rien autour de lui. L’inspiration était descendue sur lui et s’était installée dans son esprit.
Si l’adversaire lit vos calculs, que faites-vous ?
Enkrid venait de lui montrer la réponse.
On change la forme des calculs.
Et si on en avait plusieurs, chacun sous une forme différente ?
Les calculs ne reposaient pas tous sur la même méthode. Il venait de le comprendre en observant Enkrid.
Ce n’était pas intentionnel, mais peut-être que toutes les leçons qu’il avait reçues jusque-là l’avaient en réalité préparé à cet instant. Il n’était donc pas tout à fait faux de dire qu’il y avait eu une part d’intention.
Il n’avait simplement pas imaginé qu’un seul combat d’entraînement suffirait à l’amener jusque-là.
Ropord comprit plusieurs choses et se mit à manier seul une Lame à une main dans le vide. Fell le vit, commença à parler, puis referma la bouche.
L’interrompre maintenant n’aurait pas été juste.
Et intervenir auprès de quelqu’un dont le talent était inférieur au sien ?
Fell, membre des Bergers du désert sauvage, n’avait pas un orgueil aussi démesuré.
Il garda ses pensées pour lui et ne dit rien.
Pendant ce temps, Enkrid avait tourné les yeux ailleurs.
« Tss. J’ai perdu. »
C’était Magroon. Pas à cause de ce qu’il venait de dire. Depuis deux mois, Magroon ne s’était pas privé de piques acérées, même s’il s’était un peu adouci.
Parfois, il traitait Enkrid comme un ami de longue date, presque depuis toujours.
« Magroon. »
Enkrid l’appela par son nom. Magroon sourit et ouvrit la bouche pour dire quelque chose, mais ses sourcils se froncèrent, son visage se crispa et il toussa, crachant du sang. Le devant de sa chemise se teinta de rouge.
Odinkar rengaina son épée dans un léger tintement et se plaça près de Magroon. Grida ramassa la sienne et recula.
« Il fallait vraiment que cette malédiction se manifeste maintenant. »
Le regard d’Enkrid se posa sur Esther, puis sur Rem, avant de revenir à sa place initiale.
Esther était partie depuis environ deux jours, à la recherche d’une étoile ou d’une autre, et Rem se contenta de tressaillir d’un sourcil.
« Beurk ! »
Magroon toussa encore plusieurs fois, puis vomit un caillot de sang, révulsa les yeux et s’effondra. Odinkar le rattrapa.
« Quelle malédiction ? »
demanda Enkrid en regardant Magroon. Grida se gratta près des lèvres et répondit sans empressement.
Elle n’aurait pas pu parler ainsi si c’était la première fois qu’elle voyait quelqu’un vomir du sang.
« C’est une malédiction qui frappe certaines personnes quand leur chance s’épuise. Certains survivent après avoir craché du sang comme ça, d’autres non. En général, les voies respiratoires se rétrécissent ensuite, et il arrive que ce soit ça qui les tue. »
Son ton était égal. Ragna connaissait manifestement déjà la malédiction.
« C’est comme elle le dit. »
Il ne semblait rien y avoir à ajouter.
Odinkar tenait Magroon dans ses bras et vérifiait calmement son état.
« Jaxon. »
« Oui. »
« Va chercher Ann. Audin. »
« Oui, laisse-moi l’examiner. Frère. »
Audin savait que les malédictions n’avaient aucune prise sur Enkrid. Et lui-même n’avait pas peur d’une malédiction non plus.
Il fit luire une lumière dorée dans sa main et la posa sur la poitrine de Magroon.
« Hum. »
Magroon gémit.
« Si c’est une malédiction, elle semble dépasser mes capacités, frère. »
Le pouvoir divin était-il le remède naturel aux malédictions ? Pas forcément. Il pouvait soigner les blessures causées par une malédiction, mais les malédictions, en tant que concept, étaient plus proches de quelque chose issu de la Sorcellerie. Voilà pourquoi Enkrid avait regardé Rem, mais celui-ci ne s’était pas particulièrement avancé.
« Pas d’odeur de rang. »
Rem dit cela, puis s’adressa à sa hache :
« Tu vois les choses comme moi ? »
Lui qui s’était fait traiter de fou parce qu’il parlait à Trois-Fer conversait étonnamment bien avec sa propre arme. Grida ne put retenir une remarque.
« Ta hache ne te dit jamais qu’elle veut chanter ? »
« Hé, ma hache exprime vraiment sa volonté. »
Elle le comprenait, mais, vu de l’extérieur, cela revenait au même.
Grida se contenta de le penser et garda le silence. Ce n’était pas le moment d’en parler.
Enkrid s’était demandé si Magroon avait été dans un état aussi mauvais ces deux derniers mois, mais ce n’était pas vraiment le cas. La crise avait éclaté soudainement. Il attendit un instant, puis Jaxon revint avec Ann.
« Si quelqu’un s’était fait couper le bras, il aurait fallu appeler Seiki aussi, pas vrai ? »
lança Ann en approchant.
« Rien de tel. C’est une vieille malédiction. »
Grida lâcha cela d’un ton désinvolte. Ann se tut et s’approcha.
Ann s’assit devant Magroon, lui retourna une paupière et examina son état.
« Ouvre-lui la bouche. »
Odinkar s’exécuta.
Enkrid avait appris à connaître Ann en se blessant lors de combats d’entraînement. Cette Ann était une guérisseuse véritablement remarquable.
À vrai dire, Enkrid n’avait jamais vu quelqu’un lui arriver à la cheville, même dans la maison principale. Il avait pensé qu’elle examinerait sa langue, mais Ann inspecta plutôt soigneusement l’intérieur de la bouche de Magroon.
Puis elle sortit de son manteau une cuillère de fer arrondie, racla une fois l’intérieur de la joue de Magroon, prit une feuille de papier et enveloppa ce qu’elle avait recueilli.
« Vous avez dit que c’était une malédiction ? »
demanda Ann.
« Oui. »
Grida acquiesça.
« Ce n’est pas une malédiction. »
Ann se leva en expirant lentement. Elle remua un instant les lèvres sans prononcer un mot, puis se retourna et s’éloigna.
Sa démarche avait quelque chose d’un peu hésitant ; pas physiquement, mais elle avait l’air d’absorber un choc intérieur.
« Attends. »
Ragna s’avança à côté d’elle et lui saisit le bras.
« Quoi ? »
« On aurait dit que tu avais du mal à marcher. »
« … Oui, un peu. J’ai passé plusieurs nuits sans dormir pour faire des recherches. »
Ils s’éloignèrent tous les deux, et Grida dit :
« Il ira bien après s’être reposé. Le chef de famille a tenu plus de dix ans avec cette malédiction. Il se porte toujours aussi bien, pas vrai ? »
« Les crises sont plus fréquentes qu’avant, mais oui, il se bat toujours comme un monstre. »
Odinkar répondit. Enkrid se surprit à vouloir en savoir plus sur ce chef de famille dont ils parlaient sans cesse. Mais il ne dit rien. Il se demanda simplement s’il aurait un jour l’occasion de le rencontrer.
Magroon se réveilla le lendemain.
« Je vais bien, maintenant. »
Il le dit d’un ton désinvolte et se leva sans difficulté.
Cet après-midi-là, Ann vint trouver Enkrid, avec Ragna à ses côtés.
En les voyant côte à côte, ils formaient un couple assorti.
« Je dois m’absenter un moment. »
Ann prit la parole la première.
« Où ça ? »
« La famille Zaun, c’est ça ? Là-bas. Ragna dit qu’il me guidera, alors je peux y aller avec lui. »
Enkrid lui répondit presque par réflexe :
« Tu as toujours rêvé de devenir une vagabonde plutôt qu’une guérisseuse ? »
« Pardon ? »
Ann leva les yeux vers lui, stupéfaite. Ragna prit la parole à côté d’elle.
« J’ai aussi quelque chose à régler à la demeure familiale, alors je me suis dit que je pourrais l’accompagner. »
Il le disait comme s’il allait faire un tour chez le voisin, mais il était évident qu’on ne pouvait pas les laisser partir tous les deux seuls. À moins qu’Ann n’ait un talent exceptionnel pour guider les gens.
Ce qui était presque certainement le contraire. Ann n’aimait pas voyager. D’après ce qu’Enkrid avait entendu, elle avait failli mourir plusieurs fois en allant à la Garde-frontière, et il l’avait même entendue dire qu’elle avait épuisé toute sa chance pendant ce voyage.
« Nous aussi, nous devrions bientôt rentrer. »
Grida le dit depuis le côté.
« Oui, vous devriez. »
Ann acquiesça comme si c’était la chose la plus évidente au monde, puis jeta un regard à Grida, Odinkar et surtout Magroon, avant d’ajouter :
« Franchement, je suis étonnée que vous ayez tenu aussi longtemps. Vous tous, je veux dire. »
Elle le dit comme ça. Enkrid n’avait aucune idée de ce qu’elle voulait dire. Mais, à cet instant, il sut ce qu’il allait répondre.
« Je devrais vous accompagner. Je ne peux pas détourner les yeux d’une crise qui menace votre famille. C’est la demeure de Ragna. »
Enkrid débita tout cela d’une traite. Ragna lui avait beaucoup apporté. Il n’y avait aucune raison de ne pas l’accompagner quand il partait protéger le lieu où il était né.
Jaxon, Rem et Audin étaient tous absents.
Seule Sinar se trouvait dans les environs. Elle entendit Enkrid et comprit ce qui lui traversait vraiment l’esprit.
« Ce qu’il veut dire, c’est qu’il meurt d’envie de rencontrer le chef de votre famille et qu’il veut vous accompagner. »
Grida acquiesça. Une folle venait de dire quelque chose qui convenait parfaitement à une folle, rien de plus.
Et même si Ann avait dit qu’elle était étonnée qu’ils aient tous tenu aussi longtemps, Grida ne s’inquiétait pas particulièrement.
Si cette malédiction avait dû les tuer, ils seraient morts depuis longtemps.
Malgré tout…
« Tu sais ce que c’est ? »
Grida ne put s’empêcher de demander. Beaucoup étaient morts de cette malédiction. Personne ne s’était fixé le grand objectif de la combattre, mais si on pouvait s’en débarrasser, ils le voulaient.
« Oui. Mais je pense que je comprendrai mieux en la voyant de mes propres yeux. »
Enkrid appuya ses paroles.
« Je fais confiance au jugement d’Ann. »
« En clair, il doit absolument venir parce qu’il a vraiment très envie de rencontrer le chef de famille. »
À ses côtés, Sinar interpréta une nouvelle fois les paroles d’Enkrid.
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