Chapitre 473
TRADUCTIONS WE TRIED
Traducteur : Hydrogen B
Éditeur : Abstract
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UN CHEVALIER QUI RÉGRESSE ÉTERNELLEMENT
Chapitre 473 : Enkrid avait du mal à suivre leur conversation
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Enkrid avait du mal à suivre leur conversation.
« Faut-il parler du retour du fils prodigue ? »
Le chef de tribu accueillit chaleureusement Rem lorsqu’il le vit. Il connaissait ses capacités, et le retour, en ces temps troublés, d’un homme digne d’être appelé un héros avait son importance. Cela dit, la situation ne permettait pas de se détendre. Même avec Rem parmi eux, il était prématuré de parler d’espoir.
Rem a beau être fort, affronter ces deux monstres à la fois ne sera pas une mince affaire.
Le chef de tribu songea aux deux géants qui menaçaient son peuple. Son visage s’éclaira, s’assombrit presque aussitôt, puis s’illumina de nouveau.
Malgré tout, une bonne nouvelle restait une bonne nouvelle. Même si la pression lui faisait pisser du sang, à quoi bon vivre si l’on ne pouvait pas savourer l’instant présent ?
« Heureux de te revoir. »
La tente était assez vaste pour accueillir un feu de camp en son centre. Son plafond arrondi était cousu dans une toile épaisse. Le feu n’était pas très grand, mais on l’alimentait régulièrement en bois ; un luxe que seul le chef de tribu pouvait s’offrir. De longues broches, posées au-dessus des flammes, portaient des morceaux de viande aplatis. Des souris des champs, attrapées, saignées, dépouillées de leur peau et de leurs entrailles, puis aplaties et rôties. Les organes étaient toxiques : c’était donc la meilleure façon de les préparer. Une souris rôtie à l’occidentale, qu’on n’avait pas vue depuis longtemps.
Le chef de tribu était assis dans son fauteuil de fourrure. Il accueillit Rem, son visage s’éteignit, puis s’éclaira à nouveau. Lorsqu’il surprit Arath en train de le regarder, il s’éclaircit la gorge d’une toux sèche.
Il n’était pas devenu chef de tribu grâce à sa force brute. Son peuple l’aimait ; il ne le craignait pas pour ses talents au combat. C’était aussi pour cela que cette crise lui pesait tant. Pourtant, le simple fait qu’il tienne encore le coup méritait d’être salué.
L’ouest était un véritable chaos, ces derniers temps.
« Je suis venu récupérer ma Sorcellerie d’invocation. »
Rem alla droit au but.
Le chef de tribu cligna plusieurs fois des yeux et réfléchit. Il avait toujours su que cet homme ne pensait qu’à lui-même. C’était précisément pour cela qu’il avait quitté la tribu et pris la fuite.
« C’est compliqué, pour l’instant. »
Le chef de tribu secoua la tête.
« Pourquoi ? »
« Parce que nous avons perdu le Terrain sacré au profit d’une autre tribu. »
« … Vous avez perdu quoi ? »
Le Terrain sacré était une terre que toutes les tribus réunies en ces lieux avaient juré de protéger. À petite échelle, c’était là qu’on recevait la sorcellerie et les Esprits gardiens. À plus grande échelle, c’était là que vivaient leurs traditions, là que résidait l’âme des peuples de l’ouest. On y enterrait les morts. Le Terrain sacré servait aussi de cimetière.
Pour le dire simplement, c’était la terre qu’ils étaient censés défendre au péril de leur vie. Et ils l’avaient perdue.
À y repenser, quelque chose clochait depuis le début. Tout avait commencé lorsqu’un géant s’était emparé d’un village, et la situation n’avait fait qu’empirer depuis.
Les peuples de l’ouest étaient nomades par nature et suivaient les pâturages où qu’ils les mènent. Alors, pourquoi étaient-ils tous rassemblés ici ? Les grands rassemblements étaient rarissimes. Tout au plus deux fois par an : une fois à l’automne, quand les vivres suffisaient pour partager, et une autre juste avant le printemps, quand la nourriture venait à manquer et que chacun mettait en commun le peu qu’il avait. Une fois dans l’abondance, une fois dans la pénurie. Cette fois, ce n’était ni l’un ni l’autre. Ils avaient de quoi vivre. S’ils étaient réunis, c’était donc qu’il y avait un problème.
« Rien ne s’est bien passé depuis ton départ. »
Arath les avait suivis à l’intérieur et trouva l’occasion de lui lancer cette accusation acérée.
Rem la laissa dire, pour l’instant. Quoi qu’il réponde, elle ne l’écouterait pas. Ses griefs pouvaient attendre. Même si une hache venait à voler plus tard, c’était comme ça.
C’est ma faute.
Tout était de sa faute. Il ne pouvait pas le nier. Enkrid, Ruagarne, et même Dunbakel, qui avait parlé sans rien savoir, n’avaient pas eu tort.
« C’est comme ça. »
Le visage du chef de tribu s’assombrit de nouveau. Trop de choses avaient mal tourné à la fois, et il ne pouvait pas les régler tout seul. S’il ne dormait plus et pissait du sang, ce n’était pas sans raison. Les marques sur son visage le dissimulaient, mais les cernes sous ses yeux étaient devenues sombres. Il commençait à se demander si une malédiction ou une lame finirait par le tuer, ou si le poids de la situation ne le ferait pas tout bonnement s’écrouler un jour.
Par où commencer ?
Le chef de tribu réfléchit un instant, puis prit la parole.
« Alors. Tu sais pour les Cannibales ? »
Quiconque avait passé du temps dans l’ouest connaissait le problème. Ces mangeurs d’hommes avaient beau être écrasés encore et encore, ils finissaient toujours par se terrer quelque part et perpétuer leur lignée. C’était un peuple guerrier, doué au combat. Avant le départ de Rem, il avait fendu le crâne de celui qu’on disait être le plus fort d’entre eux. Il avait supposé que la perte de leur chef les ferait s’effondrer. Apparemment, ce n’était pas le cas.
Le chef de tribu alla droit au but.
« Un jour, sans crier gare, des Cannibales géants sont apparus. »
Les peuples de l’ouest privilégiaient le pragmatisme aux cérémonies. Cette tendance leur avait donné des mots pour désigner des choses qui, autrement, seraient peut-être restées sans nom. Des termes comme urkiora et Ciel crépusculaire en étaient de parfaits exemples. En clair, le Ciel crépusculaire désignait l’heure qui précède l’aube, le moment où quelque chose était sur le point d’accomplir sa fonction, sans l’avoir encore fait.
Cette même franchise se retrouvait dans les paroles du chef.
Des Cannibales géants, issus des Cannibales ? Quel rapport entre les deux ?
« Quel rapport entre les deux ? »
Rem observait le chef de tribu, laissant les paroles d’Arath lui entrer par une oreille et ressortir par l’autre. Celui-ci poursuivit.
« Le groupe de Cannibales qui vivait dans cette région a disparu sans laisser de traces. À leur place, des géants sont apparus. »
Y avait-il donc peu de liens entre les deux ? Ou bien quelque chose s’était-il produit de leur côté aussi ? Impossible à savoir pour l’instant.
« Ces créatures ont attaqué et anéanti deux tribus. »
Le chef de tribu ramassa une fine bûche et la tapota contre sa paume en parlant.
« Et tu n’as aucune idée d’où ils viennent ? »
« Aucune. »
Alors, pour l’instant, suffisait-il de tuer les Cannibales géants ?
Tandis que Rem réfléchissait, le chef de tribu reprit la parole.
« Et puis, pour une raison ou une autre, la Tribu des devins a complètement perdu la tête. »
La Tribu des devins était composée uniquement de sorciers. Pris individuellement, aucun n’avait rien d’exceptionnel, mais réunis, ils étaient une véritable plaie : ils maîtrisaient la sorcellerie de groupe.
« Tu plaisantes. »
Rem pencha la tête.
« Je me suis dit que tu avais dû passer par là et leur empoisonner l’esprit avant de partir. »
Il ignora les absurdités d’Arath.
« Oui. »
Le chef de tribu ignora lui aussi Arath un instant et acquiesça. Cela signifiait qu’une sorcellerie de groupe avait été lancée.
« Une prière ou un rituel ? »
Les deux étaient des formes de sorcellerie de groupe, mais elles différaient. La prière était la plus modeste des deux ; le rituel, lui, était de grande ampleur. S’ils avaient lancé un rituel pour attaquer, les dégâts auraient été considérables. En fait, rien que l’arrêter aurait été remarquable.
« Plus de cent personnes sont mortes à cause de la sorcellerie du sang altéré, et beaucoup d’autres sont encore au plus mal, à peine en vie. »
Rem cligna des yeux. Alors, pour avoir une vue d’ensemble, quelle était exactement la situation ? Les géants et la Tribu des devins s’étaient-ils alliés ? Pourquoi ? Ces deux groupes avaient-ils seulement quelque chose en commun ?
Il avait aperçu les géants en arrivant. Il avait aussi remarqué que ceux qui auraient dû se trouver à certains endroits étaient absents. Là où la Tribu Narae aurait dû monter la garde, il n’y avait qu’une grande marmite de fer et une palissade brisée.
« Les gens de Maru ont été attaqués ? »
« Oui. Des survivants sont venus se réfugier auprès de notre tribu. »
C’était déjà ça.
« En plus, on a signalé la présence d’étrangers. Certains disent avoir vu des elfes, ou de curieux lanceurs de sorts. »
« Je croyais que tu les avais ensorcelés, eux aussi, pour les faire venir ici. »
Rem continuait à laisser les paroles d’Arath entrer par une oreille et ressortir par l’autre.
Le chef de tribu cessa tout simplement de l’écouter.
Rem se demanda si un filon d’or avait été découvert dans l’ouest pendant son absence. Qu’y avait-il ici qui vaille la peine qu’on s’y intéresse ? Le Terrain sacré comptait pour les tribus, mais, pour les étrangers, ce n’était que de la terre. Quant à Rem, il y avait laissé son rituel, son arme et son catalyseur de sorcellerie avant de partir ; il n’avait donc pas le choix, il devait s’en soucier. Mais pourquoi les autres s’en préoccupaient-ils ?
Alors, qu’est-ce que c’était ? Pourquoi tout le monde semait-il un tel chaos ici ?
Après une longue absence, il était rentré chez lui pour le trouver envahi, des étrangers en train d’en abattre les murs. Pas moins de trois sortes d’étrangers.
« Si tu ne les as pas envoyés, en quoi ça te concerne ? »
Arath, toujours boudeuse, continuait de lui lancer ses paroles acérées.
Elle voulait dire : de quel droit revenait-il si tard pour exiger des réponses ?
« Ça suffit, Arath. »
Le chef de tribu la réprimanda, mais elle n’en tint pas compte.
Juol intervint et apporta quelques précisions. Plusieurs petits groupes de la Tribu Narae avaient été attaqués, tout comme les tribus Maru et Garam.
« Les deux géants sont trop forts. »
Deux créatures monstrueuses, sans équivalent parmi leurs adversaires précédents.
« Le grand chaman s’est effondré en tentant de repousser la malédiction par un sort de conjuration du malheur. Elle risque de mourir. »
Et le grand chaman — celle dont Rem avait besoin pour accomplir son rituel, et de loin la sorcière la plus douée parmi eux — était à terre.
C’était vrai, tout ça ?
Rem resta un instant silencieux, se demandant s’il n’avait pas conjuré le malheur avant de revenir, mais ne l’avait pas plutôt ramené avec lui. Puis il répondit :
« Les deux géants, ça ira. »
On pouvait régler ce genre de problème en les tuant. Il était sûr d’en être capable.
« Je le répète : si tu comptes sur cette Grenouille, détrompe-toi. Et, pour être honnête, je préférerais que tu ne t’en mêles pas non plus. La situation n’a plus rien d’un Ciel crépusculaire. On a dépassé ce stade. »
Juol s’adressa directement à Rem.
Ces paroles venaient de l’homme qui connaissait mieux que quiconque la force de Rem.
« Pourquoi me dis-tu de ne pas m’en mêler, moi non plus ? »
Rem posa la question, sincèrement curieux.
« Parce que si on te perd, il ne nous reste plus aucun espoir. »
Des paroles sinistres. Juol avait toujours été optimiste. S’il parlait ainsi, c’est qu’ils étaient vraiment acculés.
« Ça ira. Tu crois que je n’ai rien fait pendant tout ce temps ? »
« Beaucoup de combattants puissants sont déjà tombés face à ces deux géants. Le père d’Arae, de la Tribu Maru, en faisait partie. »
Le sourcil de Rem tressaillit.
Arae, de la Tribu Maru, était un vieil ami. Son père était l’homme qui avait appris à Rem à manier la hache, son maître. Avant le départ de Rem, il était le seul à pouvoir lui opposer un véritable combat. Dans un duel à mort, ni l’un ni l’autre n’aurait pu dire avec certitude qui l’emporterait.
« Il n’a pas tenu longtemps non plus. »
À ces mots, Rem tourna les yeux vers le chef de tribu. Son regard lui demandait : c’est vrai ? Le chef acquiesça.
« En ce moment, nous manquons de guerriers. Nous ne pouvons pas nous disperser ; si nous le faisons, tout le monde mourra un à un. Mais si nous restons ici, nous mourrons de faim. »
Le chef de tribu exposa la situation telle qu’elle était. Il n’était pas stupide. Il n’avait simplement plus aucun endroit où se replier.
« Compris. Pour l’instant. »
Rem allait ajouter quelque chose, mais s’interrompit et leva les yeux. Il observa les ombres que le feu de camp projetait au plafond, vacillantes et démesurées.
Puis il conclut :
« Allons voir ce que fait cette malédiction. »
« Tu ne sais même pas utiliser la sorcellerie. »
Arath lâcha ces mots, mais se mit aussitôt en mouvement. Ses paroles étaient pleines d’épines, pourtant elle était prête à tout pour son peuple. Au fond, elle savait aussi que l’arrivée de Rem à cet instant relevait de la chance. Si les choses avaient été différentes, elle aurait peut-être continué à le frapper de sa hache jusqu’au bout.
Une crise est aussi une occasion à saisir ?
Rem y réfléchit. Si seule la situation empêchait Arath de céder à sa colère, alors peut-être. Au moins, il avait gagné du temps pour s’expliquer.
Rem se mit en marche. Il voulait voir ceux que la malédiction avait terrassés. Il fallait d’abord comprendre clairement la situation.
Alors qu’il sortait de la tente, le chef de tribu l’interpella :
« Bien. Va voir. Et, vraiment, bon retour chez toi, mon nouveau fils. »
On appelait ainsi le mari d’une fille : un nouveau fils.
Il était le père d’Arath, et le père de tous. C’était le genre d’homme qui était devenu chef de tribu.
« Un peu tard », dit Rem.
À ses côtés, Arath ajouta : « Beaucoup trop tard. »
Il le savait. Il le savait bien. C’était pour cela qu’il n’avait rien à répondre.
Rem marcha en silence. Arath ouvrait la voie et Juol suivait derrière.
La situation est très, très, très mauvaise.
Venant de l’extérieur, Rem percevait le danger plus nettement que ceux qui étaient restés enfermés là et s’accrochaient à la vie. Tout en marchant et en mettant de l’ordre dans ses pensées, il en arriva à la conclusion qu’il était impossible d’arrêter le groupe de géants sans lui.
Plus ça durera, plus la malédiction affaiblira la tribu.
Il n’y aurait alors plus qu’à lancer les géants à l’assaut, et briser la tribu deviendrait plus facile que de tordre le poignet d’un enfant. Il suffisait d’avoir le cœur assez froid pour le vouloir. Chez les Cannibales, et plus encore chez les Cannibales géants, une telle froideur était la chose la plus naturelle au monde.
Mais pourquoi ?
Si le but était de rassembler en un seul endroit un peuple nomade d’éleveurs, sans domicile fixe, et que le rassemblement était l’objectif même, qu’y avait-il à prendre dans l’ouest ?
Rem retourna la question dans son esprit, et une réponse commença à se dessiner quant aux intentions de l’ennemi.
Des gens ?
Des étrangers, des géants, une malédiction. En réunissant ces trois éléments, une certaine image commençait à se dessiner. Mais il lui manquait encore des informations.
Quel casse-tête.
Et, par-dessus le marché, Arath lui lançait des regards noirs tous les quelques pas.
Ils venaient d’arriver à la tente d’où s’échappait la fumée épaisse et âcre des herbes brûlées lorsqu’une voix retentit.
« Un mira-, non, un miracle ! »
Quelqu’un s’exclama en butant sur ses mots, trop stupéfait pour parler correctement.
* * *
Enkrid fut un peu surpris.
Qu’avait-il fait, au juste ? Rien. Il avait seulement tenu la main de l’enfant.
Et voilà qu’un petit enfant avait ouvert les yeux.
« Hein ? »
Le garçon ouvrit la bouche et laissa échapper une syllabe stupéfaite.
Les yeux de l’enfant brillaient comme des étoiles.
« Qui êtes-vous ? »
demanda l’enfant.
Enkrid répondit :
« Enkrid. Tu peux m’appeler Enki. Quelqu’un m’a dit que mon nom complet était difficile à prononcer. »
« Oh. Un étranger. »
Le garçon le dit simplement.
Tout près, une femme qui brûlait des herbes — son regard avait une pointe de poison — observait la scène. C’était celle qu’Enkrid avait croisée en entrant dans le village, celle qui se tenait devant trois jeunes filles. Ses yeux s’écarquillèrent.
La trace de la malédiction qui se répandait sur le corps du garçon s’était arrêtée, et l’enfant avait ouvert les yeux. Bien sûr qu’elle était sous le choc.
Elle repoussa le tissu qui recouvrait le garçon, examina son corps, puis tourna les yeux vers Enkrid.
« … Quoi ? »
Elle murmura ces mots. Elle semblait complètement bouleversée, comme si elle ne savait pas très bien ce qu’elle disait.
Un bref silence s’ensuivit. Le regard absent et hébété de la femme s’aiguisa.
Ses yeux ne quittaient pas l’enfant.
« Il va mieux. »
C’était Hira, qui se tenait non loin, qui avait parlé.
Les jumeaux, assis un peu à l’écart et se frottant les mollets d’épuisement, s’approchèrent.
« C’est vrai. »
Ils parlèrent en même temps.
Hira, stupéfaite, s’écria :
« Un mira-, non, un miracle ! »
Enkrid avait du mal à suivre leur conversation.
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