Chapitre 656
TRADUCTIONS WE TRIED
Traducteur : Hydrogen B
Réviseur : Abstract
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UN CHEVALIER QUI RÉGRESSE ÉTERNELLEMENT
Chapitre 656 : Ce n’est pas une blague
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« Le Cœur de la bête, c’est ça ? Apprends-le-moi. »
Tout commença ainsi : quelqu’un demanda, puis apprit.
Rem avait pensé que l’homme ne tiendrait pas un mois. Quand la prochaine bataille fut annoncée pour deux semaines plus tard, il ramena son estimation à deux semaines.
Ragna, lui, n’avait aucun intérêt pour tout ça. Tant que personne ne venait l’embêter, ça lui allait. Il se disait que cette escouade de fauteurs de troubles finirait par repartir le moment venu et, en attendant, il continuerait simplement son train-train.
Il ignorait quand ce moment arriverait.
Épéiste égaré, qui n’avait pas encore trouvé ce qu’il était censé faire ni même ce qu’il voulait, il ne se mit en marche qu’après avoir rencontré Enkrid.
Avant cela, Ragna était une charrette sans roues. Un enfant dont la croissance s’était arrêtée. Une statue de pierre figée en plein pas.
Ce ne fut qu’une fois en marche que Ragna trouva sa propre volonté.
Et tout avait commencé avec ce chef d’escouade.
Pour Audin, Enkrid n’avait pas été différent d’un messager envoyé par Dieu, même si cette idée avait changé depuis.
Ce n’est pas un messager. C’est simplement un homme qui vit sa vie.
Il existait des gens comme ça, dans le monde. Le comprendre avait à lui seul profondément transformé l’univers intérieur d’Audin.
Ce qui compte, c’est l’état du cœur.
Il n’avait plus besoin d’une réponse immédiate lorsqu’il demandait quelque chose à Dieu.
Pourquoi est-ce que je me bats ?
La réponse n’avait pas besoin d’être noble. Ni sacrée. Le sens de son combat n’avait pas à être assez grandiose pour inspirer le respect.
Seuls ceux qui savaient croire en eux-mêmes restaient inébranlables.
Et être ébranlé n’était pas un péché. On corrigeait ce qui n’allait pas et, si l’on pensait qu’il était trop tard, on avançait quand même.
Même lorsque la voix de Dieu ne lui parvenait pas, la volonté du Seigneur avait déjà imprégné son être.
Tout cela avait commencé avec ce chef d’escouade fou.
« Est-ce que les mémoriser vous apaise ? » lui avait demandé Teresa, la première fois.
Audin avait répondu : « Pas vraiment. »
« Alors pourquoi les lisez-vous ? »
« Je trouve ça intéressant. »
« Intéressant ? »
« Oui, je les lis parce que je trouve ça intéressant. Ma sœur, allez-y, dites ce que vous avez sur le cœur. »
Teresa s’était alors confiée sur ce qui la tourmentait.
« Vous pensez que le monde cherche à vous briser ? Que le sang du géant mêlé au vôtre finira par dévorer votre raison, jusqu’à faire de vous une bête ivre d’instinct ? Et que, si vous devez mourir à cause de cela, vous voulez que ce soit sous l’épée d’Enkrid ? »
Voilà ce qu’elle avait dit.
Ces paroles s’adressaient à Teresa, mais aussi à Audin lui-même.
Sceller son pouvoir divin et errer sur les champs de bataille… Que voulait-il vraiment : vivre ou mourir ?
Au milieu de tout cela, il avait rencontré un homme nommé Enkrid.
Un fou qui marchait sur un fil tendu au bord du précipice qu’était la mort.
« Qu’est-ce qui vous pousse à avancer ainsi, mon frère ? »
« Hm ? »
« Pourquoi vous battez-vous ? »
« Je veux devenir chevalier. »
Un rêve simple, sans fard ni détour.
Ce fut la première fois qu’Audin sut ce qu’il voulait, lui aussi.
Seigneur, veilliez-vous sur nous depuis le début ?
Alors que chacun était perdu dans ses pensées, Jaxon sauta du toit sans un bruit, à peine un petit choc à l’atterrissage.
« Je ne vois pas d’autre solution que de le tuer. Et pour l’instant, même ça, c’est impossible. »
Maître de la guilde des assassins, la Lame de Georg, et propriétaire de la rosée du matin.
Quiconque connaissait la véritable nature de Jaxon comprendrait à quel point ces paroles étaient inattendues.
Il avait reconnu lui-même qu’il ne disposait actuellement d’aucun moyen de tuer Enkrid.
Si son subordonné et son amant l’avaient entendu, ils lui auraient dit d’arrêter de plaisanter.
Tous avaient été repoussés. Tous avaient perdu. Qu’ils l’aient reconnu à voix haute ou non, ils l’avaient accepté au fond d’eux-mêmes.
Ils avaient tous l’habitude de se battre bec et ongles plutôt que de perdre ne serait-ce qu’un peu. Et pourtant, chose étrange, aucun des quatre ne semblait en souffrir. Jaxon non plus.
L’homme qui avait suivi une voie tracée non par le sang, l’acier et le poison, mais par la vie, l’existence et les rêves, se tenait devant eux.
Un homme qui aurait dû mourir et disparaître était devenu chevalier, et venait à présent de revenir après avoir terrassé un démon de son épée.
Il avait tué le démon, tué des Cultistes et, au milieu de tout cela, compris quelque chose qui l’avait mené jusqu’à cet instant.
« Alors, qu’est-ce que ça fait ? » demanda de nouveau Jaxon.
Ils n’étaient pas seuls, tous les quatre : Ropord et Teresa étaient là aussi. Sous les regards des six, à côté du toit où Jaxon se tenait, un léopard aux quatre pattes bien droites observait également la scène.
Enkrid rengaina son épée dans un tintement, puis leva une main au-dessus de sa tête. Tous attendirent sa réponse.
Devenir chevalier était déjà remarquable en soi, mais il avait désormais pris une longueur d’avance sur ses propres soldats.
Tous voulaient savoir ce qu’on ressentait en arrivant à un tel moment. Ils le regardaient d’un même élan. La lueur de compétition dans leurs yeux avait cédé la place à une attente plus chaleureuse, pleine d’espoir.
Grattement, grattement.
Enkrid fronça les sourcils, prit un air incertain et promena un regard vide autour de lui. Puis il se gratta la tête et prit la parole.
« Tout ça, c’est bien réel, hein ? Ce n’est pas une sorte de blague ? »
Personne ne put prononcer un mot.
Qu’est-ce qu’il venait de raconter, bordel ?
Si c’était une provocation, elle avait tranché comme un rasoir. Une veine saillait sur le front de Rem, tandis que Ragna claquait la langue.
Audin commença discrètement une prière silencieuse… Seigneur, dois-je en envoyer un ? Quant à Jaxon, il avait déjà un poignard de silence en main avant que quiconque ne s’en aperçoive.
Rem demanda : « … On devrait juste le tuer ? »
« Pas besoin de s’y mettre tous les quatre. Deux suffiront », répondit Ragna.
Depuis le départ d’Enkrid, ils s’étaient tellement mal comportés qu’ils étaient passés des menaces meurtrières à une situation où tout le monde se demandait si l’un d’eux allait finir par mourir pour de bon.
Leurs soldats avaient déjà versé le sang une fois.
La rivalité poussait à se surpasser, mais tout ce qui avait de la lumière projetait aussi une ombre.
Une compétition débridée finissait toujours par causer des problèmes si aucun supérieur n’intervenait pour la contenir.
Les jeunes soldats au sang chaud étaient particulièrement difficiles à gérer, et ceux de Rem, jeunes ou vieux, étaient tous du même tempérament ardent.
Cela dit, les soldats de Ragna n’étaient pas plus calmes, alors le conflit était inévitable.
La situation était devenue si grave que Kraiss avait dû gérer leurs activités pour empêcher les deux escouades de se croiser. Et voilà que ces deux chefs d’escouade, qui ne s’entendaient pas du tout, parlaient d’une seule voix et partageaient les mêmes idées.
« Je le distraits de face et le chat sauvage le poignarde dans le dos. C’est réglé », dit Rem.
« Ça marche. Tu prends la gauche ? Je prends la droite », répondit Ragna.
« Prends ce que tu veux. Fais juste en sorte qu’il te regarde. »
« D’accord. »
Rem et Ragna s’accordaient à merveille. Si Kraiss, qui s’était rongé les sangs en se demandant s’ils allaient vraiment s’entretuer en l’absence d’Enkrid, avait pu voir ça, il en aurait été à la fois heureux et triste.
S’ils étaient capables de s’entendre, pourquoi avaient-ils passé tout ce temps à vouloir s’étriper ?
Après avoir failli s’entretuer lors d’un entraînement, l’atmosphère était devenue si mauvaise qu’il n’y avait vraiment plus rien à faire.
Sans Enkrid, les Chevaliers fous avaient connu une forme de calme.
Tous continuaient d’entraîner leurs soldats et de rester actifs, mais leur énergie d’autrefois avait disparu. L’intensité n’était plus la même, pour ainsi dire.
Les problèmes s’étaient accumulés, mais Kraiss en connaissait la cause et s’était contenté d’éviter les catastrophes les plus graves.
Il suffisait qu’Enkrid revienne.
« On en reparlera plus tard. C’est trop bizarre », dit Enkrid avec une parfaite sincérité après avoir vu leurs réactions. Il n’arrivait toujours pas à y croire.
Il avait pensé que Rem, Ragna et même Audin avaient simplement été à deux doigts de faire quelque chose. Et il n’avait pas tout à fait tort.
« Un pas de plus, et ça devient un combat à mort. Même dans ce cas, je ne peux pas te garantir que je te battrai, pour l’instant. »
Ruagarne, qui observait la scène de côté, lut l’état d’esprit d’Enkrid et prit la parole. Il faudrait un vrai combat pour évaluer leurs compétences et désigner un vainqueur, mais l’atmosphère suffisait à se faire une idée.
Rem, Ragna, Audin, Jaxon.
Aucun des quatre ne pouvait garantir l’issue d’un affrontement.
« Il y a un fossé entre ce que tu ressens et ce que tu sais. Laisse-moi démêler tout ça, et on en reparlera. »
Il avait aussi prévu d’aller trouver Aetri, mais il lui faudrait d’abord mettre un peu d’ordre dans ses idées pour raconter correctement l’histoire.
Alors, dès son retour, à peine eut-il fini de déballer ses affaires qu’Enkrid se mit à manier l’épée.
D’un côté, c’était tout Enkrid. De l’autre, c’était de l’entêtement pur et simple. Il venait de dire que ses sensations et sa compréhension ne suivaient pas le même rythme, et sa solution avait été de faire agir son corps en premier.
Et pourtant, le spectacle n’était pas désagréable.
« Hé, espèce d’andouille qui ne sait pas où elle va. Je vais te montrer le chemin moi-même. Entre et entraîne-toi », lança Rem. Le coin de ses yeux se plissa. Voir son capitaine redevenu ce fou lui remua quelque chose au fond de lui. Cet imbécile tenace qui n’abandonnait jamais, pour qui renoncer n’était pas une option.
« J’allais dire la même chose. Viens dans les montagnes », dit Ragna, qui affichait la même expression. Il voulait affronter Enkrid une nouvelle fois, tout de suite, mais s’il le faisait, il ne pourrait pas se retenir comme avec Rem.
Il ne se faisait pas confiance pour s’arrêter avant de faire couler le sang. Il ne pouvait pas battre Enkrid dans un simple entraînement, pour le moment. Telle était sa conclusion.
Pourquoi suis-je aussi excité ?
Ragna ressentit une exaltation qu’il n’avait jamais connue de sa vie. Il avait donc envie de dégainer son épée et de s’entraîner comme un fou, là, tout de suite.
Audin regarda les deux hommes et remit ses vêtements en ordre. Il allait lui aussi faire ses bagages et déménager. Il avait décidé de suspendre quelque temps l’entraînement de son escouade.
« Ma sœur Teresa. »
À l’appel d’Audin, Teresa, qui avait tout observé avec un mélange compliqué de surprise et de joie, lui demanda : « Puis-je vous aider ? »
« Vous le pouvez. »
Audin choisit Teresa comme partenaire d’entraînement. Elle seule l’ignorait, mais à ses yeux, son potentiel dépassait la surprise : il était proprement extraordinaire.
Teresa avait senti quelque chose changer en elle en apprenant la mort de l’Apôtre, mais elle l’avait vite refoulé.
Cela faisait longtemps qu’elle n’était plus Teresa du Culte. Elle était désormais Teresa du Dieu de la Guerre, Teresa des Chevaliers fous.
Cette certitude était devenue l’ancre de son cœur, la maintenant stable face à toutes les tentations.
Les quatre étaient heureux de retrouver un Enkrid qui avait grandi, mais cela ne signifiait pas qu’ils se réjouissaient d’avoir été rattrapés. Il n’avait fait que combler son retard : et alors ?
« Si tu penses qu’il est trop tard et que tu ne fais rien, il ne se passera rien. »
Enkrid répétait souvent cette phrase. Tout était dit. Ils avaient donc, eux aussi, la ferme intention d’avancer à la mesure de la progression qu’il avait accomplie.
« Il y a quelqu’un que j’aimerais te présenter plus tard. Fais-moi signe quand les choses se seront calmées », dit Audin.
Enkrid s’était éloigné pour affiner ses sens, seul, et acquiesça. « Compris. »
Il était de retour, mais le quotidien n’avait pas changé.
Ensuite, Kraiss vint le trouver. Enkrid lui posa les questions qu’il avait à poser et lui transmit ce qu’il avait à transmettre.
« Une unité du Culte ? Ça fait longtemps qu’on en aurait entendu parler. Ah, il y a beaucoup de cas où des gens qui ressemblent à des Cultistes se déguisent et s’infiltrent, oui. Il n’y a pas longtemps, le capitaine Vengeance a dit qu’il avait failli y laisser la vie à cause de l’un d’eux. Les traquer un par un, c’est difficile. »
Aucune unité du Culte n’avait été envoyée par l’Apôtre de la Réincarnation, qui avait continué de vociférer alors qu’il ne lui restait plus que la tête tranchée.
Même si quelque chose s’était vraiment dirigé vers eux, Enkrid ne s’en serait pas inquiété, mais il avait cru ce qu’on lui avait dit à ce moment-là. Ça ressemblait à une pure provocation.
« Alors, qu’est-ce qui arrive ? » demanda de nouveau Kraiss.
« Des elfes. »
« Et à quoi devons-nous faire attention ? »
« Dis aux hommes de ne pas paniquer et d’attaquer les arbres qui marchent. »
« … Je peux avoir une explication ? »
« Ils devraient être en vue de la route sûre d’ici deux jours, au plus tard. »
Comme pour le confirmer, Zero s’approcha et ajouta quelques précisions. Kraiss écouta tout, hocha la tête, puis demanda : « Donc, un grand arbre marche jusqu’ici et il ne faut pas paniquer ? »
« Pas paniquer, c’est tout. Ne sois pas surpris », rectifia Enkrid.
Kraiss décida sur-le-champ de ne pas se laisser surprendre.
Je garderai ma surprise pour le moment où je le verrai de mes propres yeux.
Mettre ses émotions de côté permettait de voir la réalité en face. Rester éveillé, rongé par l’inquiétude, sans rien faire n’était pas dans la nature de Kraiss. Il saisissait la situation et réagissait. Savoir remettre ses émotions à plus tard était l’une de ses forces.
Une cité elfique.
La Source des Elfes, dont l’eau chaude était si agréable qu’on aurait voulu y plonger. Rien à manger à part des fruits sauvages et des feuilles, mais même au début de leur installation, ils ne manqueraient ni de noix ni de produits de la terre.
Et toute cette cité elfique vient s’installer ici.
Des arbres qui marchaient pendant leur migration. C’était réel, ça ? Non, il fallait mettre ses émotions de côté. Ce n’était pas le moment.
Il garderait sa surprise pour plus tard.
Il dut se le répéter, ce qui en disait long sur sa stupéfaction.
Kraiss se ressaisit et mit de l’ordre dans ses pensées.
Ils tirent bien, et leurs arbres ambulants font aussi office de solides remparts. Là où vivraient des Créatures démoniaques, ce sont des elfes qui habitent, et l’endroit déborde de vitalité — d’énergie vitale, au sens elfique du terme. Il y a des artisans talentueux, et les fruits qu’ils chérissent fortifient le corps quand on les mange.
Il y avait aussi les Dryades, douées pour l’alchimie, et Woodguard, qui fumait du tabac. Il ne fallait donc pas trop s’étonner.
C’est ça. Une cité elfique arrivait. Toute entière.
Et qu’est-ce qu’on y gagne ?
Quels avantages y aurait-il à les accueillir comme voisins ? Quels problèmes pourraient surgir ?
Les avantages lui vinrent à l’esprit avant les problèmes.
D’abord, cela reviendrait à disposer d’un rempart naturel sur toute la frontière sud.
Une forêt habitée par des elfes plutôt que par des Créatures démoniaques ferait à elle seule barrage aux Créatures démoniaques et aux Bêtes magiques.
Le commerce.
Et les échanges avec eux permettraient d’obtenir des choses précieuses.
Enkrid n’avait rien dit avec une intention particulière, mais Kraiss en avait entendu assez pour savoir ce qu’il voulait.
Ils ont des artisans talentueux, et s’ils utilisent le feu, ils ont besoin de métal. Une forêt en migration ne peut pas abriter de filons de minerai. Le métal pourrait être une marchandise extrêmement précieuse pour eux.
Les céréales cultivées seraient également un bon produit d’échange. En dehors des fruits et des feuilles, les céréales issues des cultures leur seraient précieuses.
Il l’avait appris en observant Sinar, autrefois.
Voilà ce qu’ils pourraient leur fournir. Mais qu’obtiendraient-ils en retour ?
Ann.
C’était une guérisseuse et une alchimiste. Ann avait dit elle-même que, pour un alchimiste, les ingrédients de la forêt elfique étaient de véritables trésors.
« Demande à n’importe quelle guérisseuse que tu trouveras. Si tu peux obtenir de l’eau de la Source des Elfes, ce n’est pas simplement un trésor. Les gens seraient prêts à s’entretuer pour en avoir. »
Pour une raison quelconque, Ann avait pris l’habitude de venir s’entraîner sur le terrain des Chevaliers fous dès qu’elle le pouvait, puis d’y faire la sieste.
Il n’en savait pas la raison, mais c’était une femme étrange, de toute façon.
Peut-être qu’elle y dormait mieux. Peut-être qu’elle était tombée amoureuse d’Enkrid. Kraiss lui avait parlé de la Sorcière dorée et de la Fleur Noire, mais elle n’avait fait que renifler avec dédain.
« Même si tu me le proposais, je n’accepterais pas. »
Chacun ses goûts. Ce n’était pas à lui de juger.
Et il n’y a pas que l’eau de la Source des Elfes. Du point de vue de l’alchimie, c’est comme si une cité entière regorgeait de trésors.
Dès que les calculs commencèrent, la réalité lui sauta aux yeux.
Une mine d’or.
Et sans même avoir à calculer le coût de l’extraction. Impossible de savoir jusqu’où s’étendait le filon, mais il n’aurait pas non plus besoin d’embaucher des ouvriers pour creuser.
Leur fournir ce dont ils ont besoin avec les kronas qu’on aurait dépensés pour les mineurs.
Une mine d’or fondée sur le commerce. Elle ne produirait pas littéralement de l’or, mais elle en vaudrait autant.
« Une aubaine », murmura Kraiss.
Telle était sa conclusion.
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