Chapitre 486
WE TRIED TRANSLATIONS
Traducteur : Hydrogen B
Éditeur : Abstract
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UN CHEVALIER QUI RÉGRESSE ÉTERNELLEMENT
Chapitre 486 : Quelques coïncidences qui se superposent
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Certaines personnes se débrouillaient mieux dans un vrai combat qu’à l’entraînement, quoi qu’elles fassent.
Pourquoi donc ?
Pourquoi révélaient-elles une facette plus redoutable quand l’enjeu était de taille ?
Peut-être avaient-elles des sens plus aiguisés, ou un talent brut supérieur. Ou peut-être ne parvenaient-elles à se concentrer que lorsque leur vie était en jeu.
Rien de tout cela ne s’appliquait à Enkrid. Il n’avait rien de tout ça.
Ses sens étaient ordinaires, alors parer les attaques retorses lui semblait maladroit. Il n’avait pas le moindre éclair de génie. Une concentration qui ne se manifestait qu’en cas de crise ? S’il avait possédé une telle chose, il ne serait pas mort autant de fois.
Rien de tout cela. En revanche, il avait de l’expérience.
Des heures innombrables de conditionnement, d’entraînement et de pratique.
« Et si je pivote ici ? Et si je le repousse par là ? Je pare, puis je frappe aussitôt ? »
Il y réfléchissait, mettait ses idées à l’épreuve avec son corps, puis recommençait.
Après avoir appris les techniques propres à chacune des branches des Cinq Styles de l’épée, c’était exactement ce qu’il avait fait. Sans repos, sans jamais se lasser, en s’acharnant sans relâche.
Parler de force brute ne suffisait pas tout à fait. On pouvait aussi appeler ça de l’obstination stupide.
Et, chemin faisant, il avait appris à transposer dans les vrais combats, petit à petit, tout ce qu’il avait acquis.
Comme il n’avait aucun talent, il devait répéter chaque chose bien plus souvent que les autres. Là où dix coups suffisaient aux autres pour comprendre, il lui en fallait cent. Et si cent ne suffisaient pas, il en donnait mille, voire davantage.
Et qu’est-ce que cela avait donné ?
Il avait cessé de s’intéresser à l’utilité d’une technique pour se concentrer sur ce qu’elle était vraiment. Il n’avait pas le choix. S’il ne la comprenait pas, il ne pouvait pas aller plus loin.
Pourquoi certaines techniques de parade croisaient-elles délibérément la lame adverse ? Pourquoi faire pivoter le corps pour éviter ensuite le tranchant ? Pourquoi placer le milieu de la lame à l’intérieur du coude ?
En pivotant à demi, on créait une ouverture permettant de coincer la main de l’adversaire. En plaçant le milieu de la lame dans le creux du coude, on pouvait appuyer sur le point d’application de la force et neutraliser un instant la puissance de l’adversaire.
Fallait-il vraiment faire pivoter le corps ? Si le but était d’avancer, le jeu de jambes pouvait s’en charger.
Et fallait-il même saisir la main ? Quel était l’inverse d’une parade ? Comment contrer une déviation ?
Voilà, c’était là l’essence de la technique. La raison d’être de chaque mouvement.
Il avait répété, médité, repris et travaillé tout cela sans fin.
Même en mourant, il continuait. Et même quand il ne mourait pas, il poursuivait ses efforts.
Voilà pourquoi Enkrid était bien plus fort dans un vrai combat qu’à l’entraînement.
C’était cette volonté acharnée de se mettre à l’épreuve qui faisait la différence quand cela comptait.
Ses yeux bleus étincelèrent.
L’Apôtre était passé maître en nécromancie. À tel point que, dans ce seul domaine, même Esther aurait dû lui céder du terrain.
La forme fluide ne fonctionnera pas.
En état fluide, impossible d’utiliser correctement le Monde des sorts. Bloquer avec un voile, puis lancer un sort préparé.
L’Apôtre possédait un Objet sacré artificiel, fabriqué à partir d’un trésor découvert dans la Terre Maudite et imprégné d’énergie magique tirée de l’Offrande prélevée dans les terres de l’Ouest.
C’était cela qu’il allait utiliser.
La peur, de côté. Si l’effroi submergeait son esprit, ses sorts ne fonctionneraient pas comme prévu.
Les calculs avaient déjà commencé dans l’esprit de l’Apôtre, mais chacun d’eux s’effondra dès le départ.
Les yeux de l’Apôtre ne parvenaient même pas à suivre la lame d’Enkrid.
Clang, fracas, clang !
Le temps d’inspirer une fois, et tout ce qu’il vit fut le voile qu’il avait dressé se fissurer puis voler en éclats.
Tenir ? Tenir.
Un instant avant que le voile ne cède, l’Apôtre articula une nouvelle incantation.
« Huit frères de Gulak ! »
Le Monde des sorts s’ouvrit. Huit Goules en jaillirent. Du sol, de l’air à hauteur de taille et de l’espace au-dessus d’eux, des amas sombres déchirèrent l’espace comme des plaies violacées, et des Créatures démoniaques en surgirent.
Pour être précis, il s’agissait de Goules artificielles, créées par magie.
Des créatures aux bras longs, aux jambes longues, à la langue longue, ou remplies de poison. Huit monstres, tous différents.
Pour l’Apôtre, c’était simplement la malchance.
Enkrid avait affronté une Goule de rang chevaleresque dans la Terre Maudite de la Forêt Grise, alors qu’elle était l’ennemie de la Cité d’Aoara. Ce souvenir était resté vif et intact dans son esprit.
Le propriétaire de ces yeux bleus frappa huit fois avec son épée.
Il avança le pied gauche en biais et porta un coup diagonal. Il recula le pied droit et trancha horizontalement sur le côté. Puis il ramena la lame avant de frapper droit vers le bas.
Entre-temps, l’une des créatures avait tendu ses griffes. Enkrid traita le bras comme une lame, plaqua le plat de son épée contre lui, le repoussa doucement et porta une estocade. Mais douceur ne signifiait pas inoffensif : le coup fut largement assez meurtrier.
C’était l’Épée du Serpent, le Style de l’Épée fluide.
Ensuite, il enroula sa lame autour de celle d’une Goule et frappa de côté, lui tranchant net la tête. Puis il passa par-dessus et autour pour lui transpercer la poitrine. En remontant son épée comme s’il la tirait vers lui, il fendit le crâne de la dernière Goule à la verticale. Un coup horizontal venu d’en haut couvrit la septième Goule, celle aux trois yeux, comme un couvercle. Enfin, il passa l’épée dans sa main gauche et porta une estocade à une main.
Tout cela à une vitesse que le lanceur de sorts ne pouvait suivre des yeux.
Boum, crac, paf, craquement, clac, tchac, boum.
Les huit Goules apparues moururent toutes, la gorge tranchée, le crâne percé ou la tête fendue.
Les yeux de l’Apôtre s’écarquillèrent tandis qu’il serrait toujours l’Objet sacré dans sa main.
Deux longues traînées. D’abord une ligne bleue, puis un fil d’argent qui la suivait.
Elles s’étirèrent à n’en plus finir, et le temps ralentit.
Bloque-le.
Il lui restait quantité de sorts préparés.
Le voile putréfié de Gulak ferait l’affaire. Il pouvait absorber les chocs physiques.
Il avait aussi des artefacts protecteurs. Même sa peau avait été modifiée.
Et après avoir bloqué ?
Utiliser l’Objet sacré. L’Objet sacré artificiel donnerait à chaque Géant présent la puissance d’un monstre. Autrement dit, tous les Géants se transformeraient en créatures semblables aux deux monstres que les défunts de l’Ouest avaient appelés ainsi.
Alors, tout le monde ici pourrait être tué.
Et si cela ne suffisait pas, il libérerait la puissance emmagasinée dans l’Objet sacré. Personne n’y survivrait, pas même l’Apôtre.
Il invoquerait un golem façonné à partir de sang dans le Monde des sorts, l’attacherait à l’Objet sacré, puis le ferait exploser. L’équivalent du sang de mille vies, comprimé en un seul amas. Si un tel volume explosait, personne ne s’en sortirait.
La sorcellerie interdite appelée détonation du sang.
Cela suffirait. Il avait une solution. Les calculs étaient terminés. Il ne lui restait qu’à agir.
Ses pensées continuaient de défiler, mais sa langue ne bougeait pas pour entamer l’incantation.
Le fil d’argent fut plus rapide. La ligne argentée qu’était devenue Aker effleura la gorge de l’Apôtre.
Tout cela résultait de quelques coïncidences qui s’étaient superposées.
La récente avancée d’Enkrid dans sa compréhension.
Le fait qu’il tenait une Épée magique.
Les leçons qu’il avait apprises auprès d’Esther sur la manière de mettre un mage sous pression.
L’Apôtre ne s’attendait pas à ce que le combat commence de cette façon.
L’habitude de l’Apôtre d’annoncer ses intentions et de savourer ses prêches avant chaque affrontement.
Son intention de parler le premier, à cause de cette habitude.
Et Enkrid qui avait supprimé toutes ces étapes pour répondre par l’acier.
Drrrrr !
Aker, devenue un fil d’argent, s’arrêta un instant juste devant la gorge de l’Apôtre.
Le temps d’un battement de cœur, naturellement. Un intervalle trop bref pour que l’Apôtre le perçoive.
Les artefacts défensifs sur le corps de l’Apôtre s’étaient activés. L’un rendit sa peau lisse et grasse, comme celle d’un crapaud couvert d’huile. Un autre enveloppa d’un voile semblable à de l’acier, épais d’une phalange, la zone juste devant chaque point frappé.
Un Apôtre de la Sainte Secte de la Terre Maudite, préparé au combat. Il était naturel qu’il porte divers artefacts.
Son corps lui-même était différent. On lui avait greffé la peau d’une Créature démoniaque, bien plus résistante que n’importe quelle chair humaine.
Bien sûr, rien de tout cela n’avait d’importance une fois sa tête séparée de ses épaules.
L’épée fut maniée à la perfection, le pied gauche fermement planté en guise de pivot. Un mouvement qui tranchait jusqu’à l’essence même de la technique. Un coup renforcé par la Frappe du chevalier.
Aker transperça toutes les défenses et toutes les protections que l’Apôtre avait mises en place. Les artefacts achevèrent leur tâche, puis s’effritèrent.
Pas assez tranchante ? Alors, il comblerait le manque par la force.
Le Point de concentration saisit le point d’impact exact, et le Cœur de la Force surhumaine insuffla sa puissance dans son bras.
Tchac.
La tête de l’Apôtre s’envola.
Elle rebondit avec un bruit sourd et retomba au sol.
Le corps de l’Apôtre s’effondra sur les cadavres du Géant métis et de l’Elfe.
« Père ! »
L’un des membres de la Tribu des devins surgit du ravin. C’était un jeune homme, presque un garçon, dont la peau était tatouée d’une larme et d’un poignard.
Son cri retentit et, au même instant,
GRRROOOAAARRR !
Tous les Géants poussèrent soudain un cri qui tenait presque du hurlement de douleur. Ils renversèrent la tête en arrière et rugirent ; des veines violettes saillirent sur leurs muscles.
CRAAAC.
Leurs muscles enflèrent et leurs yeux s’embrasèrent, comme si on leur avait enfoncé des torches dans les orbites. Leurs cheveux ondulèrent et leur peau prit une teinte cuivrée plus sombre.
Les Géants transformés semblaient repousser la lumière du soleil et le vent qui les entouraient.
La majeure partie de la volonté de l’Apôtre s’était consumée sans jamais prendre forme, mais une part de celle qu’il avait insufflée dans l’Objet sacré artificiel s’était activée sous forme de sort.
L’éveil de tous les Géants présents.
« Toi ! »
À l’instant où Enkrid tua l’Apôtre, il sentit une vague d’intention meurtrière s’abattre sur lui par-derrière. Il pivota et balança Aker.
Une attaque légère, mais pas du genre que n’importe qui pouvait bloquer ou esquiver.
L’angle était difficile à éviter, et le coup avait une force et une vitesse bien réelles.
Clang !
Le coup fut paré.
Comment pouvait-on vraiment bloquer ça ? Cela aurait dû le surprendre, mais Enkrid ne le montra pas.
Il ramena l’épée qu’il avait lancée en avant et la rabattit de nouveau selon le même angle.
Cette fois, ce fut le coup de fendage de la clavicule du Style de l’épée lourde, chargé de tout son poids. Il ne claqua pas, il s’enfonça.
Quand le coup porta, son adversaire fut à moitié soulevé du sol.
En frappant, Enkrid balaya l’ennemi du regard, examinant ses vêtements et sa posture dans leur ensemble.
Un gilet à poil court, un pantalon, des brassards, des marques sur le visage et quelque chose de glissé en diagonale dans le dos : une tige noire ? Une lame d’obsidienne.
Ce qui avait bloqué Aker était un poignard court et recourbé appelé karambit.
Le poignard était extrêmement dur. Aker ne l’avait ni brisé ni tranché. Seul un petit éclat s’était détaché de son tranchant.
Les yeux de l’ennemi étaient emplis de chagrin et de haine.
Le second coup fut lui aussi paré. Le karambit pivota et détourna la force de l’épée.
C’était vraiment impressionnant.
En matière de talent brut, cet adversaire était proche de Rem.
Pour l’instant, l’écart était grand, mais s’il en avait le temps, il progresserait vite.
Grâce au karambit, l’ennemi dévia juste assez la lame pour détourner l’attaque d’Enkrid, puis, dès que ses deux pieds touchèrent le sol, roula en arrière. Enkrid s’apprêtait à le poursuivre, mais s’arrêta. Son instinct le lui souffla.
Pendant que l’ennemi roulait en arrière, une lance d’obsidienne s’éleva dans les airs.
Une ruse ? Non, de la sorcellerie.
Sans que personne la touche, la lance de jet flotta d’elle-même et fila vers l’avant.
Il s’était arrêté parce que la Technique sensorielle l’avait averti.
Enkrid ne voyait pas ce qui tenait la lance, mais il était certain que quelque chose se trouvait là.
C’était peut-être l’un de ces esprits ancestraux dont parlaient les gens de l’Ouest.
Ting !
Il fut facile de la bloquer.
Il observa la vitesse de la pointe qui fonçait sur lui, plaça le tranchant de sa lame contre le manche et la laissa glisser sur le côté.
Puis il fit un grand pas en avant. En plein mouvement, il fit passer Aker à demi au-dessus de sa tête avant de l’abattre droit devant lui, perpendiculairement au sol.
Tout cela en une seule respiration.
Ffouit !
Une fois encore, Aker ne trancha que le vide. L’ennemi avait bondi droit en arrière, alors qu’un instant plus tôt il semblait prêt à foncer tête baissée.
Après avoir reculé, l’ennemi tendit la main gauche. Un tintement retentit : quelle que fût la parure qui y était accrochée, une clochette d’or pendait à chacun de ses doigts.
La main gauche levée, l’ennemi la secoua et parla.
« Je vais te prendre tes yeux. »
Enkrid cligna des yeux. Rien ne se passa.
L’ennemi resta figé, la main gauche toujours tendue.
Crrr.
Il serra les dents, puis lança une nouvelle malédiction.
« Fais trois pas et tombe ! »
La première était une malédiction d’aveuglement. La seconde, une malédiction de paralysie des jambes.
Aucune des deux ne prit effet.
Enkrid ne ressentit pas la moindre inquiétude.
La seule pensée qui lui traversa l’esprit fut de se demander, sans y attacher d’importance, si le Batelier se trouvait quelque part, en train de lâcher un rot satisfait.
« Délicieux ! »
Ou peut-être criait-il quelque chose dans ce goût-là.
« C’est toi. Tu as avalé la malédiction. »
Une jeune voix. L’ennemi fixa Enkrid comme s’il voulait le tuer, prononça ces mots, puis s’enfuit. Après quelques foulées rapides, sa silhouette se brouilla et s’éloigna.
Enkrid lança un poignard dans sa direction.
Il fila et se planta dans le dos du sorcier.
Le corps chancela un instant, puis continua de courir et disparut.
Il était assez rapide pour que le poursuivre soit hasardeux, mais pas impossible. Il restait toutefois des problèmes plus urgents derrière lui.
Les Géants et les Guerriers Noirs continuaient de se battre dans son dos.
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