Chapitre 508
TRADUCTIONS WE TRIED
Traducteur : Hydrogen B
Éditeur : Abstract
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UN CHEVALIER QUI RÉGRESSE ÉTERNELLEMENT
Chapitre 508 : Sa voix ne tremblait pas
= = =
« De la viande. »
« Quelle quantité ? »
« Beaucoup. »
Enkrid engloutit à lui seul de quoi nourrir vingt personnes. Il avait toujours eu un solide appétit, mais même à l’aune de celui-ci, c’était excessif.
Et il ne mangeait que des aliments très caloriques : des haricots, de la viande, des sauces épaisses, ce genre de choses.
Quelques soldats qui le regardaient manger en restèrent bouche bée.
C’est aussi ça, l’entraînement ?
On dirait bien.
On devrait essayer ?
« Ne faites pas de bêtises. »
Bell, désormais commandant, lança ces mots en tapotant la tête de l’un de ses soldats. Imiter Enkrid, c’était risquer de mourir avant l’heure. Bell le savait.
Quand l’avait-il compris ? Peut-être en sauvant le chef d’escouade Benzence. Il savait déjà qu’Enkrid n’était pas un homme ordinaire, mais c’était là qu’il avait commencé à le trouver vraiment hors du commun.
Sauver quelqu’un sur le champ de bataille, bien sûr, ça pouvait arriver par hasard. Mais sortir un camarade d’une baraque en flammes au risque d’y laisser sa peau ? Et pour quelqu’un qui ne vous aimait même pas ?
Bell pouvait honnêtement affirmer qu’il n’en aurait pas été capable.
Qu’on s’en étonne ou non, Enkrid mangea de la même façon ce soir-là, puis encore le lendemain. Des quantités absurdes.
Rem s’assit à côté de lui et lui lança un regard qui disait : mais qu’est-ce qui ne va pas chez toi ?
« Tu comptes te servir de ton estomac comme un ogre ou un Géant ? »
Les ogres étaient célèbres parmi les Créatures démoniaques pour dévorer des gens et engloutir des quantités phénoménales de nourriture. Quant aux Géants, ils étaient réputés pour bien manger, tout simplement.
Tous deux avaient une carrure imposante, alors il était naturel qu’ils mangent beaucoup. Mais ce n’était pas le cas d’Enkrid. Rem avait donc de bonnes raisons de faire cette remarque.
« J’ai envie de bien manger. »
« Tu vas quelque part ? »
« Non. »
Qu’est-ce qu’il mijote encore ? Rem l’observa d’un œil soupçonneux, mais n’insista pas. Il avait envie de manger, eh bien, qu’y avait-il à ajouter ?
Enkrid continua ainsi pendant quatre jours. Il mangea bien, se soulagea bien et dormit bien.
Matin et soir, il se lava soigneusement de la tête aux pieds.
« Au moins, tu n’as pas de fièvre. »
À un moment, Sinar vint poser une main sur son front.
Il avait cessé les combats d’entraînement et passait soudain ses journées à manger, boire, dormir et se contenter d’exercices légers. Voilà ce qui l’avait poussée à venir.
Bien sûr, ce qu’il appelait des exercices légers ressemblait encore à un régime brutal aux yeux des soldats ordinaires, un entraînement qu’ils auraient eu du mal à suivre, même en s’y efforçant.
D’ordinaire, il poussait son corps à des limites que personne d’autre n’osait approcher. En comparaison, cela paraissait donc facile.
Enkrid mangeait, buvait, se reposait et se lavait comme s’il se préparait à un rite quelconque. Il avait l’air d’un homme seul qui se préparait à un combat décisif.
Une semaine passa ainsi. Au cours de cette période, un vent balaya la chaleur. Un vent d’automne.
Enkrid s’assit sur une souche en attendant le dîner, laissant le vent le frapper, et songea à l’ouest, plus précisément à l’un des aspects de sa culture : la sorcellerie.
La sorcellerie naît de la prière.
Cela ne voulait pas dire qu’il allait se mettre à prier ou à accomplir un rituel.
Garder son corps et son esprit purs avant d’entreprendre quelque chose d’important ne pouvait qu’aider. C’était simplement une façon de se préparer.
Plusieurs paires d’yeux étaient braquées sur lui.
Rem pensait que l’homme était enfin devenu complètement fou, mais il se demandait aussi ce qu’Enkrid préparait. Quelque chose se tramait, c’était évident. L’atmosphère le disait.
Pourtant, Rem n’en laissait rien paraître. Il fredonnait tout bas en aiguisant sa hache sur une pierre à aiguiser de première qualité qu’il avait dénichée quelque part.
Cette pierre coûtait plus cher que la plupart des armes en Acier valérien, mais Rem s’en servait sans hésiter.
Ragna regarda Enkrid et éprouva une sorte de solennité. En apparence, Enkrid semblait profiter d’une journée ordinaire, mais il avait aussi l’air d’un homme qui s’apprêtait à empoigner son épée pour danser seul avec elle.
On aurait dit qu’il allait soudain tirer sa lame et vous attaquer à tout moment. Et cela aurait été parfaitement normal.
Audin priait en silence.
Père Seigneur, accorde Ta bénédiction au petit commandant, mon frère, quoi qu’il fasse.
Quoi qu’il en soit, il se passait clairement quelque chose. Audin éprouvait un profond soutien pour lui. Malgré tout, un soupçon d’inquiétude se glissa en lui.
Pourquoi ? Il n’en savait rien. Il avait seulement l’impression que le Père Seigneur lui annonçait que son petit frère allait faire quelque chose d’insensé.
Audin poursuivit sa prière silencieuse.
Père Seigneur, ce frère a toujours été ainsi.
Il n’avait jamais suivi un seul chemin qui ne fût pas insensé.
Si le Dieu de la Guerre s’était manifesté pour répondre à cette prière par une révélation divine, sa réponse aurait sans doute été quelque chose comme : eh bien, évidemment.
Bien sûr, aucun dieu ne descendit lui parler. Audin se contenta donc de réciter sa prière de bénédiction, le cœur plein de soutien.
Aide-le.
L’inquiétude s’évanouit. Le Père l’aiderait. Audin poursuivit sa prière de consécration.
Jaxon avait les bras croisés, un poignard dans la main droite et un livre dans la gauche. De l’extérieur, personne n’aurait deviné qu’il tenait une arme : sa prise paraissait tout à fait naturelle. C’était le même poignard qu’il avait emporté lors de sa toute première mission. Il n’avait rien de magique, mais le tenir le rassurait.
Il ne s’en était jamais servi à l’époque ; la mission s’était terminée d’un seul coup de pied sauté. Malgré tout, c’était un objet qui comptait pour lui.
La mort.
Jaxon avait vu d’innombrables morts et y avait pris part. À présent, son instinct et ses tripes l’avertissaient que ce qu’Enkrid faisait était dangereux. Qu’il risquait de mourir.
Pourquoi ?
Il aurait pu se poser la question. À première vue, il ne se passait rien : Enkrid semblait simplement vivre une journée tout à fait ordinaire, à son échelle.
Et pourtant, il ressentait cette angoisse. Ce qui signifiait qu’Enkrid était en train de faire quelque chose.
Alors il le surveilla. Même s’il avait des choses à régler ailleurs, il resta là.
Manger, boire, dormir, se soulager, se laver, se reposer.
Qu’y avait-il de plus étrange dans tout cela ?
Tout. Tout était étrange. Il mangeait plus que d’habitude, buvait davantage, dormait plus longtemps, se lavait plus souvent.
Enfin, je n’ai pas vérifié s’il se soulageait plus souvent.
Avec tout ce qu’il mangeait, c’était évident.
Manger davantage, dormir davantage, se reposer davantage. Et il faisait tout cela comme si sa vie en dépendait, comme un homme qui se battait à mort. C’était ainsi que Jaxon le voyait.
Parmi tous ceux qui l’observaient, Sinar était celle qui se tenait le plus près d’Enkrid. Elle avait installé une chaise à quelques pas de lui, juste en face, et s’y était assise.
On aurait dit qu’elle étudiait son visage, qu’elle cherchait à le graver dans sa mémoire.
Elle le regardait avec son expression habituelle, aussi impassible qu’une statue.
« Reviens vite, mon fiancé. »
La régénération régulière, pour être précise : le voyage que Sinar avait entrepris avec l’esprit de la forêt, lorsqu’elle était entrée dans les bois. Un voyage intérieur. Les chances d’en revenir vivant étaient faibles, même si elle avait cru pouvoir s’en sortir.
Comme Enkrid avait l’air de se préparer à un voyage de ce genre, les mots lui avaient échappé.
S’il lui demandait ce qu’elle voulait dire, elle pourrait toujours prétendre qu’elle plaisantait, comme d’habitude.
Enkrid regarda Sinar et sourit. Le coin de ses yeux se plissa, ses lèvres s’étirèrent.
Avait-elle déjà trouvé le sourire de Sinar rare ?
Elle pensait la même chose du sien.
Un sourire si doux, destiné à lui faire comprendre que tout allait bien… Elle ne croyait pas en avoir déjà vu un pareil.
« Je ne vais nulle part. »
répondit Enkrid.
Le soleil commençait lentement à se coucher.
Avant que le ciel ne se pare de toutes ses couleurs, Esther, la Panthère Noire, s’approcha. Sorcière aurait été un surnom plus juste, ce qui rendait celui-ci étrange dans tous les cas. Mais Esther s’en moquait.
Dans la vie, toutes sortes de choses arrivaient.
S’émouvoir de chacune d’entre elles était une perte de temps. Elle savait ce qu’elle avait à faire et où porter son attention.
Et parmi ces choses, il y avait le fait de surveiller Enkrid.
Devait-elle le faire ? Non. C’était plutôt quelque chose qu’elle avait envie de faire.
Ce qu’elle voulait passait avant ce qu’elle devait faire.
Alors elle le faisait.
Elle observa en silence Enkrid, assis là avec un léger sourire. Des cheveux noirs et des yeux bleus, comme les siens.
« Qu’attends-tu ? »
Quelle que fût sa préparation, quoi qu’il fût en train de faire, Esther le regarda tel qu’il était à cet instant et lui posa la question. Il semblait attendre quelque chose.
« Le coucher du soleil. »
Il lui répondit.
« Pourquoi ? »
« J’ai envie de le voir. »
Ah.
Esther hocha la tête.
Pffh.
Œil-de-Brume apparut derrière Esther. Enkrid tendit la main depuis sa souche et caressa sa crinière. Œil-de-Brume pencha la tête contre sa paume, fit lentement le tour d’Enkrid, se déplaça sur le côté et s’immobilisa.
Non loin de là, Teresa, submergée par l’émotion, se mit à chanter. C’était un hymne qu’elle avait commencé à apprendre récemment. Sa voix était à la fois rauque et limpide.
Deux qualités opposées cohabitaient dans sa voix, et le chant qui s’en élevait dépassait le simple agrément. Il faisait vibrer le cœur comme une cloche qu’on venait de frapper.
Teresa, qui faisait avec sa voix, sans le moindre effort, ce que les instruments étaient censés faire.
Ruagarne, qui se retenait de gonfler les joues et ne clignait pas des yeux.
Ropord, qui déglutissait et se laissait porter par l’instant.
Fell, qui se sentait d’une certaine façon vaincu par tout ce qui se passait et se demandait ce qu’il fichait là.
Tous regardaient Enkrid.
Le soleil s’inclina vers l’ouest, et le monde se remplit peu à peu d’orange.
Du ciel sans nuages jusqu’au sol.
La lumière du couchant effleura le visage d’Enkrid. Il inspira longuement et régulièrement, puis commença à expirer.
Quelque chose va se produire.
Tous le pensèrent.
Un court instant passa, puis le grincement de la pierre à aiguiser de Rem s’interrompit.
La précieuse pierre qu’il avait rapportée de la région du Sud tomba au sol.
« Quoi ? »
Rem ouvrit la bouche. Ragna se leva.
Les pupilles d’Audin se dilatèrent tandis qu’il regardait Enkrid. Jaxon était déjà à ses côtés.
Enkrid respirait lentement et profondément.
Jaxon approcha la main de son nez.
Quelques instants plus tôt, il avait senti quelque chose se produire dans le corps de l’homme.
Il n’avait simplement pas prévu que cela se terminerait ainsi.
« Il est mort. »
déclara Jaxon. Une mort impossible. Soudain. Sans raison.
Et la journée prit fin.
* * *
Juste avant que tout ne commence, une fois ses préparatifs achevés, Enkrid attendit le coucher du soleil.
Le moment de la journée qu’il préférait.
Le soleil s’inclina vers l’ouest et teinta le monde d’orange. Enkrid s’abandonna au vent, assis sur le siège de fortune taillé dans une souche, près des baraquements.
À côté de lui, Rem aiguisait sa hache. Jaxon lisait un livre. Ragna était assis, à moitié affalé, le regard vide.
Sinar était assise un peu à l’écart et l’observait. Œil-de-Brume se tenait près d’eux, contemplant le coucher du soleil. Esther lui jeta un regard indifférent, puis choisit un endroit et s’allongea par terre comme bon lui semblait.
Comme une villageoise qui se repose au bord de la route.
Elle aurait pu passer pour une dame de la maison d’un duc, mais ses manières étaient d’une totale décontraction.
Audin priait. Teresa chantait.
Sa voix était un instrument à part entière.
« Seigneur, Seigneur, mon Père ne se détourne pas du combat et prête son aide au jugement ; Seigneur, Seigneur, mon Père ne tolère pas l’injustice et prête son aide au jugement. »
En écoutant la voix de Teresa, Enkrid fit descendre sa Volonté et la dirigea vers ses pieds.
Rem, Ragna, Sinar, Jaxon : tous avaient atteint le niveau des chevaliers.
La question évidente s’imposait naturellement.
Était-ce donc si facile de progresser ? Depuis le tout début, tout ça ?
À y regarder de près, Enkrid avait servi de catalyseur, mêlé à leur environnement, à leur talent et aux efforts qu’ils avaient fournis à son contact. Mais Enkrid ne pouvait pas le savoir, et à ses yeux, cela n’avait pas d’importance.
Il voulait seulement connaître la méthode.
Comment ?
Enkrid avait posé la question à chacun d’eux.
Rem lui avait dit qu’il comprenait la sorcellerie depuis l’enfance et qu’il avait toujours su que sa constitution était différente. Même après l’avoir entendu l’expliquer, Enkrid avait eu du mal à suivre la façon dont Rem avait développé sa maîtrise de la sorcellerie grâce à cette constitution.
« C’est venu tout seul, alors j’ai essayé, et ça a marché. »
Voilà ce que Ragna avait répondu.
Sinar lui avait dit qu’elle avait besoin d’un bref voyage. C’est au cours de ce voyage qu’elle avait appris à comprendre la vitalité et les esprits.
Non pas un voyage où le corps se déplaçait, mais une expérience durant laquelle l’esprit se détachait du monde et devait préserver son intégrité.
Et Audin ?
Il disait ne pas avoir atteint le niveau des chevaliers, mais Enkrid comprenait désormais.
Son réceptacle est différent.
Autrement dit, son réceptacle était déjà complet. Lui aussi avait quelque chose de caché. S’il le révélait un jour, il se battrait comme un chevalier.
Enkrid lui avait posé la question, et voici ce qu’il avait répondu :
« Je n’ai fait que suivre la révélation du Père. »
Honnêtement, même après avoir entendu cette réponse, beaucoup de choses lui échappaient.
Ces questions et ces réponses faisaient suite à leurs conversations précédentes. Il les avait déjà entendues et y avait réfléchi, mais il les repassait encore une fois dans son esprit.
Alors, comment Aoara avait-elle fait ?
Impossible de le savoir. Il aurait voulu le lui demander, mais elle n’était plus de ce monde.
Le Roi des mercenaires ? Les chevaliers d’Azpen ?
Chacun avait dû suivre sa propre voie, et pour la plupart, leur talent les avait aidés à y parvenir.
Ça arrive, c’est tout. C’est ainsi pour tout le monde.
Il faut être né avec.
Seuls ceux qui sont nés avec peuvent suivre cette voie.
Seuls les élus de naissance peuvent progresser.
Il faut naître avec. Voilà ce que signifie le talent.
Enkrid n’avait aucun talent. Du moins, pas celui qui permettait de devenir chevalier. Il le savait mieux que quiconque.
Alors, allait-il abandonner ? Se laisser gagner par le désespoir et s’arrêter là ?
Allait-il se contenter de rapiécer son rêve déchiré et défraîchi avec les quelques lambeaux qui lui restaient ?
Je sais.
Que je n’ai aucun talent ? Je le sais. Mieux que quiconque.
Que le mercenaire boiteux qui avait été son premier maître, quand il était enfant, ne lui avait pas dit la vérité ?
Il l’avait peut-être entrevu à moitié en l’entendant, mais la vérité était sans doute trop dure et il avait détourné les yeux.
Il ne se souvenait pas avec une entière clarté de chacune de ses pensées et de chacune de ses émotions, à l’époque.
Ce qu’il savait, c’était qu’il n’avait jamais cru une seule fois que la voie du chevalier serait facile.
Depuis le tout début, jusqu’à aujourd’hui. Cela avait toujours été ainsi.
Enkrid se heurtait sans cesse à des impasses. S’il s’était arrêté chaque fois qu’un chemin se barrait devant lui, il aurait abandonné depuis longtemps.
Mais il ne l’avait pas fait.
Parce que chaque année, chaque instant vécu avait fait germer la Volonté en lui.
S’il n’y a pas de talent, il n’y a pas d’autre voie ?
Il avait aperçu un chemin de traverse.
Le chevalier chimère en était un. Emprunter le pouvoir de la sorcellerie en était un autre. Mais Enkrid ne voulait pas prendre de chemins de traverse. Il chercha donc autre chose.
La méthode à laquelle il pensa était simple.
S’il voulait garder la porte ouverte, que devait-il faire ? Faire en sorte que la Volonté habite constamment tout son corps ?
Si cela ne vient pas naturellement, alors il faut le forcer.
C’est ce qu’il fit. En partant de ses pieds, il tira sa Volonté morceau par morceau et l’y maintint.
Ce qu’il avait compris en apprenant la Frappe du chevalier.
Tout ce qu’il avait acquis jusque-là l’aidait dans ce qu’il faisait.
Tout, depuis le jour où il avait commencé à répéter la même estocade jusqu’à cet instant.
Chacune de ces choses lui traversa l’esprit, l’une après l’autre.
S’appuyant sur toutes ces expériences, il tira sa Volonté et la répandit depuis ses pieds jusqu’à l’ensemble de son corps.
La Volonté qui atteignait chaque partie de son être fit trembler son corps. Quelque chose d’invisible, mais perceptible, saisit son cœur et le força à s’arrêter.
Une mort paisible.
Une mort presque sans douleur.
Mais tout de même une mort, arrêtée par le mur du talent.
Cette mort lui parla.
« C’est un mur que tu as bâti toi-même, mais tu ne peux pas le franchir. »
Il ouvrit les yeux et vit le Passeur. Celui-ci répétait les paroles de la mort.
« Ah oui ? »
Et Enkrid répondit comme toujours. Sa voix ne tremblait pas.
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