Chapitre 506
WE TRIED TRANSLATIONS
Traducteur : Hydrogen B
Relecture : Abstract
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UN CHEVALIER QUI RÉGRESSE ÉTERNELLEMENT
Chapitre 506 : Venir saluer
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Au-delà de Martai, vers l’est.
Le voyage ne fut pas aussi pénible que Dunbakel l’avait imaginé. Croiser des Créatures démoniaques et des Bêtes magiques était assez courant, mais elles étaient bien moins nombreuses qu’avant.
C’était logique.
Des avant-postes avaient été bâtis tout le long de la route reliant la Garde-frontière à Martai.
Les soldats qui y étaient postés se relayaient avec une seule mission : tuer les Créatures démoniaques et tenir la ligne.
Le banditisme n’avait pas non plus pris le relais.
Un vieux dicton du continent disait : quand les Créatures démoniaques se font rares, les bandits prospèrent.
Quand l’activité démoniaque diminuait, les gens voyageaient plus librement et les bandits s’installaient naturellement là où passaient les voyageurs. Mais pas ici.
« Pris en flagrant délit de banditisme, on perd la tête. Pris en flagrant délit de vol, on perd la main. »
Le commandant de la Garde-frontière, devenu seigneur de Martai, dirigeait la ville comme on gérait les choses à la Garde-frontière.
C’était aussi pour cela que les guildes criminelles n’avaient jamais réussi à s’y implanter.
Maelrun, la Grenouille, venait parfois traîner dans le coin par ennui et, chaque fois qu’un mercenaire ou un épéiste causait des problèmes, il le rouait de coups sans hésiter.
« Si tu trouves ça injuste, viens me chercher à la Garde-frontière. »
Depuis que des combattants plus forts que lui s’étaient mis à affluer à la Garde-frontière, Maelrun s’était découvert un nouveau passe-temps : venir faire un tour ici de temps en temps, chaque fois que la frustration montait.
À une époque, la rumeur avait couru que quiconque accepterait son défi se retrouverait face à un monstre musculeux qui le ferait suer à l’entraînement.
Dunbakel avait entendu des histoires semblables en traversant la région et avait hoché la tête. Ça lui ressemblait bien.
Quand la Garde-frontière s’était mise à former des soldats plus forts et à investir davantage dans la préparation militaire, Martai avait naturellement suivi le mouvement.
« Vous allez déshonorer le nom de la Garde-frontière ?! »
Torres poussait ses troupes plus que jamais. Il n’allait pas laisser la réputation de l’unité se ternir sous son commandement.
Il refusait que la Garde-frontière ne devienne qu’une troupe de plus, vite oubliée.
Dans le cadre de leur entraînement, Torres avait envoyé des soldats de la Garde-frontière servir aux avant-postes et, conformément aux souhaits de Kraiss, Martai avait commencé à construire ses propres avant-postes.
Une route sûre reliant la Garde-frontière à Martai, les compagnies marchandes avaient naturellement commencé à l’emprunter de plus en plus souvent.
Martai avait toujours été une sorte de ville-porte, par laquelle transitaient les marchandises et les reliques rares venues de l’est.
Les produits venus de l’est, reliques comprises, avaient une réelle valeur. Autrefois, la Compagnie marchande Rockfreed aurait peut-être pu en obtenir le monopole, mais elle avait joué la carte de la prudence.
Au lieu de tout accaparer, elle prenait sa part et laissait le reste tranquille.
Les reliques de l’est, les marchands itinérants, les caravanes de colporteurs : personne n’y touchait. Il suffisait de payer le péage pour passer sans encombre.
Pour les compagnies marchandes déjà implantées sur tout le continent, ne pas se rendre à la Garde-frontière revenait presque à passer pour un imbécile.
Les affaires prospéraient. La région n’avait pas de spécialité particulière et Greenfield devait encore surmonter bien des obstacles avant de devenir de véritables terres agricoles, mais le commerce avait fleuri et les couronnes circulaient librement.
Voilà pourquoi Martai était si animée.
Dunbakel retrouva Torres comme Enkrid le lui avait demandé et parvint à se procurer tout le nécessaire.
« Tu pars vers l’est ? C’est dangereux… Non, attends. Tu es des gens d’Enkrid, pas vrai ? Alors, débrouille-toi. »
Torres s’en tint là, puis ajouta :
« Tu veux que je fasse remplir une baignoire ? »
Elle avait l’air de ne pas s’être lavée correctement depuis des jours.
« Non, ça ira. Je repars tout de suite. »
Dunbakel reprit donc la route telle quelle, couverte de crasse. Hors de Martai, vers l’est.
Au début, une vaste étendue désolée s’offrit à elle.
Une fois sortie de la zone où Créatures démoniaques et bandits se faisaient rares, elle commença à croiser des créatures qu’elle n’avait encore jamais vues.
Un lézard à deux têtes. L’une claquait des dents et faisait jaillir des étincelles, tandis que l’autre exhalait une sorte de gaz.
En combinant les deux, on obtenait un monstre cracheur de feu.
Il y a bien longtemps, une Créature démoniaque cracheuse de feu appelée Salamandre était arrivée sur le continent par manifestation divine, et ces bêtes faisaient partie de ce qu’elle avait laissé derrière elle.
Une sous-espèce de Salamandre, en quelque sorte.
Les gens avaient fini par les appeler lézards de flammes, à peu près.
Dans certaines régions, on les appelait tout simplement lézards à deux têtes. On en voyait rarement.
Elle marchait, tuait, puis continuait sa route. L’est était loin. Le chemin était assez monotone pour laisser vagabonder ses pensées.
Les Chroniques de Dunbakel, partie à l’est et revenue.
Et si elle en faisait une histoire ?
Avec un sous-titre sur des abeilles ivres de fleurs ?
Tout le monde, Enkrid compris, tomberait amoureux d’elle.
Peut-être qu’elle laisserait Rem de côté.
Il était marié, et Arath était quelqu’un de bien. Dunbakel se souvenait encore qu’Arath avait pris soin d’elle pendant son séjour dans l’ouest.
Elle faillit mourir deux fois avant d’atteindre la ville frontalière de l’est.
L’histoire était longue quand on la racontait en détail, et courte quand on ne s’y attardait pas.
Quand elle rencontra enfin le maître de l’est, Anu, le Roi des mercenaires, ses premiers mots furent :
« Hé, ce salaud s’est fait couper tous les doigts ou quoi ? Pourquoi il ne répond pas ? »
Il se plaignait qu’Enkrid n’ait pas répondu à ses lettres.
Il ne lui souhaita pas la bienvenue, mais ce n’était pas grave. Depuis quand lui souhaitait-on la bienvenue ?
Autrefois, ça l’ennuyait un peu. Maintenant, elle s’en fichait.
« Comment veux-tu que je le sache ? »
Dunbakel répondit sans grande émotion.
Le roi la dévisagea.
« Qu’est-ce qui t’amène ici ? »
« Je viens me reposer. »
Au mot « reposer », les yeux de ceux qui se tenaient aux côtés du roi s’aiguisèrent.
Qu’est-ce que cette demi-demeurée de Femme-bête venait de dire ?
Dunbakel s’était elle-même choisi une existence difficile. C’était précisément pour cela qu’elle était venue.
Alors :
« Alors, occupe-toi de moi », dit-elle sans l’ombre d’une honte.
* * *
Crang détestait la politique. Il suffisait de voir la situation actuelle.
« On dirait que beaucoup de gens surveillent Enkrid de près. »
« Pourquoi ? Ils craignent que, s’ils se lient d’amitié avec lui, je leur prenne leurs terres pour les donner à Enki ? »
Le marquis d’Okto dit cela en souriant.
« Qu’attendre d’autre ? Quand le pouvoir royal se renforce, les nobles s’inquiètent. »
Crang tapota l’accoudoir de son fauteuil.
Pourquoi ces imbéciles égoïstes continuaient-ils d’apparaître, aussi nombreux que des moustiques, même quand on en éliminait ?
Comme ces sales bestioles qui revenaient chaque été, ils ne cessaient de se multiplier.
Ce n’était pas une préoccupation majeure. Impossible de s’occuper de tout ce qui se trouvait sur la route. Ce qui devait tomber tomberait de soi-même.
Quelques nobles propriétaires terriens des provinces s’étaient plaints que le domaine d’Enkrid était trop vaste.
L’un d’eux était même allé jusqu’à dire ouvertement qu’il en prendrait une partie par la force.
Ils avaient perdu la tête ?
Et s’ils mouraient en essayant ? Crang leur avait dit de faire comme bon leur semblait, à condition d’assumer eux-mêmes les conséquences d’un conflit armé. Certains nobles terriens, peut-être poussés par quelque envie suicidaire après avoir vécu dans une mare si peu profonde, avaient accepté ces conditions.
Enfin, l’ingérence étrangère semblait aussi contribuer à leur comportement. Mais s’ils s’obstinaient à crier qu’ils voulaient mourir, malgré tous les avertissements et les tentatives d’apaisement, que pouvait-on encore leur dire ?
« Ah, bon, on n’y peut rien. J’entends dire qu’Azpen s’agite. »
Les pluies de saison étaient arrivées, et on pouvait désormais vraiment parler d’automne.
Crang s’exprima en regardant les feuilles rougir lentement au-delà de la fenêtre.
« Nous avons gardé tous les canaux de communication ouverts et nous recueillons des informations. Mon évaluation est claire : oui, ils se préparent à la guerre. »
Le marquis Baisar, assis à côté du marquis d’Okto, lui répondit. En face du marquis, Marcus Bysar manipulait ses couverts. La réunion du matin faisait aussi office de repas.
Au lieu de sandwiches, on avait donc un modeste steak, du brocoli rôti et de la purée de pommes de terre.
Crang détestait le gaspillage. Enfant, il avait vu trop de gens mourir de faim en errant d’un bout à l’autre du continent.
Il croyait qu’en réduisant les dépenses de la table royale, on pourrait sauver des dizaines, voire des centaines de vies. Et c’était effectivement ce qui s’était passé.
Naturellement, certains nobles n’appréciaient pas.
Pourquoi nous empêcher de profiter de ce qui nous revient ?
Crang ne les punissait pas pour cela. C’était leur affaire. Mais la famille royale donnait le ton.
Celui d’une famille qui prenait soin du peuple et faisait son devoir au lieu de dépenser sans compter.
Ils s’en irritaient, puis lui reprochaient de favoriser Enki, puis se plaignaient que la formation des chevaliers laissait à désirer.
Les nobles, franchement.
Et maintenant, par-dessus le marché, Azpen cherchait la bagarre. Pouvait-il rappeler les chevaliers postés à la frontière sud et les envoyer ici ? Pouvait-il faire venir des soldats de la Cité d’Aoara ?
Il lui faudrait des chevaliers.
Cette guerre ne resterait pas une petite escarmouche comme les précédentes.
Azpen engagerait toutes ses forces. Ils feraient n’importe quoi pour reprendre Greenfield. Mais sur quoi comptaient-ils pour venir le provoquer ainsi ?
S’il était le roi d’Azpen, c’était le moment de se prosterner jusqu’à toucher le sol du front. Et pourtant, ils venaient quand même. Cela signifiait qu’ils pensaient avoir des arguments à faire valoir.
Certaines personnes ne voient pas l’échec comme un désespoir. Elles y voient une nouvelle occasion.
Tout près de lui, Enkrid était de ceux-là.
Peut-être qu’en Azpen aussi, quelqu’un refusait de considérer l’échec comme tel et se disait plutôt : encore une fois, encore une.
Après avoir été repoussés tant de fois, ils avaient dû colmater toutes leurs failles avant de revenir.
Crang mâcha sa viande, le visage impassible. L’agneau bien cuit fondait dans sa bouche.
Les nobles, les guerres, tout cela n’avait aucune importance. La viande était de la viande, et elle était bonne.
« L’agneau est parfaitement cuit. Je vous en prie, mangez pendant que nous discutons. »
Aux mots de Marcus, le marquis Baisar se mit lui aussi à manger. L’âge avait affaibli sa mâchoire et rendu la viande difficile à mâcher. Il avait reçu une guérison divine autrefois, mais ses gencives ne pouvaient pas retrouver leur santé d’antan.
L’agneau, lui, était assez tendre pour être déchiré même avec des dents comme les siennes.
« Donc, si Azpen franchit la ligne, je dois dire à Enki de les repousser avec les seules forces de la Garde-frontière, c’est bien ça ? »
Certains nobles s’étaient rassemblés et faisaient du bruit pour réduire le pouvoir du général Enkrid. Leur argument était qu’il était seigneur de la région et de la ville bâtie pour tenir Azpen en échec, et qu’il devait donc remplir ses obligations, ou quelque chose de ce genre.
Ces gens n’avaient plus la moindre conscience.
Avaient-ils oublié l’avoir surnommé celui qui avait mis fin à la guerre civile, le Tueur de démons ?
Enfin, les nobles des provinces n’avaient probablement pas assisté de leurs propres yeux aux exploits d’Enkrid.
C’étaient justement ces nobles provinciaux qui poussaient les choses dans cette direction.
Parmi eux, certains n’appréciaient pas que le territoire du comte Molsen soit administré comme une terre de la Couronne.
Des imbéciles qui croyaient qu’après la mort du comte Molsen, une partie de son comté leur reviendrait.
Crang posa la question, et le marquis Baisar hocha la tête.
« Même dans le pire des cas, si la Garde-frontière tient un mois, la maison royale pourra envoyer des renforts. »
Les chevaliers pourraient en faire partie.
Un mois, tout au plus. Il leur suffirait de faire semblant de combattre.
Cela ressemblait à un prétexte bien maigre, mais l’objectif était de montrer que la Garde-frontière remplissait son rôle et qu’Enkrid était la personne qu’il fallait à ce poste.
« Par précaution, je pensais envoyer les forces du vicomte Andrew. Elles seraient d’une grande aide. »
Marcus avala un morceau de viande et prit la parole.
Andrew, l’homme à qui l’on avait donné des terres et confié la seigneurie de la ville située juste à côté de la capitale.
Avec le soutien de la maison royale, il formait chaque jour des soldats plus forts. Alors oui, comme l’avait dit Marcus, il serait utile.
Crang hocha la tête. Il était temps d’écrire une nouvelle lettre personnelle.
« Mais qu’est-ce qu’il fabrique ? Pourquoi ne répond-il pas ? »
Crang lui avait envoyé à lui seul plus de dix lettres, et Enkrid n’avait rien renvoyé.
S’il était de retour, il pouvait au moins répondre, non ?
Ça faisait pourtant assez longtemps qu’il était rentré de l’ouest.
* * *
Il n’a donc aucun bon sens ?
Ou peut-être qu’il se battait bien, mais réfléchissait mal.
En lisant la lettre du Roi des mercenaires, Enkrid pensa exactement cela.
Il le pressait de répondre. Il n’y avait rien d’important dans cette lettre. Alors pourquoi réclamer une réponse à tout prix ?
Il fallait être complètement idiot pour ne pas comprendre qu’envoyer une réponse n’était pas une mince affaire.
Le Roi des mercenaires pouvait faire parvenir ses lettres en utilisant ses propres hommes, mais envoyer une réponse jusqu’à la ville frontalière exigeait au minimum une escorte de la taille d’une escouade.
Jusqu’ici, l’arrangement consistait à laisser la réponse à Martai, afin que le courrier venu de l’est pour apporter la lettre puisse la reprendre au retour.
Autrement dit, il fallait que le moment soit bien choisi pour qu’une réponse puisse partir.
Depuis quelque temps, Enkrid avait été très occupé, faisant la navette entre la Cité d’Aoara et l’ouest.
Et malgré ça, on lui reprochait de ne pas répondre.
Même en laissant cela de côté, la lettre ne semblait pas réclamer de réponse.
Enkrid passa en revue, une à une, les lettres qui s’étaient accumulées pendant son absence. La plupart venaient du Roi des mercenaires, Anu, et de Crang.
Quelques lettres inutiles s’y étaient glissées.
Des lettres de nobles dames qui lui confiaient leur nostalgie ou lui avouaient être tombées amoureuses de lui au premier regard.
Une lettre d’un noble lui proposant de rencontrer sa fille.
Une fois les lettres des deux rois mises de côté, environ la moitié du reste contenait des demandes en mariage, un quart cherchait à le provoquer en remettant en question sa réputation, et le dernier quart venait de compagnies marchandes et autres qui sollicitaient ses faveurs.
« Les pots-de-vin doivent aussi affluer, non ? »
Il parcourut les lettres en griffonnant quelques lignes, puis interrogea Kraiss. Kraiss hocha la tête.
« Oui, en quantité. Tu en veux ? »
« Non. »
Il n’avait pas besoin de grand-chose. Il lui faudrait bien acheter une armure un jour, mais il pouvait obtenir les couronnes nécessaires en donnant simplement un coup de coude à Kraiss.
À vrai dire, un gambison, une cotte de mailles et une cuirasse d’acier conçus spécialement pour lui étaient déjà prêts.
Le gambison était teint en bleu profond, avec une épée brodée en or sur le devant.
Celui qui l’avait fabriqué avait apparemment abandonné tout sens esthétique dans un recoin de la Terre Maudite.
Il était néanmoins solide. L’extérieur était recouvert de la peau d’un loup devenu une Bête magique, et l’intérieur rembourré de plumes taillées d’Homme-ours. Il pesait un peu, sans pour autant être encombrant.
Après avoir rédigé à la hâte quelques réponses et trié les lettres, Enkrid enfila l’armure, passa Aker à son côté et glissa trois dagues de lancer contre sa poitrine.
Le bureau était petit. Il se leva et se dirigea vers la porte, quand Kraiss lui demanda derrière lui :
« Où vas-tu ? »
« Rendre visite à quelqu’un. »
« À qui ? »
« À un noble. »
Kraiss comprit aussitôt ce qu’Enkrid avait en tête.
Un noble lui envoyait de maladroits assassins et cherchait querelle à la moindre occasion.
Son domaine se trouvait entre la Garde-frontière et le territoire du comte Molsen. Il n’était pas petit, mais ne disposait pas non plus d’une véritable puissance.
Puis, l’homme avait soudain adopté un fils qui, disait-on, avait été formé par un grand maître en arts martiaux. Depuis que ce maître s’était installé dans le domaine, le seigneur était devenu complètement cinglé.
Il agissait comme si une partie du territoire du comte Molsen lui revenait de droit et répétait partout qu’Enkrid était un épéiste chanceux.
« Tu y vas seul ? »
Kraiss se leva en posant la question.
Il s’était installé à son bureau tout armé et semblait impatient de partir.
Y avait-il une raison particulière d’emmener toute une troupe ?
Enkrid ne le pensait pas.
Pour lui, c’était comme une simple promenade dans le quartier.
Il prit directement la route du domaine du noble, et Rem le suivit, disant qu’il s’ennuyait.
« Je viens avec toi. Je m’ennuie. »
Ragna dit qu’il était trop fatigué pour ça et alla se coucher. Ruagarne s’était lancée à corps perdu dans l’entraînement depuis son retour de l’ouest.
Fell avait toujours le moral un peu bas, et Ropord était aussi plein d’entrain que d’habitude.
Lors des nuits profondes où la pluie de saison tombait, ils avaient trouvé le temps de bavarder de tout et de rien, tout en continuant à s’entraîner comme toujours, jour après jour.
La pluie qui tombait depuis plusieurs jours finit par s’arrêter. La température avait juste assez baissé pour rendre la marche et les mouvements agréables.
« Tu vas lui trancher la tête ? » demanda Rem tandis qu’ils se mettaient en route.
« Ne va pas tout de suite chercher à trancher le cou de quelqu’un », répondit Enkrid.
Ils partirent tous deux d’un pas tranquille.
C’était un peu loin à pied. On leur avait proposé une voiture, mais Enkrid avait refusé d’un signe de tête.
Il voulait marcher. Il avait quelques réflexions à mener sur une voie qui lui semblait presque à portée, mais qui ne cessait de lui échapper, et souhaitait se vider la tête de certaines pensées encombrantes.
Ils marchèrent lentement pendant dix jours, s’entraînant et chassant en chemin.
Enkrid atteignit le domaine du noble. Par chance, celui-ci était parti chasser des Créatures démoniaques, et les deux groupes se rencontrèrent à la frontière de ses terres.
Le noble était accompagné de son fils et de vingt serviteurs. Enkrid, lui, n’avait que Rem.
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