Chapitre 513
WE TRIED TRANSLATIONS
Traducteur : Hydrogen B
Éditeur : Abstract
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UN CHEVALIER QUI RÉGRESSE ÉTERNELLEMENT
Chapitre 513 : Quand quelqu’un comme lui manie la Volonté
= = =
« C’est un peu étrange. »
Rem agita sa hache en parlant. Le but de l’exercice était clair, inutile de continuer. Ils avaient échangé des coups sans s’arrêter, sans même chercher à désigner un vainqueur, puis tout s’était terminé.
Tous ceux qui s’étaient chamaillés pour obtenir leur tour partageaient l’intention de Rem. Ils ressentaient donc la même chose.
Pas encore épuisé ?
Jaxon garda cette pensée pour lui.
« Tu devrais être fatigué, maintenant. »
Ragna disait la même chose.
Quand on éveillait sa Volonté et qu’on parvenait pour la première fois à la faire circuler dans son corps, la toute première sensation était celle d’une puissance sans limites.
L’impression de pouvoir tout faire. Absolument tout.
Dans les cas les plus extrêmes, certains avaient dit avoir eu l’impression de pouvoir tendre le bras, empoigner une poignée de nuages et la façonner en épée sur-le-champ.
Bien sûr, c’était absurde, bien sûr, c’était impossible, mais sur le moment, cela semblait réalisable.
Cette sensation que tout était à portée de main, cette ivresse de toute-puissance, rendait les gens plusieurs fois plus euphoriques que la moindre drogue.
Cette euphorie poussait à agir, et l’action menait à un usage imprudent de la Volonté. On bougeait sans cesse, grisé, sans même remarquer qu’on se consumait.
Une partie de ce processus consistait à apprendre ce que la Volonté pouvait faire et ce qu’elle ne pouvait pas faire. Sur ce point, au moins, Enkrid avait fait la distinction.
Ah, ça marche. Ça, non.
Il fallait s’approcher pour de bon, entrer à portée d’épée, avant de pouvoir trancher une gorge.
Agiter la main à distance n’abattrait pas un arbre.
C’était comme apprendre à marcher quand on venait de naître : on apprenait ainsi à maîtriser cette toute-puissance.
Mais qu’arrivait-il lorsqu’on abusait de la Volonté ?
L’épuisement. Toute l’énergie vous quittait et vous vous effondriez. Si vous vous forciez malgré tout à bouger, votre corps finissait par lâcher.
Avec le temps, on s’en remettait, évidemment. Mais si quelqu’un vous poussait sans cesse à tout brûler et à vous effondrer, il pouvait non seulement raccourcir le temps de récupération, mais aussi vous aider à trouver le bon dosage, afin que ces efforts ne laissent aucune séquelle, ni dans le corps ni dans l’esprit.
Il n’avait pourtant pas imaginé que les choses iraient jusque-là.
Rem se gratta la joue.
Quand même, c’était un peu trop étrange, non ?
Ragna et Jaxon s’étaient disputé ce premier duel précisément pour l’aider à gérer son épuisement. C’était même pour cette raison que Jaxon, fait inhabituel, s’était avancé pour participer.
C’était le moment de maîtriser la Volonté. Qui n’aurait pas voulu guider quelqu’un dans cette étape ?
Ils avaient même été jusqu’à jouer aux dés tous les trois pour décider qui s’en chargerait.
Et pourtant…
« Je vais toujours bien. »
Enkrid était trempé de sueur, mais son énergie n’avait pas diminué d’un iota. Il était exactement comme au début.
« C’est vraiment étrange. »
Rem le répéta. Audin se contenta de rire.
Il avait lui-même traversé cette épreuve la veille, alors il s’y attendait. Les trois autres avaient délibérément évité de regarder Enkrid s’entraîner auparavant, pour ne pas gâcher le plaisir de croiser le fer avec lui. Voilà pourquoi ils étaient surpris.
Enkrid se tenait là, parfaitement imperturbable. Il aurait dû s’effondrer d’épuisement depuis longtemps.
« Bon, enfin… passons à la suite. »
Rem épousseta ses mains. Ce n’était pas un problème qu’on pouvait résoudre en y réfléchissant.
Le monde regorgeait de choses diverses, et tout pouvait arriver. Rem le savait trop bien pour contester ce fait.
Ragna et Jaxon partageaient son avis.
Rem laissa tomber et songea à la suite.
Si provoquer l’épuisement était exclu, que restait-il ?
Le raffinement.
Une fois qu’on atteignait le niveau où l’on pouvait manier la Volonté sans peine, des subtilités apparaissaient dans ce domaine. On pouvait aiguiser davantage sa Volonté ou, à l’inverse, lui donner plus de poids.
La sorcellerie ne fonctionnait pas autrement, aussi Rem connaissait-il bien ce terrain. Pour lui, il s’agissait de la puissance de sa sorcellerie et de celle des esprits qui remplaçaient la Volonté. Il s’en servait d’une manière un peu différente, mais le principe restait semblable.
Cette étape demeurait néanmoins un peu floue. Difficile à mettre en mots.
Pour quelqu’un qui venait de devenir chevalier, Enkrid manquait un peu de finesse.
Son maniement de l’épée, son instinct et son courage avaient indéniablement beaucoup progressé. Mais il utilisait la Volonté de façon maladroite. À vrai dire, elle semblait plus lourde et plus émoussée qu’avant.
Cela ne voulait pas dire que ses capacités avaient régressé, mais tout de même.
Impossible, donc, de désigner une caractéristique qui le définissait. Plus fort, plus rapide à réagir ? Certainement. Et un peu plus brut, plus brouillon ? Ce qui sautait le plus aux yeux, c’était qu’il ne se fatiguait pas.
Cette impression de rudesse et de maladresse venait du point de vue de Rem. Ropord ou Fell n’auraient pas compris de quoi il parlait.
L’écart entre Enkrid et eux était devenu si grand.
Alors, que faire quand c’est maladroit ? Un peu brut ? Brouillon ?
Est-ce que cela avait de l’importance ?
Non.
Personne ne savait où tout cela les mènerait. Personne.
Pourtant, personne ne pensait que c’était une mauvaise chose.
À un moment ou à un autre, tous s’étaient posé la même question, Ruagarne compris.
Que se passerait-il si quelqu’un comme lui devenait chevalier ?
Si sa Volonté grandissait à mesure qu’il tenait ses vœux.
Si le poids de ces vœux était celui d’une tour qui touchait le ciel, quelle serait alors la Volonté de l’autre côté — cette force informe ?
La réponse était là, sous leurs yeux.
Personne ne pouvait la mesurer.
Aucun chemin tout tracé ne s’ouvrait devant Enkrid.
« Fais face à l’immensité. Devant toi ne se dresse pas un mur, mais une plaine dégagée où rien ne fait obstacle. »
Quelqu’un semblait lui murmurer ces mots.
Était-ce vrai ? Enkrid s’était aventuré en terre inconnue. Il venait de faire son premier pas. Était-ce la bonne direction ? Il l’ignorait. Devait-il donc rester face à une immensité qu’il ne pouvait arpenter ? Non.
Enkrid sourit. Ce qui s’étendait devant lui n’était pas une terre désolée sans panneau indicateur, mais une vaste route qui n’en avait pas besoin.
Il n’avait donc qu’à avancer.
Voilà pourquoi il souriait.
« Eh bien, ça fait plaisir de te voir sourire. »
Rem sourit à son tour.
Jaxon esquissa un sourire, et Ragna afficha un large rictus.
Il va falloir que je devienne plus habile.
Après un seul duel, Enkrid savait déjà ce qu’il devait faire ensuite. Il n’aurait jamais pu imaginer une telle chose auparavant.
Jadis, il faisait tournoyer son épée au hasard, faute de savoir quoi faire. Il était même déjà monté à mains nues sur de raides montagnes, persuadé que cela renforcerait sa poigne.
Il ne prétendait pas que tout cela n’avait servi à rien, mais il ne l’avait jamais fait en sachant pourquoi. C’était pour cette raison qu’il avait autrefois économisé ses kronas et parcouru le pays à la recherche d’un maître d’armes.
Enkrid ne reniait ni le chemin parcouru ni le temps écoulé.
Il reconnaissait simplement qu’il n’était plus au point où il lui fallait un maître comme autrefois.
Le tour de main nécessaire pour manier la Volonté.
Pour le dire avec des mots, c’était comme si un nouvel organe sensoriel lui était apparu et qu’il apprenait à s’en servir. Pour la plupart des gens, ce processus n’était pas particulièrement difficile, mais pour Enkrid, il s’était révélé plus ardu.
Sa Volonté était trop vaste. Son réceptacle était tout simplement différent. Cela ne se ferait donc pas du jour au lendemain. Il le savait déjà. Peu importait.
« Hh. »
Le soleil le baignait de lumière, la sueur coulait sur lui, et le vent qui soufflait emportait sa chaleur.
« Ça te dérange si je te demande ton avis, ma fiancée ? »
Sinar s’était approchée sans qu’il s’en aperçoive et lui posa la question.
Le regard d’Enkrid se posa sur l’elfe.
Elle lui rappela son bras qui s’était dispersé en poussière.
Elle n’avait pas été la seule.
Il se souvint de Rem, dont le visage était plus marqué qu’avant.
Il se souvint de Jaxon, qui l’observait, le visage déformé.
De Ragna, qui se tenait là, à le fixer d’un air absent.
D’Audin, dont le sang coulait de toutes les ouvertures du visage — yeux, nez, bouche — tandis qu’une lumière jaillissait de lui.
Des souvenirs que lui seul portait. Ces visages, ces expressions, ces instants.
« Ça a pris plus de temps que prévu, à cause d’une bande de traînards, mais je me sens bien. »
Il parla en tournant les yeux vers Rem, Jaxon, Ragna et Audin. Ropord et Fell se trouvaient ailleurs.
Esther se tenait sur le côté, et Œil-Unique était là aussi.
Le regard d’Enkrid passa de l’un à l’autre.
Tous le regardaient.
C’était une plaisanterie absurde.
S’il était là, c’était grâce à eux. Il le savait et ne prétendait pas le contraire. C’était ce qu’il voulait dire.
Sinar esquissa un rare sourire, à peine perceptible.
Le sourire d’Enkrid, qui ne dissimulait jamais sa joie ni son bonheur, était tout simplement agréable à voir.
« Oh, allez, dégage. »
Rem laissa échapper un rire moqueur. Audin se mit à prier, Jaxon souffla un petit rire sec, et Ragna ramassa son épée. C’était son tour.
Enkrid reprit sa posture.
Pas d’épuisement. Pas de fatigue. Pas ivre de toute-puissance.
Le temps finirait par arranger les aspérités de son style de combat.
Ragna voulait simplement se battre.
Regarder ne lui suffisait pas.
Jaxon recula et se plongea dans ses réflexions.
Difficile à affronter.
On pouvait repérer une ouverture et le blesser. Le poison pouvait faire pencher la balance en sa faveur.
Seulement, ces deux méthodes étaient gênantes à employer pendant un entraînement. Face à un adversaire sauvage, il n’aurait aucun scrupule à recourir directement à ces techniques, mais ici…
La plupart des techniques de Jaxon étaient de toute façon mal adaptées aux exercices.
Voilà pourquoi il avait reculé. Il avait déjà constaté qu’Enkrid ne s’épuisait pas ; inutile, donc, de poursuivre le duel pour le vider de ses forces.
Il s’était avancé uniquement parce qu’il lui avait semblé préférable de s’en charger lui-même plutôt que de laisser faire le barbare ou ce bâtard incapable de trouver son chemin. Rien de plus.
Tout en y réfléchissant, Jaxon répartit ses deux dagues entre ses mains et reprit sa place dans la file.
Ses actes étaient à l’opposé de ses pensées.
« À moi, maintenant. »
Ses paroles aussi.
Voir leur capitaine avait le don d’éveiller une chaleur jusque dans le cœur froid d’un assassin.
Enkrid souriait toujours. Plus exactement, il affichait un sourire plein d’impatience.
Personne ne le saurait.
Il fut un temps où Enkrid regardait Rem et Ragna s’entraîner, rêvant de se tenir un jour à leur place.
Et ce rêve s’était accompli ici, parfaitement, à l’instant même.
Il leva Aker et prit position.
, Hé, celui-là est plutôt bien, en fait.
C’était l’influence de la Volonté qui circulait dans la lame. L’épée s’en était imprégnée et lui avait transmis une pensée. Le bourdonnement de ses vibrations s’était mué en mots et avait résonné dans sa tête.
Enkrid n’en tint pas compte et se concentra.
Alors, la Foudre noire s’abattit d’en haut sans un bruit.
Même si la Vision du futur lui permettait de dépasser ses cinq sens et d’en atteindre un sixième, il vit la lame et la sentit arriver au même instant.
L’Aker d’Enkrid s’embrasa d’une lumière blanche et se leva pour lui faire face.
Clang !
Les deux épées se rencontrèrent, s’entrechoquèrent et se séparèrent.
Quelques échanges, du jeu de jambes… tout était au niveau d’un chevalier.
Ragna remporta le duel.
Après Ragna, ce fut le tour de Jaxon, et le combat se termina sur un match nul. Jaxon fut le premier à s’épousseter les mains et à reculer. Enkrid reconnut intérieurement qu’il ne serait pas facile de suivre le jeu de jambes de Jaxon.
Personne ne pouvait dire si Ragna ou Jaxon l’aurait emporté si le combat était allé jusqu’au bout.
Rem reprit sa hache et revint à la charge.
Les affrontements se poursuivirent jusqu’au coucher du soleil. Et, tout du long, la Volonté d’Enkrid ne s’épuisa pas une seule fois.
« Tu es devenu un monstre. »
Rem avait trouvé les mots justes. Tous acquiescèrent.
Parmi eux, Ruagarne gargouillait, laissant l’huile suinter librement de son corps. Elle était profondément émue.
* * *
« Je vous fais confiance. »
Assis sur son trône, au sommet de trois marches, sur un tapis rouge bordé de fils d’or de part et d’autre, le souverain prit la parole.
L’homme qui se tenait devant lui releva la tête après une profonde révérence et répondit :
« Je reprendrai les terres d’Azpen qui nous ont été injustement arrachées. »
L’homme avait le nez noir, des oreilles de loup et des pupilles à la forme tout à fait différente de celles d’un humain. C’était un homme-bête loup ; rien de plus naturel.
« Alors, allez-y. »
Le général homme-bête loup se retourna.
Autrefois honoré du titre de Divinité tutélaire d’Azpen, il avait depuis longtemps été relégué à un poste subalterne. Le vieux général quitta la grande salle, où deux humains et une Grenouille l’attendaient dehors.
« Et Abnair ? »
Dès qu’il eut franchi la porte, l’homme-bête loup posa la question. Visiblement contrarié, il renifla avec rudesse.
Il avait quitté la grande salle, mais le trône n’était qu’à une porte de là. Cela ne l’empêcha pas de parler sans retenue.
Ceux qui connaissaient son caractère ne dirent rien. Même les serviteurs ne lui prêtèrent aucune attention.
« Vous feriez mieux d’éviter de prononcer ce nom dans le palais royal. »
L’homme qui répondit était vêtu avec élégance. Il avait le rang de chevalier, mais savait qu’il ne fallait pas se montrer téméraire avec l’homme-bête devant lui ; son ton était donc empreint d’un profond respect.
Tous les chevaliers étaient-ils pareils ? Bien sûr que non.
Un chevalier d’Azpen — celui qui avait jadis gratifié Enkrid, Ragna et quelques autres d’un coup d’épée — le savait parfaitement.
« Si tu comptais de toute façon jeter l’honneur et le reste aux orties, pourquoi ne pas l’avoir tué quand tu en avais l’occasion ? »
L’homme-bête gronda ces mots. Le pensait-il vraiment ? À moitié. Il ne lui disait pas de le faire ; il lui reprochait d’avoir gardé cette affaire sur la conscience, comme une tache indélébile, au lieu d’assumer pleinement son geste. S’il l’avait fait, il aurait au moins dû pouvoir se tenir droit, l’esprit tranquille.
« À cause du serment… »
« Tu finiras par mourir à force d’excuses et de prétextes. On ne t’a donc pas appris qu’un chevalier qui ne tient pas à l’honneur se tache le cœur, et que cette souillure finit par le détruire ? Je suis trop vieux, je m’en souviens mal ? Hein ? »
L’homme-bête l’interrompit et se lança dans une longue remontrance. L’homme sentit la colère monter, mais ne répondit pas.
Répondre à un maître qui se plaignait déjà de ses excuses ne ferait qu’en attirer d’autres.
Et une excuse ? Ce n’en était pas une. C’était un fait. Le serment ne lui avait laissé aucun choix.
Quoi qu’il en soit de l’honneur, son épée n’en serait pas moins forte. Sa lame avait une identité bien à elle.
L’homme garda le silence, mais l’homme-bête loup devina tout de même une bonne partie de ses pensées.
« Tss. »
Mécontent, l’homme-bête claqua la langue et tourna les yeux vers la personne suivante.
« Ne te pousse pas trop. Combattre ivre de toute-puissance, c’est aller droit à la mort. Le monde ne manque pas de combattants. »
« Oui. »
Il répondrait, mais ne serait pas d’accord. C’était le genre d’homme à laisser déborder sa confiance en lui. À force de porter une telle volonté, la Volonté qui en découlait flottait faiblement autour de lui. Un homme incapable de maîtriser sa propre Volonté. Tss.
La dernière était la Grenouille.
La même qui avait autrefois donné un coup de pied dans les côtes d’Enkrid.
« Prête ? »
L’homme-bête loup posa la question en penchant la tête, et la Grenouille hocha la sienne.
« Plus ou moins. »
Affronter un chevalier en duel serait difficile, mais dans une guerre plutôt que dans un face-à-face, la présence de chevaliers chez l’ennemi n’aurait pas d’importance.
La bataille et la guerre étaient deux choses très différentes.
Complètement différentes.
L’homme-bête loup comprenait bien cette différence.
C’était pourquoi il ne serait pas celui qui discuterait de stratégie et de tactique. Pour cela, il avait besoin d’Abnair.
Un ami qu’on avait autrefois qualifié de génie de la stratégie.
Le tuer au motif qu’il était responsable d’une défaite ?
C’était ce que disaient ceux qui détestaient le sang noble d’Abnair : les soi-disant aristocrates. Leur attitude était devenue une véritable maladie. Pourquoi tuer un tel talent, bande de cinglés ? Le général homme-bête avait réclamé publiquement son exécution, puis avait discrètement intégré Abnair à son propre commandement.
Même après avoir tout préparé, Abnair s’était retiré du monde, prétendant qu’il ne pouvait pas tuer un seul humain. Mais quelques remontrances fermes l’avaient fait ressortir de sa tanière à quatre pattes.
Hmph.
L’homme-bête loup souffla encore une fois par le nez.
Son souffle fut assez puissant pour faire frémir le bord d’un rideau près d’une fenêtre.
« En route. »
L’homme-bête partit en tête, suivi des deux humains et de la Grenouille.
Leurs grandes enjambées leur permirent de suivre son rythme.
Le couloir du palais royal était assez large pour accueillir cinq personnes de front, avec de la marge. Pourtant, lorsque les quatre hommes l’empruntèrent, il parut étroit.
Dehors, deux autres lieutenants les attendaient. Sous la lumière limpide du soleil, tous deux s’inclinèrent pour les saluer.
Eux aussi étaient chevaliers.
En laissant la Grenouille de côté et en comptant l’homme-bête lui-même, ils étaient donc quatre chevaliers en tout.
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