Chapitre 527
TRADUCTIONS WE TRIED
Traducteur : Hydrogen B
Éditrice : Abstract
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UN CHEVALIER QUI RÉGRESSE ÉTERNELLEMENT
Chapitre 527 : Finn, un homme ordinaire
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Finn avait repéré la piste de l’ennemi et remarqué que celui-ci s’était divisé en trois groupes.
Il s’était lancé à la poursuite de celui qui lui semblait le plus nombreux.
Une demi-journée de marche le séparait de l’Escouade des Fous d’Enkrid.
Une distance vague, si l’on voulait. Raisonnable, si l’on voulait.
En se donnant à fond, il pouvait la rattraper en courant. Une demi-journée ne serait bientôt plus rien.
Mais pas dans la Chaîne de montagnes de Pen-Hanil.
Cet endroit était un foyer de Bêtes magiques, un peu comme la Terre Maudite.
À moins d’être capable de sprinter à toute allure sans laisser la moindre trace, tel un fantôme, une demi-journée resterait une demi-journée.
Ça va mal. Vraiment très mal.
La poisse, ou bien avait-il baissé sa garde ?
Sans doute les deux.
Quand Sinar l’apprendrait, elle lui dirait probablement d’aller crever dans un fossé.
Mais Finn n’avait pas eu beaucoup le choix.
Dès qu’il avait repéré la piste, il devait la surveiller et la suivre. Il ne pouvait pas risquer que l’ennemi emprunte un autre chemin, passe derrière eux et prenne le gros des troupes en embuscade.
Son rôle consistait à mettre les siens sur la piste de l’ennemi. C’était exactement ce qu’il avait fait.
Et maintenant qu’il y repensait, la piste laissée par l’ennemi lui paraissait délibérée. Juste assez visible pour être repérée, juste assez tentante pour attirer quelqu’un. Il n’en tirait qu’une conclusion.
Je me suis fait avoir.
Il n’avait pas envie de le croire, mais, vu la situation, ça collait.
L’ennemi avait semé juste ce qu’il fallait d’indices, et Finn avait estimé pouvoir passer devant ses éclaireurs sans se faire repérer.
Après tout, on s’est entraînés avec des elfes.
Et quel entraînement de l’enfer ! Un elfe au visage impassible qui lui ordonnait de courir, puis de rouler. Difficile de ne pas prendre confiance en soi après ça.
En outre, tous les membres de l’équipe de reconnaissance, Finn compris, avaient survécu aux exercices de conditionnement d’Audin.
« Audin. »
« AAAAAH ! »
Il fut un temps où ces trois syllabes suffisaient à réveiller n’importe qui en sursaut, même au beau milieu de la nuit.
Ils avaient survécu à cette époque, et, depuis, ils étaient devenus capables de traverser la Chaîne de montagnes de Pen-Hanil et d’en revenir vivants, même s’ils en ressortaient chaque fois un peu amochés.
Rien que de ne pas mourir, c’était déjà remarquable.
Cette confiance avait-elle contribué à les mettre dans cette situation ? Peut-être.
Quoi qu’il en soit, il refusait de parler d’erreur. C’était son travail et, s’il avait échoué, c’était une question de compétence, rien de plus.
Et ce n’était même pas une simple défaite due à un manque de compétence.
L’ennemi les avait submergés par le nombre. À moins de faire partie d’une poignée d’élus, le nombre constituait à lui seul un avantage écrasant.
Être aux côtés d’Enkrid ne signifiait pas que tout le monde dépassait ses limites. À cet égard, Finn était un homme tout à fait ordinaire.
Du moins, c’était ainsi qu’il se voyait.
Selon les critères habituels, c’était un soldat compétent, un bon combattant et un ranger redoutable. Mais ce n’était pas à cette aune qu’il se mesurait.
Je croyais pourtant avoir été prudent.
Il avait envie de claquer la langue.
Connaître ses limites l’empêchait de se lancer dans les folies dont Enkrid avait fait sa spécialité. Parce qu’il était ordinaire, il ne fonçait pas sur l’ennemi, une épée à la main, juste pour protéger les arrières de quelqu’un.
Derrière lui, une pente douce. Devant, une petite clairière. De chaque côté, de grands arbres. Au-dessus, la canopée des conifères.
Quelques feuillus dépassaient parmi les aiguilles. La lumière filtrée du soleil se répandait dans la clairière et sur le sol alentour.
Tôt le matin. Le bleu sombre de l’aube avait cédé la place à une lumière grandissante.
La Chaîne de montagnes de Pen-Hanil avait ses malédictions et ses dangers, mais la vie y trouvait toujours son chemin. Les arbres poussaient. Les insectes s’agitaient. Des oiseaux de montagne lançaient leurs appels au loin.
En errant dans ces parages, on pouvait toujours compter sur le chant des insectes ou celui des oiseaux.
Puis ces sons s’interrompirent.
À cet instant, Finn comprit que la situation avait complètement dégénéré. Il se plaqua au sol, dans l’ombre d’un arbre, à l’abri du soleil.
À moins que quelqu’un ne regarde de près, on ne le trouverait pas.
C’est ici que je vais mourir ?
Il le pensa, rentra le menton et se mit à respirer lentement. Inspirer. Expirer. Recommencer.
Il avait marché, pas couru, et n’était donc pas essoufflé. L’entraînement avait appris à son corps à déterminer précisément à quelle vitesse il pouvait se déplacer sans que sa respiration le trahisse.
Son souffle lui semblait légèrement chaud, mais, à moins que l’ennemi ne compte dans ses rangs un elfe né avec la capacité de sentir la chaleur, il devrait rester caché.
Ses bottes étaient doublées d’un rembourrage supplémentaire, si bien que ses pas ne faisaient presque aucun bruit.
Son groupe était réduit, ce qui limitait le vacarme.
Ils n’étaient que dix, et il en avait envoyé trois à l’arrière.
Trois devant, quatre au milieu, trois derrière.
Étirés en une longue colonne, seuls trois d’entre eux se trouvaient vraiment en tête.
Finn, à l’avant, leva le poing. Ses deux subordonnés comprirent le signal et s’arrêtèrent, maîtrisant leur respiration comme lui.
Voilà où ils en étaient un instant plus tôt. Il les avait arrêtés et s’était accordé le temps de réfléchir.
Deux scénarios lui étaient venus à l’esprit.
Le premier : ils se faisaient face, puis chacun repartait de son côté.
Si l’ennemi ne voyait aucune raison de provoquer un affrontement et de risquer d’alerter le gros des troupes qui suivait, il pouvait tout simplement les laisser passer.
Le deuxième : le combat éclatait aussitôt.
Ils ne s’attendaient pas à se croiser. Une fois face à face, une simple tentative pour jauger l’adversaire pouvait dégénérer en affrontement.
Aucun des deux scénarios ne se réalisa.
L’ennemi avait déjà fini de se préparer.
Abnair n’avait pas envoyé qu’un chevalier sur ce champ de bataille. Grâce à sa politique d’intégration des différentes races, il disposait de plusieurs Beastfolk de génie.
Kraiss avait vu juste sur bien des points, mais ce n’était pas un dieu. Il ne pouvait pas prévoir l’existence d’une unité dont personne ne lui avait parlé.
Bien sûr, personne ne pouvait anticiper tout ce qui se passerait sur un champ de bataille.
Quand l’imprévu survenait, il fallait improviser.
Froufrou.
Le bruit venait des herbes qui bordaient la clairière et se propageait à gauche comme à droite.
Jusqu’alors, les broussailles, qui avaient poussé assez haut pour être utiles, avaient servi de couverture à ses hommes. À présent, on aurait dit qu’elles offraient à l’ennemi un passage pour avancer.
Le bruissement des herbes lui mettait les nerfs à vif.
Ils sont nombreux.
Impossible de les compter avec précision. Ils étaient plus nombreux qu’il ne l’avait cru.
Ils vont nous encercler.
Il devait encore faire un choix.
S’il gagnait du temps, les sept restés derrière lui survivraient.
Mais lui mourrait. Il mourrait à coup sûr. Et s’il se battait ? Ils mourraient tous ensemble. Finn était soldat et avait vécu assez longtemps l’épée à la main pour savoir ce que cela signifiait.
Il s’était préparé à ce genre de mort plus de fois qu’il ne pouvait en compter.
Y avait-il eu des pertes lorsqu’il commandait les éclaireurs devant Cross Guard ?
Oui. Bien sûr que oui.
Cette fois, c’était simplement son tour.
Finn fit un signe de la main.
Il les retiendrait. Les autres devaient battre en retraite.
Dans toute unité, obéir aux ordres quand ils tombaient était une vertu.
C’était ainsi que Finn pensait que les choses devaient se passer.
Tchip.
Alors retentit le signal de son camp. Un son qui imitait le cri d’un oiseau de montagne.
Le lieutenant savait produire exactement ce son en portant ses mains en coupe, et le faisait assez bien pour tromper de véritables oiseaux.
Comme pour répondre au signal du lieutenant, une brève série de sifflements retentit derrière eux.
« Vous avez perdu la tête ? »
Les mots échappèrent à Finn. Puisqu’ils avaient déjà sifflé, une voix de plus ne changerait rien.
Ils venaient de révéler leur position exacte à l’ennemi.
Froufrou.
Les silhouettes qui progressaient dans les herbes relevèrent la tête.
Finn fronça les sourcils. Puis son visage se détendit.
Sinar le lui avait dit un jour.
« Tu peux te battre contre qui tu veux, mais ne va jamais affronter un groupe d’elfes dans une forêt. C’est une mort inutile. »
C’était la phrase qui lui revenait en mémoire.
Pas étonnant que leur capacité à dissimuler leur présence fût d’une tout autre catégorie.
« Une mort inutile, alors. »
Finn prononça ces mots et balaya les alentours du regard. Il essaya de les compter. Au moins vingt. Peut-être plus de vingt-cinq.
« On ne peut pas t’abandonner comme ça, capitaine. »
Le lieutenant se trouvait juste derrière lui. C’était leur façon de dire qu’ils ne le laisseraient pas seul.
« La ferme. L’insubordination, c’est l’exécution sur le champ. »
« De toute façon, on va mourir. »
Deux subordonnés qui ne manquaient pas de cran. Ils avaient toujours eu la réplique facile.
« Pas avant de leur avoir fait payer. »
Finn lâcha ces mots et laissa pendre sa main gauche. Tous les membres de l’équipe de reconnaissance rassemblés firent de même.
S’ils nous envoient toutes leurs forces, il faut leur répondre de la même façon.
Un instant, il se dit qu’ils auraient dû emmener toute l’unité au lieu de partir avec seulement dix éclaireurs.
Il s’en fallut de peu, mais ce n’était que du bruit. Les morts ne mangent pas de pain. Le lait était renversé, et c’était tout.
Regretter de s’être jeté à l’eau alors que la vague déferlait déjà ne servait qu’à gaspiller le peu de temps qu’il leur restait.
Les elfes qui se dressaient dans les herbes, de l’autre côté de la clairière, avaient la peau bleue et les cheveux parcourus d’éclats bleutés.
Tout comme les humains pouvaient être pâles ou bruns, les elfes avaient leurs propres variantes.
C’était l’une d’elles : les Elfes de Clair de Lune.
« Tu me comprends ? »
« Non. »
La voix venait d’un peu plus haut. Finn leva à peine les yeux et aperçut quelqu’un. Une femme était perchée dans un arbre, un carquois de cuir attaché dans le dos. Elle s’y tenait avec autant d’assurance que sur un sol plat, son équilibre remarquable.
Petite, elle portait un long arc qui semblait trop grand pour elle. Quoi qu’elle fût d’autre, elle n’avait clairement pas l’air d’une adversaire à sous-estimer.
Pendant qu’ils échangeaient ces quelques mots, des elfes armés de lames en croissant se mirent à surgir et à s’approcher, un ou deux à la fois.
Finn et ses subordonnés étaient du genre à affronter une Goule avec le sourire. Là, c’était différent. La situation avait quelque chose d’inquiétant.
Les elfes n’exprimaient rien et ne faisaient aucun bruit en marchant. On aurait dit des fantômes éveillés qui glissaient vers eux.
Finn ne pouvait pas les laisser voir qu’il flanchait, et il ne flancha pas, mais, en vérité, il trouvait la situation profondément inquiétante.
Au moins, j’ai laissé des repères derrière moi.
Il avait fait tout ce qu’il pouvait.
Même s’il mourait, la position de l’ennemi avait été signalée.
Il expira lentement.
Finn connaissait l’importance de frapper le premier.
Peu importait que l’autre camp ressemble à des fantômes. Celui qui frappait en premier avait l’avantage. C’était vrai depuis la nuit des temps, et rien n’y avait changé.
« Mais tu me comprends, pas vrai ? »
Finn prit la parole et tendit la main gauche. À ce geste, chaque membre de l’équipe de reconnaissance s’écarta en une ligne lâche, à gauche et à droite, et leva la main gauche avec lui.
« Vous vous êtes approchés un peu trop près. »
À ces mots, des cordes d’arbalète claquèrent sous l’armure qui recouvrait sa main gauche.
Twang, twang, twang, twang, twang !
L’équipement standard de chaque membre de l’équipe de reconnaissance.
Un objet récupéré sur un bandit qu’ils avaient croisé autrefois, puis modifié par Kraiss.
Une petite arbalète fixée sur le dos de la main.
Des carreaux longs comme la paume d’une main fendirent l’air. Six des elfes fantomatiques qui s’approchaient furent touchés.
Il y avait dix carreaux en tout, mais, comme aucune cible précise n’avait été désignée, certains avaient frappé au même endroit.
Les elfes moururent sans crier. Seul un grognement étranglé leur échappa. C’était inquiétant, mais le combat avait commencé.
« Beau travail. »
La voix venait de l’arbre, au moment même où la masse d’elfes se mettait à courir. Une succession rapide de sons aigus emplit l’air.
Des silhouettes bleues, lames au poing. Là-haut, les croissants de lune devinrent des pleines lunes avant de pleuvoir sur eux. Une lame fortement incurvée s’abattit comme une hache, droit sur le crâne de Finn.
Finn portait un casque ouvert sur les côtés pour garder l’ouïe libre, mais il n’avait aucune raison de vérifier si son casque résistait mieux que l’arme ennemie.
Il se jeta en arrière et roula sur le côté.
« Chacun pour soi, essayez de survivre ! »
« Oui, capitaine ! »
Ses subordonnés répondirent par le cri qu’ils avaient gravé dans leur mémoire au cours des exercices de conditionnement.
Dans le combat qui suivit, Finn ne se ménagea pas une seconde. Il leur avait ordonné de survivre chacun de leur côté, mais, dès que l’un de ses subordonnés était en danger, il se jetait à son secours sans hésiter.
Je suis un homme ordinaire.
C’est trop pour moi.
Je ne suis pas Enkrid.
Et pourtant, son corps bougeait de lui-même.
Clang !
Il dévia une lame de son épée courte et la repoussa d’un coup puissant. En force brute, Finn avait l’avantage. Le problème, c’étaient ces lames courbes.
Elles étaient conçues pour recevoir presque n’importe quelle attaque et la dévier en la faisant glisser.
Enkrid se trouvait quelque part derrière lui, à au moins une demi-journée de route. Même s’il venait, il n’arriverait pas tout de suite.
C’était la Chaîne de montagnes de Pen-Hanil. Même Sinar ne pouvait pas réduire à rien une demi-journée de trajet, ici.
S’il avait battu en retraite et s’était tiré d’affaire seul à ce moment-là, ses subordonnés auraient survécu.
« Alors, tu abandonnes ? »
Il crut entendre Enkrid lui poser la question, quelque part.
Pas question.
Il répondit dans sa tête, se colla à l’elfe qui venait de lui lacérer l’épaule en passant, puis lui enfonça son épée dans le ventre avant de la retirer.
La résistance humide de la chair.
Tous les elfes portaient une armure de bois, différente d’un individu à l’autre mais toujours faite de bois. Ce matériau ralentissait la lame. Il fallait vraiment forcer pour l’enfoncer et la retirer proprement.
Mais il lui avait percé le ventre de part en part. Celui-là était mort.
Le sang s’écoula de la plaie en pulsations lentes et le regard de l’elfe se vida. Il s’effondra en avant comme un ballot de paille, tandis que Finn relevait son épée.
Pour en tuer un, il avait fallu sacrifier la moitié de son épaulière et endurer une brûlure à l’épaule.
La coupure est profonde ?
Il remua le bras gauche. Une douleur vive le traversa. Malgré tout, son bras bougeait.
Ça ira.
Finn reprit sa garde. L’épée qu’il portait était une épée de garde, à la lame large et légèrement plus courte qu’une épée standard.
Dans un combat d’épée à épée, il avait réussi à en tuer un. Aucun d’eux n’avait été facile à abattre.
« Venez, alors. »
Il surveillait les angles et reculait de deux pas vers un arbre, quand une intention meurtrière le frappa dans le dos. Au lieu de poursuivre son mouvement, il roula vers l’avant.
Fssht !
Quelles elfes détraquées !
Une lueur bleue scintillait entre les arbres. Ses chances étaient déjà minces dans un combat frontal et, maintenant, ces créatures disparaissaient une à une dans les fourrés, se déplaçant exactement comme de véritables fantômes.
Dès qu’il en perdait une de vue, une lame surgissait du vide et volait vers lui.
« Vous ne m’aurez pas. »
La petite femme lança ces mots depuis l’arbre.
« Toi, reste là. Tu passeras après eux. »
Finn lui répondit avec bravade.
Pas une personne dans la clairière ne le croyait.
« Bien sûr. »
La femme perchée dans l’arbre répondit, puis les attaques des elfes, le combat désespéré de Finn et celui de ses subordonnés se poursuivirent.
Clang !
Il frappait, déviait les lames et lançait sa dague dès qu’il repérait une ouverture.
Puis il roula au sol et balaya les alentours du regard.
Ses subordonnés tenaient toujours debout.
Combien de chance pouvait-on avoir ?
Pas un seul membre de l’escouade n’était mort. Ils saignaient, étaient à bout de forces, mais vivaient encore.
Il remarqua alors que la lumière du soleil était éclatante.
Le ciel était si dégagé et sa chaleur si douce.
Était-ce une journée parfaite pour mourir ?
« Aucun de vous ne mourra. »
Finn répéta ces mots que personne ne pouvait croire, puis une voix lui répondit.
« Ça va de soi. »
Ce n’était pas la voix d’un subordonné.
Un instant plus tôt, il n’y avait eu ni présence ni bruit.
Finn leva les yeux. La voix était venue d’au-dessus de sa tête.
Mais celui qui avait parlé se tenait déjà derrière lui, sur sa droite.
L’homme qui venait d’apparaître avait les cheveux brun-roux.
Du sang gouttait des deux lames courtes qu’il tenait dans les mains.
Le sang des humains et celui des elfes avaient la même couleur, et il était d’un rouge vif.
Ce n’était pas la chance qui avait gardé Finn et les autres en vie.
Tandis que Finn était acculé et se battait de toutes ses forces, quelqu’un s’était frayé un chemin à travers les elfes, par-derrière.
Sans un bruit. Sans laisser de trace.
« Pour combattre des elfes, il faut au moins être un assassin de premier ordre, rien que pour leur tenir tête. Et même ainsi, je pense que personne ne pourrait affronter seul un grand groupe d’elfes. »
Sinar le lui avait dit, puis elle avait ajouté :
« Cela dit, certains ne tiennent aucun compte de ce que je leur dis. »
Jaxon Benshino.
Maître de la rosée matinale.
Maître de la Lame de Georg.
Aujourd’hui, sur le continent, il était le plus grand nom du monde des assassins, sans égal.
Il avait entendu l’ordre du commandant de rejoindre Finn et avait exécuté l’ordre permanent qu’il avait reçu avant leur départ.
« Personne ne mourra sur ce champ de bataille. »
Enkrid l’avait dit, et Jaxon comptait tenir cette promesse.
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