Chapitre 542
TRADUCTIONS WE TRIED
Traducteur : Hydrogen B
Éditeur : Abstract
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UN CHEVALIER QUI RÉGRESSE ÉTERNELLEMENT
Chapitre 542 : Maintenant, raconte-moi
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« Tss, quel dommage. On aurait mieux fait de le laisser derrière. »
« Hm. Il a survécu, finalement. »
« Le Seigneur n’est tout simplement pas encore prêt à t’accueillir, mon frère. »
« Ah. J’avais presque oublié qu’il était là. »
« Il a encore ses bras et ses jambes. Tant qu’il n’a rien perdu, tout va bien. »
« Pour toi, les Grenouilles et les humains, c’est pareil ? Je ne suis pas sûr qu’il aille bien, Sir Ragna. »
Voilà les paroles que Ragna entendit juste avant de perdre connaissance.
À y repenser, les deux dernières voix étaient probablement celles de Ruagarne et de Ropord.
Celui qui avait dit qu’il l’avait presque oublié devait être Enkrid.
Quant aux deux premières, c’étaient le Barbare et le félin sauvage.
Sans s’embarrasser d’un raisonnement plus poussé, Ragna ouvrit les yeux.
« Une seule main suffira. »
En rétablissant les mots sous-entendus, il voulait dire que, même s’ils s’y mettaient tous en même temps, une seule main lui suffirait. C’était aussi une invitation à l’attaquer, blessé ou non.
« Personne ne parle vraiment de te couper le bras. »
Il avait cru n’avoir fermé les yeux qu’un instant, mais non. Le plafond lui était inconnu, et une femme qu’il n’avait jamais vue le fixait du regard.
C’était Ann, qui s’était improvisée guérisseuse. Elle observa tranquillement Ragna, le blond, puis lui dit : « Repose-toi. Tu dois bien manger, dormir quelques jours et prendre tes médicaments sans en oublier une seule dose. »
Son ton était net et sans détour. Ragna hocha légèrement la tête. Ses bras et ses jambes étaient bandés. Il sentait la douleur, mais elle était bien plus supportable qu’avant son évanouissement.
« Où suis-je ? »
« Dans la salle de soins, même si elle laisse encore beaucoup à désirer, pour être honnête. Les infirmiers de campagne des baraquements n’ont pas la moindre notion de médecine. La moitié des alchimistes qui préparent des remèdes se pavanent avec des formules qu’ils ont apprises en espionnant quelqu’un. L’autre moitié s’accroche à quelques recettes bancales et rabâche des histoires de secrets familiaux vieux de plusieurs siècles, et ainsi de suite. Il y a quand même un avantage : vous demandez quelque chose, et ça apparaît aussitôt. »
Ann parlait sans s’arrêter tout en broyant des herbes dans un mortier en bois.
Avant le début de la guerre, Ann avait été affectée au corps médical. Enkrid l’avait confiée à Sinar, mais celle-ci ne pouvait pas s’occuper d’elle directement.
Ann s’était donc retrouvée dans la situation d’une roturière débarquant seule à une fête remplie d’enfants de nobles.
Comment appelait-on ça, déjà ?
Il existait une vieille histoire qui y ressemblait. Une roturière capable de se transformer à minuit était tombée amoureuse d’un prince et avait tenté de le séduire avec ses chaussures, ou quelque chose comme ça.
Dans l’histoire, après s’être fait sèchement rabrouer à la fête, elle s’était tellement énervée qu’elle avait utilisé ses chaussures comme des armes. Depuis, on disait : si tu n’as pas d’arme à une fête, sers-toi de tes chaussures.
Les détails lui échappaient, mais c’était ce qui lui était venu à l’esprit.
Heureusement, même si certains la dévisageaient d’un air ahuri, personne n’avait tenté d’abuser d’elle ni ne l’avait regardée avec des yeux prédateurs.
Malgré tout, deux jours à être traitée comme une roturière, c’était bien assez.
« Et vous, qui êtes-vous ? »
« Ann. »
Un homme aux grands yeux était venu chercher la jeune femme que le commandant avait amenée, puis lui avait trouvé un endroit où s’installer. Il lui avait dit de le prévenir si elle avait besoin de quoi que ce soit. Ann avait donc acquiescé avant de se lancer :
« Une chambre à moi. Des outils et du matériel pour faire des recherches. Des livres d’alchimie, si vous en trouvez. Et s’il y a des alchimistes en ville, j’aimerais les rencontrer. »
Cette demande directe poussa Kraiss à lui demander ce qu’elle était au juste. Son ton était légèrement incrédule, mais Ann répondit sans hésiter : une guérisseuse. L’homme aux grands yeux sembla ravi et se mit à répondre à ses besoins.
Kraiss n’était pas un sot. Il savait que la plupart des gens rassemblés en ville ou invités en personne n’étaient alchimistes que de nom.
Même si la moitié d’entre eux étaient des imposteurs, il avait décidé de leur accorder un soutien modéré au lieu de les chasser. En continuant à financer des gens de ce genre, les véritables alchimistes et chercheurs finissaient eux aussi par accourir.
Pour attraper un poisson un jour, il faut bien lancer l’appât.
Mais ça lui laissait tout de même un goût un peu amer.
C’était un peu comme prendre une poignée de pièces d’argent et les jeter dans un puits.
Ces alchimistes fous, une fois qu’ils avaient reçu leur argent, étaient censés produire quelque chose en échange. Pourtant, ils avaient tous ce même air d’inachevé. C’était la situation quand Ann était arrivée.
« Vous êtes l’élève de Raban l’alchimiste ? »
« Oui, je me spécialise dans la mise au point de remèdes et le traitement des maladies… »
« Je vois. »
Après cela, Ann connut des jours paisibles et obtint tout ce dont elle avait besoin.
La seule chose qu’elle pouvait encore désirer, c’était un maître véritablement doué.
C’était de la cupidité, bien sûr.
En matière de talent pur, un alchimiste du niveau de Raban ne se trouvait pas facilement.
Même ses potions jouissaient d’une excellente réputation.
Sur le continent, les potions, remèdes à effet immédiat, étaient parfois surnommées « seconde vie ».
Certaines étaient même vendues sous ce nom.
Il en existait essentiellement deux sortes. Les premières, imprégnées de divinité, n’étaient vendues que par le Saint-Siège. Les autres étaient fabriquées par certains alchimistes qui, génération après génération, perfectionnaient les techniques secrètes transmises dans leur lignée. Les premières étaient naturellement supérieures, tant par leur stabilité que par leur efficacité.
Elles coûtaient cher et étaient rares.
Quelques potions de la seconde catégorie s’étaient elles aussi fait un nom. Les produits d’ateliers assez réputés se vendaient plutôt bien.
Comme Raban avait mené des recherches sur les potions avec Ann, Kraiss la considérait comme une personne capable d’en mettre au point elle-même.
Elle savait soigner les gens, pratiquer des opérations, remettre des os en place et s’occuper de toutes sortes de choses, mais sa véritable spécialité était l’alchimie.
Même si elle s’avérait être une imposture, la confiance était à la base de tout investissement. Kraiss lui avait donc fourni ce dont elle avait besoin.
Bientôt, Ann eut sa propre salle de recherche, au lieu d’un simple coin dans les baraquements médicaux, ainsi qu’une salle de soins à la hauteur.
Il était naturel que ses compétences soient reconnues.
Raban la qualifiait déjà de génie lorsqu’elle travaillait sous ses ordres.
Ce serait merveilleux si toutes les personnes talentueuses pouvaient trouver une telle occasion et s’épanouir, mais, bien sûr, la vie ne fonctionnait jamais ainsi.
Certains pouvaient ainsi déployer leurs talents, mais beaucoup d’autres, talentueux ou non, vivaient et mouraient sans jamais en avoir l’occasion.
Ann savait qu’elle avait eu de la chance. Pourtant, son désir d’étudier et d’approfondir l’alchimie médicinale pour réaliser son rêve dépassait sa satisfaction. Elle en voulait donc davantage.
Tout cela expliquait le flot de paroles qui lui échappa lorsqu’elle vit Ragna.
À part Ragna, parmi les blessés graves de cette bataille, il n’y avait qu’un soldat à la cheville foulée et le seigneur de la ville. Frog n’avait pas besoin de soins : c’était tout.
Le seigneur de la ville avait quitté la salle de soins presque dès qu’il s’était senti mieux, prétextant qu’il s’y sentait à l’étroit. Quant au soldat à la cheville foulée, il n’aurait même pas dû s’y trouver.
Ragna était donc le seul à avoir été étendu là, grièvement blessé, et à s’être réveillé.
Il y avait aussi quelques cas bénins, des rhumes et autres, mais toute la ville célébrait sa victoire. On ne parlait que du grand triomphe et du titre de Mur de Fer.
Aucun soldat qui n’était pas gravement malade ne restait couché.
Bref, voilà où en étaient les choses. Le physique de Ragna avait particulièrement attiré l’attention d’Ann, d’où le récit qu’elle venait de lui servir. En l’écoutant, Ragna entrouvrit les yeux, l’air indolent.
« Je vois. »
Impossible de confondre cette réponse avec la moindre marque d’intérêt, même infime.
« Oh. Euh… Oui. D’accord. »
Ann fut un peu décontenancée. N’était-il pas normal d’éprouver au moins un frémissement lorsqu’une aussi jolie femme s’intéressait à vous ?
C’était ce qu’elle se disait, mais, en réalité, Ann n’avait jamais connu la moindre aventure amoureuse avec qui que ce soit.
Elle avait tout appris des relations entre hommes et femmes dans les livres.
Ann observa les yeux ensommeillés de Ragna et ses cheveux blonds et gras, qu’il n’avait pas lavés depuis qu’il était blessé.
Une fois lavé et bien habillé, il aurait belle allure. Pour l’instant, sa peau était terne parce qu’il n’avait pu ni se laver ni manger, mais tout de même.
« Je m’appelle Ann. »
« Je vois. »
Ragna ne l’écoutait déjà plus. Il répondit distraitement et referma les yeux.
Ann le regarda et sentit quelque chose se nouer dans sa poitrine.
C’était quoi, ce fichu truc ?
Même s’il ne s’intéressait pas à elle, n’était-ce pas la moindre des politesses de donner son nom en retour quand quelqu’un vous disait le sien ?
Les jurons qu’elle avait appris en s’entraînant auprès de Raban et en parcourant le continent faillirent lui échapper.
La fille qui bavardait devant lui n’existait même pas aux yeux de Ragna.
Il ferma les yeux.
Il avait vu de ses propres yeux l’issue de la bataille, mais un moment auquel il avait assisté l’intriguait.
Juste avant de s’appuyer sur son épée brisée comme sur un bâton et de retourner vers les lignes alliées, il avait vu ce qu’Enkrid avait fait.
Qu’est-ce que c’était ?
La Pression s’était changée en mur et avait arrêté l’ennemi.
C’était une forme de Volonté qu’il n’avait jamais vue de sa vie.
Si son corps avait été ne serait-ce qu’un peu moins abîmé, il serait allé lui poser la question sur-le-champ. Mais Ragna reconnut froidement qu’il n’était pas en état de le faire. Pour l’instant, il était temps de se reposer.
* * *
« Bon. Maintenant, raconte-moi. »
La faible lueur de la lampe n’éclairait que la moitié du visage de Sinar, laissant l’autre dans l’ombre.
« C’était de la Volonté ? »
Enkrid remarqua aussi la personne assise dans l’obscurité, à côté d’elle.
Ce félin sournois, Jaxon. Seuls ses yeux captaient la lumière, et sa présence était si discrète qu’il aurait pu disparaître en un clin d’œil sans que personne s’en aperçoive.
« Ne sois pas si sournois. Allume la lampe derrière toi. »
Fouff.
Rem, assis en face de lui, approcha une bougie de la lampe éteinte et l’alluma. Avec la lampe et le brasero qui brûlaient, la pièce s’éclaira d’un coup.
Une peau d’Ours magique pendait à l’un des murs. Le sol était recouvert d’herbe sèche et d’un tapis gris. Contre un mur se trouvaient un bureau en bois et un lit bas, installé à hauteur de tête. C’était la chambre de Sinar.
Sinar avait invité Enkrid pour l’interroger sur le Mur de Fer qu’il avait manifesté, et tous les autres avaient simplement suivi.
L’endroit importait peu. Même si c’était la chambre de Sinar, elle y passait très peu de temps.
« Il faut faire attention avec le feu. »
Sinar observa Rem allumer la bougie et le lui fit remarquer. Pour une raison ou une autre, elle ne cessait de se méfier du feu.
« Personne ne va crever dans un incendie, ici. »
Rem répliqua sans réfléchir, puis renifla et donna un coup de coude à Enkrid.
« Allez, raconte-nous. Qu’est-ce que t’as fait ? »
« Je suis également curieux de savoir comment tu as appelé mon nom, mon frère. »
Audin prit le relais de Rem. À ses côtés se tenaient Teresa, Ropord, Fell et Ruagarne.
En fait, Œil-de-Faucon se trouvait juste devant la chambre, et Enkrid caressait le dos d’Esther. Elle avait naturellement repris sa forme de panthère.
Esther gronda doucement au fond de sa gorge.
Cela faisait tellement longtemps qu’elle ne se promenait plus sous forme humaine qu’Enkrid se demandait presque si elle n’avait pas décidé que sa véritable identité était celle d’une panthère.
C’était l’une de ces soirées tranquilles.
La guerre était finie, et ils avaient passé la journée à boire et à manger à satiété.
Il avait entendu au passage le surnom d’Épéiste du Mur de Fer circuler parmi eux.
Ça sonnait au moins un peu mieux que Tueur de créatures démoniaques, non ?
Enkrid laissa ces pensées sans importance lui traverser l’esprit, puis répondit par bribes à leurs questions.
« Quoi ? »
« Oh, fais pas l’innocent. T’es vraiment doué pour ça. »
« On parle de ce que tu as fait pour obtenir le titre de Mur de Fer. »
« Quand tu m’as appelé, tu as utilisé une technique spéciale, non ? Mon frère insaisissable. »
Audin avait tendance à changer le titre qu’il accolait au mot « frère », le modifiant à sa guise selon son humeur.
Enkrid fit le tour de leurs questions. Rem et les quelques-uns qui avaient atteint un niveau proche de celui des chevaliers semblaient simplement curieux, mais Ropord et Fell avaient un regard différent.
Ruagarne, surtout, s’était installé avec la ferme intention de ramper jusque-là, s’il le fallait, malgré sa jambe unique.
Ses yeux luisaient moins comme ceux d’une Grenouille que comme ceux d’un géant, comme s’ils étaient si pleins d’huile que ses globes oculaires en débordaient.
Enkrid repensa à ce moment et prit la parole.
« J’ai dressé un mur et j’y ai infusé la Pression. »
La Volonté bouillonnante, la vague d’émotion, la toute-puissance qui en avait jailli… il ne pouvait pas expliquer ces aspects avec plus de précision. Il s’était contenté d’y déverser sa Volonté jusqu’à ce que le mur tienne.
« Putain, tu appelles ça une explication ? »
Rem s’agaça en l’entendant. Comment quiconque était censé comprendre ça ?
« Hm. C’est vraiment tout ? »
Jaxon ajouta son grain de sel.
Le sang-froid d’Enkrid aurait été rare même chez les véritables chevaliers. Et pourtant, à cet instant, au lieu de la Volonté, c’était une vague d’irritation qui montait en lui.
Se faire reprocher de ne pas savoir expliquer ?
Rem et Jaxon étaient les derniers à pouvoir lui faire ce reproche.
« Mon frère, comment as-tu fait quand tu m’as appelé ? »
Il n’y avait pas que le mur. Lorsqu’il avait appelé Audin, il avait lui aussi laissé éclater sa Volonté et accompli quelque chose de similaire.
Comment était-il censé mettre ça en mots ?
« J’ai crié en y concentrant ma Volonté. »
Cette fois, Enkrid choisit ses mots plus soigneusement.
« Je vois. »
Audin sourit, mais son expression était un peu raide. Ses yeux se plissèrent d’une manière qui paraissait forcée, sans vie.
Les critiques de Rem et l’expression d’Audin revenaient au même.
« C’est tout ce que je peux vous expliquer. »
Enkrid le répéta. Et, sans le vouloir, il comprit ce que Rem, Jaxon, Ragna et Audin avaient dû ressentir chaque fois qu’ils avaient tenté de lui expliquer une technique.
C’était simple quand on le faisait, mais dès que quelqu’un demandait une explication, on se retrouvait coincé.
Puisqu’il comprenait ce qu’ils avaient ressenti, il comprenait aussi que leur réaction était justifiée.
Alors Enkrid fit comme eux autrefois.
« Et qu’est-ce que vous voulez que j’y fasse ? »
« Ha ! »
Contre toute attente, Sinar éclata de rire.
Ropord et Fell prirent un air pensif, tandis que Ruagarne se mit à marmonner, le regard perdu au loin.
« Avec une Volonté comme celle d’Ousque, on pourrait faire tant de choses… On ne peut pas construire un mur tout seul, mais avec assez de force, on pourrait barrer un chemin avec un énorme rocher. »
D’une certaine façon, c’était tout à fait ça.
Il avait forcé les choses par la seule masse de sa Volonté innée.
« Si tu répands l’infusion de peur comme les ailes de Grime qui couvrent tout. »
« C’est comme planter des dizaines de lames pour les menacer. »
« Pas besoin de brandir beaucoup de boucliers, ma sœur. Il suffit d’en placer un devant toi. Bon, il faudrait qu’il soit assez grand, épais et solide. Mais, pour être honnête, le mur de notre frère commandant était un peu mou. »
Rem, puis Jaxon, puis Audin prirent la parole. Rem reprit ensuite.
« C’est vrai. »
« Des lames plutôt émoussées. »
Chacun avait digéré les paroles d’Enkrid et les avait reformulées selon sa propre manière de voir les choses.
Autrement dit, c’était le domaine du génie.
Audin prit même le temps, au milieu de tout ça, d’expliquer les choses à Teresa.
Enkrid sourit et les bénit tous.
« Les rejetons de Bêtes magiques quadrupèdes qui portent des visages humains. »
En raccourci, ça voulait dire quelque chose comme : fils de bêtes à tête de chien. Une insulte plutôt inventive.
Il s’en tint là, puis se leva.
Ils s’étaient retrouvés là par hasard, mais il avait quelque chose à faire ce soir. Il était donc temps d’y aller. C’était justement pour en parler à Sinar qu’il était venu avant tout ça.
Une mission venue de Nauril.
« Allons-y, Jaxon. »
« Oui. »
Il n’y allait pas seul. Jaxon se leva sans un bruit.
« Sinar ? »
« Oui, allons-y, mon fiancé qui ne s’est pas desséché et qui continue à me faire rire. »
Même Tueur de démons aurait eu plus de dignité.
Ils se levèrent tous les trois. Rem annonça qu’il allait dormir et s’éloigna, tandis qu’Audin déclara qu’il était l’heure de prier avant de partir à son tour.
Les autres se dispersèrent également.
Dehors, ils enfilèrent des capes noires. On aurait dit des gens qui se glissaient dans l’obscurité pour accomplir quelque mission clandestine.
« Ça vous va bien. Trois félins sauvages ? »
Rem leur lança ça avant de disparaître.
Ils s’étaient donc retrouvés vêtus de noir par hasard, à sortir à une heure pareille ?
En même temps, ils n’allaient pas mettre une armure sertie de bijoux.
Inutile d’attirer les Bêtes magiques et les Créatures démoniaques, qui entraient en frénésie à la vue de tout ce qui brillait, ou de se transformer en cibles lumineuses.
Après tout, c’était une mission confidentielle.
Enkrid partit avec Jaxon et Sinar vers les faubourgs de la ville, en direction de Greenfield, plus précisément.
Une voiture noire les attendait là. Quelqu’un était déjà assis à l’intérieur.
La silhouette leur fit signe par la fenêtre.
Tous trois montèrent, et un homme qui avait même mis un masque pour dissimuler son visage leur demanda : « Alors ? Qu’en pensez-vous ? »
Enkrid répondit sans grand enthousiasme :
« Ça vous va bien. »
La voiture se mit en route. Elle se dirigeait vers la frontière, du côté d’Azpen.
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