Chapitre 416
TRADUCTIONS WE TRIED
Traducteur : Hydrogen B
Relecteur : Abstract
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UN CHEVALIER QUI RÉGRESSE ÉTERNELLEMENT
Chapitre 416 : Le départ
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« Si tu as quelque chose à faire, alors fais-le. »
Le marquis fixa Kin un instant en parlant, puis se détourna et s’en alla aussitôt. Kin resta là, perdue dans ses pensées.
Le vent se leva et souleva la poussière. Il lui effleura le visage, mais elle ne s’en aperçut même pas.
« Ça s’est vraiment terminé comme ça ? »
Tout son corps trembla de stupeur.
Le chef de sa maison n’était pas homme à revenir sur sa parole.
En repassant les événements dans sa tête, les paroles et les actes de celui qui avait provoqué cette situation continuaient de lui remuer le cœur.
« Est-ce que je devrais au moins le remercier ? »
À vrai dire, elle n’était pas complètement indifférente à un homme du nom d’Enkrid. Cela ne voulait pas dire qu’elle souhaitait devenir sa femme.
C’était peut-être son rêve. Plus encore que tailler les gemmes, Kin aimait les œuvres achevées qu’on en tirait.
Quand on naissait dans une maison prestigieuse comme celle du marquis Baisar, on était censé admirer les pièces terminées, pas se salir les mains à les fabriquer ou à les vendre.
Obtenir l’autorisation de se consacrer à cette activité n’avait donc jamais été facile. Au mieux, cela devait rester un passe-temps.
Mais les sentiments humains n’étaient jamais aussi simples.
Elle aimait ce travail. Elle aimait pouvoir suivre sa propre volonté et prouver ses capacités, au lieu de vivre dans l’ombre d’un homme.
Elle savait pourtant qu’elle devrait renoncer à certaines choses.
Elle pourrait s’appuyer sur le prestige de sa famille, certes, mais elle ne pourrait plus vivre comme une héritière directe de la Maison Baisar.
Kin n’était pas assez naïve pour ne pas le comprendre.
« Est-ce que je peux vraiment vivre comme ça ? »
C’est alors qu’apparut un homme qui vivait exactement comme il l’entendait.
Il s’appelait Enkrid. Elle estimait qu’il était juste de le remercier.
C’était grâce à ses paroles que la situation avait trouvé son dénouement.
Une fois ses réflexions achevées, elle se dirigea vers Enkrid, qui s’était mis à manier son épée à l’écart, sur le terrain d’entraînement. Elle n’avait fait que quelques pas.
« Laisse-le tranquille. »
Un barbare adossé au mur venait de parler.
« J’ai quelque chose à lui dire… »
« En ce moment, même si quelqu’un dansait nu à côté de lui… Ah, vous êtes une noble dame. Bref, quoi qu’on lui dise à côté, il n’entendra rien. »
La comparaison lui déplut, mais Kin l’ignora et regarda Enkrid.
Il avait tourné le dos au marquis et s’était aussitôt remis à manier son épée. Son regard était absent, sa bouche entrouverte. Il avait l’air presque drogué. Il était déjà ivre d’escrime et complètement absorbé.
C’était un véritable forcené de l’entraînement.
« Il n’a donc pas volé sa réputation de fou. »
Kin s’éloigna. Plus tard, elle raconta l’incident à quelques connaissances. Le marquis Baisar fit mine d’être offensé, mais il apprécia l’audace d’Enkrid et répandit lui aussi l’histoire.
Dès lors, plus personne dans la capitale n’osa importuner Enkrid et son groupe.
Après tout, il avait repoussé jusqu’aux pressions de la Maison Baisar, à qui l’on promettait un titre ducal.
* * *
Dès que le marquis et Kin furent partis, Enkrid leur tourna le dos et se mit aussitôt à manier son épée. Il ne pouvait tout simplement plus repousser ce plaisir. Peu lui importait qui le regardait, qui attendait ou qui l’appelait. Il ne pouvait vraiment pas attendre davantage.
« Ah, qu’est-ce que c’est agréable. »
Avait-il compris quelque chose après avoir croisé le fer avec Rem, Ragna et Audin ?
Non. Il s’était fait écraser.
Et pourtant, il s’amusait. Manier son épée, réfléchir, puis reproduire le mouvement avec son corps : chaque étape lui procurait de la joie.
Il y avait des gestes qu’il avait répétés des centaines de fois en une seule journée : les coups verticaux, les coups horizontaux, les coups descendants, les estocs, les bases. Enkrid se remit à les répéter.
Il ne s’attendait ni à une révélation ni à un changement soudain.
Il le faisait parce que c’était agréable, puis recommençait parce que ça l’était encore.
Après plusieurs jours d’entraînement à l’épée et de légers combats d’exercice, on annonça que la cérémonie de remise des récompenses pour services rendus aurait lieu.
« Allons-y. »
Enkrid partit avec Rem, Ragna, Audin, Dunbakel et Teresa.
Sinar était partie plus tôt pour d’autres affaires ; elle ne les accompagnait donc pas.
« Je préfère m’abstenir. »
Jaxon n’avait de toute façon jamais été du genre à se montrer dans ce genre d’endroit.
Esther secoua la tête sous sa forme de panthère. Les autres partirent donc sans eux.
La salle d’audience était bondée de nobles.
« Le Héros qui a sauvé le royaume est arrivé. »
Un chambellan l’annonça depuis l’arrière de la salle, et Crang hocha la tête depuis le trône. Des cernes lui marquaient le dessous des yeux ; il avait l’air épuisé.
Deux nobles se tenaient tout près de lui. L’un était le marquis d’Okto, l’autre Marcus Baisar.
Le marquis Baisar se tenait un pas derrière Marcus.
Crang passa sans détour par-dessus toutes les formules de circonstance louant le sang royal et la grandeur du roi, puis prit la parole.
« Je vous prie de m’excuser d’avoir retardé cette cérémonie. »
Quelques nobles gémirent en voyant à quel point le programme était court.
Certains marmonnèrent quelque chose sur la dignité royale, mais ils se turent devant Crang.
Un roi qui avait mis fin à la guerre civile.
Un roi qui avait remporté la victoire sans faire appel aux ordres de chevalerie.
Un roi que ces nobles eux-mêmes avaient choisi de suivre.
C’était la première cérémonie organisée par ce roi. Qui oserait lui reprocher ses actes en face, en pareilles circonstances ?
Aucun noble ne pouvait être à ce point dépourvu de sens politique, à moins de vouloir arracher son propre insigne nobiliaire.
Plusieurs nobles et commandants reçurent des récompenses à la mesure de leurs mérites : des couronnes ou des terres, entre autres.
Andrew était du nombre. Il reçut des terres et des pièces d’or, et son titre changea. Il devint vicomte Gardner. On lui attribua également un poste dans la capitale, une sorte de fonction officielle.
Puis, tandis que la cérémonie se poursuivait…
« Par ordre royal, à Marcus Baisar, en sa qualité de commandant en chef… »
Un moine qui faisait aussi office de greffier transmit les paroles du roi.
« En récompense de vos services éminents, vous êtes élevé au rang de comte. »
À peine ces mots prononcés, l’atmosphère enthousiaste se glaça. On aurait dit que quelqu’un venait de vider un seau d’eau glacée dans la salle.
« Qu’avez-vous dit ? »
Le marquis Baisar posa de nouveau la question, les lèvres tremblantes.
Marcus Baisar était censé hériter de sa famille. Après cette guerre, il aurait dû recevoir le rang de duc.
Mais en acceptant le titre de comte, il avait renoncé à succéder au chef de sa maison.
Enkrid savait que tout cela faisait partie du plan de Marcus Baisar.
Un léger tumulte éclata. Le marquis Baisar semblait accablé.
Le chef de la Maison Baisar avait fini par prendre parti pour Crang, mais ce n’avait pas été son choix dès le départ.
Il n’avait placé son or sur la balance qu’après avoir tout évalué.
Cette décision relevait déjà du pari, mais pas pour Marcus.
Le marquis Baisar lança un regard noir à Marcus, puis secoua la tête et se tut.
Enkrid, qui observait la scène, trouva qu’il ressemblait à un vieillard boudeur.
« Vos mérites sont véritablement grands. Je vous accorde donc le titre de duc. »
Ce ne fut pas Baisar, mais le marquis d’Okto qui devint duc. Il posa un genou à terre et baissa la tête.
Même après que la plupart des personnes eurent reçu des récompenses appropriées, certains noms n’avaient toujours pas été appelés.
Enkrid et la Compagnie des Fous.
« Je veux m’occuper moi-même de la dernière récompense. »
Le roi se leva de son trône. Il s’avança et prit la parole sans regarder les personnes autour de lui.
« Tu veux un titre ? »
Il avait demandé cela comme s’il proposait du bois de chauffage à un voisin.
Enkrid pensa que non et secoua légèrement la tête.
« Non. »
Son attitude donnait l’impression qu’il avait envoyé l’étiquette du palais dans une Terre Maudite, mais qui pouvait bien le lui reprocher ?
Seuls quelques nobles incapables de maîtriser leur expression froncèrent les sourcils.
« Je m’en doutais. Le trésor royal est ouvert. Si quelque chose te plaît, prends-le. »
« Merci. »
« Ensuite, tu pourras retourner là où tu étais en poste. »
C’était précisément ce qu’Enkrid avait le plus envie d’entendre. Pourtant, certaines personnes plissèrent les yeux avec méfiance.
« Il ouvre simplement le trésor royal ? »
« C’est vraiment raisonnable ? »
« Quand la chasse est terminée, que fait-on du chien ? »
« On le fait bouillir et on le mange, évidemment. »
Un imbécile marmonna cette absurdité, mais même si Crang et Enkrid l’avaient entendu, ni l’un ni l’autre ne s’en serait soucié le moins du monde.
« Je suis occupé. J’imagine que vous l’êtes tous aussi. La fin de la guerre civile ne signifie pas que nous avons droit à une conclusion du genre : “Et ils vécurent heureux jusqu’à la fin des temps.” Même les contes de fées ne finissent pas comme ça. Vous le savez, n’est-ce pas ? »
Les contes de fées ne commençaient pas par des guerres civiles et des champs de bataille couverts de sang. Oui, c’était évident.
« Alors, au travail. »
Le roi, accro au travail, prononça ces mots et la cérémonie des récompenses prit fin avec une simplicité inhabituelle.
Un banquet fut organisé pour le déjeuner. Sans alcool. Le roi n’y assista même pas.
Certains nobles s’inquiétaient encore de la dignité royale, mais Enkrid balaya complètement cette préoccupation.
N’en avait-il pas déjà assez vu lors du couronnement commémoratif ?
Crang avait récité les noms des soldats gravés sur le monument commémoratif.
Enkrid avait vu le regard des gens qui l’observaient à ce moment-là.
Il avait vu un moine prier en silence.
Il avait vu une mère pleurer en regardant le nouveau roi.
Il y avait eu aussi des pères et des enfants.
Après le couronnement, certains nobles intègres s’étaient même agenouillés pour lui prêter serment de fidélité.
Sans auréole ni grand festival, ce couronnement au cœur de la capitale avait pourtant gravé le nouveau roi dans tous les esprits.
« Cela suffit. »
Le cœur léger, Enkrid passa à autre chose. Crang pouvait s’occuper du reste.
Il était temps pour lui de retourner à la Garde-frontière. Mais avant cela, il devait passer au trésor royal.
Il se demandait combien d’épées pourraient remplacer Silver.
« Par ici. »
Même Rem et Ragna manifestaient un intérêt discret pour le trésor royal.
Mais ce qu’ils découvrirent ne ressemblait pas à ce qu’ils avaient imaginé. Les portes étaient grandes ouvertes et des chariots entraient et sortaient sans interruption.
« Ah, ça n’arrête pas, ici. »
Marcus les guidait en personne. Marcus, désormais commandant en chef de l’armée du royaume, tout juste élevé au rang de comte, régent du territoire du comte Molsen et chef des forces de défense de la capitale.
« Vous n’êtes pas occupé ? »
« Tu as dit que tu passerais ici avant de repartir aussitôt, pas vrai ? Alors c’est maintenant qu’il faut venir. Je n’aurai pas le temps de t’organiser un départ en grande pompe plus tard. »
S’il était si occupé, il aurait pu se dispenser de venir, non ?
Cette pensée en tête, Enkrid entra pour examiner les trésors du royaume.
L’endroit ne correspondait vraiment pas à ses attentes.
Le trésor royal était immense et presque vide. Les pièces d’or n’étaient pas empilées comme des montagnes. Les épées magiques n’étaient pas alignées en rangées.
« Pardon, laissez passer ! »
Un chariot chargé de caisses passa juste à côté d’Enkrid.
L’ouvrier qui le tirait ruisselait de sueur et travaillait si dur qu’il ne jeta même pas un regard à Enkrid.
Enkrid observa la situation et y réfléchit. Il comprit rapidement.
Rem le remarqua aussi et posa la question avant qu’Enkrid n’ait pu parler.
« Ils couvrent les pertes de la guerre civile avec ça ? »
Marcus hocha la tête, songeant que même son ami barbare avait l’esprit vif.
« Les épées magiques ? »
Les critères de Ragna étaient simples. Il lui fallait une épée enchantée, liée à la magie ou dotée d’une volonté propre ; à défaut, une épée qui soufflait du feu ou de la glace, et, au strict minimum, une lame qui ne s’émoussait jamais.
Pour un usage temporaire, ça ferait l’affaire.
« Aucune. »
« Pourquoi ? »
Ragna se mit à parler sèchement. Marcus ne lui reprocha pas son impolitesse. À quoi bon faire des histoires pour des manières avec des fous ?
« On les a toutes vendues. »
Ragna n’insista pas. Que pouvait-on y faire s’il n’en restait aucune ?
« S’il n’y a pas d’épée enchantée… »
Il pourrait peut-être insuffler sa Volonté dans une lame.
Les génies avaient vraiment des façons de penser étranges.
Enkrid regarda autour de lui. Il ne trouva pas une seule lame meilleure que les épées longues qu’il avait ramassées près des terrains d’entraînement. Aucune n’était même faite d’un alliage contenant de l’Acier valérien.
« Ça ira pour moi. »
Rem secoua la tête.
Les objets dignes d’être qualifiés de véritables trésors du royaume se trouvaient déjà entre les mains des chevaliers ou des ordres de chevalerie. Les autres étaient enfermés dans un coffre secret au plus profond du palais, et on ne pouvait pas les remettre à n’importe qui.
C’étaient des trésors nationaux.
Crang avait voulu dire à Enkrid de prendre l’un d’eux s’il le souhaitait, mais le trésor national en question était un bâton contenant une Bête solaire endormie.
Ni une épée, ni un bouclier. Enkrid n’en aurait pas voulu et n’aurait pas su s’en servir.
« La pauvreté n’est pas un péché. »
C’était Audin qui parlait ; il n’avait jamais accordé la moindre importance aux trésors.
Dunbakel déclara qu’elle préférait sa propre lame recourbée et ne choisit rien dans un premier temps. Elle finit par prendre des protège-tibias en peau de bête magique. C’était au moins l’objet le plus pratique de tous. Teresa secoua aussi discrètement la tête, à l’instar d’Audin.
« Je n’ai rien fait. »
Teresa estimait n’avoir rien accompli de particulièrement remarquable durant cette bataille.
Elle pensait aussi que la cupidité était dangereuse.
« Dites à Crang que je le reverrai. »
Enkrid profita de l’occasion pour le lui dire.
« Hum, bien sûr. À ce stade, tu peux appeler le roi par son prénom. À part la dignité royale et tout ça, mieux vaut peut-être que le roi et le Héros qui a sauvé le royaume, le Tueur de créatures démoniaques, restent amis. »
Marcus le dit sans s’encombrer d’un cérémonial rigide. Il avait une vision plutôt libre des choses.
Il suffisait qu’Enkrid sache se tenir en public et comprenne les usages. Marcus ne le croyait pas assez stupide pour passer à côté de ça.
Enkrid termina de rassembler ses affaires, puis se mit en route.
Il ne s’était pas attendu à de grands adieux. Personne n’avait de temps à perdre pour en préparer, de toute façon.
Il suffisait de voir l’état du trésor royal.
« Si le pays ne s’effondre pas, ce sera déjà une victoire. »
Non, si le trésor avait été ouvert, c’était précisément pour empêcher le pays de s’effondrer.
Il n’avait rien reçu lors de la cérémonie, mais cela lui convenait.
Il n’était pas venu en espérant obtenir quoi que ce soit.
Après s’être assuré qu’Œil-Mort était avec eux, il prit la route extérieure et quitta la capitale. En chemin, un groupe de Gardes royaux lui barra la route.
Le capitaine au casque gris s’avança.
« Un combat d’entraînement ? »
Ce fut la première pensée d’Enkrid.
Lui aussi était déçu quand un combattant redoutable partait brusquement. Peut-être que cet homme ressentait la même chose. Enkrid s’avança, tout disposé à lui faire plaisir.
Le commandant de la Garde royale retira son casque gris et posa un genou à terre.
« Grâce à vous, mes yeux se sont ouverts et je suis désormais la voie juste et honnête. »
Il prit la parole et le salua.
Tous les Gardes royaux l’imitèrent et s’agenouillèrent de la même façon.
« Au Héros qui a sauvé le royaume ! »
On ne pouvait pas vraiment qualifier cela de départ discret.
Rieban était parmi eux, lui qui avait connu Enkrid autrefois.
Ses mérites sur le champ de bataille avaient été reconnus et il avait été réaffecté ici.
« Ça fait longtemps. »
Enkrid le salua en passant près de lui. Rieban était l’un des rares à avoir pris son parti. Peu importait le temps écoulé, certaines personnes restaient inoubliables.
Rieban inclina profondément la tête.
« J’ai honte. »
Rieban prononça ces mots en se remémorant celui qu’il avait été. Enkrid lui tapota une fois l’épaule, puis poursuivit son chemin.
« Et pour mon héros éclatant aussi. »
En tant qu’homme portant une épée, et non comme Garde royal, Rieban se jura au fond de lui que, si un homme du nom d’Enkrid l’appelait un jour, il accourrait auprès de lui.
Une fois qu’il aurait rempli tous ses devoirs, il le ferait si Enkrid le lui demandait.
Enkrid crut que les adieux s’arrêtaient là, mais ce n’était pas le cas.
Quand la porte de la capitale apparut en vue, près de la moitié des habitants de la ville s’étaient rassemblés devant lui.
À en juger par la clameur, il semblait y avoir encore plus de monde qu’au couronnement commémoratif.
« Au Héros qui a sauvé le royaume ! »
Les habitants le regardaient partir. Ils étaient venus comme s’ils s’étaient donné rendez-vous. Parmi eux se trouvaient une guérisseuse dont le fils était mort, Andrew et des recrues.
C’était donc là qu’ils étaient allés dès la fin de la cérémonie.
Andrew avait reçu des terres et devait crouler sous le travail, mais il était quand même venu lui dire au revoir.
« Je me doutais que tu partirais tout de suite. »
Andrew s’approcha et prit la parole.
« Je n’ai plus rien à faire ici. »
« On se reverra, pas vrai ? »
« Viens me rendre visite. »
« D’accord. »
Alors qu’ils échangeaient ces quelques mots, Aisia et le capitaine de la garde de la porte Sud s’approchèrent par le côté.
« Tu pars comme ça ? »
Le capitaine prit la parole tandis qu’Aisia lui tendait la main. Enkrid la prit et la serra.
« À bientôt. »
Un adieu simple et sans détour. Le capitaine s’inclina en disant qu’il lui était redevable. Aisia se contenta de lui serrer la main, sans ajouter grand-chose.
En entendant le royaume tout entier l’acclamer, Rem claqua la langue.
« Fais au moins un signe de la main. »
Enkrid obtempéra et fit un signe de la main.
« Tueur de créatures démoniaques ! »
« Héros qui a sauvé le royaume ! »
« Emmène-moi avec toi ! »
Pourquoi y avait-il toujours au moins une personne pour crier ça ?
Enkrid se posa la question tout en continuant de saluer la foule.
Les acclamations redoublèrent.
Ouaaaaaah !
Un rugissement encore plus puissant que ceux qu’il avait entendus sur les champs de bataille lui poussa dans le dos. Ce n’était pas désagréable.
« Je te l’avais dit, Tueur de nobles. »
En entendant Rem marmonner cela, Enkrid eut un petit rire et quitta la capitale.
Il pouvait enfin rentrer pour de bon…
« Allons au moins ensemble jusqu’à mi-chemin. »
Nauril s’était déjà éloignée. Quelques personnes barraient la route principale devant eux.
À leur tête se trouvait…
« Vous n’êtes pas le roi ? »
« Un roi ne vit-il que pour travailler ? »
Crang était là.
Il avait cru qu’on ne lui ferait pas d’adieux. Au lieu de cela, tout avait pris des proportions presque absurdes.
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