Chapitre 484
TRADUCTIONS WE TRIED
Traducteur : Hydrogen B
Éditeur : Abstract
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UN CHEVALIER QUI RÉGRESSE ÉTERNELLEMENT
Chapitre 484 : Le chef était soulagé
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La descente. Cela consistait à invoquer un dieu sur cette terre.
Prononcez ce genre de paroles sur le continent, surtout dans une nation sainte, et un inquisiteur se présenterait à votre porte avant même que vous ayez cligné des yeux.
On vous arracherait les dents pour que vous ne puissiez plus jamais mâcher de viande, puis les ongles des mains et des pieds, tout en exigeant que vous l’avouiez.
« Avoue que tu es un hérétique. »
Aux yeux de certains fanatiques, l’ouest tout entier pouvait passer pour un foyer d’hérésie.
Sans la Sainte Secte de la Terre Maudite, le continent et l’ouest seraient peut-être encore en guerre à l’heure actuelle.
L’histoire rapportait que, dans les temps anciens, l’ouest et le continent s’étaient affrontés pour des divergences idéologiques.
Les conflits religieux, les conflits linguistiques… Ceux qui ne voyaient pas la vie de la même façon avaient tendance à imposer leur volonté par les armes.
Quand les classes dirigeantes raisonnaient ainsi, de telles choses arrivaient facilement.
Bien sûr, les dirigeants avaient peut-être pris la religion pour prétexte afin de déclencher des guerres à leur profit, mais heureusement, ce n’était plus cette époque.
La Sainte Secte de la Terre Maudite était bien visible. Punir les hérétiques de l’ouest ?
Quiconque s’y risquait passerait simplement pour un fou.
Personne n’aurait approuvé non plus.
Au fil des siècles, l’ouest avait fini par être respecté comme une culture à part entière.
« Hérétique » et « sauvage » n’étaient que des insultes pour les rabaisser.
Geomnarae, lui, se moquait bien de la façon dont on le nommait. Il croyait en son dieu, et cela lui suffisait.
« Mords. Déchire. Démembre. »
Sorcellerie d’invocation.
Une fumée noire s’éleva du morceau de bois carbonisé qu’il tenait à la main.
Elle ne se dispersa pas. Elle se rassembla devant lui et prit forme.
Des oreilles blanches, pointues, se dressèrent. Tout le reste était noir.
Sur la fumée d’un noir de jais, ces oreilles blanches attiraient aussitôt le regard.
« Va. »
Sa bouche resta entrouverte quand il parla, rouge à l’intérieur. Du sang coulait de la commissure de ses lèvres.
À peine le mot prononcé, le loup de fumée, dépourvu de pattes, bondit en avant.
Son corps ondulait de haut en bas tandis qu’il avançait, donnant l’impression d’une créature lancée à pleine vitesse malgré l’absence de pattes.
Deux oreilles blanches tracèrent deux lignes blanches dans les airs.
Aouuuuuuu !
Un hurlement qui vous retournait les entrailles retentit. En un clin d’œil, le loup de fumée fila au milieu des membres de la tribu et referma ses mâchoires sur la cuisse d’un Géant qui s’écartait discrètement, hors de portée de la hache de Rem.
Rem n’était qu’un homme. Sans Sorcellerie d’invocation, aucune prouesse physique ne pouvait à elle seule contenir des dizaines de Géants à la fois.
Quelques-uns reculaient lentement. Et voilà qu’à cet instant précis, le loup apparut et planta ses crocs dans une cuisse.
Des crocs de fumée transpercèrent l’épaisse peau du Géant.
Le spectacle était étrange. À travers la fumée, on voyait nettement la chair se faire mordre et déchirer.
Crac !
Du sang violet gicla au milieu de la fumée.
Graaouik !
Le Géant poussa un cri et agita le bras. La fumée se dispersa un instant, puis reprit forme.
Croc. Croc.
Le loup invoqué par Geomnarae ne prêta aucune attention aux coups que lui décochait le Géant.
Une morsure, puis deux, puis une autre encore. Il déchiquetait sans relâche.
La chair s’arrachait et le sang jaillissait. Le loup enfouit la tête dans la plaie béante. Les cris du Géant redoublèrent d’horreur.
Hraaaagh !
C’était à prévoir. Une morsure de loup ordinaire faisait déjà mal, mais les crocs du Dieu-Loup portaient la Malédiction de la Douleur.
La morsure faisait plus mal qu’une aiguille enfoncée sous un ongle.
Comme si on enfonçait un doigt dans une plaie purulente et éclatée avant de le faire tourner.
Lors de leur précédente attaque, les Géants avaient réussi à bloquer la Sorcellerie d’invocation, probablement grâce à un tour de la Tribu des devins ou à l’intervention de cet enfoiré venu du continent, le sorcier. Mais cette fois, rien de tel. Aucune interférence.
Geomnarae s’était préparé à ce qu’on interfère, mais s’il avait été dans le camp adverse, même lui aurait laissé faire un instant dans une situation pareille.
Qui aurait pu prévoir une telle chose et réagir à temps ?
« Espèce de… Toi, je… »
Il aperçut le commandant ennemi, incapable d’aligner un mot parce qu’une épée lui fouettait le visage sans relâche.
Le corps du commandant se brouillait sans cesse et détournait la lame, mais combien de temps cela pourrait-il durer ?
L’étranger nommé Enkrid ne montrait aucun signe de fatigue.
Comment pouvait-on manier une épée avec autant de calme ?
Je lui ai vraiment proposé un duel ? C’était une erreur ?
Même un Occidental audacieux devait reconnaître, en voyant ça, que c’était un peu trop.
« Urgh. »
Malgré ses pensées vagabondes, Geomnarae ne put s’empêcher de vomir et de cracher du sang.
Il avait l’impression qu’on lui agrippait l’estomac pour le tordre.
Il avait trop forcé en invoquant le Dieu-Loup, et ses entrailles s’étaient nouées.
Autrefois, il se serait encore épuisé davantage à faire semblant d’aller bien. Mais ce n’était plus nécessaire.
« Ne force pas. Tu aurais dû rester en arrière à regarder. Pourquoi tu es venu alors que tu es encore malade ? »
La voix de Rem lui parvint de devant.
Il avait remarqué le sang, même au milieu de tout ça ?
Ses paroles étaient rudes et pénibles à entendre, mais, d’une drôle de façon, elles le rassuraient aussi.
« Occupe-toi de toi. »
Geomnarae essuya le coin de sa bouche et répondit. Rem ne donna aucun signe d’avoir entendu. Il ne l’avait probablement même pas entendu.
Geomnarae était sorti en crachant du sang. Les guerriers de la tribu levèrent leurs lances bien haut.
« La terre tremble. La terre tremble. Mère de la terre, veille sur nous, veille sur nous. »
Deux sorciers qui avaient vu la scène agitèrent leurs crécelles dans un tintement et murmurèrent ensemble.
Le son ressemblait à celui d’un jouet d’enfant.
Pour leurs alliés, ce n’était qu’un bruit agréable, facile à ignorer. Pour les Géants, c’était tout autre chose.
Grrrrrr.
Les Géants secouèrent leurs énormes têtes, le regard dans le vague. Quelques-uns titubèrent ostensiblement.
Une Sorcellerie d’invocation qui concentrait une force sonore dans le crâne.
Le Dieu-Loup, les crécelles et les braves guerriers de l’ouest qui chargeaient dans l’intervalle… Avec tout cela, les Géants étaient finalement assez faciles à affronter.
Pourtant, de tous, Rem était celui qui en imposait le plus.
« Ne vous jetez pas en avant au risque de crever. Arath, prends le commandement. »
Il lança ces mots en faisant tournoyer sans relâche ses deux haches, au beau milieu de la horde des Géants, sans se presser.
« Dalae, Maru, Tamu, Altan, balles. Rangge, Naran, Geut, Tan, Hun, lances de jet. »
Arath était justement la commandante des guerriers de l’ouest.
Quand Geomnarae s’était effondré, il avait fallu quelqu’un pour diriger la classe guerrière.
Et c’était Arath.
Elle était l’un des piliers qui avaient empêché la tribu de s’effondrer.
Tout le monde lui obéit et changea de formation.
Ceux à qui elle avait ordonné de s’écarter le firent, et quatre d’entre eux sortirent des frondes quand elle leur ordonna d’utiliser des balles.
Deux se placèrent devant, deux derrière, en s’espaçant, tandis que les quatre guerriers restants levaient leurs lances aux pointes noircies.
Fixées à l’extrémité de solides hampes en bois, les pointes étaient sombres. En obsidienne.
Elles étaient peu résistantes, mais rien ne valait mieux pour porter un coup mortel unique.
Tout cela avait été préparé pour combattre les Géants.
Les peuples de l’ouest n’étaient pas des imbéciles. Tous étaient venus prêts à se battre.
Ils se seraient battus même sans Rem. Ça aurait été brutal, mais ils l’auraient fait.
Et maintenant, ce même combat pouvait se regarder depuis un lit de paille.
« Ha ! »
Le Peuple-Bête qui taillait sa route dans la mêlée, de l’autre côté, n’était pas un guerrier ordinaire non plus. Dans les rangs des Géants, chacun de ses mouvements semblait divin.
Il prit appui sur la cuisse d’un Géant, bondit vers le haut, agrippa une poignée de sa chevelure graisseuse et abattit le coude sur le sommet de son crâne.
Crac !
Un bruit de crâne qui s’affaissait retentit. Le Géant vacilla et tenta de se maintenir debout, mais le Peuple-Bête enchaîna avec ses doigts griffus, qu’il planta à l’intérieur du crâne, avant de bondir sur le côté.
Grrrgh.
Dans un étrange grognement, le Géant bascula sur le côté.
Le sang et la cervelle qui suintaient de son crâne montraient clairement qu’il ne se relèverait pas.
* * *
Le chef de la tribu s’apprêtait à se frotter les yeux, puis se ravisa : si c’était un rêve et que ce geste le réveillait, il le regretterait.
Bien sûr, ce n’était pas un rêve. Il le savait. Il le savait parfaitement.
Il n’en était pas au point de confondre rêve et réalité.
C’était seulement trop irréel, voilà tout.
D’un côté, quelque chose ne cessait de bouger comme de la fumée, poursuivi sans relâche par une lame.
Le propriétaire de cette lame était un étranger, un homme qui se disait le compagnon de Rem.
« Tous les Cultistes sont mes ennemis. Je les tuerai jusqu’au dernier à coups de poing. »
La Grenouille combattait les joues gonflées, marmonnant encore et encore comme si elle était possédée. Rien qu’à l’entendre, on sentait son désir de tuer.
Et puis il y avait un Peuple-Bête qui affrontait les Géants.
Oui. Ces trois-là étaient des étrangers. Même aux yeux du chef de la tribu, il était difficile d’évaluer leur talent.
Mais l’un d’eux était différent.
Le vagabond revenu avec les étrangers. Rem.
Le regard du chef de la tribu s’arrêta en un point.
Là-bas, le fils prodigue fendait du bois.
« Hache. »
Chaque fois qu’une hache se brisait, il en réclamait une autre et reprenait aussitôt son travail, sans s’arrêter.
Seule différence : ce que sa hache fendait n’était ni du bois frais ni du bois sec, mais des Géants.
Les Géants cannibales qui avaient menacé son peuple se faisaient débiter comme des bûches, en pire que du bois de chauffage, et en mouraient.
Prétendre que cela ne lui faisait pas plaisir aurait été mentir.
Le chef de la tribu s’était épuisé à tenir bon jusque-là.
La pression qu’il avait supportée pendant cette période aurait suffi à vider un homme de toute substance.
Il ne parvenait pas à dormir. Il avait la poitrine oppressée. Son cœur s’emballait tout seul, par moments.
Son anxiété avait pris une telle ampleur qu’il avait perdu l’appétit.
Il maigrissait de jour en jour, se creusant peu à peu. Sans les marques peintes sur son visage, on aurait vu clairement les traits d’un malade.
Voilà comment les choses s’étaient passées. Voilà à quel point cela avait été pénible.
Le chef de la tribu avait mieux compris que quiconque la réalité de la situation.
C’en est fini.
Des nuages noirs s’étaient amoncelés sur l’ouest, cachant le soleil et recouvrant le ciel.
Qu’il ait pu faire quelque chose ou non, il avait tout essayé, saisissant tout ce qui lui tombait sous la main.
Solliciter les petites tribus ? Il l’avait fait avant même de chercher Rem.
Personne n’avait simplement répondu.
Il avait même tenté de contacter en secret la Tribu des devins.
Il voulait leur demander pourquoi ils agissaient ainsi, leur dire que s’ils souhaitaient devenir une grande tribu, il les aiderait à y parvenir, qu’il leur donnerait tout ce qu’ils voulaient. Il voulait les supplier de revenir et d’arrêter tout ça.
Ils ne l’avaient pas écouté.
Il s’était demandé s’il devait chercher de l’aide sur l’autre continent, au-delà de la frontière.
Bien sûr, rien ne s’était déroulé comme il l’avait espéré.
L’aide venue de l’autre continent, les petites tribus à retrouver : pas une seule chose ne s’était passée comme prévu.
La situation empirait de jour en jour.
La malédiction s’était abattue. Le grand sorcier s’était effondré. Geomnarae, le plus grand guerrier de la tribu, était tombé malade.
Quel désastre.
Le chef de la tribu savait que fuir était une possibilité. Une solution parmi d’autres.
Mais comment aurait-il pu ?
L’ouest était la terre où ils étaient nés et avaient grandi, celle où ils seraient enterrés à leur mort, celle qu’ils étaient censés protéger toute leur vie.
Les nuages bas, les nuages hauts, ceux qui masquaient le soleil, le grand lac, le canyon qui arrêtait le sable, les collines de Mir.
Le chef de la tribu aimait tout cela.
Si c’était la fin, il l’accepterait.
Le désespoir l’avait frappé en un instant et l’avait rongé de l’intérieur. Il n’était bientôt plus resté qu’une coquille vide, et il avait commencé à se demander s’il ne lui restait qu’à attendre le jour de sa mort. C’est alors que Rem était revenu.
Quand la malédiction avait été bloquée. Quand deux Géants avaient été tués. Chacun de ces moments lui avait redonné espoir, mais jamais autant qu’à présent.
Le chef de la tribu éprouva un sentiment de paix.
Il regarda Rem donner un coup de pied à la cheville d’un Géant, tandis que ce sentiment l’envahissait.
Rem ne faisait même pas la moitié de la taille du Géant. En toute logique, un coup pareil n’aurait pas dû le faire vaciller.
Et pourtant, si.
Un seul coup de pied de Rem, et le Géant perdit l’équilibre. Dans un craquement sinistre, l’os de sa cheville jaillit à travers la peau. Tandis qu’il basculait sur le côté, une lame de hache rencontra son cou dans sa chute.
Paf !
Le sang violet jaillit dans un impact net et sec. Rem, couvert de sang, sourit.
« Hé. Il en reste moins de la moitié, maintenant. »
Le fils prodigue était revenu.
Il avait changé depuis la dernière fois. Il combattait ainsi sans aucune Sorcellerie d’invocation. Il se battait bien sans aucune Arme héritée. Il se battait incroyablement bien, à un degré impossible.
Le chef de la tribu fut soulagé.
Ce combat était gagné.
Ce soir, il ne pisserait sans doute pas de sang.
Son cœur, qui s’était emballé quand l’étranger nommé Enkrid avait soudain bondi en avant, battait de nouveau à son rythme normal.
Le calme et la paix apportaient un soulagement bienfaisant.
Là-bas, le sang coulait, les os se brisaient et les cris déchiraient l’air ; pourtant, le chef de la tribu était en paix.
Geomnarae avait craché du sang, mais à le voir, quelques jours de repos suffiraient.
Le chef de la tribu murmura :
« Nous avons gagné. »
Bien entendu, il se prononçait trop tôt.
* * *
Ruagarne savait que, même si elle haïssait les Cultistes de toutes ses forces, ses combats ne lui laissaient jamais un sentiment de complète satisfaction.
Puis-je tuer tous les Cultistes jusqu’au dernier ?
Non.
Puis-je arracher le Culte jusqu’à sa racine ?
Non.
Après la mort de son deuxième amant, Ruagarne avait longtemps erré, presque à la dérive.
Durant cette période, rien ne l’intéressait en dehors du massacre des Cultistes.
Indépendamment de ses désirs, elle aurait pu faire de leur extermination son objectif. Mais elle ne l’avait pas fait.
Parce que c’était une cause perdue.
Elle savait qu’en se donnant cet objectif, elle ne pourrait jamais l’atteindre.
Elle avait donc orienté son désir dans une autre direction.
Poursuivre l’inconnu. Le dévoiler. Cela lui convenait bien.
C’était plaisant, et cela lui semblait juste.
De l’extérieur, on aurait pu croire que le désir de la Grenouille prenait sa source dans l’instinct ou dans quelque lieu incompréhensible, mais ce qu’elle ressentait était tout autre.
Là où va la volonté, le désir suit.
C’était pourquoi les véritables Grenouilles se frayaient leurs propres chemins vers le désir. Elles savaient clairement nommer ce qu’elles voulaient, et en connaissaient les raisons. Elles ne se laissaient pas entraîner sans raison par leurs désirs.
Ah.
Elle comprit en un instant.
Un cauchemar où elle revivait le pire moment de sa vie.
La trace ténue du Culte, qu’elle avait vaguement ressentie.
En fin de compte, elle devrait affronter les ennemis de toute sa vie.
Être aux côtés d’Enkrid ne lui déplaisait pas.
Marcher vers l’inconnu lui plaisait aussi.
Un jour, elle voulait également poser le pied à l’est. Elle dessinerait la carte dont son ancien amant avait rêvé.
Ruagarne observa Enkrid manier son épée.
Cela faisait déjà un bon moment qu’elle observait le rythme de ses journées.
À force de le regarder vivre ainsi, elle avait fini par le comprendre un peu.
Explorer l’inconnu.
Et tuer les Cultistes à coups de poing.
Comment ?
Que cela s’achève ou non, il suffisait de le faire avec application, chaque fois qu’elle en croisait un.
Même si tout devait mal finir, prendre plaisir au chemin parcouru suffisait.
Il y avait quelqu’un qui souriait en maniant son épée.
Quelqu’un qui ne se lassait jamais de manier son épée.
Quelqu’un qui se réveillait à la même heure chaque jour pour s’entraîner.
Grrrrrk.
Indépendamment de la colère qu’elle exprimait, Ruagarne se mit à rire.
Bien sûr, les Cultistes ne pouvaient pas distinguer le rire de la Grenouille de sa fureur.
« Grenouille cinglée ! »
« Écrasez-lui le cœur ! »
« Arrachez-lui le cœur avec les dents ! »
Les sauvages, les Cannibales, continuaient de hurler.
Ils réagissaient au mot « cœur », voilà tout.
Ruagarne gardait l’esprit clair. Elle laissa leurs paroles grinçantes lui entrer par une oreille et ressortir par l’autre.
L’un d’eux frappa le sol du pied. Une énergie sorcière jaillit de ses bottes, et sa silhouette se déplaça sur le côté de Ruagarne.
Un objet enchanté par un sort de déplacement rapide.
Elle l’avait déjà vu une fois.
Quand était-ce, déjà ?
La Colonie des Gnolls.
Enkrid était avec elle, à l’époque aussi.
Ce souvenir refit surface et un cri de guerre jaillit de sa gorge.
Grrrrk, grrrrrrk !
Le cri de guerre de la Grenouille.
Au même instant, son Épée en boucle jaillit vers le haut et la droite, fendant les airs à l’endroit même où le sorcier cannibale était apparu.
Whooum !
La puissance du coup fit reculer le Cannibale, alarmé.
« Tss ! »
La femme qui semblait être la cheffe du groupe de Cannibales fit un signe.
Autour d’elle, les ennemis commencèrent à se rassembler un à un.
Dans l’ouverture, un elfe borgne se rua sur Ruagarne et gagna du temps.
Ce n’était pas un adversaire difficile. Mais il ne tomberait pas en un instant. Pour gagner du temps, c’était une manœuvre efficace.
« Bras du Guerrier, surgis ! »
Un des Cannibales marmonna ces mots et tendit la main. Au bout de ses doigts, une goutte noire se forma et tomba vers le sol.
La goutte noire s’étala en une flaque toujours plus vaste, d’où jaillit une main sombre.
C’était la Sorcellerie d’invocation du Culte.
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