Chapitre 483
TRADUCTIONS WE TRIED
Traducteur : Hydrogen B
Éditeur : Abstract
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UN CHEVALIER QUI RÉGRESSE ÉTERNELLEMENT
Chapitre 483 : Un calme téméraire
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L’ouest était vaste. Au-delà des six tribus, certains suivaient ce qu’ils appelaient la tradition — ou peut-être était-ce de l’entêtement — et vivaient selon ses préceptes.
La personne que le blondinet avait rencontrée dans la Cité d’Aoara était de ceux-là.
Il n’y avait qu’une seule personne, mais Rem connaissait quelqu’un, lui aussi, dans le coin.
Une personne qui maniait le Poison de sorcellerie et avait la bougeotte. C’était l’amie dont le blondinet lui avait parlé.
« Tu disais que ce serait la catastrophe si on se faisait prendre à laisser des traces partout, pas vrai ? Alors pourquoi laisser du Poison de sorcellerie derrière toi ? »
Il était parti cueillir des fleurs, avait suivi la piste d’un Géant et, en chemin, avait trouvé une amie issue d’une petite tribu.
« Comment tu l’as su ? »
Ses yeux noirs posèrent la question. Ils ne trahissaient pas la moindre méfiance, seulement une pure curiosité. Elle avait toujours été comme ça.
La colline leur servait de frontière : Rem se tenait en contrebas, l’autre personne au-dessus.
Mais elle aurait d’abord dû être surprise de le voir revenir dans l’ouest, non ?
Cela dit, elle n’était pas du genre à s’en soucier.
Elle ne s’était peut-être même pas aperçue qu’il était parti.
« Je suis tombé dessus, c’est tout. »
Rem répondit sans trop y réfléchir.
Les yeux noirs clignèrent plusieurs fois. Difficile de savoir ce qui se passait dans sa tête, mais sa personnalité et sa façon d’envisager la vie n’avaient sans doute pas changé.
Elle avait dit qu’elle aimait se tenir à l’écart, telle un fantôme, pour observer les gens et leur mode de vie.
Rien n’était plus intéressant que de regarder les gens mener leur existence, mais elle détestait vraiment s’en mêler.
Le vent emporta ses longs cheveux, qui se déployèrent derrière elle. Comme si cela l’agaçait, elle sortit un cordon et les noua fermement.
« Peu de gens utilisent le Poison de sorcellerie. Quand on en voit quelqu’un s’en servir, on devine assez facilement de qui il s’agit. »
C’était le genre de chose qui ne pouvait arriver que par un concours de circonstances.
La tribu de cette femme, comme les autres petites tribus, ne voulait aucun contact avec les étrangers. Elle suivait une tradition qu’elle jugeait nécessaire pour préserver une certaine énergie en elle.
Puis, un jour, une drôle de personne était née parmi eux.
Une personne qui observait le ciel nocturne, était tombée par hasard sur une autre tribu et avait fini par errer jusqu’aux confins du territoire.
Cette femme pensait que sa tribu ne pouvait pas continuer à vivre ainsi, recluse.
Elle avait une juste cause, à laquelle se mêlaient ses propres désirs.
« L’eau qui stagne pourrit. »
Voilà ce qu’elle avançait. Mais, derrière ces mots, se cachait un cœur brûlant du désir d’observer les gens.
Rem avait autrefois jugé absurde tout ce que ces gens prétendaient protéger.
Ils affirmaient que même parler à des étrangers corrompait l’esprit.
Que mêler les paroles et les pensées faisait perdre ses pouvoirs de sorcellerie, et que seule une femme n’ayant jamais tenu la main d’un homme depuis sa naissance pouvait devenir chamane.
Des absurdités. La sorcellerie ne fonctionnait pas ainsi.
D’un autre côté, une telle méthode pouvait aussi renforcer la sorcellerie.
Ils y croyaient et priaient en conséquence.
Leurs rituels reposaient sur cette croyance.
Tous vénéraient le dieu du ciel né d’un bouleau, mais leur mode de vie n’avait rien à voir avec celui des autres.
C’était ainsi qu’ils vivaient.
Fallait-il les critiquer ? Les condamner ? Leur ordonner de changer de mode de vie, les insulter et les traîner de force dans le vaste monde ?
Rien ne justifiait cela.
Ils ne faisaient de mal à personne. Ils voulaient simplement vivre tranquillement entre eux.
En réalité, certaines tribus les attaquaient pour s’emparer de leur énergie ; l’inverse ne se produisait pas. Cette tribu ne cherchait le contact avec personne, et donc ne cherchait pas non plus le conflit.
Même cette drôle de personne disait que si la tribu restait enfermée ainsi, elle finirait par pourrir et dépérir. Mais elle ne faisait pas grand-chose pour y remédier. De temps à autre, elle sortait simplement jeter un œil au monde extérieur.
« Tu es allée loin, cette fois. »
Rem posa de nouveau la question.
La femme aux yeux noirs — celle qu’il appelait intérieurement la drôle de personne — ouvrit la bouche sans avoir besoin d’y réfléchir. Ce n’était pas un secret, et le problème n’était toujours pas résolu.
« Avant que trois étés ne passent, un fou s’en est pris à l’offrande de la tribu. Nous en avons perdu une partie. Je suis donc partie à sa recherche. »
Ceux qui maniaient le Poison de sorcellerie étaient vraiment doués.
Même Rem ne pouvait pas affronter toute la tribu à lui seul.
Et puis, c’était quoi, cette offrande ?
C’était une partie du dieu qu’ils vénéraient. À l’échelle du continent, on pouvait sans doute la qualifier de relique sacrée.
Que ce soit une tradition, une énergie ou un esprit, si on y touchait, même cette tribu se mêlait aux affaires du monde extérieur. Et le genre de contact dont il s’agissait, c’était le combat.
Mais quel fou s’en était pris à cette offrande ?
La drôle de personne observait le monde de l’extérieur.
Elle avait dû voir des choses. Entendre des choses. Elle en savait peut-être plus que Geomnarae ou les autres tribus qui avaient essuyé des attaques de plein fouet.
Il n’était pas venu lui demander de l’aide pour se battre.
Et pourtant, les voilà qui affûtaient leurs lames, eux aussi touchés par les événements.
Non. C’était ici que tout avait commencé.
C’étaient eux qui avaient été frappés les premiers.
« Un étranger venu du continent. Un sorcier, un mage. »
Rem rassembla ce qu’il savait. Il recueillit les pièces éparpillées dans son esprit et les assembla pour former une image cohérente. C’était ainsi qu’il avait remonté à la source des événements.
Pas qu’il y ait consacré beaucoup d’efforts.
Il avait surtout voulu savoir quel salaud avait fait ça, puisqu’il avait été touché et devait maintenant reprendre le cours de sa vie.
Il avait une idée assez précise de l’endroit où se trouvait le sorcier et de ses intentions.
« Tu veux venir tabasser celui qui a pris l’offrande ? »
C’était de là que venait sa question.
« Nous connaissons aussi l’endroit. Mais si nous nous battons, nous perdrons. »
Ils avaient déjà combattu une fois, et la chamane y avait perdu un bras. Cela en disait long.
Dans cette tribu, la chamane était aussi la cheffe de la tribu et la sorcière la plus âgée.
« Retrouver l’offrande est important, mais nous ne pouvons pas sacrifier toute la tribu pour ça. »
Elle prononça ces mots. Une lueur bleue et froide ondula dans ses yeux.
Rendre coup pour coup. La plupart des gens de l’ouest étaient ainsi. Les petites tribus ne faisaient pas exception.
Et s’il y avait une différence, c’était qu’elles allaient encore plus loin.
« Très bien. Quand nous combattrons, viens. Reprends l’offrande. »
Voilà ce qu’on lui avait dit.
* * *
Rem garda cette pensée à l’esprit tandis qu’il repoussait une massue d’un coup de hache de la main gauche et balayait l’horizontale de sa hache droite.
Boum. Craac.
La hache gauche envoya valser la massue du Géant ; la droite lui ouvrit le tibia en deux, déchirant sa chair tandis que du sang violet jaillissait.
J’aurais tout aussi bien pu la retrouver et la rapporter, je suppose.
Rem eut cette pensée en bondissant de côté.
Boum.
La massue s’abattit. Des éclats de roche volèrent dans les airs. Le sol devant le canyon était couvert de gravier, de pierres et de sable.
Le coup d’un Géant qui frappait le sol y laissait un cratère.
Les Géants étaient puissants. Mais la force ne servait à rien si l’on ne vous touchait pas.
À vrai dire, il aurait même pu encaisser le coup de front.
Il suffit de le dévier.
De l’extérieur, on aurait cru qu’il enchaînait les situations désespérées.
Se jeter seul dans un groupe de Géants.
Même pour Rem, même pour un candidat au titre de héros, c’était d’une témérité insensée.
Comme marcher au beau milieu d’une tempête sans prendre la peine d’enfiler un manteau.
Mais Rem, lui, était calme.
C’était facile, comparé à son combat contre dix mille spectres.
Fiuu.
La massue d’un Géant s’abattit d’en haut.
Toutes les massues étaient du même brun sombre, quel que soit leur fabricant. Équiper tout un groupe d’armes assorties coûtait plus de kronas que la plupart des gens ne l’imaginaient.
Quelqu’un les avait donc fabriquées pour eux.
Rem leva sa hache gauche vers la massue qui tombait, plia légèrement les genoux et abaissa le haut du corps.
Clang.
Un bruit assourdissant retentit. On aurait cru que Rem allait être écrasé sur place.
Bien sûr, il n’en fut rien.
La massue du Géant s’arrêta net dans sa course.
Rem prit appui sur son avant-bras gauche, mobilisa le Cœur de la Force surhumaine et tint bon.
Plus précisément, il prit appui sur ses genoux et dévia la force du Géant à travers tout son corps.
Accueillir l’impact en douceur, le laisser s’écouler jusqu’au sol. C’était ainsi qu’il s’y prenait.
Ses muscles souples et flexibles, développés à chaque articulation — coude, épaule, taille, genoux et chevilles — répartirent et dispersèrent la force à la perfection.
Avant, il aurait encaissé en s’appuyant uniquement sur sa force brute. Ce n’était plus le cas.
Il avait gagné en expérience. En adresse. Sa technique s’était nettement améliorée.
Sa façon de penser s’était aussi élargie.
Quoi qu’il en soit, il était bien plus fort que lorsqu’il avait quitté l’ouest.
Crac.
La massue se fendit dans le sens de la longueur, à partir du point où la lame de sa hache avait touché.
Rem s’élança aussitôt.
Crac, crac, crac.
À mesure que la hache dans sa main gauche avançait, la massue se fendait de plus belle. Le Géant recula en titubant, surpris, et tenta de lui donner un coup de pied.
Rem plaça sa hache droite devant lui comme un bouclier et enchaîna avec le mouvement suivant.
Il repoussa la massue de la main gauche, posa le tranchant de sa hache contre une cheville — d’une lenteur pataude comparée à l’épée d’Enkrid — puis pivota d’un tour complet.
Rrrr.
La peau d’un Géant était si résistante que les coups de lame ordinaires ne laissaient presque aucune marque, mais la hache de Rem la trancha sans difficulté.
Une gerbe de sang violet jaillit dans un bruit humide. La cheville presque sectionnée pendit, le corps s’effondra lourdement et une mare de sang se répandit aussitôt sur le sol.
Un rugissement grave et bestial déchira la gorge du Géant.
Pourtant, ses yeux ne changèrent pas. Des pupilles sans le moindre éclat. Il y avait eu quelque chose d’anormal dès le départ.
Aucune pensée ne se cachait derrière le regard d’un Géant. Ils ressemblaient à des créatures droguées jusqu’à perdre la raison.
Ils étaient différents de ceux qu’il avait affrontés en arrivant dans l’ouest. À moins que ce ne soient les mêmes ? Ceux-là non plus n’avaient pas semblé avoir toute leur tête. Mais peu importait.
Le Géant hurla de douleur et continua d’agiter le bras.
Rem repoussa de nouveau la main qui tentait de l’attraper avec sa hache gauche.
Clang.
La lame ne résista pas et se brisa. Rem la lâcha sans hésiter et la lança comme une lance de jet.
La cassure avait formé une pointe acérée, mais elle aurait eu du mal à percer la peau d’un Géant.
En revanche, son œil valait la peine d’être visé. Rem lança donc le manche brisé en direction de l’œil.
Le manche de hache fila dans les airs et s’enfonça dans l’œil du Géant.
Un autre rugissement déchira l’air.
Un liquide transparent mêlé de sang violet éclaboussa le sol.
« Passe-moi une hache. »
Rem tendit la main derrière lui en le demandant.
Un guerrier les accompagnait, chargé de haches de la tête aux pieds, précisément pour ce genre de situation.
Dans un ordre de chevalerie, il aurait été écuyer, chargé des tâches diverses et du soutien au combat.
Ici, on l’appelait un petit guerrier.
Au début, le petit guerrier s’était demandé pourquoi on lui avait demandé d’apporter autant de haches. Il comprenait maintenant.
Où trouver des armes assez solides pour résister à la force de Rem ?
« Hop ! »
Le petit guerrier expira brusquement et lança une hache.
Elle tourbillonna dans les airs et vint se loger dans la main de Rem.
Paf.
Sa hache à la main, Rem fit rouler son cou de gauche à droite.
« Ouvrez l’œil quand vous vous promenez. »
Aucun des Géants ne lui répondit.
Ils n’avaient pas peur, donc n’hésitaient pas.
Voilà comment se comportait la bande de Géants.
Des yeux ronds au blanc visible, des iris généralement brun foncé et sans éclat. Un regard trouble. Rien qu’une pulsion aveugle de tuer, une pure soif de meurtre dans chaque regard.
Un tel regard pouvait faire flancher les genoux de n’importe qui. Pas ceux de Rem.
Ses lèvres se tordirent.
« Espèces d’enfoirés. »
Rem posa sa hache sur son épaule.
Pas la moindre trace d’urgence. Il avait donc largement le temps de respirer.
Pendant ce temps, Enkrid continuait de taillader le sorcier. Encore et encore.
« Toi… »
« Espèce de sa… »
« Sale pe… »
« Enfoiré de… »
Le sorcier ennemi semblait avoir été maudit et ne parvenait pas à terminer une seule phrase.
Enkrid n’y prêta aucune attention et le poursuivit sans relâche, maintenant une pression constante.
Ses coups d’épée ne cessaient jamais. Une persistance à la Aoara, des attaques ininterrompues.
Alors, les autres à proximité tentèrent d’intervenir.
Ils se prirent par la main, prêts à accomplir un rituel.
Crac !
Un fouet s’abattit sur leurs têtes. Celui de la Grenouille.
« Vous êtes donc tous des Cultistes. »
La voix de la Grenouille était calme, mais un feu glacé brûlait en elle.
Une colère silencieuse.
« Rtir, tes ennemis sont ici en nombre. »
Ruagarne marmonna quelque chose que personne d’autre ne pouvait comprendre, puis saisit son fouet et son épée avant de se jeter dans la mêlée.
Tout en combattant, Rem évaluait la situation et jetait de rapides regards dans toutes les directions.
Il vit aussi Ruagarne se battre.
Ces visages lui étaient familiers.
Quelques elfes se mêlaient au groupe, mais il reconnaissait la plupart des autres.
Ceux qui suivaient cette tradition insensée selon laquelle manger de la chair humaine permettait d’absorber la force de sa victime. Des Cannibales.
Les mêmes dont il s’était amusé à fendre les crânes avant de partir.
Ils avaient rejoint le camp ennemi, mais cela n’avait rien de particulièrement surprenant.
À vrai dire, ils n’avaient peut-être pas eu le choix.
Un guerrier qui aurait dû devenir un héros parmi les Cannibales avait fini avec le crâne fracassé par la hache de Rem.
Après ça, ils avaient dû se faire bousculer de tous les côtés. Et si les Cultistes les avaient approchés précisément à ce moment-là ?
Alors, d’une certaine façon, tout cela était peut-être arrivé à cause de Rem.
Mais Rem ne s’en sentait pas coupable.
On peut toujours trouver une raison à tout ce qui arrive dans ce monde. À l’inverse, on peut aussi dire que certaines choses arrivent sans raison.
Tout dépend de son esprit. De sa façon de penser.
Il n’avait donc pas à se sentir responsable de tout ce qui se passait.
La bataille était chaotique, et pourtant elle ne l’était pas.
Les participants étaient assez peu nombreux pour que ce chaos reste contenu.
Les yeux à demi révulsés et les joues gonflées, Ruagarne s’en prenait à une poignée de Cultistes. Une rage pure guidait chacun de ses coups.
À la droite de Rem, la femme-bête déchaînait toute sa fureur.
Dunbakel taillada le poignet et l’avant-bras d’un Géant avec ses deux lames courbes, puis, pour une raison quelconque, fonça contre son torse et lui fendit le menton à la verticale.
Elle frappait, se retirait. Entrant et sortant en un éclair, elle tranchait et revenait à l’assaut.
Une longue traînée de sang violet suivait Dunbakel dans ses mouvements.
Ses pieds étaient visiblement plus rapides qu’avant.
« Cultistes ! »
Le cri de Ruagarne retentit.
« Maintenant que je les ai démasqués, je les tuerai un à un, jour après jour, à chaque coup d’épée, jusqu’à ce qu’il n’en reste plus ! »
Le même cri, chargé de la rancune profonde de quelqu’un qui avait une vieille dette à régler.
Rem n’avait aucune idée de ce qui avait soudainement pris Ruagarne.
Quoi qu’il en soit, tant qu’il se battait bien, cela suffisait.
Clang.
Il fit s’entrechoquer les deux lames de ses haches, qui résonnèrent. Rem avait commencé à s’échauffer, puis s’était calmé.
Enfin, il fallait un danger véritable, une menace sérieuse, pour qu’il se batte comme si sa vie en dépendait.
Malgré tout, ces gens avaient menacé sa femme et sa famille.
Si Arath était morte, Rem ne se serait pas retenu. Il serait devenu fou furieux.
« Pas un seul ne passera. »
Il avait été sur le point de le dire, mais referma la bouche.
L’ambiance ne s’y prêtait pas vraiment.
La bande de Géants avait perdu toute raison. D’ordinaire, il leur aurait fallu quelqu’un pour les diriger, mais personne n’en était capable.
Les Géants ne s’en prenaient donc qu’à l’humain et à la femme-bête qui les avaient attaqués.
Geomnarae avait commencé à avancer, puis s’était arrêté.
À ses yeux, tout avait commencé brusquement. Et ensuite… eh bien, c’était devenu calme.
Il n’y comprenait rien, mais c’était ainsi.
C’était téméraire, mais on pouvait aussi appeler ça du calme. Ces mots ne semblaient pas aller ensemble, et pourtant, c’était bien la vérité.
Le champ de bataille avait pris cette tournure.
Enkrid affrontait le sorcier, tandis que Ruagarne fonçait sur le groupe rassemblé autour de lui.
Rien qu’à regarder Rem se battre, on était stupéfait.
Geomnarae savait que Rem savait se battre. Après tout, c’était un candidat au titre de héros.
Mais avait-il toujours été aussi doué ?
Geomnarae n’en revenait pas.
Il ne pouvait pas rester planté là sans rien faire, alors il leva la main.
« Vous comptez rester là à regarder ? »
Il lança ces mots à la coalition tribale derrière lui et sortit son totem.
Une pièce de bois sculptée en forme de tête de loup, noircie par des années de manipulation.
Geomnarae le prit et pria.
Dieu-Loup, Dieu-Loup.
Descends ici et déchiquette-les tous jusqu’au dernier.
Oreilles blanches, yeux noirs, ami de l’Oiseau de l’Aube.
Des veines violettes saillirent sur les avant-bras de Geomnarae.
Une douleur fulgurante traversa tout son corps. Il serra les dents et la supporta, puis accomplit le rituel.
C’était une technique appelée Descente divine.
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