Chapitre 528
TRADUCTIONS WE TRIED
Traducteur : Hydrogen B
Éditeur : Abstract
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UN CHEVALIER QUI RÉGRESSE ÉTERNELLEMENT
Chapitre 528 : Putain, c’est une arnaque
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Les sacrifices étaient inévitables à la guerre.
On n’y échappait pas.
Comme sacrifier un cavalier pour prendre un fou, abandonner un fou pour prendre une tour, ou échanger une tour contre une dame.
Remporter la victoire sans le moindre sacrifice avait toujours relevé du rêve lointain.
C’est avec cette idée en tête que Finn était partie en mission, prête à donner sa vie. C’était son rôle dans cette bataille. Ou plutôt, c’était ce qu’elle avait cru, et elle l’avait accepté comme une évidence.
Si un barde itinérant racontait cette histoire, qu’est-ce que je serais ?
De nombreux soldats étaient morts, mais la victoire de cette bataille leur était revenue.
Aurait-elle fait partie de ces soldats morts, engloutis dans une simple phrase ?
Un conteur doué aurait peut-être détaillé avec plus de soin les exploits de l’unité de reconnaissance, mais une chose était sûre : Finn s’était préparée à mourir.
Le sacrifice était inévitable. Quelqu’un devait tenir ce rôle, et son tour était simplement venu.
Elle s’était endurcie, avait accepté que tout s’arrête là, puis…
Hein ?
Les mots moururent avant même de franchir ses lèvres. Finn cligna simplement des yeux. Si une attaque était venue, son corps aurait bougé de lui-même ; des années d’entraînement auraient accompli ce que sa pensée n’aurait pu faire. Mais son esprit s’était figé, ça, c’était certain.
Qu’est-ce que c’est que ça ?
Quelque chose d’impossible, selon tout ce qu’elle connaissait, venait de se produire.
Était-ce un rêve ? Non.
La douleur des blessures qui parsemaient son corps lui prouvait clairement que tout était réel.
La lame qui lui avait ouvert l’épaule lui faisait couler le sang le long de l’avant-bras ; c’était chaud, cuisant, brûlant.
La sensation du réel était parfaitement intacte.
Alors, qui était cet homme, bon sang ?
Son regard glissa vers Jaxon. Tous ses soldats en firent autant.
À un moment donné, le groupe d’elfes qu’ils combattaient avait tout bonnement disparu. À sa place se tenait un seul membre de l’Escouade des Fous.
Des renforts ?
L’idée qu’il ne s’agissait que d’une seule personne ne lui traversa pas l’esprit.
Ce qui lui vint à l’esprit, c’est que rien de tout cela n’avait de sens.
Ils se trouvaient dans la Chaîne de montagnes de Pen-Hanil.
Pour parcourir la moitié d’une journée de marche en courant à toute allure, il aurait fallu faire un vacarme considérable. Les Créatures démoniaques et les Bêtes magiques qui grouillaient sur ces chemins se seraient lancées à la poursuite de quiconque courait ainsi, la bave aux lèvres, comme des bêtes prises d’une fièvre obsessionnelle.
Et ce n’était pas tout. L’intention meurtrière, discrète, que le groupe d’elfes dégageait s’était tout simplement évanouie. À moins qu’ils ne se soient soudain pris d’amour pour la paix et la bienveillance avant de se retirer de leur plein gré, ils devaient clairement être quelque part en train de discuter avec la mort.
Il les a tous tués en si peu de temps ?
Les mêmes ennemis que son unité avait eu tant de mal à tenir en échec ?
Et Finn n’avait même pas remarqué ce qui s’était passé.
Au-delà de sa capacité brute à tuer un groupe d’elfes, c’était le fait qu’il s’en soit chargé sans laisser la moindre trace de sa présence qui n’avait aucun sens.
Ça aurait dû être bruyant, chaotique, désordonné. C’était normal. C’était ainsi que les choses se passaient, d’après Finn.
Mais cet homme était apparu de nulle part, comme s’il était tombé du ciel ou avait surgi du sol, puis avait tout réglé en silence.
Il s’était matérialisé sans prévenir et avait nettoyé les alentours avant même qu’ils aient eu le temps de cligner des yeux.
Les événements s’étaient enchaînés, tous entièrement hors de portée de la conscience de Finn. Elle avait brandi son épée jusqu’à en trembler des bras et des jambes, et maintenant, elle restait là, incapable de faire un pas de plus.
Si son corps avait continué à bouger, elle n’aurait peut-être pas eu le loisir de réfléchir.
Mais il était immobile, alors ses yeux contemplèrent ce qui se trouvait devant elle, et son esprit se mit à traiter ce qu’ils lui rapportaient.
Finn sentit sa perception lutter contre la réalité. Malgré tout, elle se ressaisit.
Un soldat bien entraîné faisait ce qu’il fallait, peu importait le moment. C’était la seule façon d’expliquer qu’on puisse charger en première ligne en sachant pertinemment qu’on allait mourir.
Des années d’entraînement — plus précisément, l’enfer que lui avaient fait subir Audin et Sinar — avaient forgé chez Finn un esprit capable d’accepter le monde tel qu’il était et d’en tirer ce que la situation exigeait.
Alors, c’est une mauvaise chose ?
Pas du tout.
« Le commandant ennemi portait un arc. Le groupe d’elfes s’est battu d’une façon que je n’avais jamais vue. Je ne crois pas qu’ils soient au complet. »
Voilà les mots que Finn parvint à articuler. Jaxon ne répondit pas. Il resta simplement debout, immobile et silencieux.
Sa respiration était si ténue qu’on l’entendait à peine ; son regard était fixé droit devant lui, et pourtant, Finn avait l’étrange impression qu’il la regardait directement, même si, de là où elle se tenait, elle aurait dû ne voir que l’arrière de sa tête.
* * *
« Je ne veux perdre aucun des nôtres. »
Enkrid l’avait dit, et Jaxon n’avait pas trouvé la demande particulièrement difficile à satisfaire.
Si c’était impossible, tant pis. Mais ça valait la peine d’essayer.
Si l’issue pouvait se décider lors d’un affrontement entre quelques combattants d’élite, sans bataille rangée, c’était faisable. Éviter les risques inutiles et frapper seulement là où et quand il le fallait permettrait de réduire les pertes amies au minimum. En faisant les comptes, ça tenait la route. Même si exiger qu’il n’y ait pas une seule perte paraissait un peu extrême.
« Mais c’est la guerre, non ? »
C’était un objectif éhonté, et Jaxon ne put s’empêcher de protester.
« Ouais. Si c’est impossible, eh bien, tant pis. »
Enkrid l’avait dit d’un ton léger.
Le ton était léger, mais la volonté derrière ces mots ne l’était pas du tout.
Il voulait donc qu’aucun des leurs ne meure à la guerre.
À quel point ça avait l’air dingue ?
Et pourtant, il comptait s’y tenir. Même sans l’aide de Jaxon, Enkrid s’y emploierait. L’intention derrière ses paroles était limpide.
Depuis le début, il n’a fait que des trucs dingues pour en arriver là.
Cette fois ne ferait pas exception.
Jaxon avait décidé de jouer le jeu, même si cela lui paraissait assez étrange : lui, qu’on pouvait sans conteste qualifier de spécialiste de la mort, se mettait désormais à sauver des vies.
Mais il avait choisi cette voie et avait déconstruit la Lame de Georg pour la rebâtir dans cette optique.
« Je ne peux pas me montrer un peu gourmand ? Pourquoi ne pourrais-je pas gagner sans tuer personne ? Pourquoi ? Pourquoi ce serait interdit ? »
Voilà ce qu’Enkrid avait dit avant la sortie. D’humeur badine, il avait harcelé Jaxon de questions, mais ce dernier n’avait pas répondu à voix haute. Il s’était contenté de secouer la tête. En son for intérieur, il avait déjà accepté.
« Et Chevalier à la tête fêlée ? Ça ferait un surnom pas mal. »
À côté de lui, le barbare avait dit quelque chose qui, pour une fois depuis longtemps, avait plu à Jaxon.
Quoi qu’il en soit, Jaxon faisait exactement ce qu’Enkrid voulait.
Il avait repéré les elfes au clair de lune qui s’en prenaient aux leurs, les avait pris à revers et tous tués lui-même. Ensuite, il s’était montré au grand jour pour chercher l’archer, qui avait disparu au moment même où Jaxon s’était mis à l’œuvre.
La technique de l’ennemi pour dissimuler sa présence était remarquable : pas de respiration, aucune sensation perceptible. Jaxon s’était donc délibérément rendu visible.
Sinon, l’unité de reconnaissance amie en patrouille aurait été en danger.
Un sort ?
Non. Une maîtrise pure, acquise par l’entraînement, du même genre que la sienne.
Jaxon laissa volontairement filtrer un peu plus sa présence.
Il n’avait jamais fait ce genre de travail, mais ne pas connaître quelque chose ne signifiait pas qu’on était incapable de bien le faire.
S’exposer pour protéger quelqu’un. Il s’était déjà servi de lui-même comme appât pour attirer une cible et la tuer, mais jamais tout à fait de cette manière.
Pendant tout ce temps, Finn avait parlé. Jaxon l’avait entendue, mais n’avait pas réagi.
Il avait déjà évalué la situation.
Il n’était pas du genre à se débattre au milieu d’un combat en se fiant à son instinct, comme un barbare.
Il n’était pas non plus un bâtard incapable de s’orienter, qui fonçait tête baissée sans réfléchir.
Et il ne s’en remettait pas aux dieux pour tout.
Et surtout, il ne fonçait pas tête baissée parce qu’il fallait protéger quelque chose, quitte à réfléchir après.
Jaxon avait écouté tout en avançant, reconstitué la situation à partir des sons qui l’entouraient et déjà pris la position la mieux adaptée à sa manière de combattre.
Le groupe d’elfes au clair de lune s’en prenait aux alliés ; il l’avait donc frappé par-derrière. Ensuite, il s’était montré. C’était la position idéale pour faire ce qui devait être fait.
Une position d’où protéger Finn et l’unité de reconnaissance.
« Que personne ne bouge. »
Jaxon prit la parole.
À ces mots, Finn et l’équipe de reconnaissance osèrent à peine respirer.
Il aurait voulu leur dire de cesser complètement de respirer s’il le fallait, mais ça n’en arriverait pas là.
L’ennemi, l’archer, n’était pas un chevalier.
Mais c’était un adversaire retors, aucun doute là-dessus.
Sa présence lui évoquait aussi quelque chose ; il avait l’impression d’avoir déjà affronté quelqu’un de ce genre.
Était-ce simplement que les chasseurs qui avaient développé leur talent finissaient tous par se ressembler ?
Non. Ce n’était pas ça.
La Serre du Faucon ?
Le nom traversa l’esprit de Jaxon.
Quand était-ce déjà ? Lors de la bataille où le commandant s’était fait botter par Grenouille ?
Il y avait eu un archer qui portait un nom de ce genre.
Était-ce le même ? Non. Celui-ci était d’un rang supérieur. Son instinct le lui disait.
Jaxon ignorait que la Serre du Faucon avait été abattue depuis longtemps par la hache de Rem et avait traversé la Rivière Noire.
La femme qui se dissimulait à présent, trompant même les sens de Jaxon, était le maître de la Serre du Faucon.
La moitié de son sang était elfe, mais son apparence extérieure était entièrement humaine. Une demi-elfe.
Elle avait puisé dans le talent enfoui dans son sang, jusque dans ses instincts, pour se dissimuler.
Jaxon n’avait pas besoin de savoir tout cela.
Peu importait la méthode : l’ennemi était caché, il devait donc la trouver.
C’était la nature même du métier d’assassin.
Il suffisait de planter un morceau de métal dans un corps, et pourtant, le plus exaspérant, c’était de trouver sa cible.
Enfin, si Grenouille avait été la cible, un seul coup n’aurait de toute façon pas suffi.
Toute cette race suivait le principe de la sécurité avant tout et dormait dans son armure du Cœur.
En vérité, Grenouille était simplement susceptible dès qu’on parlait de cœur, alors c’était tout naturel.
À part Grenouille, quelle était la partie la plus frustrante d’un contrat d’assassinat ?
Trouver ceux qui savaient bien se cacher.
Certains creusaient comme des taupes et disparaissaient sous terre. D’autres dormaient chaque soir dans une pièce différente de leur propre manoir.
La Lame de Georg excellait dans le renseignement, et il arrivait que les informations recueillies permettent de localiser une cible. Mais lorsque la situation évoluait comme celle-ci, Jaxon compensait avec ses propres capacités.
Il s’en était sorti ainsi en s’appuyant sur son talent naturel. C’est pourquoi son ancien maître, qui s’était autrefois proclamé son professeur, lui avait lancé une phrase mémorable.
« Pu-, c’est de la triche. »
Pas vraiment, pourtant.
Il fallait réserver le mot « triche » à quelqu’un comme son commandant.
Cette volonté ne s’épuise jamais ?
Se battre contre quelqu’un qui possédait une telle volonté, c’était de la triche.
Fell avait-il été le seul à être bouleversé en voyant Enkrid après son éveil ? Jaxon aussi avait été ému.
Et peut-être parce qu’il avait été touché, il avait accepté l’absurde exigence de garder en vie chacun de leurs alliés.
On pouvait devenir chevalier même sans bénédiction céleste ni talent.
« Pourquoi ne pourrais-je pas partir au combat sans perdre un seul des nôtres ? »
Les paroles d’Enkrid résonnèrent à ses oreilles.
De petites pensées s’étaient superposées, des idées s’étaient rassemblées pour former une masse, et cette masse s’était muée en volonté. Voilà ce qu’était la Volonté.
Jaxon était né avec des sens aiguisés, et la Volonté était quelque chose qu’il pouvait réellement ressentir.
L’elfe Sinar parlait de la Volonté en termes d’essence vitale, tandis que Rem l’intégrait à sa Sorcellerie ; pour Jaxon, ce n’était qu’une sensation.
Ce qu’on ne voyait pas n’était pas forcément absent.
Jaxon rendit ses sens perceptibles et y insuffla sa volonté. Il rétrécit le vaste cercle qui rayonnait depuis lui, en son centre, et en intensifia les couleurs.
Certains se servaient de la Volonté pour porter une entaille capable de tout trancher.
D’autres la projetaient pour envoyer une lame invisible à travers les airs.
Jaxon n’avait pas ce genre de talent.
Le sien lui permettait plutôt de faire passer la Volonté par ses cinq sens.
Les arbres aux feuilles pointues qui bloquaient la lumière du soleil au-dessus de lui, l’ombre sombre à leurs pieds, les ombres plus douces au-delà, les odeurs portées par l’air, la direction du vent.
Ses cinq sens se fondirent en un seul et ouvrirent la porte du Sixième Sens. Il avait superposé la Volonté à la Technique sensorielle et, grâce à cela, Jaxon prit conscience de tout ce qui se trouvait dans le cercle qu’il avait rendu perceptible.
L’inquiétude des soldats alliés derrière lui.
La présence de l’archer quelque part dans les arbres devant lui, qui venait d’encocher une flèche et de tendre son arc.
Twang.
La corde n’aurait pas dû s’entendre à cette distance, et pourtant, le son lui parvint en premier.
Puis une flèche fila comme un trait de lumière.
Elle ne visait pas Jaxon, mais Finn. Même à cet instant, l’archer avait réfléchi.
Elle comptait ouvrir une brèche en s’en prenant à Finn, puis en tirer parti.
Jaxon saisit Finn par le poignet et la tira sur le côté.
La flèche s’enfonça dans la terre dans un bruit sourd ; une petite pierre, près du point d’impact, bondit et roula en claquant sur le sol. Elle retomba avec un petit bruit, et Finn, tirée par la main qui lui tenait le poignet, sentit la traction disparaître en un battement de cœur. Dans le même instant, Jaxon s’était de nouveau volatilisé.
Comme une fumée qu’on souffle, il avait échappé au champ de perception de Finn.
Au même moment, l’archer le perdit de vue elle aussi.
* * *
La mère d’Ateroz était une elfe, et son père, un humain.
Son père humain avait abandonné sa mère et elle, mais Ateroz eut la chance d’être acceptée par la société des elfes.
À cette époque, la société elfique avait elle aussi besoin d’une révolution, et elle eut la chance de participer à la fondation de l’unité de combat des elfes au clair de lune.
Après avoir enduré bien des épreuves et accumulé suffisamment de pouvoir, elle se fixa un objectif.
Tuer mon père.
Tous les hommes qui répandaient leur semence à la légère étaient ses ennemis.
Après avoir tué son père, elle se fixa un autre objectif.
Tuer tous les hommes qui engendrent des bâtards.
Pour cela, elle emprunta le pouvoir d’Azpen, retrouva son père et le tua.
En chemin, elle prêta plusieurs serments et emmena une partie des elfes au clair de lune pour former une unité de combat.
Quand une partie de cette unité elfique fut abattue, Ateroz se cacha aussitôt et se saisit de son arc.
Puis elle décocha une flèche sur celle qu’elle avait jugée être la commandante des survivants.
Une ouverture.
C’est ce qu’elle avait cherché : une ouverture chez cette créature terrifiante apparue sans prévenir.
Aucune ne se présenta.
Lorsque sa flèche manqua sa cible, Ateroz se dissimula de nouveau.
Elle se fondit dans la pénombre qui l’avait protégée depuis l’enfance, mais sentit le froid d’une lame contre son dos avant d’avoir pu s’y installer.
Par réflexe, elle pivota et balança son arc pour frapper, mais la lame qui s’enfonçait entre ses vertèbres fut plus rapide.
L’homme qui lui faisait face était spécialisé dans l’art de donner la mort.
Ateroz avait passé des années à tuer les hommes qui engendraient des bâtards, et elle reconnut cette spécialité en la voyant.
Chaque mort a son histoire.
La demi-elfe qui se tenait du côté d’Azpen avait, elle aussi, une histoire.
Mais la mort met fin à tout.
Et c’est ainsi que mourut une demi-elfe qui avait autrefois désigné les hommes engendrant des bâtards comme ses ennemis et s’était consacrée à les tuer. Il n’y avait rien de sentimental là-dedans.
Était-elle un appât ?
À l’instant où l’archer mourut, Jaxon sentit des regards posés sur lui.
Ses sens lui indiquaient que ce n’était pas fini.
Au-delà de la lisière, une présence semblable à celle qu’il venait de tuer se fit sentir.
Trois fois plus nombreux que le groupe qu’il avait affronté auparavant. Des dizaines d’épéistes elfes.
Elle n’était probablement pas qu’un simple appât.
Quand leur camp avait été vaincu, leur commandant avait changé de tactique, et ce changement avait fait de l’archer morte un appât.
Jaxon avait changé de position et dévoilé une partie de ses capacités pour tuer l’archer.
Il fit rouler son poignet et assouplit ses articulations. Le dernier échange n’avait été qu’un échauffement. Il était temps de déployer sa véritable force.
Les épéistes elfes ne chargèrent pas. Au lieu de cela, ils commencèrent à s’écarter par groupes, et Jaxon reconnut dans leurs mouvements la formation coordonnée qu’ils mettaient en place.
L’archer n’avait jamais été censée servir d’appât, et pourtant, quelqu’un l’avait transformée en un instant. Qui avait tiré les ficelles ?
Les mouvements des épéistes elfes avaient provoqué ce changement, ce qui signifiait qu’un véritable commandant se trouvait derrière eux.
Jaxon avait déjà identifié ce commandant et localisé sa position, mais il jugea qu’il ne pouvait pas l’attaquer de front.
Les épéistes elfes s’interposaient entre lui et le commandant, en plusieurs rangs.
Autrement dit, le moment était venu de déployer sa véritable force.
L’ennemi semblait avoir pris Jaxon pour un combattant habile qui se dissimulait et frappait depuis l’ombre.
C’était, bien entendu, une grave erreur d’appréciation.
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