Chapitre 617
NOUS AVONS TENTÉ DES TRADUCTIONS
Traducteur : Hydrogen B
Éditrice : Abstract
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UN CHEVALIER QUI RÉGRESSE ÉTERNELLEMENT
Chapitre 617 : Même dans le vent glacial, la chaleur demeure
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« Et si chaque monastère prenait des enfants en charge ? »
Pour faire simple, Overdier savait s’y prendre avec les gens. Toutes ces années ne lui avaient pas servi à rien.
« À l’ouest, ne dit-on pas qu’on gagne en finesse avec l’âge ? »
Assis à côté d’eux, Enkrid se fit exactement cette réflexion. Ils se trouvaient dans le modeste salon de réception du monastère et buvaient le thé bon marché qu’on y servait d’ordinaire.
Overdier n’avait pas abordé Noah de front pour lui dire de rejoindre l’Ordre et d’y prendre sa place. Il ne lui avait pas non plus demandé de donner sa vie pour une grande cause ou pour l’Église.
« S’il y a des gens pour aller au champ de bataille et combattre, il faut bien aussi des gens pour prendre soin des enfants et les sauver, non ? »
Il s’était contenté de revenir sur ce que Noah faisait déjà, ce qu’il avait toujours fait. En l’écoutant, Enkrid se surprit à deviner ce qu’Overdier allait dire ensuite.
« Rejoins l’Ordre. Tu y trouveras d’autres personnes comme toi et vous pourrez bâtir des monastères semblables à celui-ci. Je compte mettre fin à la chasse aux faux Saints Hommes et aux fausses Saintes Élues, mais c’est une tâche difficile à accomplir seul. Aide-moi. »
Il recula sa chaise et mit un genou à terre en parlant. Quel sens du spectacle !
« Voilà ce que ça fait de voir un vrai vieux renard à l’œuvre. »
C’était ainsi qu’Enkrid interprétait la scène. L’un des Chevaliers saints les plus célèbres de tout l’État sacré s’agenouillait en personne pour demander de l’aide.
Ce n’était pas le genre de geste qu’on réservait à un prêtre ordinaire. On aurait dit une manœuvre calculée pour accabler Noah d’une telle pression qu’il lui serait impossible de refuser.
Noah n’était pas un imbécile. Il comprenait parfaitement pourquoi l’autre agissait ainsi.
Même en voyant Overdier à genoux, Noah resta calme. Il ne se précipita pas pour le relever en insistant qu’il n’avait pas besoin de faire ça.
Il prit simplement la parole d’un ton posé.
« Vous n’avez pas besoin de faire ça. »
Enkrid avait assez vu. Il décida qu’il n’avait pas besoin de rester.
Qu’il soit présent ou non, Noah n’était pas du genre à se laisser entraîner là où quelqu’un d’autre voulait le mener.
Il suivrait simplement la conviction qu’il portait en lui.
La foi, la croyance, la volonté. Noah avait une lumière façonnée par ces choses-là.
Il n’avait pas de nature divine, car il n’était pas né avec ce don.
« Au fond, qu’est-ce que la nature divine ? »
La question lui vint sans prévenir. Et il n’avait aucune raison de s’attarder davantage.
Overdier observa le calme de Noah et ne montra pas la moindre gêne lorsque sa tentative échoua. Au contraire, il semblait satisfait.
En voyant ces deux-là, Enkrid se décida à se lever.
La suite leur appartenait.
« Une idée vient de me traverser l’esprit. Je vais vous laisser. »
Sur ces mots, Enkrid se leva.
« Je ne t’ai jamais demandé de venir, pour commencer. »
Overdier lança cela dans le dos d’Enkrid qui s’éloignait. Ce n’était pas vraiment un reproche, plutôt une façon de bougonner : tu ne me fais donc pas confiance ? Il le dit sur le ton de la plaisanterie.
« Vous pourrez discuter davantage tous les deux, plus tard. Mon ami. »
Noah dit cela avec un doux sourire. Quand Enkrid avait insisté pour venir, Noah l’avait laissé faire, même s’il n’avait pas besoin de lui. À présent qu’il partait, il le laissa partir de la même façon. C’était l’attitude de quelqu’un qui respectait les choix d’autrui.
« Mon ami ? »
Le mot prononcé par Noah fit cligner des yeux à Overdier.
Depuis quand étaient-ils amis ? Son visage exprimait clairement la question. Le vieux Chevalier saint était plutôt expressif.
« C’est comme ça que ça s’est passé. Une amitié s’est nouée. »
Enkrid répondit vaguement, et Overdier lui demanda : « N’as-tu pas dit un jour que tu étais aussi un ami proche du Roi de Naurillia ? »
« Si, c’est vrai. »
L’expression d’Overdier changea du tout au tout. On aurait dit qu’il mâchait une tarte au goût indéfinissable, pas assez bonne pour être louée, mais pas assez mauvaise pour être recrachée. Puis il demanda : « On pourrait être amis, nous aussi ? »
« Non. »
Enkrid répondit aussitôt et sortit sans se retourner.
« Pourquoi ? »
Overdier le héla, mais Enkrid n’avait aucune raison de répondre.
« Tu aurais besoin d’amis, par hasard ? »
La voix de Noah le suivit, chaleureuse et amusée. Enkrid sortit et regarda autour de lui, dans l’enceinte du monastère.
La nuit qui avait suivi la bataille, personne n’avait dormi : tous s’étaient affairés à gérer les conséquences des combats.
Overdier n’avait apparemment rien de mieux à faire et avait pris Noah à part ; Enkrid s’était donc retrouvé à assister à leur conversation.
Le soleil n’était pas encore levé, mais l’intérieur du monastère se dessinait dans la pénombre. La lune était cachée derrière les nuages et seules quelques torches plantées çà et là éclairaient les lieux.
La veille, les lieux devaient avoir le même aspect, mais l’air et l’atmosphère du monastère n’avaient plus rien à voir avec ceux de la nuit précédente.
Tout le monde aurait dû dormir, pourtant l’énergie venait de toutes parts. Ceux qui avaient frôlé la mort avaient bien des raisons de se réjouir.
Sentant l’ambiance, Enkrid prit la direction des quartiers.
Le monastère n’était pas assez grand pour héberger tout le monde ; seuls quelques-uns avaient une chambre à l’intérieur de ses murs.
Les Chevaliers fous s’étaient installés tous ensemble dans l’une des plus grandes pièces.
En s’en approchant, Enkrid sentit une vitalité encore plus débordante que celle qui régnait dans le reste du monastère.
« Petit ours lumineux, je vais t’envoyer auprès de ton dieu bien-aimé ! »
Le cri de Rem en était la preuve.
Et aussitôt après : « Tu veux aller saluer le Père Seigneur en personne, frère ? Permets-moi de t’offrir une prière personnelle, pour que tu puisses partir et revenir bien vite. »
Au beau milieu de la nuit, un ours rayonnait de lumière.
« Si tu ne l’évites pas, tu crèves. »
La voix de Ragna se fit aussi entendre.
Évidemment, ç’aurait été dommage de le laisser de côté.
Audin brillait de mille feux et faisait tout un vacarme ; les spectateurs n’avaient donc pas tardé à accourir. Parmi eux se trouvaient le commandant du Corps sacerdotal d’extermination des cultes et quelques membres du corps, ainsi que des gens du monastère qui les observaient d’un air inquiet.
Devait-il s’estimer heureux que Jaxon et Sinar ne se soient pas joints à eux ?
Ou devait-il soupirer devant tous ces gens qui avaient encore assez d’énergie à dépenser la nuit suivant une bataille ?
Naturellement, Enkrid ne soupira pas.
« Vous avez commencé sans moi ? »
Il préféra protester.
Et il avait raison de le faire. Pourquoi tout le monde s’amusait-il ainsi sans lui ?
En plus, il venait tout juste de s’interroger sur la nature divine, et Audin, qui avait éveillé son pouvoir divin, ne s’était encore jamais mesuré à lui. Après tout, c’était à son tour en premier.
« Après tout, c’est moi le capitaine. »
Enkrid s’avança sans hésiter. Cling ! Il tira son épée, étira le temps et déploya sa Volonté.
Dans le même mouvement, il croisa les jambes pour prendre de la vitesse et se jeta au cœur de l’échange impitoyable.
Sa pensée s’accéléra et il analysa la situation. La Volonté informe se concentra dans ses bras, et sa lame fila à une vitesse invisible pour la plupart des gens.
Ragna abattait son épée en diagonale et Rem balançait sa hache dans un large mouvement horizontal ; Audin pivota entre eux. Enkrid se retrouva alors à l’endroit qu’Audin venait de quitter et s’y jeta sans prévenir, pénétrant de plein fouet dans la portée des deux attaques.
La plupart des gens auraient été surpris et déstabilisés, mais Enkrid, reconnaissant envers Audin d’avoir pris ses précautions, écarta les deux armes.
Clang !
Deux armes dévièrent en même temps, mais le bruit résonna comme s’il n’y avait eu qu’un seul coup.
De sa main droite, il se servit de son épée d’acier argenté pour repousser la lame de Ragna ; de la gauche, il bloqua la hache avec Spark. Il frappa les deux armes exactement au même instant.
Il ne les avait pas simplement arrêtées par la force. Au moment du contact, il avait tenté de faire circuler sa force dans les deux lames pour déstabiliser ses adversaires, mais tous deux retirèrent leurs armes comme si de rien n’était.
« Ha ! Tu crois que ça marcherait sur moi ? »
Rem renifla même avec mépris.
La fatigue du combat ? Bien sûr qu’elle était là, elle ne pouvait pas ne pas l’être. Mais pas au point de les empêcher de manier l’épée ; et croire qu’on pouvait toujours se battre au meilleur de sa forme était une idée bien naïve.
Quand on tenait une épée, il fallait être prêt à se battre n’importe où, n’importe quand.
Si quelqu’un leur demandait pourquoi ils s’entraînaient maintenant, voilà ce qu’ils auraient répondu.
En réalité, ils le faisaient simplement parce qu’ils en avaient envie.
« Viens, frère ! Tu dois voir comme mes mains et mes pieds ont changé ! »
Audin accueillit Enkrid d’une voix joyeuse.
« Ouais, je ne suis pas resté les bras croisés non plus. »
Enkrid lui lança ces mots. Il était venu pour poser une question sur la nature divine, mais cela pouvait attendre. Pour l’instant, il allait faire un bon échange.
* * *
« Difficile d’appeler ça normal. »
La vice-commandante prit la parole.
« Des fous, donc. »
Le commandant du Corps sacerdotal d’extermination des cultes était justement en train de penser la même chose lorsque ces mots lui parvinrent.
« Je pense pareil », répondit simplement la commandante.
L’entraînement du corps était éprouvant. Personne n’aurait prétendu le contraire. Mais certains avaient ça dans le sang : ils étaient attirés par cette difficulté.
Voir la scène se dérouler sous ses yeux était vraiment saisissant.
Et, au-delà de ça…
« Je ne suis pas sûre de pouvoir battre un seul d’entre eux. »
Dans tout l’État sacré, si elle comptait sur ses dix doigts, où se situerait-elle ?
Une fois qu’on atteignait le niveau d’un chevalier, on savait qu’il était impossible de classer les capacités de combat des gens en les alignant simplement les unes après les autres.
Chercher à déterminer qui était le plus fort ou le plus faible ne servait à rien.
Le champ de bataille, les conditions, l’état d’esprit : chaque facteur contribuait à la victoire.
Malgré tout, évaluer les compétences de l’autre relevait presque de l’instinct pour quiconque portait une lame.
Elle ne figurait pas tout en haut de ces dix doigts, mais elle ne pouvait nier faire partie des meilleurs.
À travers ce regard, aucun de ceux qui se trouvaient devant elle ne lui semblait autre chose que redoutable.
« Est-ce que ça veut dire qu’ils sont tous aussi forts ? »
La commandante savait que l’État sacré dissimulait encore des forces.
Il y avait parmi eux ce qu’on appelait des génies. Quelqu’un qui avait compris ce qu’était la Volonté avant ses vingt ans. Elle avait aperçu cette personne une fois, brièvement, dans la ville sainte, et son talent brillait comme une étoile.
Mais en regardant ces gens s’affronter avec tant d’acharnement, ce jeune génie ne lui vint même pas à l’esprit.
Ils étaient tous des monstres.
En escrime, le blond à l’air nonchalant était exceptionnel, mais le Westerner aux cheveux gris n’était pas en reste : ses réflexes et les déferlements de force destructrice qu’il laissait éclater par moments étaient impressionnants.
Et les deux autres, alors ?
Elle n’aurait su dire lequel avait l’avantage. Voilà un moment qu’elle les observait ainsi.
« Commandante ? »
La vice-commandante l’interpella, et elle se tourna vers elle. Son visage était bouleversé.
« Quoi ? »
« Vous tenez votre arme. »
Ce n’est qu’à cet instant que la commandante remarqua qu’elle tenait dans sa main le marteau qu’elle portait à la hanche.
« Ha. »
Un rire lui échappa avant qu’elle puisse le retenir.
Qu’est-ce qui lui prenait ?
Pourquoi son corps s’était-il tendu de lui-même ? Et dans quel but ? Parce qu’elle avait envie de se jeter dans la mêlée pour faire un échange ?
Elle avait rejoint le Corps sacerdotal d’extermination des cultes parce qu’elle avait choisi la voie de la vengeance.
Mais elle avait été jeune, elle aussi. À une époque, elle s’était remplie de passion jusqu’à ras bord.
En regardant ces gens, Enkrid en particulier, quelque chose remua dans sa poitrine.
L’envie de se jeter dans la mêlée et de les rejoindre la gagna.
Et cela lui rappela les jours où elle avait pris une arme pour la première fois, où elle avait appris, pratiqué et poursuivi ses efforts.
« On dirait qu’ils s’amusent beaucoup. »
La commandante s’en tint à ces quelques mots. Mais certains membres du corps semblaient ressentir la même chose.
L’entraînement bruyant ne tarda pas à se terminer.
« Dormez d’abord, vous recommencerez après. Quand c’est l’heure de dormir, il faut vraiment dormir. »
Grenouille s’interposa et mit fin à l’entraînement.
Aucun d’eux ne cherchait vraiment à tuer l’autre. Ils avaient l’air féroces vus de l’extérieur, mais aucun n’avait donné tout ce qu’il avait. C’était l’avis de la commandante.
Après avoir dormi et s’être réveillés, quelques membres du Corps sacerdotal d’extermination des cultes vinrent trouver les Chevaliers fous dans leurs quartiers.
« Accepteriez-vous de nous accorder un échange ? »
C’étaient des gens que les prouesses d’Enkrid la veille avaient touchés. Son talent y était pour quelque chose, mais aussi l’esprit qu’il avait manifesté.
Ils ne s’étaient pas adressés à lui avec impolitesse.
Et Enkrid était sincèrement du genre à apprécier ce genre de réaction.
« Avec plaisir. »
Un échange s’ensuivit. Il se termina en quelques passes. Le guerrier sacré s’inclina avec respect.
« J’ai beaucoup appris. »
Il n’y avait rien de plus à lui conseiller. Quand Enkrid avait repoussé la Pénétration sacrée avec la Volonté de Refus, le guerrier sacré, dont la spécialité venait d’être neutralisée, n’avait plus grand-chose à opposer.
« Je peux tenter ma chance ? »
La commandante s’avança à son tour, et Enkrid acquiesça de nouveau.
À vrai dire, Enkrid brûlait d’envie de croiser le fer avec elle en premier.
La commandante tira ses armes. Deux marteaux, un peu plus longs que des épées courtes.
« Le Seigneur veille sur moi. »
Elle murmura ces mots en levant ses marteaux, et une faible lueur s’en échappa.
Quant au résultat, aucun des deux ne remporta de victoire nette.
« Vous comptez vous entretuer, là ? »
Rem se tenait au milieu d’eux, sa hache prête à les séparer.
« Commandante ! »
Sa cuirasse s’affaissa et la commandante fut projetée en arrière. Quelques membres du corps se précipitèrent pour la rattraper.
« Encore un échange et l’un de nous y passait », dit la commandante.
« Je ne pense pas que ça aurait été moi », répondit Enkrid, campé dans une posture bancale. La commandante se contenta d’esquisser un sourire.
Pendant les deux jours où le Corps sacerdotal d’extermination des cultes resta au monastère avant de repartir, Enkrid passa beaucoup de temps avec eux.
Ils s’entraînèrent surtout. Il apprit aussi quelles précautions prendre lorsqu’il affrontait des Cultistes.
« Tu es probablement la personne que les Cultistes haïssent le plus en ce moment. Alors, sois prudent. Méfie-toi des assassins et de leurs pareils. »
Ce genre de choses.
Ces gens en savaient plus sur les Cultistes que quiconque sur le continent.
Ils savaient donc aussi que l’Apôtre était mort et qu’Enkrid l’avait tué.
Overdier partit le premier, emmenant quelques guerriers sacrés avec lui. Puis, après le départ du Corps sacerdotal d’extermination des cultes, Enkrid fit enfin ses propres bagages.
« Nous poursuivrons l’entraînement quand nous serons de retour à l’unité, n’est-ce pas, frères ? »
Audin leur adressa ses salutations matinales.
« L’entraînement ? L’en-traî-ne-ment ? Tu tiens vraiment à mourir, hein ? »
Rem lui répliqua, aussi joyeux que le soleil radieux du matin.
Au milieu de leur échange, Noah se plaça devant Enkrid.
« Vous partez déjà ? »
« Il le faut. »
Noah se rappela la conversation qu’il avait eue avec Enkrid quelques jours plus tôt.
« Rien ne garantit que tu gagneras. »
Cette conversation lui avait permis de trouver sa propre réponse. Rien ne garantissait que ce qu’il ferait aiderait vraiment. Même s’il rejoignait l’Ordre, rien ne garantissait que les choses se dérouleraient comme il l’espérait.
Ce serait plus dangereux qu’à présent, et il y aurait davantage de moments où les choses n’iraient pas comme il le souhaitait.
C’était tout simplement la réalité.
Malgré tout, il avait décidé d’y aller. Et il ne pouvait pas prétendre que l’homme devant lui n’avait joué aucun rôle dans cette décision.
« Tu m’as aidé », dit Noah.
« Ouais. »
« Nous reverrons-nous ? »
La voix de Noah était plus douce qu’avant. Enkrid se contenta de hocher silencieusement la tête.
« Probablement. »
Quand quelque chose devait manifestement arriver, inutile d’en dire beaucoup.
À leur sortie du monastère, les gens inclinèrent la tête.
« Nous vous sommes profondément redevables. »
« Que Dieu veille sur vous. »
« Je prierai pour vous chaque matin et chaque soir. »
L’obscurité qui pesait sur le monastère avait disparu, et ces paroles firent naître une chaleur dans sa poitrine.
Même si le vent glacial de l’hiver lui mordait la peau, cette chaleur lui semblait inoubliable.
« Bon sang, qu’est-ce qu’il fait froid. »
Bien sûr, Rem ne fit que râler contre le froid.
Cela dit, il s’était au moins comporté convenablement avec les gens du monastère avant de partir.
Quand un enfant l’avait remercié, il lui avait ébouriffé les cheveux sans même y penser.
Sur le chemin du retour, Enkrid laissa échapper la question qui le taraudait.
« Qu’est-ce que la nature divine ? »
Il s’adressait à Audin. Œil-Bizarre avançait d’un pas léger à côté du grand cheval que montait celui-ci.
Overdier avait offert à Audin un robuste cheval de guerre en guise de cadeau d’adieu, et Audin était à présent juché sur sa selle.
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