Chapitre 438
TRADUCTIONS WE TRIED
Traducteur : Hydrogen B
Relecteur : Abstract
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UN CHEVALIER QUI RÉGRESSE ÉTERNELLEMENT
Chapitre 438 : Une chose stupide et insensée.
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Depuis quelque temps, la bande de bandits arrondissait ses fins de mois en dépouillant les caravanes marchandes qui traversaient la région.
Ils n’avaient même pas de nom. À leur tête se trouvait Jack le Bretteur.
Ancien mercenaire devenu bandit, il était connu pour manier une large lame sans jamais reculer.
À vrai dire, c’était un déserteur, mais, en détroussant les gens, il n’avait aucune raison de leur raconter toute sa vie dans les moindres détails.
Jack passa devant l’homme qui s’était avancé et prit lui-même la tête du groupe.
« Alors, il sait manier un peu l’épée et il a déjà oublié ce qu’est la peur ? Ou bien il compte sur cette Grenouille ? »
Dans ce genre de situation, il suffisait de briser l’orgueil de celui qui se tenait tout devant. Ensuite, les autres se mettaient à ramper d’eux-mêmes.
C’était pour ça.
Clang.
Sans un mot, Jack dégaina son épée et l’abattit.
Un coup presque parfait, qu’il n’avait ressenti que quelques fois dans sa vie, fendit l’air.
Jack le sentit en frappant.
Parfois, la chance vous souriait et vous offrait un instant pareil. Un instant où l’on portait un coup plus tranchant que ne le permettait son véritable talent.
Une brèche creusée dans le temps suspendu.
Il visait l’homme aux cheveux noirs qui se tenait tout devant. N’importe qui aurait compris qu’il était au centre du groupe.
Tuez le chef, et le reste ne posera plus de problème.
La Grenouille l’ennuyait, mais Jack avait confiance en lui.
Avec un peu plus d’efforts, il avait le niveau pour devenir chevalier junior.
« Saloperies de chevaliers. »
Ces salauds lui vinrent à l’esprit sans raison.
« Mais pourquoi le temps semble-t-il passer aussi lentement ? »
Tout autour de lui semblait ralentir. Dans cet intervalle, quelque chose passa à toute vitesse.
Plus vite que le raton laveur qu’il avait aperçu dans les montagnes quand il était enfant.
À l’époque, il n’avait vu qu’une ombre. Son ami avait prétendu que c’était un lapin, lui avait soutenu que c’était un raton laveur.
Et c’en était bien un.
Tandis qu’il y repensait, Jack vit soudain le ciel et le sol basculer.
Hein ?
Avant même d’avoir compris pourquoi il avait la tête qui tournait, il vit un corps toujours debout.
Un homme se tenait là, le cou tranché, en plein milieu d’un mouvement de frappe.
Ses vêtements ressemblaient étrangement aux siens.
Ses pensées s’arrêtèrent là.
Après avoir tranché la tête de Jack d’un seul coup, Enkrid fit pivoter son épée depuis sa posture de fin de mouvement, lame horizontale.
Le sang du bandit dégoulinait d’Aker jusqu’au sol.
Jack le Bretteur était récemment devenu un mercenaire réputé. Il avait aussi été soldat, avait tenu bon sur la frontière du Royaume démoniaque, puis avait déserté.
Il connaissait bien la région et avait prévu d’empocher un gros butin avant de disparaître.
Moins d’un mois après être devenu bandit, il croisa Enkrid.
Jack n’était pas du genre à mourir d’un seul coup d’épée. Pourtant, c’est exactement ainsi qu’il mourut.
« Fuyons ! »
Les bandits qui restaient détalèrent aussitôt. Même celui qui tenait un arc n’arrivait pas à se résoudre à bander la corde.
Et pour cause. Si cette bande de bandits avait survécu jusque-là, c’était grâce à Jack le Bretteur.
Sans lui, ils ne se seraient même pas risqués à sévir dans la région.
Ce terrifiant Jack venait d’être décapité d’un seul coup. La peur les saisit sur-le-champ, et les autres se dispersèrent dans toutes les directions par pur instinct.
Enkrid ne prit pas la peine de les poursuivre.
« Laissez-les. Ils finiront bien par mourir tout seuls. »
Rem essuya son nez en parlant. Évidemment qu’ils allaient mourir. Ils étaient dans une région infestée de créatures démoniaques et ils s’étaient séparés pour fuir chacun de leur côté ?
Autant prier le ciel de les achever.
Ils avaient déjà croisé plusieurs groupes de créatures démoniaques et de bêtes magiques en chemin.
Que des bandits les attaquent, c’était inhabituel ; que des créatures démoniaques ou des bêtes magiques leur tombent dessus, presque normal.
De l’extérieur, ils ne ressemblaient pourtant qu’à un groupe de quatre, non ?
Certains groupes avaient même tenté de les prendre en embuscade, mais ici, personne ne se laisserait avoir simplement parce qu’une créature démoniaque avait fait preuve d’un peu de jugeote.
Et puis, il était rare que les créatures démoniaques ou les bêtes magiques échappent au flair de Dunbakel.
« Ils n’étaient pas bien forts. »
Dunbakel prit la parole.
« On dirait que c’est la saison où ce genre de types se déchaîne. »
Ruagarne ajouta ces mots.
Il avait l’air de savoir de quoi il parlait, alors ils l’interrogèrent.
« Il y a des périodes où les créatures démoniaques déferlent par vagues. Beaucoup de spécimens pénibles arrivent aussi, et les gens se battent alors sans dormir. La solde est maigre et, au moindre faux pas, c’est la mort. Alors forcément, certains prennent la fuite. Cela dit, cette bande était plutôt nombreuse. »
Plus de vingt bandits s’étaient rassemblés autour d’un seul homme. Étaient-ils tous des déserteurs ?
En entendant Ruagarne, de vieux souvenirs revinrent à Enkrid.
Plus précisément, il se rappela une phrase prononcée autrefois par un ancien compagnon.
« C’est une chose insensée, stupide. »
Enkrid lui avait répondu qu’il le savait.
« Il faut fuir. »
C’était ce que l’homme avait insisté à dire.
Un ours mangeur d’hommes, devenu une bête magique, avait attaqué un village. Celui-ci venait tout juste de voir le jour et peinait à rassembler des habitants.
Ce n’était pas une mission. Ils ne faisaient que passer et s’étaient arrêtés en chemin, quand c’était arrivé.
Les paroles de son compagnon étaient raisonnables.
Enkrid le savait aussi.
« Insensée ou stupide, qu’est-ce que ça change ? Avec notre niveau, rester ici, c’est se suicider ! »
Son compagnon s’était mis en colère. À l’époque, Enkrid avait tout de même agi, bien qu’il sût que c’était stupide.
L’ours devenu bête magique dévorait des gens, et Enkrid avait vu un enfant pleurer sur le corps de l’un des morts.
Un enfant qui avait survécu de justesse, et qui risquait de ne pas tenir très longtemps.
D’autres enfants comme lui ne tarderaient pas à suivre, c’était évident.
Un enfant qui avait perdu sa mère.
Une mère qui avait perdu son enfant.
Quelqu’un qui avait perdu l’être aimé.
Quelqu’un qui avait perdu son ami.
Quelqu’un qui avait perdu son compagnon d’armes.
Ce genre de choses était courant sur tout le continent. La menace des créatures démoniaques restait toujours là, telle une lame pressée contre votre gorge.
Des gens mouraient. Il le voyait de ses propres yeux.
Et malgré tout, devait-il détourner le regard simplement parce que le danger se dressait devant lui ?
Alors qu’il savait que des gens luttaient pour survivre ?
Enkrid sortit de ses pensées et baissa les yeux sur sa paume.
Elle était couverte de cicatrices, là où ses callosités s’étaient fendillées encore et encore.
Qu’avait-il voulu faire, la première fois qu’il avait pris une épée dans cette main ?
C’était une épée levée pour protéger ceux qui se tenaient derrière lui.
Il avait choisi de vivre ainsi, et c’était pour ça qu’il se trouvait ici. Alors il était tout naturel qu’il ne s’arrête pas.
« Allons-y. »
Enkrid prit la parole.
Voilà ce qui avait changé depuis l’époque. Alors, il n’avait eu que des compagnons qui s’étaient détournés de lui. Mais plus maintenant.
« Allons-y. »
Un barbare le suivait comme si c’était la chose la plus naturelle du monde.
« Ouais, allons-y. »
Il avait aussi avec lui un homme-bête aux yeux dorés qui clignaient, et la Grenouille.
« Devrais-je appeler ça un groupe de luxe ? »
Cette pensée traversa soudain l’esprit d’Enkrid.
À vrai dire, ils étaient capables de mettre à mal la plupart des créatures démoniaques dès qu’ils en croisaient.
C’était exactement ce qu’ils avaient fait jusqu’à présent.
* * *
Le groupe se dirigea droit vers la frontière. Ils logeaient dans les villages quand ils en trouvaient, et campaient dans le cas contraire.
Aucun d’eux n’était mal à l’aise en camping.
Ils en avaient l’habitude.
Bref, cette nuit encore, ils campèrent.
Il n’y avait apparemment aucun petit village dans les environs, sans doute parce qu’une grande ville se trouvait tout près.
Ils verraient bientôt la ville qui gardait la frontière du Royaume démoniaque.
Avant le coucher du soleil, ils trouvèrent un endroit où deux rochers les protégeaient à gauche et à droite, aplanirent le sol et allumèrent un feu.
Dunbakel attrapa des lapins, puis Rem les hacha et prépara un ragoût.
« Si tu sais cuisiner comme ça, pourquoi tu cuisines n’importe comment à la caserne ? »
Dunbakel le demanda, sincèrement curieuse, et Rem lui répondit avec un grand sourire.
« Ça, c’est de la cuisine de campagne. Là-bas, c’est de la vraie cuisine. »
« Alors, pourquoi ne faire que de la cuisine de campagne, à partir de maintenant ? »
Parfois, Enkrid se disait que Dunbakel n’avait peur de rien. Ce n’était sans doute pas intentionnel, mais quand même.
« Ça faisait un moment, non ? »
Rem posa la question en aspirant bruyamment son ragoût. Une goutte de bouillon coula le long de l’extérieur du bol en bois.
« Quoi donc ? »
« Le combat d’entraînement. »
« Ça ne fait pas si longtemps. »
Si, ça faisait un moment. Dunbakel n’avait peur de rien parce que Rem était resté silencieux, pour une raison ou une autre. Mais il semblait avoir retrouvé son caractère habituel.
« Viens quand tu auras fini de manger. Les hommes-bêtes peuvent bien se faire repousser une ou deux jambes, non ? »
« Pas moi ! »
« Ah, c’était la Grenouille, ça ? »
Rem savait comment tourmenter les gens. Dans ce genre de moment, il savait vraiment trouver les mots.
S’il pouvait aussi bien enseigner…
Enkrid observait la scène quand Ruagarne, assis à côté de lui, prit la parole.
« Pour une raison ou une autre, l’ambiance est encore pire qu’avant. »
« Qu’est-ce qui l’est ? »
« C’est juste une impression. »
« Ah bon ? »
« Puisque tu en parles… Tu veux apprendre le pas de la Grenouille ? »
La conversation n’avait ni queue ni tête, mais Enkrid ne posa pas de question. Ça aussi, ça faisait partie de l’apprentissage. Il savait laisser de côté les petits malaises.
Il posa son bol vide. Ils pourraient faire la vaisselle plus tard, au ruisseau qu’ils avaient repéré.
Si Dunbakel ne s’écroulait pas, ils n’auraient qu’à la laisser s’en charger.
Comme prévu, les leçons de Ruagarne étaient passionnantes.
« Plie d’abord le genou de la jambe arrière. Puis projette toute ta force d’un coup pour produire l’impulsion qui te propulsera vers l’avant. Avant ça, avance la jambe de devant pour empêcher l’adversaire de comprendre que tu réduis la distance. On appelle ça le Pas de la rainette arboricole. »
C’était davantage un pas de charge qu’une technique d’épée.
D’une certaine façon, ça ressemblait plus à une technique de l’Épée de mercenaire du Style de Vallen.
Il fallait feinter avec la jambe avant, puis exploser vers l’avant en poussant sur la jambe arrière.
La Grenouille lui enseigna plusieurs autres pas en plus de celui-là.
En chemin, il lui avait aussi expliqué comment sauter d’une charrette, se battre à cheval, affronter un cavalier depuis le dessous de sa monture, réagir face à une créature démoniaque inconnue et connaître onze façons secrètes de parer des flèches.
La meilleure de ces méthodes pour parer les flèches restait le bouclier.
Il avait toutefois précisé qu’il n’était pas mauvais de s’entraîner avec une épée.
C’était vraiment un excellent professeur.
« Ouais, c’est pas mal. »
Même Rem, qui écoutait depuis le côté, hocha la tête.
Enkrid était un homme ordinaire qui s’efforçait de maîtriser chaque chose qu’on lui enseignait.
Ruagarne décomposait chaque étape pour lui.
Il apprit même à sauter d’un rocher, une épée dans chaque main, à rouler et à retrouver son équilibre.
Ce jour-là, rien qu’à travailler ses pas, il ne vit pas le temps passer.
Sans qu’ils s’en rendent compte, la nuit était tombée et la lune brillait. Dunbakel fit la vaisselle.
Elle boitait après avoir reçu un coup de Rem, et n’importe qui l’aurait prise en pitié en la voyant.
« Encore une claudication et je te la coupe. »
À ces mots, Dunbakel se remit aussitôt à marcher normalement. Elle faisait semblant.
Elle joue plutôt bien la comédie.
Enkrid pensa cela, puis se rendit au ruisseau pour se débarrasser de sa sueur.
Il revint, rangea ses affaires, s’allongea et s’endormit.
Une fois couché, Enkrid poursuivit son entraînement dans ses rêves.
Il commença par des pas de base, comme la fente, le pas chassé et le pas rassemblé, puis passa aux déplacements qui effaçaient la distance et à ceux qui la brouillaient.
À son réveil, ils rangèrent leurs affaires, réchauffèrent le reste du ragoût de la veille, mangèrent et reprirent la route.
L’été aurait dû toucher à sa fin, mais plus ils avançaient, plus il faisait chaud et plus l’air devenait humide.
Ruagarne aimait ce temps et Dunbakel s’en moquait, mais la météo n’avait rien d’agréable.
La Grenouille avait toujours apprécié ce genre de temps humide, et comme laver le linge n’était pas la spécialité de Dunbakel, elles semblaient toutes deux s’en accommoder.
Une fois, la pluie tomba en plein milieu du trajet, et l’air devint encore plus lourd.
En chemin, Enkrid eut l’impression d’avoir oublié quelque chose.
« J’ai oublié. »
Il était parti sans rien dire à Sinar. Si ses souvenirs étaient bons, elle lui avait demandé de la prévenir la prochaine fois qu’il partirait quelque part, mais Kraiss lui expliquerait sûrement les choses comme il fallait.
Il reprit sa marche avec cette pensée vague en tête.
« Ça pue. Une bête magique. »
Dunbakel le signala, et Enkrid sentit une intention meurtrière lui nouer les entrailles.
Ils se trouvaient sur une route officielle, qui menait à la ville. Pas un sentier tracé par des empreintes, mais une route pavée de pierre.
Des bêtes magiques en plein milieu d’une route pareille ?
Même affamées, elles ne s’approchaient pas si souvent des routes.
Surtout avec la ville fortifiée qui protégeait la frontière du Royaume démoniaque juste devant eux.
« Grrr ! »
Plusieurs chiens touchés par la bestialisation apparurent. Ils étaient bien plus grands que des chiens ordinaires.
Après les bandits, des bêtes magiques. Ils avaient certes croisé des créatures démoniaques sur la route, mais voir des bêtes magiques ici, c’était autre chose.
Cette région se trouvait dans la zone intérieure des environs de la ville. Autrement dit, du côté opposé au Royaume démoniaque.
Quelques goules auraient pu se montrer sans que ce soit étrange, mais des chiens touchés par la bestialisation n’auraient pas dû surgir ici.
« La situation est grave ? »
Ruagarne cligna de ses grands yeux et gonfla les joues.
Il avait fait diverses choses au palais royal et connaissait un peu les affaires de ce côté-là.
Le nombre de créatures démoniaques qui sortaient près de la frontière du Royaume démoniaque semblait loin d’être négligeable.
Sinon, des bêtes magiques de type canin ne rôderaient pas dans le coin.
Les bandits qu’ils avaient croisés plus tôt, c’était pareil.
En temps normal, une bande de bandits n’aurait pas pu sévir dans cette région.
S’ils détroussaient les gens au grand jour, les chevaliers viendraient leur trancher la gorge. Qui s’aventurerait donc à faire le bandit par ici ?
« Le contrôle nous échappe ? »
En observant la situation, Ruagarne commença à échafauder plusieurs hypothèses.
Aucune n’était réjouissante.
Pendant ce temps, quatre bêtes magiques chargèrent sans la moindre crainte.
Dunbakel s’avança et trancha le cou de deux d’entre elles avec son épée courbe, tandis qu’une autre attaquait le cheval qui portait leurs bagages.
Elle contourna le groupe, puis se mit à courir.
Elle se faufila dans les broussailles, fit mine de s’enfuir, puis planta soudain ses crocs dans le cou du cheval. Elle prit appui au sol et bondit d’un seul coup.
Si ça avait été Odd-Eye, il ne se serait peut-être pas fait avoir, mais le cheval qu’ils avaient emmené jusque-là n’était qu’une monture ordinaire.
Il n’avait pas été dressé comme un cheval de guerre.
Dès que la bête lui mordit le cou, le cheval poussa un hennissement déchirant.
Hiiiiing !
Le sang du cheval se répandit sur le pelage du chien. Celui-ci l’absorba et sa robe s’assombrit, virant au rouge noirâtre.
L’attaque était inattendue. La bête ne s’en était pas prise à Dunbakel par derrière, ni aux autres compagnons qui la fixaient avec une intention meurtrière. Elle avait choisi le cheval ?
« Malin. »
Les bêtes magiques étaient-elles si rusées ? Même sa taille était anormale.
On aurait dit une bête magique qui avait appris la tactique : elle avait feint une charge hésitante pour détourner leur attention, puis s’en était prise au cheval.
Ruagarne donna un coup de pied à la bête magique qui avait tué le cheval et l’acheva.
Yap, grrk !
Toute la force de la Grenouille se déversa dans son coup. Le ventre de la bête éclata et ses entrailles se répandirent au sol.
« C’est étrange. »
Ruagarne ramena sa jambe tendue et répéta ces mots à plusieurs reprises.
Cette région était sous le contrôle des Chevaliers à la Cape Rouge. Des bêtes magiques pouvaient apparaître, tout comme des créatures démoniaques. Mais elles étaient trop nombreuses, et apparaissaient trop souvent.
« Il y en a trop. »
« Je sens encore leur odeur. »
Après les paroles de Ruagarne, Dunbakel ajouta cela.
Rem tourna la tête.
Lui aussi sentait que quelque chose clochait. Ils s’étaient approchés du Royaume démoniaque, mais cette partie-ci était encore protégée par les remparts de la ville. Cette route aurait donc dû être relativement sûre.
Autrement, ils n’auraient pas construit une route officielle aussi bien entretenue.
Enkrid examina le cou du cheval. Il n’y avait plus rien à faire. Une bête magique l’avait mordu et, avec un peu de malchance, il risquait de se transformer à son tour.
« Je suis désolé. »
Ils s’étaient attachés à lui au fil du voyage, et Enkrid avait l’impression de ne pas avoir pris soin de lui comme il aurait dû.
Hiii !
Le cheval hennit. Enkrid lui trancha la gorge.
Le sang du cheval imbiba la route de pierre. En marchant dans le sang qui s’écoulait, Enkrid prit la parole.
« Continuons. »
S’ils ne pouvaient pas faire demi-tour, il ne leur restait qu’à avancer.
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