Chapitre 485
NOUS AVONS TENTÉ DES TRADUCTIONS
Traducteur : Hydrogen B
Éditeur : Abstract
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UN CHEVALIER QUI RÉGRESSE ÉTERNELLEMENT
Chapitre 485 : Briser les chaînes, aller de l’avant
= = =
Il frappa.
D’abord le bras, et maintenant ça.
« Jambe du guerrier, lève-toi. »
Un autre mangeur d’hommes s’avança et prononça l’incantation.
Celui-là semblait moins doué que celui qui avait lancé le sort précédent.
Il portait un bandeau coloré autour de la tête et des marques grossières peintes sur le visage.
Sa jambe crasseuse s’assombrit et se désagrégea.
Crac, crac, crac.
Le contrecoup de la magie.
« Ngh. »
Il serra les molaires et ravala son gémissement.
Muscles, os et peau se tordirent ensemble.
Un bruit à vous hérisser la peau retentit, puis la jambe se détacha sous le genou. Elle se transforma en une masse noire qui s’affaissa au sol ; de cette flaque repoussa une jambe noire et musculeuse.
Après avoir ainsi créé un bras et deux jambes, l’un des mangeurs d’hommes se mit à saigner des yeux et du nez, puis mourut.
Son corps se recroquevilla, avant de devenir une flaque de sang noir. De cette flaque naquit une silhouette sombre.
Des bras et des jambes maigres, pas de tête.
Le bras fraîchement créé — l’un de ceux qu’ils avaient produits — et les deux jambes s’attachèrent à ce torse.
Il ne resta qu’une silhouette humaine faite de suie noire compactée. Une main gauche solitaire y pendait, serrant une longue hampe. Plus longue que n’importe quelle épée, elle avait la forme d’une lance.
Un guerrier au corps noir. Un Guerrier noir né d’une fosse noire, en quelque sorte.
Ou peut-être un guerrier mort qui avait retraversé la Rivière de la Mort.
Sa particularité était qu’il n’avait pas de bras droit, seulement le gauche. Il n’avait qu’un bras et, à la place de la tête, une simple boule ronde.
Un chevalier ressuscité d’entre les morts était appelé Chevalier de la mort. C’était le summum de la nécromancie, l’incarnation d’un monstre doté de la puissance d’un chevalier.
La magie employée ici par les Cultistes était d’un niveau inférieur.
On commençait par capturer un guerrier au talent exceptionnel, lui arracher le cœur, puis le maintenir en vie grâce à la sorcellerie interdite afin qu’il ne puisse pas mourir.
Pendant sept jours, on le laissait dépérir lentement, dans un état flottant entre la vie et la mort.
On lui avait arraché le cœur : il était mort.
Mais la sorcellerie interdite lui faisait croire qu’il était toujours en vie.
À qui appartenait ce cœur ?
Le corps était mort, mais l’esprit restait vivant.
Dans cet état, on le tuait au moyen de la sorcellerie interdite de la nécromancie. C’est ainsi qu’on créait un guerrier né de la mort.
Je ne suis pas encore mort. Je peux donc me battre. Si je me bats et que je gagne, ce cauchemar prendra aussitôt fin.
Mort, le guerrier ne pouvait entendre les vivants. Le Chevalier de la mort ne pouvait pas non plus parler. Il aurait dû communiquer par la seule volonté, mais il n’en avait plus.
Il ne lui restait que l’envie de lutter.
Combattre. Tuer. Enfoncer cette lance dans la chair et y laisser des trous.
Peu importait qui ou quoi lui barrait la route.
Le fouet de Ruagarne claqua contre la tête du Guerrier noir.
Paf !
Le guerrier leva la hampe de sa lance et la balaya pour bloquer le fouet. Sa pointe s’enroula rapidement autour de la hampe.
Au même instant, Ruagarne s’élança et balaya l’Épée en boucle.
Un coup horizontal.
La lourde lame, portée par la force de la Grenouille, semblait prête à fendre le torse de l’ennemi en deux.
Le Guerrier noir tira de force sur la hampe pour parer.
Clang !
La hampe noire trembla sous le tranchant de l’Épée en boucle.
Tirer sur une hampe enlacée par un fouet ? Il avait dominé la force de la Grenouille.
Sa main unique glissa sans effort jusqu’à la base de la hampe, en saisit l’extrémité et rabattit brutalement la lance, toujours entravée par le fouet.
Ruagarne lâcha la poignée du fouet, saisit l’Épée en boucle à deux mains, pivota et dévia la hampe avec le plat de la lame.
Tac, drrrdrdrt !
La hampe noire et le tranchant de l’Épée en boucle raclèrent l’un contre l’autre avant de glisser de part et d’autre.
Profitant du rebond, Ruagarne recula vivement.
Un Chevalier de la mort était façonné par le nécromancien qui le créait. La qualité de l’ouvrage déterminait les aptitudes de sa créature.
De quoi était capable celui-ci, qui maniait sa lance d’un seul bras ?
Au moins du niveau d’un chevalier junior.
Le combattre seul serait tout juste faisable.
Malgré tout, il avait l’impression que la perte d’un bras avait réduit ses capacités de moitié.
En se demandant où l’autre bras pouvait bien se trouver, Ruagarne fit naturellement le lien.
Le bras de ce salaud, tout à l’heure.
Il avait tué un Cultiste en abattant les Gnolls, quelque temps auparavant.
Celui qui avait lancé le sort Bras du Guerrier.
Ce sort avait fait apparaître un corps par ailleurs inutile, dont seul le bras droit était intact.
Celui qu’Enkrid avait abattu.
Ensuite, Ruagarne s’était renseigné à droite et à gauche pour savoir ce qu’était devenu le propriétaire de ce bras.
Alors voilà où il avait atterri.
Ruagarne recula, rattrapa du bout de son épée la poignée du fouet qui s’était détachée de la hampe, puis la fit voltiger jusque dans sa main.
Il la rattrapa et lança aussitôt :
« Brûle. »
La volonté qui traversa sa voix invoqua le sort gravé dans le fouet.
Le plus simple, face à ce genre d’adversaire, était d’utiliser un objet magique. Les flammes jaillirent du milieu du fouet et se propagèrent vers les extrémités.
La chaleur ardente réchauffa l’air autour de lui.
Pourtant, ses chances étaient mauvaises.
Son œil pour les aptitudes, son œil pour le talent, son instinct de combat : tous lui criaient qu’il était en danger.
La cause en était les silhouettes qui le fixaient, les yeux grands ouverts et agités, derrière le Chevalier de la mort.
Et ce n’était pas tout.
Un autre groupe de personnes apparut derrière le ravin où s’était rassemblé l’ennemi.
La plupart avaient des marques peintes sur le visage. Deux silhouettes se distinguaient par leurs vêtements : un Demi-Elfe et un Demi-Géant.
Pas des gens de l’ouest. Ça se voyait au premier coup d’œil.
Leur race le rendait évident, et leurs vêtements étaient différents, eux aussi.
Le Demi-Elfe avait une oreille complètement écrasée, avec un simple trou à la place du pavillon. Le Demi-Géant avait l’arête du nez plate et la mâchoire carrée, comme un bloc de pierre.
Enkrid continuait de mettre la pression au sorcier ennemi.
Rem et Dunbakel massacraient joyeusement un groupe de géants.
Un loup créé par sorcellerie déchirait les rangs des géants, couvrant les guerriers alliés qui lançaient des coups de lance et des pierres.
Plusieurs gens de l’ouest s’avancèrent vers Ruagarne, des lances d’obsidienne chargées dans leurs lance-pierres.
Ça sent mauvais.
Son instinct de combat lui annonçait la défaite. Plus précisément, une mort inutile.
Surtout quand il regardait celui qui avait les cheveux noirs et des yeux blancs, sans la moindre pupille. Cette pensée ne voulait pas le quitter.
Celui qui portait, sous l’œil gauche, un motif de larmes qui tombaient et, sous le droit, une dague pointée vers le haut.
À cette vue, Ruagarne fut saisi d’un sinistre pressentiment.
Je vais perdre.
S’il se battait avec les seuls guerriers de l’ouest et lui-même, voilà où cela le mènerait.
D’ordinaire émoussé, l’instinct de combat de la Grenouille devenait tranchant comme un rasoir dès qu’il entrait dans la mêlée.
De son point de vue, c’était la réponse la plus honnête.
Mais qu’était-il censé faire de ça ?
Ceux qui se tenaient devant lui étaient des Cultistes.
Le Culte était son ennemi.
Alors il les tuerait.
Qu’il gagne ou non, il devait se battre.
Ceux qu’il devait tuer se trouvaient juste devant lui ; sa fureur était donc parfaitement justifiée.
Grrr.
À moitié ravi, à moitié furieux.
Ruagarne gonfla les joues.
Et puis, il ne croyait pas vraiment qu’il allait perdre.
Son évaluation ne tenait pas compte d’Enkrid, qui était un facteur hors catégorie dans ce combat.
* * *
Tu croyais vraiment que je n’avais préparé que des géants ?
Celui que les moulinets incessants d’une lame empêchaient malgré lui de finir sa phrase était un Apôtre de la Sainte Secte de la Terre Maudite.
J’ai dressé l’ouest contre lui-même et créé des géants. Tu sais combien de graines j’ai semées ailleurs ? Des années de préparation. Comment comptes-tu m’arrêter ?
Le plan consistait à faire prendre racine au Culte en ces lieux.
Plus précisément, l’Apôtre avait voulu rassembler des Créatures démoniaques et façonner quelque chose qui ressemblerait à une Terre Maudite.
Pour cela, il fallait rassembler les gens de l’ouest en un seul endroit et les massacrer.
Leur sang et leur chair, leur peur, leur désespoir et leur frustration, jusqu’aux fragiles lambeaux d’espoir qui leur restaient.
Tout cela servirait de matériau pour façonner une sorte de Terre Maudite sur ces terres.
L’Apôtre voulait créer une nouvelle Terre Maudite ici.
La lame qui ne cessait de s’abattre l’empêchait d’ouvrir la bouche. La magie ne pouvait pas circuler comme il le fallait. Il ne pouvait pas non plus former les mudras.
Ce salaud.
L’irritation monta d’elle-même.
L’Apôtre se dit qu’une colère précipitée ne servirait à rien.
Alors, pour apaiser cette colère, l’Apôtre se mit à prier en silence.
Notre dieu dort au cœur de la Terre Maudite.
Je réveillerai ce dieu et le laisserai régner sur ces terres.
Le châtiment divin s’abattra sur tous les imbéciles.
Ceux qui se prétendent rois à tort seront pendus jusqu’à ce que mort s’ensuive.
Le cœur de ceux qui souillent de leur fausse foi le dieu unique endormi dans la Terre Maudite sera mis à nu.
Tous doivent mourir et renaître.
Alors le monde répondra à l’appel du vrai dieu.
Pendant ce temps, la Tribu des devins entra dans la bataille, tandis que deux guerriers cachés par l’Apôtre se dirigeaient vers sa position.
Les deux s’occuperaient de celui qui ne cessait de frapper la bouche et les mains de l’Apôtre.
Une fois qu’ils l’auraient immobilisé, l’Apôtre l’entraverait complètement, le forcerait à s’agenouiller et pourrait enfin parler.
Pourquoi gaspiller cette force à suivre une voie erronée ?
Reste à mes côtés. Goûte à la vraie joie. Loue le dieu de la Terre Maudite.
Si cela ne te convient pas, meurs et renais pour te tenir aux côtés de l’Apôtre.
Quelle que soit ta volonté, je la réaliserai.
C’est mon devoir. C’est la voie tracée pour mon dieu.
Toutes ces choses que l’Apôtre avait envie de dire s’emmêlaient en lui. De nature, il était bavard.
Mais chaque fois qu’il tentait de parler, une lame sifflait vers lui.
Sans le sort de liquéfaction qui laissait les lames le traverser, il serait mort depuis longtemps. Pour l’instant, toutefois, il n’y avait aucun problème.
Bien sûr, sous forme liquide, il lui était impossible de manifester correctement le Monde des sorts, ce qui était frustrant.
Il devait bien y avoir une faille par laquelle glisser sa voix, non ? Cela semblait possible.
À court de paroles, l’Apôtre eut recours à une autre méthode.
Peu importait le moyen : l’essentiel était de faire passer son message.
Mais si les mots pouvaient passer, si sa voix pouvait se faufiler, ne pouvait-il pas lancer de la même façon un sort déjà préparé ?
Cela semblait également possible.
Grâce à cette astuce, l’Apôtre entrouvrit une brèche.
* * *
« Lis ! »
« ten ! »
« to ! »
« mes ! »
« mots ! »
« tu ! »
« sot ! »
Pas malin.
Boucher la bouche, pour que les mots sortent syllabe par syllabe. Enkrid acculait le sorcier avec Aker seul, ne piquant que de temps à autre avec Spark.
Cela suffisait à l’empêcher de réciter ses incantations et de faire ses mudras.
« Si tu les empêches de chanter et de former des mudras, ils doivent lancer leurs sorts par la seule volonté, mais aucun sorcier n’y parvient facilement. Alors, tranche-lui la bouche et les doigts. »
Esther lui avait prodigué d’excellents conseils.
Enkrid les suivit à la lettre.
Son adversaire ne parvenait toujours pas à lancer de véritable sort.
Mais combien de temps pourrait-il tenir ainsi ?
S’il continuait à frapper sans s’arrêter pendant trois jours et trois nuits, l’autre finirait-il par céder ?
Il n’en savait rien.
La bouche bloquée, son adversaire tenta de communiquer avec les yeux seulement.
Il arrachait les mots syllabe après syllabe tout en roulant constamment des yeux. À ce rythme, il finirait par lancer ses sorts avec les globes oculaires.
Audin avait un peu cette tête-là quand il perdait vraiment les pédales.
C’est une insulte à Audin, ça ?
Alors, laisse tomber.
La lame traversa le corps de l’adversaire. Comme si Enkrid tranchait du vide. Il ne sentit aucune résistance dans sa main. C’était comme couper de la fumée.
Pourtant, Enkrid ne s’arrêta pas.
« Re ! »
« nais ! »
« Un ! »
Après quelques coups de plus, l’intention de son adversaire changea.
Au lieu de débiter des absurdités pour savoir si Enkrid l’entendait, il essaya autre chose. Un sort. Le frémissement de la magie entra dans le champ de son Sixième Sens.
Il continuait à réciter son sort, syllabe après syllabe, entre les coups.
À quoi ressemblaient les Apôtres de la Sainte Secte de la Terre Maudite ?
C’étaient des gens qu’on pouvait qualifier de génies à part entière.
L’Apôtre manipulait la magie tout en sachant parfaitement que les coups d’Enkrid perturbaient son incantation.
Nul besoin d’une longue formule : quelque chose avait déjà été préparé ici.
« Rè ! »
« nais ! »
« Un ! »
Renaître.
Un sort en six syllabes.
Une offrande enfouie dans le sol répondit aux paroles de l’Apôtre.
Grâce à Rem et Dunbakel, le nombre de géants avait considérablement diminué.
Mais, aux mots de celui qui se brouillait sans cesse en une masse liquide, les géants morts se redressèrent.
GROOOAR !
Leur chair déchirée se ressouda. Des têtes repoussèrent au-dessus des cous tranchés.
Des amas de chair frémirent et se rassemblèrent, puis s’élevèrent pour former des yeux, un nez, une bouche et des oreilles.
Une vision grotesque, à retourner l’estomac.
Les géants revinrent à la vie, les yeux ternes et vitreux, et se remirent en mouvement exactement comme avant leur mort.
Qu’est-ce que c’était que ça ?
Même les Trolls et la Grenouille ne pouvaient rivaliser avec une telle régénération.
« Viens ! »
« À ! »
« moi ! »
Le sorcier récita en même temps une incantation d’invocation.
Une crête rouge de coq surgit sous les yeux d’Enkrid.
Plus grosse que la tête d’un adulte.
En dessous se trouvaient une tête de coq, un corps couvert de plumes aussi dures que l’acier, des pattes jaunes armées de serres acérées qui semblaient capables de déchiqueter un humain en un instant, et enfin une queue de serpent qui balayait le sol d’un long mouvement sinueux.
Enkrid se rappela ce qu’il venait de voir.
Un cercle magique rouge était apparu au sol, une crête de coq en avait jailli, puis une Créature démoniaque s’en était extirpée.
Un cocatrix, une Créature démoniaque réputée pour projeter de ses yeux un rayon pétrifiant.
Dès son apparition, elle comptait lancer ce rayon, puis donner des coups de bec et lacérer sa proie de ses serres empoisonnées.
D’abord, piquer l’humain juste devant elle et goûter sa chair.
Les muscles du cou du cocatrix commençaient à peine à bouger. Avant même qu’il ait pu baisser la tête, un éclair jaillit et lui trancha le cou.
Sous un certain angle, on aurait presque dit que la créature avait tendu le cou pour se faire trancher.
Bien sûr, elle ne l’avait pas fait exprès. C’était simplement l’effet de la différence de vitesse.
Schwick !
Boum. Sa tête vola dans les airs. La lueur s’éteignit dans les yeux du cocatrix.
La Créature démoniaque invoquée mourut sans tirer le moindre rayon pétrifiant, sans même avoir poussé un cri.
Mais grâce à cela, son maître gagna un bref instant de répit.
« Chaînes de Gulak ! »
L’Apôtre abandonna sa forme liquide et récita le sort sans hésiter.
Des chaînes vertes jaillirent sous les pieds d’Enkrid et s’enroulèrent autour de ses mollets et de ses avant-bras.
Elles se resserrèrent.
Tu comptes simplement trancher un adversaire liquéfié ? T’es un peu bourrin, non ?
À cet instant, Enkrid entendit quelque chose qui ressemblait peut-être à une hallucination.
Il n’y prêta pas attention. Il ignora également les chaînes qui le ligotaient.
Qu’est-ce que la volonté ?
C’est le désir d’agir.
Enkrid y insuffla son intention d’avancer et de frapper.
Les chaînes qui le broyaient, l’hallucination, rien de tout cela n’avait d’importance.
Crac, boum !
Les chaînes ne résistèrent pas à sa force et éclatèrent. Ses cuisses, forgées par d’innombrables répétitions, pulvérisèrent le sort à la force brute.
Si Audin avait vu ça, il aurait imploré son père dans une prière désespérée.
« Toi ! »
L’Apôtre cria, venant d’abandonner sa forme liquide pour préparer un autre sort. Le choc était bien réel.
Comment ne l’aurait-il pas été ? Quel genre de personne brisait un sort à la force brute ?
Stupéfait, l’Apôtre regarda le Demi-Elfe et le Demi-Géant qu’il avait pris à son service accourir.
Tous deux voulaient saisir Enkrid. Ils réussirent bien à lui attraper les jambes.
Pendant exactement une demi-inspiration.
Enkrid regarda les deux hommes qui lui barraient la route et agita les bras simultanément.
Il divisait un seul temps en deux. À demi-temps, il faisait s’abattre ses épées sur un contretemps, tranchant et frappant d’estoc.
Bam, crac ! Boum !
Le Demi-Elfe dissimulait deux dagues courtes hors de vue et les enfonçait avec une dextérité presque magique. Ses mains étaient si rapides.
C’était ce qui lui avait permis de réagir au coup oblique descendant.
Il avait bien anticipé. Mais trop tard pour esquiver.
Le Demi-Elfe croisa ses deux dagues et raidit les avant-bras.
La lourde lame rabattit les dagues et fendit la tête du Demi-Elfe à moitié avant de se dégager.
Un craquement sonore retentit, et la tête se fendit dans un bruit sec.
La force colossale envoya une onde de choc dans les vertèbres du cou du Demi-Elfe, qui s’enfoncèrent vers le bas.
Au même instant, le visage du Demi-Géant s’ouvrit d’un trou.
C’était naturellement l’œuvre d’Enkrid. Il abattit Aker tout en projetant Spark de la main gauche.
Deux coups d’épée dans le même demi-temps, simultanément. Une technique qu’il avait répétée des dizaines de fois et maîtrisée tout récemment explosa au grand jour.
C’était une variante du maniement à deux épées qu’il utilisait au départ : parer avec Aker et frapper d’estoc avec Spark.
Le Demi-Géant tenait une masse. Du sang lui coulait sur le visage lorsqu’il mourut, en plein mouvement pour la brandir.
Mort, mais la masse continua son mouvement par inertie.
Boum.
Elle s’abattit et frappa le sol pour rien.
Au même instant, Enkrid frappa la barrière magique du sorcier, qui avait abandonné sa forme liquide.
Une succession de coups sans lui laisser le temps de souffler.
Entaille, crac !
Un seul coup fissura la barrière magique.
À cette vue, les pupilles de l’Apôtre se mirent à trembler.
Qu’est-ce que c’est que celui-là ?
Pourquoi se bat-il si bien ?
La question traversa l’esprit de l’Apôtre et, dans le même instant, une terreur soudaine de la mort l’envahit.
Pour une raison inconnue, quoi qu’il tente, l’impression que sa mort était inévitable s’installait dans son esprit et refusait de le quitter.
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