Chapitre 628
TRADUCTIONS WE TRIED
Traducteur : Hydrogen B
Correcteur : Abstract
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UN CHEVALIER QUI RÉGRESSE ÉTERNELLEMENT
Chapitre 628 : La cité des fées
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Fractionner le temps. Élargir le champ de perception. Aller au-delà de ce que les yeux peuvent voir, capter ce que les oreilles entendent, ce que le nez perçoit, ce que la peau ressent.
Son corps avait déjà réagi de lui-même ; calculer le moment précis où le projectile allait l’atteindre ne lui demanda presque aucun effort.
Enkrid estima le temps de vol et la trajectoire de la flèche, et il sut quoi faire.
Il leva le bras, le plaça sur la trajectoire de la flèche et referma le poing.
Paf. Un tremblement.
La flèche était prise dans sa main. La cible était assez claire : juste sous l’omoplate.
Aucune intention de blesser grièvement.
Tout s’était joué à l’instant où le sifflement du vent lui était parvenu aux oreilles.
Enkrid demeura immobile, le bras droit levé, la hampe et les plumes de la flèche frémissant dans sa poigne.
Il percevait l’intention hostile derrière la flèche. En revanche, il ne parvenait pas à déterminer d’où elle avait été tirée.
S’il prolongeait sa trajectoire sous forme de ligne, elle pointait droit devant. Son esprit pouvait le déduire, mais ses sens refusaient de l’accepter.
Le décalage entre ce que comprenait sa tête et ce que lui dictait son instinct était vraiment étrange.
« Je n’arrive pas à percevoir leur présence, dit Fell.
Enkrid balaya les alentours du regard, la flèche toujours à la main. Lui non plus ne remarqua rien.
Alors qu’il cherchait encore,
Ping.
Trois autres flèches fusèrent.
Le tir des archers était si parfaitement synchronisé que le sifflement des trois flèches n’en forma qu’un. Le son, seulement. Sa perception élargie lui indiquait clairement qu’il y en avait trois.
Il en avait attrapé une. Trois, ce n’était pas différent.
Il lâcha la flèche qu’il tenait et en saisit deux autres en plein vol, une dans chaque main, puis écarta la dernière d’un coup de pied.
Crac !
La flèche déviée tournoya sur le côté. En attraper une était déjà assez remarquable ; la repousser du pied relevait d’un tout autre exploit, que seuls les chevaliers étaient capables d’accomplir.
« Je crois que c’est un sortilège, dit Fell derrière lui, la main posée sur la garde de son épée. » Il parlait de l’impossibilité de percevoir la présence des assaillants.
Enkrid était du même avis. Il attendit que l’autre camp réagisse.
Ils n’avaient pas l’air de leur réserver un accueil chaleureux.
Devait-il se montrer plus agressif ? Quoi qu’il fasse, il était incapable de prévoir leur réaction.
S’il les menaçait, allaient-ils simplement le cribler de flèches ? Et s’il arrêtait jusqu’à la dernière, accepteraient-ils de discuter ?
« Drôle de façon d’accueillir des invités, vous ne trouvez pas, mesdames et messieurs aux oreilles pointues ? »
Inutile de se montrer poli avec des gens qui venaient de lui tirer dessus. Ruagarne laissa libre cours à sa langue.
« … Les étrangers ne sont pas autorisés à entrer. »
Une voix flotta à travers la brume verte. Même en l’entendant, Enkrid ne parvenait pas à en localiser la source. Le trouble de ses sens persistait.
Bien sûr, il pouvait faire certaines choses sans savoir exactement où ils se trouvaient.
Abattre tous les arbres visibles à travers la brume en était une.
Ils détesteraient ça.
Il en était sûr. Même avant de bien connaître Sinar, les elfes qu’il avait croisés au fil des ans s’étaient tous comportés de la même manière. L’expérience le lui avait appris. Les elfes et l’abattage des arbres ne faisaient pas bon ménage.
Cela dit, ils ne risquaient pas toujours leur vie pour protéger chaque plante.
Quand on disait que les elfes mouraient en défendant les arbres et les forêts, il s’agissait moins de protéger les arbres eux-mêmes que leur foyer. Au fond, comme tous les autres peuples, ils accordaient surtout de l’importance à leur survie et à leur prospérité ; la forêt se trouvait simplement être l’environnement qui leur convenait le mieux.
L’herbe et les feuilles, la rosée et les fruits constituaient l’essentiel de leur alimentation, tandis que l’énergie vitale de la forêt était intimement liée à leurs origines.
C’était pourquoi ils bâtissaient leurs cités autour de grands arbres, qu’ils appelaient Arbres-Mondes et qu’ils vénéraient.
Selon les lieux, un Arbre-Monde possédait ou non de véritables pouvoirs magiques ou sorciers ; parfois, il ne s’agissait que d’un arbre immense, entretenu avec soin.
Quoi qu’il en soit, Ruagarne venait de lancer une pique. Les elfes auraient pu lui dire d’aller voir ailleurs, à lui, cousin des grenouilles. Mais l’elfe ne répondit rien de tel ; il se contenta de dire ce qu’il avait à dire.
« Ce lieu n’est pas fait pour les étrangers. »
« Je vois », répondit Enkrid avec le même détachement.
Est-ce que crier à Sinar de sortir la ferait vraiment apparaître ? Probablement pas. Cela dit, entrer de force et faire un esclandre restait une possibilité.
Il tenait encore une flèche dans chaque main. Certains pourraient y voir une menace.
« Nous reconnaissons votre talent, mais nous tuer ne fera pas tomber la barrière. »
L’elfe reprit la parole. Sa réponse était raisonnable et mesurée. Les elfes pesaient le pour et le contre même lorsque leur vie était en jeu.
Cette maîtrise lui rappela Sinar, à leurs débuts.
Ils conversaient, mais Enkrid avait presque l’impression de crier dans le vide.
La voix lui parvenait clairement, pourtant sa source restait introuvable. Depuis qu’il s’entraînait à la Technique sensorielle, il savait distinguer un vent du sud-est d’un vent du nord-ouest rien qu’au claquement d’un drapeau. Et il avait en plus la Volonté dans son corps. Malgré tout, il était incapable de déterminer la direction.
Il n’était pas venu pour les menacer. Encore moins pour les tourmenter.
Même s’il devrait peut-être manier son épée quelques fois si les choses tournaient mal.
Si ces gens compliquaient la vie de Sinar, une brève conversation à coups de lame n’était pas exclue.
Quelques coups de ce genre lui avaient suffi pour abattre le Feu ambulant et le Chevalier sacré.
L’autre camp ne trouverait donc pas cette conversation agréable.
Quelques pensées lui traversèrent l’esprit avant qu’Enkrid ne prenne la parole.
« Sinar Kirheis. »
Il annonça la raison de sa venue en nommant l’elfe qu’il connaissait.
La forêt ne dégageait toujours aucune présence.
« Je suis venu la chercher. »
Il leur laissa assez de temps pour réfléchir avant d’ajouter :
« … Qui êtes-vous ? »
Cette fois, on lui posa une question plus ordinaire. Enkrid estima qu’il n’avait pas grand-chose à dire pour se présenter. Il supposa que les elfes ne le connaissaient pas.
Il se trompait.
Ce n’était pas parce qu’ils vivaient derrière des barrières que les elfes étaient complètement coupés du monde. Ils commerçaient et traitaient aussi avec d’autres peuples.
Fell venait des Bergers de la nature sauvage et savait ce que signifiait vivre dans une société tout aussi fermée. Il savait également qu’une communauté pouvait bien se boucher les oreilles et se fermer les yeux autant qu’elle le voulait : une réputation comme celle d’Enkrid ne passait pas inaperçue. Il jugeait préférable de se charger lui-même de le présenter plutôt que d’attendre que quelqu’un d’autre annonce : « Enkrid de la Garde-frontière ».
À vrai dire, il avait aussi simplement envie de s’avancer.
Fell fit un pas en avant. Sa voix devança celle d’Enkrid.
« Voici l’homme connu sous les titres de Seigneur de la Garde-frontière, Gardien de la Garde-frontière, Chevalier du Mur de Fer, Tueur de démons… briseur de cœurs, euh, oubliez ça. Enkrid, des Chevaliers fous. »
Sa voix retentit avec une netteté suffisante pour franchir la brume verte et porter jusqu’à la forêt au-delà.
Peut-être à cause des coups qu’il avait reçus pendant leurs entraînements au cours du voyage, un titre de trop s’était glissé dans la présentation. Mais l’effet fut bien réel.
« Le Chevalier du Mur de Fer ? »
Une autre voix elfique s’éleva, différente de la première.
« Le Gardien du Royaume démoniaque ? »
Un autre elfe enchaîna.
Hé, vous mélangez les titres. Enkrid allait le faire remarquer, puis se ravisa.
Pour changer la façon dont les autres vous appelaient, il fallait agir, pas parler.
Le ton des elfes restait calme et discret, mais une émotion s’y était glissée. Une pointe d’émerveillement, une trace de surprise, subtilement mêlées à leurs paroles.
Assez discrètes pour que seule une personne exceptionnellement perspicace les remarque.
« Un briseur de cœurs ? Alors, quand Sinar est revenue seule… »
Une remarque inutile se glissa presque à la fin, mais ce n’était pas le moment de s’en occuper.
Il aurait l’occasion d’en apprendre davantage sur Sinar. À les entendre, elle ne semblait pas retenue ni enfermée quelque part.
Il y avait quelques malentendus, mais les elfes semblaient savoir qui il était.
« Pourrais-je vous rendre visite ? » demanda Enkrid.
Les elfes n’ouvraient leurs cités qu’aux invités conviés. C’était la règle.
« Si vous êtes vraiment le Chevalier du Mur de Fer… »
La réponse lui revint. Les elfes ne le crurent pas sur parole. Quelques autres questions et réponses suivirent, mais, à vrai dire, attraper les flèches en plein vol et en dévier une du pied avait déjà mieux prouvé son identité que n’importe quelle affirmation.
Si un combat éclatait à cet instant, se cacher dans la brume ne garantissait pas la sécurité. Les elfes dissimulés derrière elle le savaient aussi bien que quiconque.
En bref : quelqu’un d’aussi puissant n’avait aucune raison de se faire passer pour un autre.
« C’est un honneur, monsieur le Tueur de démons. »
Telle fut leur conclusion. Une voix claire, qui semblait appartenir à un elfe, lui répondit ainsi.
« Je n’ai jamais vu personne attraper des flèches de cette façon. Chevalier humain, vous êtes vraiment remarquable. Et vous en dévier une du pied, en plus ! »
Cette fois, une elfe prit la parole. Sa voix ne trahissait pas son âge.
À mesure que leurs voix lui parvenaient plus distinctement, la brume s’amincit et s’étala.
Ce n’est qu’alors qu’il remarqua qu’elle n’avait pas bougé depuis le début.
Un sortilège qui perturbait la perception.
Il ne le comprit qu’au moment où la brume se déplaça.
Enkrid rangea dans un coin de sa mémoire le malaise qu’il avait ressenti. Il l’ajouta à sa bibliothèque d’expériences, sans y penser : c’était devenu une habitude après tant d’années à travailler la Technique sensorielle.
À mesure que la brume se brouillait et s’éclaircissait, des silhouettes pâles commencèrent à apparaître.
Elle ne disparut pas complètement. C’était plutôt comme lorsque les ombres s’allongent et prennent forme au fil du déplacement du soleil ; c’est ainsi que cinq elfes apparurent.
On avait tendance à imaginer les elfes tous aussi sveltes les uns que les autres, mais la réalité différait un peu.
Trois des cinq étaient petits. Plus grands que des nains, certes, mais, à l’échelle humaine, ils ressemblaient à des enfants qui n’avaient pas encore fini de grandir et n’atteignaient pas la taille d’un homme adulte.
Jeunes. Même d’apparence fragile.
Leur silhouette était menue, et ils tenaient à la main des arcs longs plus grands que leur propre corps.
Malgré leur allure frêle, leurs avant-bras bien dessinés prouvaient qu’ils n’étaient pas des enfants au sens où cela aurait compté.
Trois elfes étaient des femmes : celles qui avaient tiré sur Enkrid.
Les deux autres étaient des hommes. L’un était plutôt massif ; l’autre avait les cheveux blancs.
Enkrid parcourut le groupe du regard, puis s’arrêta sur l’elfe aux cheveux blancs. Celui-ci s’en aperçut et prit la parole. Plus exactement, le regard d’Enkrid s’était attardé un instant de plus sur sa chevelure blanche, et l’elfe l’avait remarqué.
« Intrigué ? Les elfes aussi ont les cheveux gris quand ils vieillissent. »
« C’est la première fois que j’en vois. »
« La plupart rentrent chez eux pour mourir quand leur heure vient, alors c’est assez rare d’en croiser. Enfin, je vous présente mes excuses pour les flèches. C’était un avertissement. Je ne pensais pas que vous les attraperiez. »
Enkrid hocha légèrement la tête pour lui faire comprendre que ce n’était rien.
Comme l’elfe l’avait dit, les flèches n’avaient visé aucun point vital. Leur but était de prévenir, pas de blesser.
Les trois suivantes semblaient davantage destinées à éprouver ses capacités.
Il n’avait donc aucune raison de leur en tenir rigueur.
Il n’était venu que pour Sinar, rien d’autre, et il était satisfait d’avoir rencontré quelqu’un qui pouvait lui répondre.
Enkrid fixa l’elfe aux cheveux blancs. Il semblait être celui qui détenait l’autorité.
Sinar lui avait parlé en passant de l’importance que les elfes accordaient à l’âge. Selon elle, il n’y avait aucune raison de ne pas écouter ceux dont les années avaient approfondi la sagesse. Elle avait insisté sur ce point plus d’une fois.
Elle l’avait répété plusieurs fois après avoir mentionné son propre âge, presque pour appuyer ses dires.
« Entrez donc, pour le moment. »
L’elfe aux cheveux blancs lui proposa d’entrer, et Enkrid acquiesça. Fell et Ruagarne suivirent derrière lui.
« Monsieur le Tueur de démons. »
L’elfe massif l’interpella. Il avait une mâchoire imposante et le regard perçant. Enkrid s’attendit à moitié à ce qu’il le défie, mais, en le regardant, il vit dans ses yeux une lueur de respect.
Elle était si ténue qu’il fallait y prêter attention pour la remarquer. Ces gens avaient appris dès l’enfance à contenir et à maîtriser leurs émotions. À leurs yeux, ce qu’il voyait équivalait à un humain qui se précipiterait vers lui en l’acclamant, les yeux brillants.
Cet elfe n’était pas le seul. Trois des autres arboraient une expression semblable.
Mais leurs yeux à tous trois exprimaient aussi autre chose, une sorte de désir difficile à nommer.
Presque imperceptible, mais bien présent.
Il ne l’avait remarqué qu’après avoir passé beaucoup de temps auprès de Sinar et aiguisé ses sens. Sans cela, il aurait cru qu’ils le fixaient simplement d’un air impassible.
Il n’était pourtant pas courant d’être reconnu et admiré par des gens qu’il n’avait jamais rencontrés.
L’elfe massif parlait avec une grande retenue, pesant chacun de ses mots. Chaque syllabe était dure, froide et dénuée d’émotion.
Mais pas le contenu de ses paroles.
« C’est un honneur de vous rencontrer. »
Oui. Celui-là semblait sincère.
Enkrid discerna le sentiment enfoui dans les mots mesurés de l’elfe et hocha la tête. C’était le même elfe qui, caché dans la brume, avait dit que c’était un honneur dès qu’il avait su qui était Enkrid.
« Si l’occasion se présente, accepteriez-vous de croiser le fer avec moi ? »
L’elfe reprit la parole. Son ton n’avait pas changé, mais Enkrid s’y était déjà habitué.
« Un entraînement ? »
« Oui. »
« Quand vous voulez. »
Tandis qu’ils échangeaient ces quelques mots, l’elfe aux cheveux blancs intervint.
« Tu crois que c’est le moment, Zero ? »
Le reproche, si l’on pouvait appeler cela ainsi, fut formulé avec le même calme plat que tout le reste.
« Je vous prie de m’excuser, ancien. »
L’elfe nommé Zero inclina brièvement la tête. S’il s’était agi d’humains, on aurait pu soupçonner une obéissance feinte, un simple geste de façade. Sa réponse était sèche à ce point. Les trois autres elfes, maintenant visibles, ne dirent rien. Ils semblaient avoir peu de mots à offrir.
Enkrid n’avait rien de particulier à ajouter non plus ; il garda donc le silence.
« Il est plutôt agressif, cet elfe », remarqua Fell.
C’était une pique lancée de sa voix plate et sèche.
Restait à savoir s’il le pensait vraiment.
L’elfe regarda Fell. Fell lui rendit son regard.
Une petite flamme sembla crépiter entre eux, mais l’elfe détourna les yeux avant qu’elle ne prenne. L’étincelle s’éteignit avant même que le bois ne s’embrase.
« Décevant », marmonna Fell.
À bien y réfléchir, Fell n’était pas du genre à s’effacer quand il s’agissait de chercher la bagarre ou de semer le trouble.
Il paraissait simplement sage à côté de Rem.
Je dois me tenir à carreau.
Enkrid prit Fell comme exemple de ce qu’il ne fallait pas faire et se le nota en silence.
« Par ici. »
L’elfe aux cheveux blancs s’avança sans se presser, pénétrant dans la brume.
Ses pas étaient presque silencieux, leur légèreté naturelle caractéristique du peuple elfique. Voilà pourquoi on les appelait des assassins nés.
Quoi qu’il en soit, ils continuèrent à s’enfoncer dans les profondeurs. En entrant dans la brume verte, leur champ de vision se rétrécit. La brume elle-même semblait former une barrière qui empêchait la lumière de passer pleinement.
Grâce à Esther, il avait acquis quelques connaissances en magie. Assez pour comprendre cela.
Puis, à un moment, le sol s’inclina légèrement et un passage étrange apparut devant eux.
On aurait dit un long tunnel entièrement enveloppé de feuilles. Le sol, le plafond, toutes les surfaces à l’intérieur : il n’y avait que des feuilles.
Il ne parvenait pas à imaginer comment une chose pareille avait été créée.
Il suivit les autres à l’intérieur et poursuivit son chemin. À un moment, Enkrid perdit la notion du temps.
Des feuilles à perte de vue, l’odeur de l’herbe et le parfum des fleurs emplissant l’air. Il avait l’impression d’avancer dans un rêve.
L’idée même qu’il puisse s’agir d’un sort ou d’une quelconque manifestation mystique ne lui vint donc pas à l’esprit.
Puis, à un moment, il cligna des yeux, et le tunnel avait disparu. La cité des elfes s’étendait devant lui.
« Bienvenue dans notre cité. »
L’elfe aux cheveux blancs prit la parole.
Pas de hauts remparts. Pas de château imposant. Pourtant, à peine posé sur elle, le regard ne parvenait plus à s’en détacher.
Pouf.
Une immense silhouette entièrement faite de bois leva un bras semblable à une branche et souffla un nuage de fumée de tabac.
« Qu’est-ce que tu regardes ? T’as jamais vu du tabac brûler ? »
Le géant de bois venait de parler. Enkrid eut très envie de se pincer la joue.
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