Chapitre 462
WE TRIED TRANSLATIONS
Traducteur : Hydrogen B
Éditeur : Abstract
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UN CHEVALIER QUI RÉGRESSE ÉTERNELLEMENT
Chapitre 462 : Au service de la chevalière Aoara
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Quand on annonça l’arrivée imminente d’un émissaire du palais royal, Romen baissa les yeux vers son poing.
Gros, dur, couvert de cicatrices.
« Je ne devrais pas frapper quelqu’un envoyé par la famille royale, si ? »
Évidemment que non. Et pourtant, il ne pouvait s’empêcher de se poser la question.
Était-il loyal envers Naurillia ?
En cas de danger, se battrait-il pour la famille royale ?
Si quelqu’un lui posait ce genre de questions, Romen acquiescerait sans hésiter.
Et si on ajoutait : « Tu tuerais à coups de poing un noble que tu détestes ? », il acquiescerait deux fois plus vite.
Son serment de loyauté venait du cœur, bien sûr. Mais…
« J’aimerais mieux qu’on m’accorde un truc du genre : le droit d’exécuter les nobles sur-le-champ. »
À l’époque où il servait au palais royal dans un ordre de chevalerie, Romen avait souvent ce genre de pensées.
Le palais regorgeait de gens qui n’ouvraient la bouche que pour débiter des absurdités.
Aoara était morte.
Sa maîtresse avait quitté ce monde.
Malgré l’humidité, son corps ne s’était pas décomposé facilement.
Le chagrin, le deuil, tout cela comptait pour les habitants de la ville. Mais qu’en serait-il de l’émissaire envoyé par la famille royale ?
Le palais avait dépêché quelqu’un dès qu’il avait appris la nouvelle.
Une réaction remarquablement rapide.
Y avait-il de quoi s’étonner ? Bien sûr que non.
Un chevalier de l’ordre était mort, après tout. L’un des piliers du royaume s’était effondré.
Ils ne pouvaient pas savoir tout ce qui s’était passé ici. À y réfléchir d’un seul coup, entre la dissuasion nécessaire pour contenir la Terre Maudite et les répercussions politiques, n’importe qui aurait eu mal à la tête.
« Ils doivent avoir une montagne de soucis. »
Voilà pourquoi l’émissaire royal était arrivé avant même le cercueil de cèdre.
Il exigerait des explications.
Pourquoi un chevalier était-il mort ici ?
Il chercherait des coupables.
Y avait-il une raison pour qu’un combat pareil ait lieu ici ?
Sales nobles de merde.
Romen serra le poing. Des veines saillirent sur le dos de sa main.
Il garderait son sang-froid autant que possible.
Autant que possible.
Et s’il n’y parvenait pas ? Un homme sous les ordres d’Enkrid portait bien le titre de Chasseur de nobles, non ?
La rumeur disait qu’il avait tué un noble qui se comportait comme une ordure.
Romen se dit qu’il pourrait bien lui piquer son surnom aujourd’hui.
Aujourd’hui avait lieu l’enterrement. Celui de la chevalière Aoara. De sa maîtresse.
« Ha. »
Il expira lentement, puis sortit.
Fouuu.
C’était le milieu de la journée, mais des torches brûlaient déjà à tous les postes. Le brouillard s’était abattu sur la ville.
Les jours comme celui-ci, les Créatures démoniaques devenaient toujours plus féroces que d’habitude.
Cela arrivait parfois le lendemain de l’apparition des Deux Lunes Rouges, et le cycle se répétait encore et encore.
Enivrées par leur instinct meurtrier, les créatures entraient en furie.
Mais pas cette fois.
« Rien à signaler. »
L’équipe de reconnaissance était sortie avant l’aube et avait confirmé que la Terre Maudite était calme.
Comme l’avait dit le maître.
La Terre Maudite était immobile.
La Créature démoniaque qui formait le Cœur de la Terre Maudite était morte. La Terre Maudite avait déjà épuisé jusqu’à la dernière goutte de sa force.
Il ne restait plus là-bas qu’un ensemble de colonies ordinaires.
La Terre Maudite, la Forêt Grise… Aoara avait voulu en finir avec tout cela.
Un chevalier est une calamité.
On les appelait ainsi à cause de la puissance qu’ils détenaient.
Même avec un pouvoir qu’on disait calamiteux, refermer une Terre Maudite était censé être impossible. Pourtant, Aoara y était finalement parvenue.
« Tout ce que la maîtresse a fait pour cette ville, ça ne compte donc pour rien ? Et tout l’amour que cette ville lui portait ? »
Si l’émissaire royal dénigrait les accomplissements de sa maîtresse, Romen cesserait d’être chevalier junior des Chevaliers à la Cape Rouge et se transformerait en brute.
« Je vous en prie. Respectez la maîtresse. »
Le tumulte qui l’habitait tendait ses mains malgré lui. Mieux valait sans doute laisser ses armes derrière lui.
C’est exactement ce que fit Romen. Il partit sans elles.
Une chevalière que certains auraient pu qualifier de calamité.
Mais pour Romen, elle avait été un coup de chance. La ville entière gardait la trace de son passage.
« Hé, tu as l’air en pleine forme, et tu veux vivre en extorquant quelques pièces à des prostituées ? »
« Qu’est-ce que tu viens de dire ? Tu veux mourir ? »
C’était à l’époque où il venait d’arriver à Mille Briques comme jeune soldat.
Il l’avait jugée sur son apparence et s’était jeté sur elle ; avant la fin, il avait vu des étoiles en plein jour.
« Tu as besoin qu’on t’éduque un peu. Suis-moi ! »
À un moment, Romen était tombé sous le charme d’Aoara.
Pas d’un point de vue amoureux. Il l’admirait.
Sans elle, il aurait peut-être fini ses jours en vaurien dans une ruelle, ou à la tête d’une guilde criminelle.
Voilà ce qu’il était.
Personne ne présidait les funérailles, et pourtant toute la ville s’était rassemblée.
Une ville où il n’y avait presque ni jeunes enfants, ni femmes, ni vieillards.
Une ville qui ressemblait à une immense caserne.
Aoara avait aimé cette ville et s’était tout autant désolée pour elle.
« Sans cette Terre Maudite, les gens riraient et parleraient plus librement, non ? J’aimerais entendre des enfants rire dans cette ville. »
C’était le rêve d’Aoara.
Il se réaliserait. Même dans la mort, elle n’avait pas renoncé et, au bout du compte, elle en avait posé les fondations.
Ce qui restait de la Terre Maudite, il l’effacerait et le ferait disparaître lui-même.
Alors, des enfants riraient aussi dans cette ville.
Romen avait raconté tout cela en détail à son ami Enkrid.
Enkrid l’avait écouté en silence, sachant quand hocher la tête.
Non, le simple fait qu’on l’écoute l’avait réconforté.
Vraiment, quel drôle de type.
Sans même s’en rendre compte, il avait pénétré dans la ville et avait assisté aux derniers instants de sa maîtresse.
Son regard se posa sur l’estrade au centre de la ville. Quelqu’un y était monté.
Ce devait être celui qui venait du palais, d’après ce qu’on disait. Un visage inconnu. Personne que Romen connaissait.
« Pourquoi connaîtrais-je des nobles ? »
Il se tenait sur l’estrade sans même porter de cape. Pas d’armure non plus. Ses vêtements étaient assez raffinés pour laisser deviner leur qualité, comme ceux des nobles.
Mais de la poussière s’était déposée dans ses cheveux, et des traces blanches de sel marquaient ses vêtements, trempés de sueur puis séchés jusqu’à devenir raides.
L’homme monta sur l’estrade et promena son regard sur la foule.
Romen observa chacun de ses gestes.
Il les regarda tous et attira leurs regards vers lui.
Avant même de prononcer de grandes paroles ou de faire un geste habile. Un simple regard lui suffit.
L’atmosphère, les regards, le courant qui traversait l’air : tout se concentra sur l’estrade avant même qu’il prenne la parole.
« Je vous demande pardon. »
L’homme ouvrit la bouche.
Avant même de se présenter, il demanda pardon.
« Je suis reconnaissant des efforts de la chevalière Aoara, mais je ne peux prétendre n’avoir aucune responsabilité dans sa mort. »
Il ne pleurait pas, mais il en avait l’air.
Que pleurait-il ? La perte d’une chevalière ?
Non. Ce n’était pas ça. Il avait l’air d’éprouver un véritable chagrin.
C’est ce que pensa Romen.
L’expression de l’homme ne changea pas. Il se tenait là, en silence, et parlait par son regard et son souffle.
Je suis désolé.
Parce qu’il n’avait rien pu faire pour celle qui avait protégé cette terre, et que cela lui était insupportable.
Qui était cet homme, pour se tenir là avec une telle prestance ?
La colère submergea Romen un instant. Il ne parvenait pas à apaiser ses émotions.
Il était sur le point de crier quelque chose quand l’homme sur l’estrade reprit la parole.
« Je m’appelle Kediathart Randiers Nauril. C’est à moi que vous devez reprocher tout cela et que vous devez adresser vos malédictions. »
Quoi ?
Romen fixa l’estrade, les yeux écarquillés.
Il essayait de comprendre ce que cet homme venait de dire.
« Puisque le rêve de la chevalière Aoara était de protéger cette ville, moi aussi, je fais un serment. Tant que Naurillia ne tombera pas, et même si elle tombe, je protégerai cette terre et cette ville. »
La famille royale avait envoyé quelqu’un.
Cette personne avait juré de protéger la ville.
Cette personne avait montré son chagrin à la mort de la chevalière Aoara.
Et il ne parlait pas seulement de son maître.
Il connaissait le nom de chaque soldat tombé.
Il les lut un à un.
On racontait qu’à la fin de la guerre civile, le roi fraîchement couronné avait fait quelque chose de semblable.
Le roi recommençait.
Dès qu’il avait appris la nouvelle, il avait chevauché jour et nuit.
Il se tenait sur cette estrade, l’air prêt à s’effondrer à tout instant, parlait de son chagrin et faisait son serment.
« Vous pouvez me jeter des pierres. »
Une chevalière avait aimé cette ville.
Cette chevalière l’avait protégée jusqu’au bout.
Et le roi, qui aurait dû protéger cette chevalière, leur disait de diriger leur ressentiment contre lui.
Même si tout cela n’était qu’un mensonge.
Romen pleura et réfléchit.
Protéger cette ville, c’était au bout du compte protéger le royaume.
Aoara avait protégé la ville et, ce faisant, était restée fidèle à la famille royale.
Romen ferait de même.
Avec un roi pareil.
Car ce roi protégerait la ville à la place d’Aoara.
Romen releva la tête.
Le brouillard se dissipait. Les Deux Lunes Rouges, la Lune Rouge, Darpia, s’étaient couchées, et la lumière du soleil qui leur succédait perçait tout sur son passage.
Le brouillard gris venu de la Forêt Grise de la Terre Maudite se dissolvait, et la lumière du soleil déferlait comme une vague.
Elle déferla, puis resta là, illuminant le monde. Elle éclaira le roi, la foule et enveloppa Aoara, morte.
Au cœur de cette lumière, le roi aux cheveux d’or promena son regard sur la foule.
« En l’honneur de la chevalière Aoara. »
Le roi salua militairement.
* * *
Crang descendit de l’estrade et prit la parole.
Derrière lui, au bord de l’estrade, Enkrid se tenait debout et l’écoutait en silence.
« Suis-je arrivé juste à temps ou trop tard ? Ou devrais-je plutôt m’en prendre à mon ignorance, à toutes ces années où je n’ai rien pu faire pour le chevalier qui protégeait cette terre ? »
Le poids politique. La posture. La puissance de la famille royale.
Il n’était pas parti après avoir calculé tout cela.
Il était venu réconforter ceux qui pleureraient la mort de quelqu’un.
S’il avait fallu des conseils cyniques, Crang aurait pu en donner. Mais il ne l’avait pas fait.
À la place, il était monté sur cette estrade et avait donné tout ce qu’il avait dans un discours qui n’en était pas tout à fait un, sans pour autant ne pas en être un.
On dit que le chagrin diminue lorsqu’on le partage.
Crang avait réparti le chagrin dans toute la ville.
Aoara était morte.
Mais personne n’oublierait son nom.
« À partir d’aujourd’hui, cette ville s’appellera Aoara. »
Le roi prononça ces mots, puis descendit de l’estrade.
« Je suis épuisé. »
Ce n’est qu’alors que Crang prit la parole, d’une voix plaintive. Il regarda Enkrid droit dans les yeux. Enkrid, qui l’observait, lui lança un regard désapprobateur.
« Tu aurais au moins pu apporter un cercueil de cèdre. »
« Tu as raison. »
Cela dit, s’il avait pris le temps d’y réfléchir, il ne serait pas venu comme ça du tout.
Les visages de son escorte n’avaient pas l’air particulièrement à l’aise non plus.
« Ha. Maudites Créatures démoniaques. Maudite Terre Maudite. »
Crang leva les yeux au ciel. Il ferma les paupières sans même froncer les sourcils tandis que le soleil lui éclairait le visage, puis poursuivit les yeux clos.
« Je vais anéantir la Terre Maudite. Même si cela me prend toute ma vie. Cette terre est sous ma responsabilité, c’est mon pays. Une chevalière est morte sur mes terres. Alors j’effacerai jusqu’à la dernière trace de la Terre Maudite. »
La volonté. Celle qui naissait de la détermination et de la conviction.
Les paroles de Crang étaient chargées d’intention.
Comme la première fois qu’ils s’étaient rencontrés à l’infirmerie.
Sa façon de parler, son regard, chacun de ses gestes : tout semblait suivre un cours décidé depuis longtemps. Comme le soleil qui se levait puis se couchait, suivi par la lune.
Crang avait prononcé ces mots.
Il les avait prononcés de tout son être.
Enkrid l’entendit attentivement. Il les accueillit. Il perçut la volonté portée par ces paroles.
Toujours le même rythme, ni trop rapide ni trop lent, quelques mots seulement. Mais il le ferait.
Il anéantirait la Terre Maudite.
Ce roi y consumerait jusqu’à la dernière flamme qu’il lui restait.
La vision lui revint.
Des chevaliers, des chevaliers juniors, des écuyers et des soldats, tous levant leur épée pour un seul roi.
Ils brandiraient leurs épées et lanceraient leurs lances.
Contre les Créatures démoniaques, contre les ennemis du roi.
Le roi assumait ses responsabilités et fixait la direction à suivre.
Le chevalier écartait les obstacles de cette route.
Voilà ce que chacun d’eux était appelé à faire.
« Mon épée sera à vos côtés. »
Enkrid répondit.
« Rien que de l’entendre me réjouit. Marche un peu avec moi. »
Crang retrouva aussitôt son naturel, avec la même décontraction que lors de leur première rencontre à l’infirmerie.
« Tu as l’air de pouvoir t’effondrer en plein milieu de la promenade. »
« Si ça arrive, aide-moi à me relever. »
« Avec ton escorte juste là ? »
« C’est vrai. »
Ils échangèrent un sourire discret et une plaisanterie sans importance. Enkrid rit à son tour et se remit à marcher.
La journée qui venait de s’écouler ne reviendrait pas.
Les morts non plus.
Au fond, c’était la même chose.
Était-ce le mieux qu’on pouvait espérer ? N’y avait-il pas eu de meilleure voie ?
Ces pensées auraient pu s’insinuer en lui, mais Enkrid les chassa.
Regretter une journée déjà passée, imaginer à quoi aurait ressemblé une autre route, se dire qu’il devait bien exister quelque part un meilleur choix : rien n’était plus insensé.
Ce genre d’inquiétude et de regret était plus dangereux qu’une malédiction.
S’il avait porté ce poids toute sa vie, il ne serait jamais arrivé jusque-là.
Alors il le chassa et continua d’avancer.
Pour honorer la journée écoulée. Pour honorer ceux qui étaient morts.
Passer à autre chose ne signifiait pas oublier.
Il ne l’oublierait probablement jamais, jusqu’au jour de sa mort.
Aoara était-elle donc vraiment morte ?
Son corps était mort, mais la ville d’Aoara perpétuerait son esprit.
En tête de ce cortège,
il ignorait pourquoi cet ami à l’air de bandit pleurait encore, mais ce serait Romen.
Ce n’était pas tout à fait une prophétie. Seulement le sentiment que les choses se passeraient ainsi.
Romen n’était pas le seul à pleurer. Le chagrin que Crang avait partagé faisait pleurer toute la ville.
Même ceux que la douleur avait empêchés de verser une larme pleuraient à présent.
Si ces larmes pouvaient perpétuer l’esprit d’Aoara…
« Je perpétuerai moi-même une partie de votre technique, chevalière Aoara. »
Ainsi, son esprit, sa technique, sa volonté et tout le reste demeureraient et seraient transmis.
Morte, mais pas disparue, elle continuerait de protéger cette terre.
Ainsi, on pouvait dire que la chevalière Aoara était restée fidèle à sa volonté et à ses convictions.
Enkrid marcha en songeant à tout cela, ses pas frottant doucement le sol.
Crang marchait à ses côtés, tandis que l’escorte les suivait.
Ruagarne vint alors se placer de l’autre côté de Crang, avec Enkrid entre eux.
« Je t’avais dit de venir m’aider une fois ton contrat avec l’ancienne reine terminé, et te voilà ici, Ruagarne. »
Crang tendit le cou pour lui parler.
Ruagarne gonfla les joues en émettant un léger gargouillis, puis rit avant de répondre.
« Ce qui m’intéresse est ici, pas là-bas. »
En disant cela, elle tira la langue et la pointa vers Enkrid. Elle arrivait à tirer la langue en pleine phrase sans que cela affecte le moins du monde sa prononciation. Si l’on pouvait appeler ça un talent.
« Je croyais que c’était mon visage qui t’intéressait. »
« Chez les Grenouilles, on s’intéresse aux visages, c’est comme ça, on n’y peut rien. Mais ça ne voulait pas forcément dire que j’allais passer un contrat avec toi. »
« Je sais. Je suis juste un peu déçu, c’est tout. »
Glou, glou.
Ruagarne se contenta de rire. Crang entrait peut-être lui aussi dans ses goûts ; en tout cas, elle semblait s’amuser rien qu’à regarder son visage.
Enkrid et Crang marchèrent sous des rais de soleil épars.
Ils n’échangèrent rien de particulièrement important.
L’avenir, la politique, les problèmes causés par l’absence d’un chevalier : aucun de ces sujets ne leur traversa l’esprit.
« Alors, tu as tué une Goule qui se battait comme un chevalier ? Tu es encore plus fort. »
« C’est arrivé comme ça. »
« Tu ne peux pas te contenter de dire que c’est arrivé comme ça. »
« Bien sûr que non. C’est une vitesse d’apprentissage que je ne peux pas expliquer. »
Ruagarne s’en mêla. Même à ses yeux, reproduire la Frappe du chevalier du premier coup relevait du mystère.
Comment une chose pareille était-elle seulement possible ?
Elle posa la question, mais Enkrid n’avait pas de réponse à lui donner.
La conversation passa d’un sujet à l’autre.
Enkrid écouta ce que Crang avait à dire et parla aussi de ses propres affaires.
La plupart étaient insignifiantes.
À ne considérer que leur contenu, beaucoup de ces choses étaient importantes ou secrètes, mais pour eux, ce n’était que des banalités.
Comme celle-ci, par exemple.
« Oh, je me suis marié. »
Avoir un héritier faisait aussi partie des devoirs d’un roi.
Crang l’annonça avec le plus grand naturel.
Enkrid le félicita.
« Je me demande si ça mérite des félicitations. »
Crang lança cette plaisanterie.
Ils rirent tous les deux.
Les problèmes étaient disséminés dans toute la ville d’Aoara.
Mais d’autres pouvaient s’en occuper sans difficulté.
Tous deux se contentèrent de refiler ces problèmes à d’autres et de poursuivre leur conversation.
« Comment était Aoara ? »
Crang s’enquit de l’héroïne qui avait protégé la ville et qu’il n’avait jamais pu rencontrer.
« Quelqu’un qui rayonnait. »
Comme la lumière du soleil.
Enkrid fouilla dans ses souvenirs et répondit.
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