Chapitre 464
TRADUCTIONS WE TRIED
Traducteur : Hydrogen B
Éditeur : Abstract
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UN CHEVALIER QUI RÉGRESSE ÉTERNELLEMENT
Chapitre 464 : S’arrêter devant la porte de la ville pour parler
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La jeune chevalière blonde aux cheveux courts laissa discrètement retomber sa manche en percevant une présence près de l’embrasure.
Un instant plus tard, elle tenait dans sa main la fine lame dissimulée le long de son poignet. Non qu’elle eût senti une menace. C’était une habitude.
Elle demanda, sur ses gardes :
« Tu as quelque chose à me dire ? »
Rem, le barbare de l’Ouest et compagnon d’Enkrid, était adossé au chambranle. Il la regardait sans expression.
Son regard ne trahissait rien. Il parla d’un ton neutre.
« Où as-tu appris cette technique de poison ? »
La question était étrange, mais la chevalière junior comprit aussitôt.
L’Ouest. Un barbare. Quelqu’un qu’elle avait jadis sauvé. Les pièces s’assemblèrent d’elles-mêmes.
Elle savait aussi que la technique de poison qu’elle employait n’avait rien d’ordinaire.
Le poison ne se résumait pas à une seule chose.
Jaxon, par exemple, tirait parti des plantes, des animaux et des minéraux. Il mélangeait arsenic, belladone, champignons vénéneux et bien d’autres ingrédients pour créer des poisons composés.
Ce qu’utilisait la jeune chevalière blonde n’avait rien à voir. Son poison était élaboré par la sorcellerie.
Le procédé de raffinage était similaire, tout comme son application, mais…
Rem se dit que la méthode de fabrication était complètement différente.
On n’apprenait pas ça sans qu’on vous l’enseigne. Et lui-même connaissait cette méthode.
La chevalière junior blonde jugea que l’homme en face d’elle n’avait aucune mauvaise intention. Elle se rappela aussi ce qu’il avait fait sur le champ de bataille. Ce n’était pas pour Aoara ni pour la ville, mais son aide avait été précieuse, ça ne faisait aucun doute. Et puis, le Poison de sorcellerie n’était même pas sa technique principale.
Autrement dit, elle ne considérait pas cela comme un secret.
« J’ai eu l’occasion de sauver quelqu’un qui était blessé. Cette personne me l’a enseignée ensuite. »
La jeune femme blonde répondit sans détour.
« Tu lui as sauvé la vie ? »
« Sans doute ? C’était quelqu’un d’un peu bizarre, je crois. Vu qu’il a échappé de justesse à la mort, il ne manquait pas de culot. »
La blonde remua ses souvenirs en parlant.
Rem pensa à quelqu’un qu’il connaissait.
Cet ami-là aurait été sauvé, puis aurait continué à débiter des inepties gênantes, trop fier pour exprimer la moindre gratitude.
« Je vois. Très bien. »
Tant que cette méthode n’était pas tombée entre de mauvaises mains, tout allait bien. Il savait déjà que ce n’était pas le cas.
Il avait simplement voulu s’en assurer.
Maintenant qu’il avait fait tout ce chemin et posé la question, Rem comprenait pourquoi il l’avait fait. Retrouver ici aussi des traces de ses origines lui donnait l’impression que le moment était vraiment venu de rentrer.
Il avait fait ce que les gens appelaient conjurer le mauvais sort, chasser la malchance avant qu’un grand événement ne survienne.
Cette dernière bataille avait été cet événement.
Il s’était battu en risquant la moitié de sa vie.
À vrai dire, plus de la moitié.
Ses côtes lui faisaient toujours mal. Le bleu qui enflait sur son flanc n’avait pas dégonflé, et marcher le gênait.
Il n’avait aucune autre raison de s’attarder. Rem se tourna donc pour partir. Alors, la blonde prit la parole derrière lui.
« Merci. »
La sincérité de ces mots lui fit ouvrir la bouche.
« Cette personne… Elle a gardé son grand sourire niais jusqu’au bout. »
La blonde sourit à ces mots.
Il y aurait des jours de larmes, mais désormais, elle essaierait de sourire autant que possible.
C’était ce qu’Aoara aurait voulu.
Après avoir quitté la maison de la blonde, Rem leva les yeux au ciel.
Le soleil tapait fort. Il n’était pas chaleureux, seulement écrasant et désagréable. L’air s’était un peu allégé, puis s’était de nouveau alourdi.
Rien à voir avec le soleil de l’Ouest. Même après la pluie de la veille, l’air restait humide et étouffant.
Par un jour pareil, rester immobile était déjà assez pénible, mais tous ceux qui l’entouraient s’activaient sans se plaindre.
Rem traversa la ville tout droit, simple spectateur qui observait tout autour de lui.
Regarde-moi tous ces gens diligents.
Cette pensée lui trottait encore dans la tête lorsqu’il arriva à son logement. Là, il vit le plus diligent de tous.
Il ouvrit la bouche sans réfléchir.
« Eh bien, qu’est-ce que tu fais là, à trembler comme ça ? »
Enkrid tenait son épée à deux mains et l’abattait avec une lenteur extrême.
On voyait qu’il s’efforçait de maîtriser jusqu’à la moindre fibre musculaire.
Il s’entraînait ainsi quand il voulait décortiquer chacun de ses mouvements et les approfondir.
Rem avait essayé plusieurs fois lui aussi. Il n’y trouvait pas grand intérêt.
Il n’avait pas non plus ressenti le besoin de s’y consacrer.
Il avait regardé Aoara se battre, par exemple, sans éprouver la moindre envie d’en tirer des leçons.
Qu’y avait-il à apprendre de quelque chose d’aussi évident ?
Mais Enkrid, lui, était différent.
Il lui faudrait mâcher tout ce qu’il avait vu et assimilé, morceau par morceau, puis l’avaler.
Rem le savait, mais l’envie de le taquiner lui venait comme un instinct.
« Je révise. »
Bien sûr, Enkrid ne changeait jamais de conduite sous les moqueries de quelqu’un. Il répondit sans lever les yeux et poursuivit son exercice.
La Grenouille se tenait devant lui, les bras croisés.
« Il faudrait remercier celui qui a façonné ce corps. »
Ruagarne l’observait depuis un moment déjà, et elle en avait conclu que le corps d’Enkrid était l’un des piliers sur lesquels il s’appuyait.
Elle l’avait vu reproduire la Frappe du chevalier.
Ses muscles auraient pu se déchirer. L’excès de volonté dépensée aurait pu le vider de ses forces et le faire s’effondrer au sol.
Pourtant, son corps avait tenu bon.
C’était ce qui l’avait frappée.
Et la dépense de volonté ? Cette sensation de vide qui suivait l’épuisement de toutes ses forces ?
Ces questions lui étaient venues, mais…
La Malédiction du Néant ne l’avait pas atteint.
La Malédiction du Néant, c’était perdre toute motivation après avoir trop puisé dans sa volonté. Même après avoir fait appel à une force dépassant les capacités de son corps, Enkrid n’avait pas succombé à quoi que ce soit qui y ressemblait. Certains appelaient cet état où il ne restait plus rien à consumer l’épuisement, d’autres le surmenage.
Dans des circonstances normales, il aurait dû s’écrouler.
Même Romen, qui avait l’habitude de reproduire cette Frappe, avait fini à bout de souffle, assis par terre.
Après avoir écrasé la Créature démoniaque arachnéenne bipède de sa lourde épée à deux mains, pareille à une massue, Romen s’était figé, complètement sans défense. Si Eisia ne s’était pas interposée de toutes ses forces, Romen aurait fini à la cérémonie funèbre de cet après-midi-là.
Et pourtant, Enkrid allait bien.
Assez bien pour se relever dès que la charge pesant sur son corps s’était dissipée et recommencer à manier son épée.
Pas étonnant que ce soit remarquable.
Ruagarne ne pouvait imaginer rien de plus intéressant à ses yeux.
* * *
Enkrid partageait son temps à parts égales : la moitié à manier son épée, l’autre moitié à rester immobile.
En ce moment, il avait besoin d’immobilité. Il s’était donc assis dans la poussière, devant le logement.
Pour les passants, il ressemblait à quelqu’un qui n’avait rien à faire, le regard perdu dans le ciel.
Ses yeux suivaient effectivement les nuages.
Ils s’étaient accumulés aujourd’hui plus qu’à l’accoutumée, en grandes masses blanches qui roulaient les unes sur les autres.
D’un côté, de lourds nuages gris, bas, pendaient si près du sol qu’ils semblaient presque le toucher. On aurait dit qu’il pleuvrait dans l’après-midi.
Son regard dériva dans le ciel tandis que son esprit ne cessait de tourner.
Comment avait-elle paré ça ?
Le Fragment de Balrok s’était abaissé et avait chargé. Une attaque surprise dirigée sous le genou.
Lui aurait d’abord esquivé, mais Aoara avait poursuivi son mouvement et abattu sur lui le coup qu’elle destinait au sommet du crâne du Balrok, lui coupant la route.
Sa lame était tombée, cherchant à fendre la tête du Balrok, qui l’avait sentie venir et s’était retiré.
Aussi vite qu’il avait chargé.
Ce qu’avait montré le Fragment de Balrok était impressionnant, mais l’escrime d’Aoara l’était davantage encore.
Comment avait-elle fait ?
Autrefois, cela lui aurait échappé. À présent, il commençait à entrevoir la réponse.
L’expérience acquise en imitant la Frappe du chevalier, fondée sur la volonté.
Cette expérience avait donné à Enkrid un regard neuf.
En décomposant le mouvement d’Aoara, il devenait lisible.
Comme précédemment.
Relier les points un à un en passant par les pieds. L’épée suivait.
Une lame qui réagissait instantanément, à chaque instant.
Comme tendre la main vers une tasse, changer d’avis à mi-chemin et la retirer.
Une telle réaction, accélérée.
On ne fixe pas sa destination en tendant la main. On réagit à chaque instant, à mesure qu’il se présente.
Le mouvement descendant était répété, puis la forme s’adaptait à tout ce que faisait l’adversaire. Pouvait-on s’engager pleinement dans le coup tout en faisant cela ?
Aoara en était capable.
Que ce soit possible ou non n’avait aucune importance.
Il avait vu quelqu’un le faire juste devant lui.
Enkrid l’ignorait, mais c’était là le cœur de la technique d’Aoara.
Son épée ne suivait pas une ligne fixe. Elle repérait plutôt le point le plus efficace à chaque instant, puis traçait sa trajectoire à partir de là.
Cette escrime rendait vaine la lecture des mouvements par un maître de l’Épée correcte.
Puiser dans les cinq styles de l’épée selon les besoins du moment : voilà ce qui en formait le cœur.
Cela n’était possible que grâce aux capacités physiques d’un chevalier et à ses réflexes nourris par la volonté, qui dépassaient tout ce qu’on pouvait raisonnablement attendre.
Une escrime qu’un chevalier seul pouvait employer.
Elle l’avait conçue après être devenue chevalière.
Avant cela, Aoara aurait vaincu tout le monde en s’appuyant uniquement sur les bases.
D’une certaine manière, cela ressemblait à la technique de Rem.
Il croyait comprendre maintenant pourquoi Rem disait qu’il n’y avait rien à apprendre.
Tout consistait à laisser ressortir ce que le corps avait assimilé, au niveau de l’instinct.
Les nuages se déplacèrent et s’entremêlèrent, ondulant comme l’épée d’Aoara. Enkrid imagina sa propre lame s’abattre devant eux.
Les nuages changèrent encore. Les nuages gris devinrent le Fragment de Balrok, qui faisait tournoyer une barre rouge selon un arc difficile à prévoir, à des angles impossibles à anticiper.
Ce n’était presque pas une épée, juste une barre, mais la chaleur qui s’y accrochait lui brûlait la peau.
Les nuages continuaient de changer.
À un moment, ils devinrent la lame de Ragna.
Puis la pointe de la lance du Roi des mercenaires de l’Est.
Expérimente-le.
Le Roi des mercenaires lui avait dit ça.
C’était un excellent conseil.
Enkrid savait ce qu’il devait faire.
« Tout graver dans ma mémoire, parfaitement. »
Ces mots lui échappèrent comme s’il se parlait à lui-même.
« Tu faisais un joli rêve ? »
Il avait dû fermer les yeux sans s’en rendre compte. Lorsqu’il les rouvrit, le barbare grisonnant de l’Ouest se tenait devant lui.
Rem, à trois pas de là.
C’était l’un des barbares les plus propres, et aussi le membre de l’escouade qui enfonçait sa hache dans le crâne de tout noble qui dépassait les bornes.
C’était lui qui avait parlé à Enkrid de Veloptera, le Ciel sombre où était tombée la météorite noire, des tribus qui vénéraient la puissance par le cannibalisme, du Fleuve de sable sans retour et des origines de la Sorcellerie, tout en passant entièrement sous silence tout ce qui le concernait.
Il avait délibérément gardé son histoire pour lui.
« Tu as dit que tu partais vers l’Ouest. Quand est-ce que tu pars ? »
« Avec l’état où je suis, je risque de me faire tuer si je pars maintenant. En fait, je mourrais probablement à coup sûr. »
« Tu as encore fracassé le crâne de quelqu’un, là-bas ? »
« Pas vraiment. Il y a… des circonstances. »
Enkrid leva les yeux en entendant cela. D’ordinaire, peu de choses éveillaient sa curiosité.
Mais là, il voyait Rem, ce maniaque meurtrier à la hache, laisser paraître quelque chose qui ressemblait un peu à de la peur.
Rem ?
Il ne put s’empêcher d’être curieux.
Même Ruagarne, qui mâchonnait un insecte un peu plus loin, leva les yeux.
« Kurruk. »
Elle remua la joue. En langage humain, cela équivalait à peu près à dire : « Oh, intéressant. »
« Ça te dérange si je viens avec toi ? »
Même Dunbakel manifesta de l’intérêt. Elle s’entraînait à l’écart, absorbée par son travail physique, mais voir Rem, de tous les hommes, hésiter et montrer une sorte de réticence avait donné matière à réfléchir à tout le monde.
« Vous avez tous perdu la tête, ou quoi ? Je ne vois pas pourquoi vous voudriez me suivre. »
Le regard de Rem exprimait un mécontentement manifeste.
« J’ai envie de voir. Je ne suis jamais allé dans l’Ouest. »
Enkrid enfonça le clou.
« Tu n’es pas occupé ? »
Rien ne pressait. Tant qu’Azpen ne bougeait pas, la Garde-frontière n’avait aucun souci à se faire.
Crang n’avait rien signalé, il n’y avait donc pas de problème immédiat.
Et si la situation avait été urgente, Kraiss serait-il resté silencieux ?
Quelqu’un aurait attrapé un faucon pour envoyer un message. Ou bien on aurait dépêché un messager.
Aucune nouvelle n’était arrivée. Tout allait donc bien.
S’il y avait une chose qui le tracassait, c’était ce qu’avait dit l’écuyer Rug, l’autre fois, à propos de Lopod, qui aurait peut-être fini battu à mort par Ragna.
Ou Fell, ce genre de Berger de la nature sauvage, qui aurait pu se faire rosser pour avoir causé des problèmes.
À part ça, rien d’inquiétant.
Ragna avait désormais la force d’un chevalier.
Même s’il s’éloignait et franchissait la frontière d’Azpen, ce ne serait pas Ragna qui serait en danger, mais Azpen.
« Je ne suis pas occupé. »
Il prit sa décision et répondit.
« Ai-je seulement dit que je partais vers l’Ouest pour revenir ? Je ne crois pas. »
Cela ressemblait presque à une menace.
Laisse-moi tranquille si tu veux que je revienne.
Cette provocation éveilla quelque chose chez Enkrid.
« Je vais juste faire un détour. »
Il fallait qu’il découvre ce que Rem lui cachait.
Il garda cette pensée pour lui.
« Tu vas vraiment me suivre ? »
Rem eut l’air sur le point de s’agacer, puis secoua la tête.
« Fais comme tu veux. »
Quoi qu’il en pensât, ce n’était pas un refus. Il hocha la tête.
C’est ainsi que Dunbakel et Ruagarne se retrouvèrent elles aussi à partir vers l’Ouest.
Le groupe se reposa trois jours de plus. À ce moment-là, ils avaient tous récupéré.
Il plut encore deux fois pendant ce laps de temps, mais peut-être parce qu’Aoara avait tué le Cœur de la Terre Maudite, le temps s’était éclairci.
Le ciel était haut et sans nuages, l’air vif. Le soleil tapait toujours aussi fort.
La chevalière Aoara reposait en paix, mais la lumière du soleil sur la ville d’Aoara avait quelque chose de rude et de féroce.
Enkrid prit ses affaires et sortit. Rem, Ruagarne et Dunbakel le suivirent.
Eisia les rejoignit en chemin.
« Tu pars ? »
« Il le faut. »
« Tu as fait tes adieux ? »
« Plus ou moins, hier soir. »
Il était allé trouver Romen en pleine nuit pour lui annoncer leur départ.
En réalité, il avait tenté de partir deux nuits plus tôt, mais Romen l’en avait empêché.
« Reste encore un jour avant de partir. »
Il n’avait aucune raison de refuser. Rien ne pressait toujours.
Une légère bruine s’était mise à tomber, et le temps n’était pas idéal pour prendre la route.
« D’accord. »
Il avait accepté et était resté un jour de plus. Ce matin venait après cela.
Il s’était échauffé avec la Technique d’isolement, puis avait vérifié son équipement. Il découvrit qu’il ne lui restait pas une seule Dague sifflante.
Il les avait toutes lancées pendant le combat. Il avait essayé de les récupérer, mais les lames étaient trop abîmées pour resservir.
Ce serait bien de trouver quelques couteaux convenables en chemin.
Cette pensée lui traversa l’esprit, mais il n’y avait aucun moyen d’en trouver pour l’instant.
Il était passé à la forge et avait découvert que tous les forgerons avaient fermé leurs portes, apparemment d’un commun accord.
« Écoute, on n’a rien à te vendre. Pas une seule chose. »
Les paroles de l’artisan têtu lui étaient restées en tête.
Il ne semblait pas qu’ils n’aient rien à vendre. On aurait plutôt dit qu’ils avaient décidé de ne rien lui vendre.
Alors qu’ils s’éloignaient, Eisia lança soudain :
« En fait, j’avais renoncé à la moitié de mes espoirs. »
« Auxquels ? »
En marchant, ses pas adoptèrent le rythme d’Aoara.
« Je pensais qu’il me suffisait de partager un repas par jour avec mon petit frère et de m’en sortir comme ça. Apparemment, je me trompais. »
Ce à quoi elle avait renoncé, c’était la volonté d’aller plus loin.
Eisia disait avoir retrouvé cette volonté.
Quand il lui demanda pourquoi, elle répondit :
« Parce que j’ai vu la chevalière Aoara de dos. »
Eisia le dit simplement.
En quittant la ville d’Aoara, Enkrid réfléchit de nouveau à ce qu’avait signifié la mort d’Aoara. Elle avait touché tous ceux qui se trouvaient sur ce champ de bataille.
C’est alors qu’ils arrivèrent aux portes.
Romen se tenait là, son épée à deux mains posée sur l’épaule, et leur barrait le passage.
« Je ne comprends toujours pas. »
Il prononça ces mots. Son regard exprimait clairement son intention : personne ne franchirait cette porte derrière lui, pas maintenant.
Derrière lui se tenait un groupe de soldats, dont Millio, ainsi que la jeune chevalière junior blonde.
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