Chapitre 455
TRADUCTIONS WE TRIED
Traducteur : Hydrogen B
Éditeur : Abstract
Discord : <a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" class="link" href="https://dsc.gg/wetried">https://dsc.gg/wetried</a>
UN CHEVALIER QUI RÉGRESSE ÉTERNELLEMENT
Chapitre 455 : Acheter l’action avec la foi
= = =
Frappe du chevalier.
C’était la seule chose qu’Enkrid désirait.
Comment s’y prendre ?
Il n’en avait pas la moindre idée, alors il posa la question.
« Déplace ta Volonté. Enfin, tu vois, fais-le, c’est tout », répondit Rem.
Enkrid se rappela une fois de plus que ce lunatique qui avait pour hobby de couper la tête des nobles était un génie.
« Hein, alors on peut utiliser la Volonté comme ça ? » s’étonna Ruagarne. Elle se transforma en érudite et se lança dans ses recherches. Par la suite, ses conseils lui furent d’une grande aide.
« Et si tu décomposais le mouvement, étape par étape ? »
Décomposer le geste. Insuffler de la Volonté dans chaque mouvement, du dégainé à l’estocade. Commencer la préparation autrement : voilà ce qu’elle voulait dire.
Enkrid reformula ses questions sans cesse et écouta les réponses. Il interrogea aussi Romen à maintes reprises.
Un jour, il resta près d’Aoara et lui posa la question à elle aussi.
« Comment veux-tu que je t’explique quelque chose qui se fait tout seul ? » La réponse d’Aoara ressemblait beaucoup à celle de Rem. Ragna dirait probablement la même chose, tout comme Audin. Jaxon serait-il différent ?
Ragna brandirait son épée en disant : « Fais simplement comme ça. »
Audin répondrait : « Prie, et tout ira bien. »
Jaxon dirait sûrement : « Fie-toi à ton instinct. »
Enkrid avait l’impression d’entendre leurs conseils, comme s’il était encore à la Garde-frontière.
La prière ne serait pas la solution, mais la méditation, peut-être.
Se laisser aller en frappant ne suffirait pas, mais il ne devait pas oublier de rester naturel.
Des sens plus aiguisés lui permettraient-ils de sentir la Volonté ? Pas tout à fait, mais ils lui indiqueraient en quoi ses mouvements différaient de ceux qu’il exécutait d’habitude.
C’est ce qui devenait possible quand l’élève dépassait ses maîtres.
Pour la première fois de sa vie, Enkrid était arrivé au point où il entendait une chose et en comprenait deux.
Quiconque aurait connu ses débuts en serait resté stupéfait, mais personne ne pouvait le savoir à présent.
Même Rem, qui l’observait à côté de lui, avait du mal à s’en rendre compte.
Taillade horizontale haute, coupe diagonale, coups de haut en bas, contre-attaques, combat à mi-épée, déviations, esquives, enchaînements, attaques au corps à corps, dégainé suivi d’une entaille.
Il passa en revue toutes les techniques qu’il maîtrisait, puis en choisit une.
Une estocade. Son instinct le guidait dans cette direction.
Il allait le suivre.
Enkrid concentra tout dans le mouvement unique qui consistait à pousser son épée vers l’avant. Lever Spark, puis la projeter. Dans ce geste résidait le savoir acquis à force de revivre le même jour, encore et encore, ainsi que tout ce qu’il avait compris de la Volonté instantanée.
*Je dois les séparer ?*
*Non. Les combiner.*
Les orteils.
Avancer et frapper d’estoc. Rien de plus.
Que fallait-il pour rendre ce mouvement impossible à interrompre, même en pensée ?
De la vitesse et de la force.
Aucune imitation ne pouvait atteindre ce niveau.
Parmi les cinq vertus, celle-ci était la vitesse, l’accent mis sur la célérité.
Il recommença. Le temps passa. Il laissa les jours défiler. Le sablier qui ne s’écoulait que pour Enkrid continua de perdre ses grains.
Un temps qui aurait dû ronger l’esprit d’un homme jusqu’à le briser.
Un temps qui aurait dû résonner de cris de désespoir et de frustration.
Un temps où il aurait dû maudire la puissance qui lui imposait des chances aussi impossibles.
Un temps où il aurait dû en vouloir aux dieux, à ses parents dont il n’avait jamais vu le visage.
Au lieu de cela, il consacra toutes ces heures à l’entraînement. Il s’y adonna tout en entendant au loin les cris d’Aoara.
« Tu prends plaisir à les voir mourir », ricana le Passeur.
Enkrid n’en tint pas compte.
Des soldats moururent. Millio mourut. Rowena mourut.
« Tu t’amuses bien ? » demanda le Passeur.
Il ne répondit pas. Il ne pensa qu’à son épée.
« Tu ne franchiras pas ce mur », affirma le Passeur sans détour.
Ses paroles lui entrèrent par une oreille et ressortirent par l’autre. Au bout d’un moment, elles cessèrent même de l’atteindre.
« Tu finiras par battre le sol de regret. Certaines choses ne changent jamais. » Vers la fin, le ton léger du Passeur se teinta de quelque chose qui ressemblait à de l’inquiétude.
Enkrid l’entendit aussi, mais laissa passer.
*Tu as trop de techniques éparpillées.*
Il se rappela les conseils d’Aoara, qui lui avait dit de s’en débarrasser, mais choisit plutôt de tout rassembler. Son corps ramena naturellement chaque élément vers un seul mouvement.
Était-ce la voie qui le mènerait à devenir chevalier ?
Ou s’était-il égaré ?
Ne faisait-il que se débattre désespérément ?
Perdait-il son temps ?
Le doute aurait pu s’insinuer en lui, mais Enkrid se contenta de faire un pas obstiné vers l’avant.
C’est ainsi qu’il arriva jusqu’à aujourd’hui.
Un hurlement déchira l’air.
Enkrid se réveilla sans même s’être frotté les yeux, ordonna à Rem de le suivre, prit son épée et sortit.
« Pare ça. »
Sans préambule, il lança ces mots et poussa son épée vers l’avant. Rem, qui l’avait suivi dehors, leva sa hache par pur réflexe.
Rem vit la pointe arriver plus vite que le son et eut tout juste le temps de lever son arme.
Clang.
La pointe de l’épée toucha le plat de la hache, puis se retira.
« C’est quoi ce bordel ? Tu voulais faire un trou dans ma hache ? »
S’il avait frappé de toutes ses forces, il aurait peut-être vraiment réussi à la transpercer. Enkrid ouvrit et referma plusieurs fois sa main.
*Est-ce que je pourrais recommencer ?*
Même son corps endurci par la Technique d’isolement, une seule estocade lui avait fait mal à la cheville, aux lombaires et à l’épaule en même temps.
Ses muscles hurlaient. Il s’en moquait.
« Allons-y. »
Enkrid prit la direction du champ de bataille.
Dans son esprit, il repassa cet instant encore et encore, plus de fois qu’il ne pouvait en compter.
Ce n’était que le début.
« Dunbakel. »
La Femme-bête, qui avait l’air étrangement anxieuse, s’approcha quand il l’appela.
Son visage était crasseux, faute de s’être lavée, et une odeur aigre lui monta au nez. Il lui parla presque à voix basse.
« Est-ce que je te l’ai déjà dit ? »
« … Dit quoi ? »
La soudaine douceur de son ton la mit aussitôt sur ses gardes.
Son instinct de Femme-bête l’alerta : *Ce salaud prépare quelque chose.*
« En fait, j’ai confiance en toi. »
« … »
Au loin, un chien aboya. Dunbakel cligna des yeux.
« Tu es la plus jolie Femme-bête que j’aie jamais vue. »
Enkrid pouvait compter sur les doigts d’une main les Femmes-bêtes qu’il avait croisées dans sa vie.
Dunbakel était sans conteste la première qu’il avait observée de si près.
Quoi qu’il en soit, c’était une drôle de chose à dire sans raison.
« Comme ça, tout d’un coup ? »
« Tu es forte. »
« Rem, il est malade ? »
« J’ai toujours pensé que ton potentiel dépassait le mien. »
C’était vrai. Enkrid savait bien que son propre talent n’avait jamais eu quoi que ce soit d’exceptionnel.
« Pas de fièvre », dit Dunbakel en posant la paume sur son front.
« Alors, tu peux courir si tu veux. »
Un dicton disait sur le continent que même un Sang-de-Dragon se laisserait séduire par un compliment.
Même les Sang-de-Dragon, qui ne pensaient qu’à eux-mêmes, appréciaient les paroles aimables.
Enkrid ne voulait pas que Dunbakel devienne un chat tellement trempé de peur qu’il en pisse dessus.
« Tu peux courir, mais d’ici là, bats-toi. Fais ce que tu peux tant que tu le peux encore. »
Dunbakel s’immobilisa.
*Est-ce qu’il sait quelque chose que j’ignore ?*
Elle souffrait parce qu’elle voulait vivre, parce que rester en vie était la seule chose qu’elle désirait vraiment.
*Est-ce que survivre suffit ?*
Les Femmes-bêtes naissaient avec un instinct de survie aiguisé. Celui de Dunbakel l’était davantage encore que celui de la plupart d’entre elles.
Elle était prête à tout pour rester en vie.
Et pourtant, au fond d’elle, quelque chose lui soufflait qu’elle ne deviendrait rien en se contentant de survivre.
*Qu’est-ce que je veux devenir, à part quelqu’un qui survit ?*
Les paroles d’Enkrid arrêtèrent ses pas. Tous les autres continuèrent d’avancer tandis qu’elle seule s’abîmait dans ses pensées. Cela ne dura pas longtemps.
Avant même que les autres aient fait trois pas, le temps de prendre quelques respirations régulières, Dunbakel s’immobilisa et réfléchit.
*Pourquoi suis-je ici ?*
Elle jeta une question, lourde comme une pierre, dans le lac de son être. Des ondes se propagèrent à la surface.
Avant même qu’elles se soient dissipées, une réponse remonta. C’était une sorte de révélation.
Une preuve.
Dunbakel voulait prouver qu’elle n’avait rien de défectueux, qu’elle n’était pas un échec engendré par les siens, qu’elle avait mené une vie digne même sans l’amour de ses parents.
Voilà ce qu’elle voulait montrer.
Elle avait passé sa vie à se nier, et enviait donc Enkrid, qui avançait avec une telle pureté.
Même s’il n’avait pas suivi cette voie sans peine.
« Ah. »
Un son bref lui échappa, puis Dunbakel se remit en marche.
Elle avait décidé de ce qu’elle devait faire, là, tout de suite. La peur qui l’avait imbibée jusqu’à quelques instants plus tôt s’était un peu dissipée.
Une seule chose ne peut pas tout surmonter. Mais tout comme certains avancent quand ils ont un repère à atteindre, Dunbakel pouvait au moins discerner la voie qu’elle souhaitait emprunter.
* * *
« Rowena est… »
« Si tu veux la sauver, viens avec moi. »
Enkrid coupa court au tumulte qui régnait devant la porte.
« … Quoi ? »
L’homme de Rowena le dévisagea.
La phrase était si abrupte qu’il resta un instant interdit. Mais dès qu’il en comprit le sens, le soldat bougea.
« Vous venez avec nous ? »
« Comment tu t’appelles ? »
Enkrid n’avait jamais pris la peine d’apprendre le nom de ce soldat.
« Admore. »
« Bien. Allons-y. »
Enkrid devait faire comprendre à ces gens ce qu’il comptait faire.
Cela lui rappela l’époque où il était chef d’escouade et où il avait convaincu Andrew dans les hautes herbes.
À l’époque, il avait commencé par montrer ce dont il était capable, mais ce n’était pas nécessaire, cette fois.
« Aisia ! »
À son appel, Aisia arriva de côté, vêtue d’une armure sur laquelle tombait une cape.
Il avait entendu dire que les capes des chevaliers résistaient au feu et, une fois enroulées autour du corps, conservaient la chaleur. En plus de cela, elles arrêtaient net les sorts les plus simples. La cape était le symbole de l’ordre des chevaliers.
Elle n’était pas encombrante. Elle était pratique, voilà pourquoi Aisia la portait.
« Quoi ? »
« Est-ce que je te l’ai déjà dit ? »
Il éleva la voix juste assez pour que tout le monde autour l’entende, et sentit les regards des soldats converger vers lui.
Les soldats n’étaient pas les seuls à écouter : Aoara, les jeunes chevaliers et les écuyers à l’avant tendaient eux aussi l’oreille.
« … Dit quoi ? »
Aisia ne comprenait pas ce que cet homme fabriquait.
Cet homme qui faisait parfois des choses inconsidérées venait de créer une atmosphère étrange et d’attirer tous les regards des environs.
Enkrid remarqua sa réaction et n’en tint pas compte.
Il n’avait pas le temps de s’attarder sur chaque détail.
« Qu’autrefois, j’étais un chasseur de Créatures démoniaques assez réputé. »
Cela n’avait jamais été vrai.
Il avait bien chassé des Créatures démoniaques, mais n’avait jamais été réputé.
« Ah bon ? »
« J’ai un pressentiment. »
« Quel genre de pressentiment ? »
« Il y a quelque chose de tapi là-bas, comme un serpent. Tout au fond. »
Aisia suivit son regard et observa la direction qu’il indiquait.
La Terre Maudite avait quelque chose de troublant, une présence qui vous hérissait la peau ; c’était vrai. Pourtant, elle ne percevait rien de particulier.
« De quoi parles-tu ? »
Aoara posa la question depuis le haut du mur.
« L’air a changé. Ma Femme-bête a aussi senti une odeur. Elle dit que la puanteur d’un complot ne vient pas seulement des Araignées hurlantes, mais aussi des profondeurs de la Terre Maudite. »
« Moi ? »
Dunbakel se désigna du doigt, sur le côté. Rem se plaça sans hésiter devant elle et lança : « La ferme et regarde. »
On aurait dit que leur capitaine préparait quelque chose.
Il n’avait aucune idée de quoi.
Mais ça promettait d’être intéressant.
Rem ne chercha pas plus loin. Il lui faisait confiance.
« Rem, Dunbakel. Revenez vite. »
Puis Enkrid regarda Rem.
« Où, exactement ? »
« Là-bas. »
Enkrid désigna l’intérieur.
Admore, qui était sorti pour sauver Rowena, trépignait non loin de là et observait leur échange.
« C’est l’intérieur de la Terre Maudite. »
« Tu as peur ? »
« C’est censé être une provocation ? »
« Non, je te pose juste la question. »
« Bon sang, je ne sais pas ce que tu fabriques, mais j’en suis. Allons-y. »
« Finis ça vite et reviens. »
Rem aurait pu poser une douzaine de questions.
Quelque chose comme : « Je ne sais pas ce qu’il y a là-dedans ni ce que je suis censé faire. Qu’est-ce que tu racontes, au juste ? »
Cela aurait été légitime. Ces instructions étaient frustrantes à tous points de vue.
Si Rem avait dit ça, Enkrid aurait peut-être dû jouer les prophètes et répondre : « Vas-y, tu comprendras sur place. »
Ou peut-être simplement avouer qu’il se fiait à son instinct.
Enkrid n’avait prévu aucune réponse à ces questions.
« D’accord », répondit Rem en hochant la tête.
Enkrid dit à Admore de suivre Rem.
« Cherche une piste. Tu pourras sauver celle que tu veux sauver. »
Admore n’eut pas d’autre choix que de s’élancer à la suite de Rem.
Enkrid suivit des yeux le dos de Rem qui s’éloignait.
Autrefois, quand il errait sur le continent, personne n’aurait prêté la moindre attention à ce qu’il disait.
À l’époque où il servait dans l’escouade à problèmes, il avait dû recourir à la force dans des situations comme celle-ci.
Andrew lui revint soudain à l’esprit.
Il lui était arrivé de devoir battre quelqu’un pour le convaincre de le suivre.
Et maintenant ?
Il pouvait obtenir qu’on agisse en inspirant confiance.
Après avoir revécu tant de fois les mêmes journées, Enkrid savait que Rem réagirait exactement ainsi.
« Allons-y. Aisia. »
« Où est-ce que je vais ? »
Aisia, à ses côtés, était tout aussi perplexe que les autres.
« Tu dois prendre le commandement des écuyers et te battre. »
Enkrid était catégorique.
« Maintenant ? Moi ? Là-bas ? »
« Aisia, des Chevaliers à la Cape Rouge, tu regardes Mille Briques courir au-devant du danger et tu veux rester en retrait sans rien faire ? Et après ça, tu voudrais encore porter cette Cape Rouge ? »
Cette réprimande soudaine alluma une flamme dans les yeux d’Aisia.
« Tu cherches la bagarre ? »
« Je t’encourage. »
Elle y alla malgré tout. Aisia avait trop reçu de cet homme pour le repousser.
C’était aussi lui qui lui avait permis de porter la Cape Rouge, au départ.
Après la guerre civile, elle estimait lui être redevable. Et pas qu’un peu.
Elle n’avait donc aucune raison de ne pas l’écouter, pour une chose pareille.
Enkrid tua six Créatures démoniaques arachnéennes qui se déchaînaient devant les quatre écuyers, puis leva le pied et l’abattit sur le sol.
Le lourd coup résonna et toutes les têtes se tournèrent, celle de Romen comprise.
Aoara le regarda elle aussi.
« Personne ne chasse les Créatures démoniaques mieux que moi. À partir de maintenant, je commande la ligne de front. »
« … Il y avait quelque chose de bizarre dans la boisson, tout à l’heure ? »
Romen marmonna entre ses dents.
Enkrid n’en tint pas compte. Il avait obtenu qu’on agisse en inspirant confiance. À présent, il était temps de gagner la confiance par l’action.
« Des araignées fouisseuses. Surveillez le sol. »
À force de revivre la même journée, encore et encore, il avait accumulé une longueur d’avance en matière d’information. Dans une certaine mesure, il pouvait donc prévoir l’ordre des attaques ennemies.
Boum.
Le sol de terre trembla. Un instant plus tard, la terre éclata et une araignée passa la tête par l’ouverture.
« Oliver, frappe-la. »
Peu importait qui avait donné l’ordre. Oliver abattit sa masse par pur réflexe.
Crac.
La tête de l’araignée éclata, projetant un liquide noir.
« Romen, sous tes pieds. »
Avant même qu’Enkrid ait fini de parler, la terre remua sous les pieds de Romen avec un léger chuintement.
Ils n’étaient pas du genre à se laisser surprendre par quelque chose qui jaillissait du ciel ou du sol.
Écraser le crâne d’une araignée qui pointait la tête alors que tout le monde savait qu’elle allait surgir ne leur posa donc aucun problème.
Craac.
La grande épée de Romen, semblable à une massue, s’abattit à la verticale et écrasa la tête de l’araignée.
Une à une, des araignées surgirent dans la zone qu’Enkrid leur avait indiquée. Quand elles furent plusieurs à avancer de concert et que la porte arrière menaça de s’ouvrir… « Fermez la porte. Nous tiendrons le reste avec ceux qui sont déjà ici. Archers, visez uniquement au-dessus de nos têtes ! »
Enkrid parla à voix basse, puis hurla la dernière partie.
Ce n’était pas du tout son genre. Du haut du mur, Aoara l’observa et hocha la tête, intriguée.
De là où elle se tenait, tout était évident.
Ces paroles et cette assurance venaient de sa certitude. Elle pouvait observer et découvrir ce qu’il cherchait à faire, et intervenir à tout moment si les choses tournaient mal.
D’ailleurs, elle ne trouvait pas que son ordre fût mauvais en soi.
Enkrid agit comme il l’avait prévu.
Il obtint qu’on agisse en inspirant confiance.
Il gagna la confiance par l’action.
Et ensuite ?
À présent, il était temps de se battre comme des damnés.
= = =
Rejoignez notre Discord : <a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" class="link" href="https://dsc.gg/wetried">https://dsc.gg/wetried</a>