Chapitre 571
TRADUCTIONS WE TRIED
Traducteur : Hydrogen B
Éditeur : Abstract
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UN CHEVALIER QUI RÉGRESSE ÉTERNELLEMENT
Chapitre 571 : Sainte Élue Seiki
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« Tu es née avec les qualités d’une Sainte Élue. »
« … Moi ? »
Quoi ? Une Sainte Élue ?
Elle se méfia d’abord.
Sous ses vêtements, elle cachait une dague de chasse à la lame bien aiguisée, longue d’une bonne paume.
Si un petit escroc maladroit tentait de lui jouer un tour, elle était tout à fait prête à lui faire perdre quelques doigts. Et s’il prenait son apparence pour une invitation, elle ne verrait aucun inconvénient à lui prendre autre chose que ses doigts.
C’était tout simplement ainsi qu’elle vivait.
À première vue, c’était une fille petite et menue. Autrement dit, elle avait l’air facile à dépouiller ou à battre à mort, et cette apparence ne lui avait jamais rendu service en tant que chasseuse.
Une Créature démoniaque avait-elle déjà hésité en la voyant ? Au contraire, elles se jetaient sur elle avec encore plus d’ardeur, persuadées qu’elle ferait une proie facile.
Était-ce encore le même genre de situation ?
Mais qu’avait-elle donc pour qu’on essaie de l’appâter avec une phrase pareille ?
Était-ce comme ce conteur qui avait tenté sa chance auprès d’elle l’année dernière ?
Cet homme s’en était pris à son corps et avait manigancé dans son coin. Seiki lui avait alors séparé l’un de ses appendices du reste, histoire qu’il ne recommence jamais.
L’expérience lui avait appris qu’un peu de fermeté quand les choses tournaient mal suffisait à les faire rentrer dans l’ordre.
Vu ma tête, je doute que ce soit pour mon visage.
Seiki s’évalua sans indulgence. Elle n’avait pas besoin d’un miroir pour se faire une idée de son état.
Elle ne s’était pas lavée depuis un moment et la crasse lui barbouillait le visage de noir. Un bonnet de fourrure rabattu bas lui couvrait les oreilles.
L’homme qui lui avait parlé prétendait être prêtre dans un temple. Ses cheveux blond platine étaient soigneusement peignés, et il tenait à la main une sorte de grappe de raisin dorée composée de sept perles. On aurait dit un objet symbolique, assez solide et lourd.
Seiki l’ignorait, mais l’objet que le prêtre tenait était bien le symbole de son dieu ; il représentait également son rang et sa secte.
Une arme ?
Ça n’en avait pas l’air.
Rien ne semblait particulièrement dangereux.
Entre sa robe de prêtre et l’impression qu’il dégageait, et puis, ils n’étaient pas perdus dans un champ désert ou sur un chemin de montagne où personne ne passait. Ils se trouvaient dans un coin du marché d’une petite ville.
Quel idiot tenterait quelque chose ici ?
Et puis, au plus profond d’elle-même, elle ne ressentait aucune menace venant de lui.
Au contraire, l’homme qui se tenait devant elle ne semblait lui témoigner que de la bienveillance.
Elle venait de vendre quelques peaux et autres produits de chasse, et achetait du sel et quelques épices lorsqu’ils s’étaient croisés. Cette rencontre n’avait rien de prémédité.
Il était simplement apparu dans la rue devant elle, s’était approché, lui avait dit qu’il avait quelque chose à lui annoncer et l’avait arrêtée net. Le mot qu’il lui avait soufflé était celui-ci : Sainte Élue.
Ensuite, l’homme avait continué de lui parler gentiment.
Il l’avait invitée à passer au temple, lui avait dit qu’elle était une fille de dieu et qu’elle avait été bénie.
Un autre jour, elle aurait fait semblant de ne pas entendre et aurait continué son chemin. Mais, cette fois, les choses étaient un peu différentes. Seiki garda donc le silence un instant et réfléchit.
Tu vas passer ta vie à manger des entrailles d’animaux ? Ouvre les yeux et découvre le monde.
Le grand-père qui lui avait dit ça était parti depuis plus de trois mois.
À vrai dire, ça ne l’attirait pas. Sa première pensée fut : à quoi bon ?
Sainte Élue ou non, les dieux et tout le reste ne l’intéressaient pas.
Mourir sous les coups d’une Créature démoniaque ou d’une Bête magique n’était pas une question de malchance ni d’abandon divin. C’était une préparation insuffisante et un entraînement bâclé.
Mais son grand-père avait raison sur la plupart des choses. Ce conseil-là ne devait donc pas être mauvais non plus.
« Si je deviens une Sainte Élue, qu’est-ce qui va m’arriver, exactement ? »
Même face à une question aussi vague, le prêtre sourit et répondit :
« Tu pourras avoir tout ce que tu désires, tout ce que la secte peut t’offrir. Enfant saint. »
La secte avait l’habitude d’appeler ses Saintes Élues et ses Saints Hommes ainsi : les enfants de dieu.
« Je m’appelle Seiki, pas Sainte-je-ne-sais-quoi. »
Seiki, qui avait treize ans, connaissait un peu le monde, mais ne le maîtrisait pas encore.
Autrement dit, elle s’était fait avoir.
Tout le monde se trompe, et Seiki finit par considérer cette décision comme l’une de ses erreurs.
Ce prêtre était-il quelqu’un de mauvais ?
Non. Il ne l’était pas.
Cet homme s’était sincèrement réjoui en la voyant, l’avait bénie de tout son cœur et croyait véritablement que son bonheur se trouvait au sein de la secte, avec tout ce dont elle avait jamais rêvé.
Même si elle avait éconduit ce prêtre à l’air avenant et poursuivi sa route, même si elle avait refusé qu’il l’accompagne, dès que l’État saint aurait appris l’existence d’une Sainte Élue, il ne l’aurait pas laissée tranquille.
Par la suite, Seiki fut emmenée dans un monastère construit par la secte.
Il se trouvait à la lisière d’une chaîne de montagnes, loin de toute ville. Elle y entra, et l’homme qui l’avait guidée pleura, lui accorda sa bénédiction, puis s’en alla.
« Oh, le Seigneur nous a prouvé qu’il veille sur nous. Tous les Fruits déchus appartiennent au Seigneur, et l’abondance est le don qu’il nous accorde. »
Seiki laissa ces paroles lui entrer par une oreille et ressortir par l’autre, puis pénétra dans le monastère. Au bout de deux jours, elle comprit qu’elle était piégée.
« Et où crois-tu aller ? »
Il y avait toujours quelqu’un devant la porte.
Ensuite, celui qui se présentait comme un prêtre de la Secte de l’Abondance lui annonça qu’il allait lui enseigner la conduite et la doctrine propres à une Sainte Élue, puis la surveilla à chaque instant de la journée.
En apparence, elle pouvait se promener librement, mais toute activité extérieure qu’elle souhaitait vraiment était interdite.
C’était la même chose que d’être emprisonnée.
Elle se sentait enfermée, corps et âme.
Une cage. À douze ans, elle avait été enfermée trois jours.
On l’accusait d’avoir dégainé une lame dans les limites de la ville.
Son grand-père avait vendu une peau précieuse pour la faire libérer, se rappela-t-elle.
C’était pareil, cette fois.
Était-ce un problème ?
Oui.
Seiki sentit que l’ambiance prenait une tournure étrange. Prétextant une chose puis une autre, elle parcourut à pied chaque recoin du monastère et l’inspecta du regard.
Plus elle observait les lieux, plus elle en découvrait.
« Qu’est-ce qu’il y a, là-bas ? »
Sous le monastère se trouvait une salle souterraine qui ressemblait à une grotte, et elle voyait bien que des gens y entraient et en sortaient.
Elle ne prit pas la peine d’y descendre. Elle n’en avait ni le temps ni l’occasion.
« C’est la chapelle des prières de jeûne. »
On lui expliqua qu’on y envoyait les gens prier sans manger, mais, en passant devant, Seiki avait perçu une odeur légère, presque celle de nourriture.
Elle avait aussi remarqué des miettes de pain éparpillées sur le chemin et des traces de petits animaux, peut-être des rats.
Qu’est-ce que cela signifiait ?
Quelqu’un est enfermé là-dessous.
« Qu’est-ce qu’une Sainte Élue peut faire ? »
Ensuite, elle joua les innocentes et posa des questions comme si elle ne savait rien.
Certaines réponses ne servaient à rien, mais d’autres, si.
Elle en avait assez pour assembler les morceaux.
« Tu peux fabriquer de l’eau bénite et des potions. Le pouvoir divin d’une Sainte Élue ou d’un Saint Homme est très différent de celui d’un simple fidèle. C’est un pouvoir qui sait donner. En ce sens, Sainte Élue Seiki n’a pas encore été formée. Il faudra donc développer tes capacités. »
C’étaient les paroles de Shilma, la directrice du monastère.
Souterrain. Nourriture. Enfermement.
Une Sainte Élue pouvait fabriquer des potions.
Alors, quelle était sa valeur à leurs yeux, à présent ?
Elle ne savait pas encore comment faire ressortir sa nature divine.
Une fois qu’elle aurait appris à s’en servir, que lui ferait-on faire ?
Tout ce qu’elle avait entendu ne menait qu’à une seule conclusion : elle fabriquerait des potions. Sinon, il n’y avait aucune raison de la garder enfermée ainsi.
Seiki avait des choses qu’elle désirait. Elle avait choisi d’essayer d’être une Sainte Élue et de découvrir ce que la secte pouvait lui offrir.
Elle n’avait pas choisi de rester enfermée ici.
Mais dire « Je ne veux plus être une Sainte Élue, je veux rentrer chez moi » ne suffirait pas à la faire libérer.
À partir de là, Seiki observa les gens qui l’entouraient. Elle étudia les bâtiments et mémorisa les lieux.
Ce n’était pas difficile. Depuis toute petite, elle savait repérer les pièges en se fiant simplement à la forme d’une forêt.
Elle n’avait pas le choix, sans quoi elle serait morte depuis longtemps.
Comparés aux endroits où elle avait grandi, les formes des bâtiments d’ici, les coins ombragés où la mousse s’était installée, les murs couverts de lierre : chaque détail lui sautait aux yeux. Une carte des lieux se dessinait dans sa tête.
Et il n’y avait pas que le terrain. Les gens qui se déplaçaient, les armes, tout s’inscrivait sur cette carte mentale.
Même ceux qui bougeaient sous ses yeux finissaient par y trouver leur place.
C’était l’une des compétences que son grand-père lui avait enseignées. Voilà la richesse qu’elle possédait, son talent à elle.
Elle mit tout en ordre sans que personne, dans le monastère, ne s’en aperçoive.
Après avoir établi cette carte en trois dimensions, elle parvint à la conclusion suivante.
Je ne peux pas sortir sans aide.
La première tentative d’évasion de Seiki réussit. Elle commença au beau milieu d’une leçon de théologie, quand elle posa un couteau contre la gorge de son professeur.
Le couteau venait d’un plateau-repas. Bien sûr, peu importait à quoi il était destiné : contre la gorge de quelqu’un, il constituait une menace suffisante.
Elle avait joué jusque-là les filles dociles et sans défense. Personne n’aurait pu prévoir ça.
La leçon se déroulait dans une petite pièce, où ils n’étaient que tous les deux.
Seiki avait passé son temps à étudier les habitudes des lieux et se servit de tout ce qu’elle avait appris.
L’emplacement des fenêtres, les réserves souterraines intégrées à la structure du monastère, les itinéraires empruntés par les gens et ceux qu’ils évitaient, les groupes de personnes qui l’assommeraient sans hésiter d’un seul coup de poing si elle les affrontait de face, les chemins qu’ils prendraient probablement.
Elle fit croire qu’elle s’enfuyait dans une direction et sema des indices dans tous les coins, puis se cacha dans la chambre d’un jeune moine qui avait eu pitié d’elle.
« Merci. »
« … Père Seigneur, je t’en prie, juge et corrige les torts de cette secte. »
La prière du jeune moine révélait qu’il comprenait l’injustice de la situation.
Mais il ne pouvait rien y faire.
Tout ce qu’il pouvait, c’était aider cette pauvre enfant.
Elle lui avait seulement demandé de la cacher un petit moment.
Cela suffisait. Sinon, elle lui demandait de lui donner une raison pour laquelle elle devrait passer sa vie enfermée ici.
Il n’y avait aucune raison de la garder en cage. Il n’avait donc rien à lui répondre.
Ce n’était pas un argument, mais elle n’avait rien dit de faux.
Le moine accéda donc à sa requête.
C’était le mieux qu’il pouvait faire à cet instant.
Pourquoi ? Parce que s’il s’était levé pour dénoncer ouvertement cette injustice, il aurait été condamné au bûcher.
Il était la dernière conscience d’une secte en pleine décomposition.
Seiki l’avait compris.
Quand on chasse ou qu’on traque des Créatures démoniaques, on se sert de tout ce qui nous entoure. C’était comme ça.
Elle avait simplement fait de même.
Cet endroit se disait monastère, mais il ressemblait davantage à une forteresse, et tous ceux qui s’y trouvaient étaient des fidèles ou des moines.
Tout le monde, ici, n’était pas pourri.
Elle passa une demi-journée cachée dans la chambre du moine.
À peu près au moment où ses poursuivants comprendraient qu’ils avaient été dupés, ou commenceraient à s’en douter, elle enfila les vêtements du jeune moine et sortit.
Elle avait préparé un prétexte plausible et sortit aux côtés du prêtre qui veillait sur elle comme une nourrice.
Deux alliés. Sans eux, même Seiki n’aurait pas pu s’échapper de cette forteresse-monastère.
Elle laissa derrière elle les galeries à colonnades, les statues des sept martyrs dressées au centre et la sculpture distincte représentant le dieu par une grappe de sept perles. Elle sortit de la prison qu’ils appelaient un monastère.
« Merci. »
Elle prononça ces mots en franchissant la porte, et la femme d’âge mûr qui avait joué les nourrices lui répondit. Son sourire, qui plissait les coins de ses yeux, était d’une chaleur sincère.
« Vis comme tu l’entends. »
« Vous ne risquez rien, maintenant que je suis partie ? »
« Tu n’es pas du genre à t’arrêter pour une inquiétude pareille, n’est-ce pas, Seiki ? »
Cette femme était généreuse et bienveillante.
S’il existait un dieu, ou si ce dieu avait un visage dans le monde, alors ce visage devait ressembler au sien.
Seiki repassa dans son esprit les bribes de théologie qu’elle avait parcourues et acquiesça vaguement.
« Désolée. J’ai des choses que je veux faire, et je vais vivre pour elles. »
Elle ne pouvait pas s’arrêter là par pitié pour cette femme.
Elle quitta le temple de cette façon, puis courut et marcha à travers les villes comme les campagnes.
Elle devait repérer les traces des Créatures démoniaques et des Bêtes magiques pour les éviter. À mi-chemin, elle remarqua qu’on la suivait et dut commencer à recourir à de véritables ruses.
Elle avait traversé pieds nus un marais infesté de dizaines d’hommes-lézards.
Elle avait emprunté un chemin auquel personne n’aurait pensé et croyait les avoir semés.
Après s’être frayé un passage, elle n’eut d’autre choix que d’entrer dans une ville.
Ses poursuivants ne tardèrent naturellement pas à la suivre.
Était-ce une erreur ?
Non. Sans s’arrêter dans une ville pour se préparer et acheter des provisions, l’évasion qui suivit aurait été impossible.
Elle le fit donc. Elle vendit un petit chandelier en argent qu’elle avait emporté du temple en partant et acheta tout ce dont elle avait besoin.
Cette dague va me coûter cher.
On lui avait confisqué sa dague de chasse depuis longtemps ; elle n’avait donc aucune arme.
Elle acheta une dague et dépensa les couronnes restantes pour des bottes à semelles épaisses, une cape et des vêtements de rechange.
Tout cela se passa avant l’arrivée de ses poursuivants. Sans quoi, les gardes l’auraient déjà attrapée.
Elle prétendit être une petite chasseuse mal fagotée qui rejoignait ses parents et leur groupe de chasse à l’extérieur de la ville. On lui ouvrit les portes sans faire d’histoires. Ensuite, elle marcha d’un bon pas, comme il se devait.
Se déguiser pour dissimuler son identité aurait été pratique, mais ce n’était pas son fort.
À la place, elle se fia aux talents qu’elle avait appris et exercés depuis l’enfance.
Grand-père.
Il était naturel qu’elle pense à celui qui l’avait élevée et entraînée.
Les petits matins étaient mordants. Le soleil se levait et, dans l’après-midi, il pouvait faire assez chaud pour transpirer.
Elle restait en terrain découvert dès qu’elle le pouvait.
Elle ne poussait pas jusqu’à l’horizon, mais évitait les hauteurs, les grottes et les crêtes montagneuses.
Elle avançait les yeux grands ouverts, scrutant tout ce qui l’entourait grâce à ses sens.
Elle échappa ainsi à plusieurs situations périlleuses et finit par atteindre Pelheim.
Là-bas, son plan consistait à semer jusqu’au dernier de ses poursuivants.
Ils ne lâchent rien.
Elle s’était glissée dans la ville et cherchait à en ressortir lorsque le nombre de personnes à ses trousses bondit soudain.
Jusque-là, elle en avait estimé le nombre à moins de dix. À présent, ils étaient plus d’une dizaine.
Un vaste filet s’était déployé autour d’elle, se resserrant de toutes parts.
Quand on sait qu’on est poursuivi, on évite de s’engager soi-même dans un cul-de-sac. C’est élémentaire. Pourtant, c’est exactement ce qu’elle fit. Elle se dirigea vers la forêt et se coupa toute retraite.
Pourquoi ? Parce que c’était le meilleur chemin pour s’en sortir.
Ça pourrait être pire.
Elle avait été blessée à plusieurs reprises en chemin, mais la secte l’avait reconnue comme Sainte Élue.
Cela signifiait qu’elle possédait une nature divine innée.
Elle ne savait pas comment la manifester, et ignorait donc comment s’en servir.
En revanche, Seiki guérissait vite, quelle que soit sa blessure.
Les poisons n’avaient aucune prise sur elle, et même la blessure à la jambe qui avait failli lui coûter son membre se résorba d’une manière ou d’une autre.
« Tu es une demi-elfe ou une demi-Grenouille ? »
« Les Grenouilles pondent des œufs. Tu m’as sortie d’un œuf ? Grand-père le saurait, pas moi. »
« Ta mère est ma fille, petite peste. »
C’était déjà assez surprenant d’entendre son grand-père dire une chose pareille. Il en avait toujours été ainsi, depuis qu’elle était toute petite.
Un croisement entre un humain et une Grenouille était censé être impossible. À l’époque, elle avait trouvé ça bizarre, puis était passée à autre chose.
Comment aurait-elle pu savoir que c’était à cause de son pouvoir divin ?
Quoi qu’il en soit, Seiki comptait filer vers le nord et semer jusqu’au dernier de ses poursuivants.
Se mettre à l’abri dans la forêt, puis courir vers le nord. Simple, mais il lui avait fallu déployer bien des efforts pour y parvenir.
Une demi-journée passa.
Que le soleil se lève ou que la lune paraisse, elle rognait sur ses heures de sommeil et continuait d’avancer.
Elle avait appris depuis longtemps à dormir sans attirer l’attention des Créatures démoniaques ou des Bêtes magiques.
La fatigue s’accumula jusqu’à ce que ses bras et ses jambes lui paraissent lestés de pierres.
Contournant la ville et remontant vers le nord, elle atteignit le bord d’une chaîne de montagnes.
C’était une partie de la Chaîne de montagnes des Géants, qui s’étendait au loin. Les gens appelaient cette région le nord de Pelheim.
C’était un endroit dangereux. Extrêmement dangereux.
Ce territoire appartenait à une Créature démoniaque cracheuse de feu.
Seiki s’apprêtait à tenter une nouvelle fois de franchir cette chaîne.
C’était son plan initial, jusqu’à ce qu’elle aperçoive les gens qui lui barraient le chemin.
« Enfant saint. »
Une femme au sourire doux, debout au centre du groupe, prit la parole.
« Je m’appelle Seiki. »
Seiki déclara clairement qui elle était. Elle n’était pas un enfant sacré. Elle était Seiki.
Et la femme qui se tenait devant elle était celle-là même qui l’avait félicitée de devenir une Sainte Élue, dans ce monastère-prison.
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