Chapitre 474
TRADUCTIONS WE TRIED
Traducteur : Hydrogen B
Éditrice : Abstract
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UN CHEVALIER QUI RÉGRESSE ÉTERNELLEMENT
Chapitre 474 : Face à une mère malveillante
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« Maman, est-ce que je vais mourir ? »
L’enfant posa la question.
« Non, bien sûr que non. Dors bien quelques nuits et tout ira mieux. »
La Mère lui répondit.
« D’accord. »
Les yeux de l’enfant étaient couverts de croûtes, si collés qu’il lui était presque impossible de les ouvrir.
La fièvre refusait de tomber depuis des jours, et l’enfant voyait à peine, désormais.
« Grgh. »
Aux premières heures du matin, en voyant l’enfant écumer, la Mère sentit son cœur se déchirer.
Un jour, des taches bleues avaient fleuri sur tout le corps de l’enfant. Les veines de ses membres avaient gonflé et viré au violet. L’enfant avait commencé à souffrir.
Je prendrai ta douleur à ta place.
Alors, je t’en prie, Esprit gardien, dieu ancestral, qui que tu sois, sauve mon enfant.
La Mère était partie avant l’aube, fouillant le sol à la recherche d’herbes capables d’apaiser la douleur.
« Il est dangereux de sortir maintenant », lui dit le guerrier qui montait la garde près de la tente.
Les apparitions de Créatures démoniaques étaient nettement plus rares à l’ouest que sur le continent, mais le danger ne disparaissait pas pour autant. Ici comme ailleurs, la malchance pouvait vous tuer.
« Ça ira. »
Parfois, l’envie de tout simplement mourir la submergeait, soudaine et involontaire. Mais elle ne pouvait pas faire ça.
« Maman, maman. »
L’enfant l’appelait encore. Il s’accrochait toujours à la vie.
Le ressentiment s’enracina. Une chaleur partie de la plante de ses pieds remonta jusqu’à sa poitrine et s’y mit à brûler.
Pourquoi ?
Ce n’est pas l’ordre naturel des choses.
Tout le monde peut mourir.
Mais ce n’est pas encore le tour de mon enfant.
Pourquoi un enfant si petit devait-il souffrir ainsi ?
La Mère sortit le poignard court qu’elle gardait dissimulé sous ses vêtements. Une lame légèrement courbée, longue comme une main.
On appelait cela un karambit.
La lame était faite d’un métal gris terne. Son tranchant extérieur n’était pas particulièrement affûté, mais son tranchant intérieur l’était parfaitement.
Assez pour ouvrir la nuque d’un jeune enfant.
Assez pour que se la presser contre la gorge et la tirer suffise à en finir.
Combien de temps encore devait-elle regarder son enfant se noyer dans un fleuve de douleur ?
Mourir par la lame ferait mal, mais ce moment ne durerait pas longtemps.
Même la noyade ne s’éterniserait pas comme ça.
« Ce ne sera pas simple. Il nous faudrait quelque chose de plus grand qu’une source, un lac. De plus grand qu’un ruisseau, un fleuve. »
Le vieux sorcier, qui avait juré de contenir la malédiction, prononça ces mots et ferma les yeux.
Ce furent ses dernières paroles. Il ne rouvrit jamais les yeux. Il s’était effondré en position de prière et ne s’était pas réveillé depuis.
La flamme de l’espoir s’éteignit. Le monde s’assombrit.
Car l’être qui comptait plus que tout pour la Mère était en train de mourir.
Avoir des yeux sans pouvoir voir la lumière. Avoir des oreilles sans pouvoir entendre les oiseaux.
L’enfant souffrait et se mourait.
La Mère sortait pour cueillir les herbes qui pourraient au moins atténuer la douleur, au péril de sa vie.
« Par ici, par ici. »
Au cours de ses errances, elle avait un jour rencontré une Créature démoniaque. Elle l’avait appelée avec la voix de son enfant.
On aurait dit un enfant en danger.
Elle avait tourné la tête vers le son, l’esprit embrumé après des jours sans sommeil réparateur.
Le désespoir et l’épuisement avaient aussi rongé son corps et son âme.
Si je sauve cet enfant, peut-être que quelqu’un sauvera le mien.
Un espoir creux lui brouilla davantage l’esprit et troubla sa vue.
Elle avançait parmi des collines ondulantes. Elle allait se diriger vers le son quand une main lui saisit l’épaule par-derrière.
« C’est un Imitateur. Tu devais bien le savoir. »
Elle se retourna et vit un homme à la mâchoire carrée et au regard froid, peu amène.
Cinq ans s’étaient écoulés depuis la mort du père de l’enfant.
Naturellement, la question d’un remariage s’était posée.
Et cet homme gravitait autour d’elle depuis lors.
Il l’avait vue partir seule et l’avait suivie.
« C’était la voix de mon enfant », dit-elle.
« Tu abandonnes ton gosse et tu renonces à vivre ? Alors tu vas mourir, et voilà tout. C’est ce que tu veux ? Mourir avant ton enfant ? Ne te laisse pas abattre. »
L’homme parla sans détour. Quelque chose s’effondra en elle et les larmes se mirent à couler sur son visage.
Il avait raison. Un Imitateur. Un félin imitateur.
Si le continent avait son chien à visage humain, l’ouest avait une Créature démoniaque qui imitait les voix.
Tout adulte en état de se battre, surtout s’il avait le niveau d’un guerrier, pouvait s’en débarrasser sans trop de mal.
En temps normal, elle aussi ne se serait pas laissée berner.
Mais, dans l’état où elle se trouvait, la rencontre aurait pu être dangereuse.
Elle était relativement affaiblie, mais une Créature démoniaque restait une Créature démoniaque.
Ses griffes étaient tout à fait capables de déchirer la chair humaine.
« Alors, fais quelque chose. »
La Mère prononça ces mots. L’homme resta sans voix.
Elle vendrait son âme s’il le fallait. Elle briserait un tabou s’il le fallait. Elle sacrifierait sa chasteté si c’était ce qu’on exigeait d’elle.
N’importe quoi. Absolument n’importe quoi.
Elle donnerait aussi sa vie. Quiconque pouvait prendre ce qu’il voulait.
Un démon ferait l’affaire. Une Créature démoniaque aussi. Une Bête magique, ou même un cannibale.
Sauvez seulement mon enfant.
Faites-le, et je ferai tout ce que vous me demanderez.
Elle pria. Personne ne l’entendit.
La mère de l’enfant fut submergée par le désespoir et tomba à genoux.
Il n’y avait plus rien à faire.
La malédiction lancée par la Tribu des devins allait tuer son enfant.
Comme tous ceux qui étaient morts avant lui, son enfant connaîtrait le même sort.
« Pourquoi ? »
La Mère interrogea le ciel. Toujours aucune réponse.
Elle avait vu un homme sombrer dans la folie après avoir perdu sa bien-aimée.
Il y avait aussi eu une femme, vide et absente après la perte de son compagnon.
Le chef de la tribu avait délibérément isolé les victimes de la malédiction du reste du peuple.
La malédiction n’était pas contagieuse, mais certains pensaient qu’elle pouvait se transmettre de façon limitée. Le chef ne voulait pas non plus que la tribu partage leur désespoir.
La malédiction ne frappait encore qu’une partie de la population.
Elle ne dévorait pas des centaines de personnes, mais des dizaines.
Un petit nombre à l’échelle du groupe. Une seule personne pour chaque famille. Voilà la réalité.
La malédiction rongeait les habitants de l’ouest de l’intérieur.
La Mère faisait partie de ceux qu’elle avait dévorés.
Si mon enfant meurt, je n’épargnerai personne.
Une pensée sombre et cruelle s’épanouit pleinement en elle.
Si l’autre camp avait brisé un tabou, alors eux aussi le feraient.
Mais le chef de la tribu ne manifesta qu’une réaction tiède.
Elle ne resterait pas les bras croisés. Jamais.
Dans l’esprit de cette Mère à demi folle, le désespoir grandit. Et la souffrance. Et le ressentiment. Et la malveillance.
Voilà quelle était la véritable malédiction.
La Mère marchait, ses herbes à la main, quand elle aperçut des enfants en train de jouer.
Quelques jours plus tôt, elle les aurait regardés d’un air abattu, en pensant à son propre enfant. À présent, elle n’éprouvait que de l’amertume.
Pourquoi est-ce que ça doit tomber sur mon enfant ?
Pourquoi ces enfants rient-ils et jouent-ils comme si de rien n’était ?
Pourquoi suis-je la seule à souffrir ?
« Poussez-vous. »
Elle s’adressa aux enfants. Rassemblant le peu de sang-froid qui lui restait, elle entra dans la tente des maudits et s’assit près de son enfant.
Ces enfants n’avaient rien fait de mal. Elle essaya de se calmer.
Les veines saillantes, d’un violet sombre. Les taches bleues. La moitié du visage de l’enfant était couverte de croûtes épaisses.
Était-ce vraiment le visage de son enfant ?
Était-ce vraiment le corps de son enfant ?
« Nnngh. »
Elle serra les dents et ravala ses sanglots. Son enfant ne retrouverait probablement jamais une vue nette.
Alors…
Chef de la tribu.
Elle avait une question à lui poser.
Quelle était la bonne voie ?
Allaient-ils passer leur vie à tout subir sans réagir ?
Pourquoi ne faisaient-ils rien contre le clan des devins ?
Luttez contre cette malédiction.
Si ce n’était pas sa responsabilité, alors à qui revenait-elle ?
Du chagrin enfoui dans le ressentiment.
De la malveillance enfouie dans le ressentiment.
C’était ce qui emplissait toute la tente. Une énergie qui mettait mal à l’aise l’étranger qui y entrait, et que quiconque la reconnaissait aurait qualifiée de dangereuse.
* * *
Hira, la chamane, était rongée d’inquiétude. La malédiction dévorait la tribu, et le mal qu’elle causait semblait sans fin.
Si elle était encore contenue, c’était uniquement parce que le vieux sorcier et le guerrier en chef avaient risqué leur vie pour la retenir. Que feraient-ils désormais ?
Dunbakel entra dans la tente et fronça les sourcils.
Ruagarne n’y prêta pas vraiment attention.
Enkrid sentit la malveillance accrocher son instinct.
Pourquoi l’air est-il si lourd ici ?
Cette pensée lui vint en franchissant l’entrée. En plus de l’odeur de renfermé, quelque chose de désagréable lui piquait le nez.
Rien d’étonnant. La tente abritait tout un groupe de gens qui n’avaient pas pu se laver correctement.
En avançant, il aperçut près de l’entrée un enfant allongé sur un lit de tissus superposés.
Pourquoi y a-t-il tant de croûtes dans ces yeux ? Quelqu’un devrait les nettoyer.
Il observait l’enfant quand celui-ci bougea le bras. L’enfant ne tendait pas la main pour saisir la sienne ; leurs doigts s’étaient simplement frôlés tandis qu’il passait à proximité.
Il ne craignait pas que la malédiction le touche. Si elle se transmettait par contact, ils n’auraient pas laissé les choses en l’état. Elle se serait déjà répandue et aurait semé le chaos partout.
Pour l’instant, elle ne touchait encore que quelques personnes, mais elle semblait terrible. C’était tout ce qu’il en pensait.
Puis la main de l’enfant toucha la sienne, et il la prit. Pour une raison inconnue, quelque chose lui rappela de vieux souvenirs.
« On ne peut rien faire. »
C’était ce qu’avait dit le capitaine mercenaire en regardant les malades.
Il y avait des choses contre lesquelles on ne pouvait rien. L’épée ne pouvait pas tout régler.
Sans krona, impossible de trouver un prêtre, encore moins un guérisseur. Ces gens n’avaient rien.
Et pourtant, Enkrid avait fait quelque chose d’insensé.
À ce moment-là, l’épée ne pouvait faire qu’une chose, et Enkrid l’avait faite.
« Tu as perdu la tête ? »
Voilà ce que lui avait lancé son compagnon, celui qui lui avait dit qu’ils n’étaient pas obligés d’y aller, avant de l’accompagner quand même.
Enkrid n’avait pas répondu. Il avait simplement fait ce qu’il fallait.
« Meurs ici, ou viens avec moi. À toi de choisir. »
C’était la maison du meilleur guérisseur de la région.
À court de solutions acceptables, il avait escaladé le mur en pleine nuit.
Il avait prononcé ces mots, son épée appuyée contre la gorge du guérisseur. Deux choix, énoncés sans détour.
Mourir ici, ou le suivre.
« Je viens avec toi ! »
Le guérisseur cupide avait cédé devant la lame.
« Tu es un mercenaire, pas un bandit. »
Son compagnon ne cessa de le critiquer.
Lui-même n’aurait pas su expliquer pourquoi il avait fait ça.
De toute façon, la suite avait été mouvementée.
Quoi qu’il en soit, il avait enlevé un guérisseur. C’était tout ce que l’épée pouvait faire.
Il était devenu fugitif pendant un temps.
« Tu es vraiment complètement fou. »
C’était ce qu’avait dit le compagnon qui l’avait hébergé quelque temps.
Plus tard, au moment de se séparer, cette personne lui avait expliqué pourquoi elle l’avait aidé. Se frottant le nez avec une gêne mêlée d’embarras, elle lui avait dit quelque chose dont il se souvenait encore.
« En te regardant, je n’arrêtais pas de penser à mon petit frère, là-bas, chez nous. »
Une mercenaire, qui avait au moins dix ans de plus que lui.
« Ne te fais pas de fausses idées, gamin. »
Un adieu simple et sans détour.
Ensuite, il avait erré quelque temps sur le continent.
Le visage de l’enfant pour lequel il avait enlevé un guérisseur, mais qui était tout de même mort et avait été enterré, lui revint à l’esprit.
L’enfant dont il tenait maintenant la main était vivant.
Alors, il n’y avait aucune raison d’abandonner. Malédiction ou non, il devait bien exister un moyen de le sauver.
Même si ce n’était pas le cas, il fallait tout tenter jusqu’au bout.
C’était la seule façon pour ceux qui restaient de continuer à vivre, eux aussi.
Même lorsqu’on devait laisser partir quelqu’un, le fait d’avoir essayé, d’avoir agi, permettait à ceux qui restaient de continuer à vivre.
Tap, tap.
Il tenait la main de l’enfant et, de l’autre, lui tapotait doucement le dos.
C’était pour lui faire comprendre que tout irait bien. Il sentit une légère pression dans la main de l’enfant. Celle-ci essayait de serrer la sienne, mais n’en avait pas la force. Une faible pression tremblante.
Enkrid prit garde à ne pas faire mal à l’enfant et lui rendit doucement son étreinte.
Dix ans tout au plus, probablement.
Au-delà de l’enfant, il aperçut la Mère. C’était la femme qu’il avait croisée plus tôt, parmi les enfants, dans la clairière du village.
Elle lui avait semblé avoir le tempérament difficile. Elle n’avait pas crié sur les enfants, mais il y avait eu dans son regard quelque chose comme une férocité meurtrière à vif.
Cette femme essuyait le visage de l’enfant avec un linge humide.
Les croûtes autour des yeux de l’enfant partirent facilement.
Pourquoi personne ne l’avait-il fait plus tôt ?
Il observait toujours l’enfant quand celui-ci ouvrit les yeux.
Hira poussa un cri et les jumeaux accoururent.
Il resta là à regarder un instant, puis Rem entra.
Comme toujours, sa femme était à ses côtés.
Juol les suivait, clignant des yeux.
« Qu’est-ce que tu as fait ? » demanda Rem.
Enkrid leva la main et la regarda.
La gauche ?
Non. La droite. Il changea de main et reporta son regard sur Rem.
L’esprit d’Enkrid tournait à toute vitesse.
La situation s’éclaircissait.
C’était sa propre main qui avait fait ça.
« Je crois que j’ai éveillé un pouvoir divin », murmura-t-il tandis que Rem s’approchait.
Il n’y croyait pas vraiment. C’était juste une plaisanterie lancée à la légère, à la manière des elfes.
« Lui aussi a été maudit ? »
Rem se tourna vers le fond de la tente et posa la question d’un ton sérieux.
« Cette malédiction ne fonctionne pas comme ça, espèce de source de malheur. »
La femme de Rem décocha sa critique sans hésiter. Pourtant, elle ne quittait pas l’enfant des yeux.
Arath aussi semblait surprise.
Rem hocha la tête comme pour dire : « Ah bon ? »
« Alors, qu’est-ce que c’est ? » demanda Rem.
« Aucune idée. »
Enkrid haussa les épaules. Il n’en avait vraiment pas la moindre idée.
Mais quelqu’un, dans la tente, se moquait bien de tout ça.
Hira, les yeux écarquillés, se plongea dans ses pensées.
Comment est-ce possible ?
Elle avait dit qu’il faudrait quelque chose de plus grand qu’une source, un lac.
Près d’elle se tenait la Mère de l’enfant, les yeux grands ouverts, brillants comme des étoiles.
Les veines qui saillaient sur le corps de l’enfant s’étaient visiblement atténuées. Les taches avaient pâli.
« Vous. »
Elle s’adressa à Enkrid.
« Oui ? »
Enkrid leva les yeux. Il ignorait sincèrement ce qu’il avait fait.
Mais, à voir la situation, cela semblait s’être produit au moment où sa main avait touché l’enfant. Était-ce une coïncidence ou autre chose ? Il n’aurait su le dire, mais de l’extérieur, c’était ainsi que les choses semblaient s’être passées.
La Mère de l’enfant semblait l’avoir compris de la même façon.
Elle tomba à genoux, paumes tournées vers le ciel, et posa le front à terre.
Le sol de la tente était recouvert d’une épaisse toile, mais elle n’était pas particulièrement propre.
Les taches de sang, de sueur et de pus étaient bien visibles.
Elle s’agenouilla pourtant sans hésiter et posa la tête au sol.
« Je ferai tout ce que vous voudrez. Je vous en prie, restez seulement près de mon enfant… »
La Mère ne parvint même pas à finir sa phrase. Elle tremblait.
« Bon sang, qu’est-ce que tu as fait, au juste ? Tu sais ce que ça veut dire ? Elle dit qu’elle te donnera tout. Son corps, tout ce que tu veux. »
Rem lui souffla ces mots avec urgence.
En clair, si Enkrid demandait à cette femme de venir dans sa tente ce soir, sans rien sur elle, elle viendrait en souriant.
Voilà ce que cela signifiait.
Enkrid n’avait aucun moyen de le savoir.
Hira releva alors la tête et examina lentement Enkrid de la tête aux pieds, sans rien laisser passer.
Pourquoi était-ce arrivé ? Elle l’ignorait.
Mais une chose était certaine.
Hira était chamane et devineresse, mais sa spécialité première était la guérison. Comme celle-ci reposait surtout sur la sorcellerie, elle savait défaire les malédictions et réparer les effets secondaires d’une sorcellerie mal employée.
Son instinct lui indiquait quelque chose, à présent.
La malédiction que la Tribu des devins avait lancée par son rituel collectif s’était affaiblie.
Tout cela était dû à l’arrivée d’un seul homme.
Elle ne pouvait pas expliquer précisément pourquoi, mais elle en devinait le principe.
Cet homme dissipait les malédictions autour de lui.
Ce qui signifiait…
« Je voudrais aussi vous demander quelque chose. »
Hira se hâta de prendre la parole.
Cette malédiction était dangereuse. Elle ne pouvait pas l’annoncer ouvertement à tous les membres de la tribu, mais Hira avait senti la fin approcher pour son peuple.
Cette prémonition venait de perdre toute sa netteté.
« Attendez, tout le monde, arrêtez-vous un instant. »
Rem intervint pour calmer le jeu. Enkrid, lui, restait planté là, l’air absent.
Il ne comprenait vraiment pas ce qui se passait.
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