Chapitre 406
TRADUCTIONS WE TRIED
Traducteur : Hydrogen B
Éditeur : Abstract
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UN CHEVALIER QUI RÉGRESSE ÉTERNELLEMENT
Chapitre 406 : La danse des renforts
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Kraiss jugea qu’il fallait envoyer des renforts, mais estima aussi qu’ils n’avaient pas besoin d’être nombreux.
« Ils manquent de provisions ? »
Probablement pas.
L’armée royale n’aurait pas chargé sans s’être préparée au moins autant.
Mais des renforts à eux seuls pouvaient-ils allumer la flamme d’un retournement de situation ?
Il n’en savait rien.
Difficile de prévoir quoi que ce soit. Il ne parvenait pas à deviner le prochain coup du comte Molsen.
C’était bien normal.
Le comte Molsen avait préparé un mélange de magie et de sorcellerie, et il était en train de peindre le champ de bataille en rouge.
Malgré tout, Kraiss s’attendait à ce que l’ennemi sorte quelque chose que personne n’avait prévu.
Son habitude d’imaginer le pire avait encore porté ses fruits.
Dans ce cas, il fallait bien sûr envoyer les troupes les plus rapides et les plus fortes en renfort.
Un petit nombre de combattants d’exception suffisait à bouleverser le cours d’une bataille.
Audin, Sinar et Teresa.
Kraiss avait attribué à chacun des trois deux chevaux robustes et rapides.
Voilà pourquoi Audin et Sinar se trouvaient ici, à présent.
* * *
Enkrid recula d’un pas. Audin lui avait doucement saisi l’épaule pour le tirer en arrière ; il n’avait aucune raison de résister.
« Allez, contente-toi de regarder. Moi aussi, j’ai observé tout à l’heure. »
Audin s’avança. Rem prit la parole, croisa les armes qu’il tenait et les entrechoqua dans un clang sonore.
Dans sa main droite, il avait sa hache habituelle à long manche ; dans la gauche, un marteau à manche court qu’il avait dû trouver quelque part.
Enkrid savait que Rem se fichait de l’arme qu’il utilisait. Autrement dit, lui aussi était fin prêt.
« Alors, j’ai juste à découper ce truc ? »
Ragna demanda cela en faisant traîner la pointe de son épée sur le sol.
Pour une raison ou une autre, toutes les dents de la lame étaient ébréchées. On aurait pu la prendre pour une épée-scie.
Même ainsi, entre les mains de Ragna, elle restait menaçante et terrifiante. Même une épée de bois aurait eu l’air dangereuse dans ses mains.
Aujourd’hui, cette impression était encore plus forte.
On le sentait clairement. Rien ne pourrait l’arrêter : il trancherait tout sur son passage.
Audin, qui retenait toujours Enkrid, sourit et déclara :
« Père, voici ceux qui doivent être réprimandés auprès de Vous. »
Pour parler franchement, il voulait dire qu’il allait les tuer et les envoyer sans délai auprès de son Seigneur.
Les deux poings d’Audin étaient faits pour envoyer ceux qui lui faisaient face auprès de son Seigneur.
Il portait des gantelets de cuir aux deux mains. Ils semblaient avoir été cousus avec un soin méticuleux, point par point. Les finitions étaient solides et ils avaient l’air résistants.
Le matériau ressemblait aussi à du cuir de Bête magique. Enkrid ne s’était pas trompé.
À vrai dire, ils étaient faits de peau de centaure.
Le tannage et le traitement prenaient du temps, mais le cuir était vraiment solide et résistant.
Kraiss les avait fait confectionner, les avait soigneusement emballés, puis les avait envoyés.
Intrigué, Enkrid demanda :
« Des gantelets de cuir ? Qui les a faits ? »
« L’unité a un excellent tailleur. Je ne connais pas son nom, mais ses coutures sont impeccables. Il était chef d’escouade avant, mais maintenant il s’occupe du ravitaillement, frère. »
Quelqu’un lui vint immédiatement à l’esprit.
« Le nez rouge, c’est ça ? Celui qui adore boire ? »
« Comment tu as deviné ? »
La tension entre les Cinq Monstres et le groupe d’Enkrid restait palpable, mais ils échangèrent tout de même quelques paroles.
Tous deux se comportaient comme si la situation n’avait rien d’anormal.
Bien sûr, Audin ne quittait pas le front des yeux. Plus précisément, il fixait le plus grand des cinq monstres.
« Je lui en dois une. »
Enkrid se rappela que, le premier jour où ils s’étaient rencontrés, cet homme lui avait confectionné des guêtres et des gantelets de cuir. Son savoir-faire avait dû beaucoup s’améliorer depuis.
S’il s’occupait désormais du ravitaillement dans la Garde-frontière, c’était que ses talents de couturier avaient été reconnus.
Enkrid savait que Kraiss gérait lui-même les questions de ravitaillement. Il n’y aurait donc pas placé n’importe qui, ce qui suffisait à prouver l’excellence des coutures de cet homme.
« Mon fiancé, celui qui t’a malmenée ? Montre-le-moi. »
Sinar se tenait toujours à côté d’Audin. Son humour d’elfe n’avait pas changé. Son visage était froid et intelligent, son ton monocorde, mais ses paroles étaient d’une légèreté désarmante.
« Celui qui m’a malmené est déjà parti. »
Enkrid désigna le ciel.
« Tu l’as envoyé auprès du Seigneur. Bien joué. »
À part Audin, avec ses airs de prêtre, qui pouvait bien féliciter quelqu’un d’avoir tué des gens ?
Tous ceux qui croyaient au Dieu de la Guerre n’étaient pas comme lui.
Sinar dégaina son épée sans changer d’expression et déclara :
« Il y a donc ici un crétin qui souille le sang des elfes. »
Elle avait raison.
L’un des cinq était un elfe.
Rem fut surpris. Il l’avait affrontée un peu plus tôt. Même après avoir été démembrée, elle avait réussi à s’éloigner en rampant.
Il n’avait pourtant pas cru qu’elle survivrait. Et même si elle survivait, il ne s’était pas attendu à la voir se tenir là, presque intacte.
Il lui avait pourtant ouvert le torse à coups de hache et l’avait vu perdre ses entrailles. Et malgré tout, elle se tenait là, toujours en mouvement.
Du sang noir suintait encore de ses sutures grossières, mais le simple fait qu’elle puisse bouger était stupéfiant.
Rem était certain de l’avoir tuée.
Sinar s’avança, sa Lame-Feuille à la main.
Rem, Ragna, Audin et Sinar se retrouvèrent ainsi entre Enkrid et l’ennemi.
Seul Jaxon se tenait encore à sa place… non, il avait déjà disparu. Il s’était dissimulé.
Dès qu’Enkrid s’en aperçut,
Jaxon apparut près du comte. Son épée fine comme une broche fusa droit vers la tête de celui-ci.
Personne ne s’attendait à cette attaque. La pointe se dirigeait tout droit vers le crâne du comte, mais Jaxon ne parvint pas à ses fins.
Tung !
Son épée rebondit comme si elle avait heurté un bloc de fer.
Jaxon fut stupéfait. La peau humaine ne pouvait pas être aussi dure.
Mais rester immobile revenait à prier pour se faire tuer. À peine son coup porté, Jaxon se jeta en arrière.
Une griffe noire apparut à l’endroit où il se trouvait et lacéra l’air.
Se faire égratigner par cette chose ne présageait rien de bon. La griffe noire était un objet magique imprégné d’une aura sinistre.
Jaxon comprit que son épée n’avait pas été arrêtée par un sort défensif.
Avant de frapper, il avait déjà vérifié par intuition si un sort était actif.
Il n’y avait donc qu’une explication : sa peau était tout simplement dure.
« Tu as aussi greffé des morceaux de Créatures démoniaques sur ton corps ? »
Jaxon posa la question pour transmettre l’information aux autres.
La peau du comte était extrêmement dure, comme celle d’une Créature démoniaque.
« Insecte éphémère. »
Le comte parla de nouveau et agita la main. La griffe noire continua de harceler Jaxon.
Jaxon disparut comme s’il s’enfonçait dans le sol, puis réapparut cinq pas plus loin. Mais la griffe le poursuivait sans relâche.
Au même moment, des êtres qui n’avaient pas de sang en commun avec Rierbart, mais qu’on pouvait tout de même considérer comme ses frères et sœurs, se ruèrent sur eux.
En tête venait l’elfe que Rem avait à moitié tuée.
« Ghhhhh ! »
Elle se griffa la tête, puis se mit à courir. Pas droit devant elle, mais en décrivant un demi-cercle. Même sur cette trajectoire oblique, elle était terriblement rapide.
Aux yeux d’Enkrid, elle semblait encore plus rapide que Rierbart.
Et c’était bien le cas.
Si Rierbart avait renoncé à tout le reste pour ne se fier qu’à ses capacités physiques brutes, il aurait pu se déplacer exactement comme l’elfe le faisait à présent.
Mais il ne l’avait pas fait.
Les désirs d’un homme, l’honneur d’un chevalier. Voilà quelles avaient été ses dernières entraves.
Il avait voulu devenir un vrai chevalier.
Il ne s’était donc pas battu comme une bête.
Et s’il n’avait compté que sur sa force physique pour foncer ?
La réponse était là, devant eux.
En un clin d’œil, l’ennemie disparut de son champ de vision.
À peine pensa-t-il l’avoir perdue de vue que sa joue droite le brûla. Quelque chose fendit l’air vers lui : une frappe à une vitesse foudroyante.
Enkrid la vit, mais n’eut pas besoin de réagir lui-même.
Une elfe marmonnait depuis tout à l’heure.
Les paroles qu’elle avait prononcées avant que l’ennemie ne se mette à courir parvinrent aussi aux oreilles d’Enkrid.
« Une sœur de la forêt qui a perdu sa fierté. »
Son épée ne s’interposa pas pour plaisanter. Elle était parfaitement sérieuse. Une Lame-Feuille arrêta l’autre.
Bang !
Des étincelles vertes jaillirent au point de collision des deux épées.
Le choc repoussa l’adversaire, et Sinar recula elle aussi de deux pas. Elles se firent face à courte distance.
Leurs épées avaient une forme similaire. L’une était une véritable Lame-Feuille ; l’autre n’était qu’une lame, formée par des veines gonflées qui jaillissaient du dos de la main et s’enroulaient autour d’elle.
« Tu ne mérites même pas d’être appelée ma sœur. »
Sinar la rabroua. L’elfe ennemie, qui n’avait peut-être pas complètement perdu la raison, répondit :
« Qu’est-ce que tu racontes, putain de garce ? »
Des mots plutôt déplaisants.
Sinar esquissa un léger sourire. Il était si froid qu’il en donnait le frisson.
« Un langage aussi grossier devant mon fiancé… »
Sur ces mots, Sinar leva sa Lame-Feuille.
Elle l’avait réprimandée, mais après un seul échange de coups, l’écart entre elles était déjà évident. Leur force, leur vitesse et leur résistance physique étaient différentes.
Malgré cela, Sinar ne considérait pas son adversaire comme une chevalière.
Juste un monstre qui s’était désespérément acharné à en imiter une.
Sinar avait déjà vu des chevaliers elfes.
C’étaient des êtres qui méritaient naturellement le respect et l’honneur.
On ne pouvait pas se déchirer le corps pour devenir chevalier.
Elle devait donc l’abattre. Libérer l’âme de cette elfe ignorante et stupide.
« Je parlerai à la forêt et aux fleurs. »
Sinar prononça ces mots et leva son épée. C’était étrange : c’était toujours la même Lame-Feuille, et pourtant on aurait dit qu’un parfum d’herbe s’en dégageait.
« C’est le printemps. Aucune saison ne palpite autant de vie. »
Sinar récita de nouveau.
Elle pouvait déployer son art secret en absorbant l’essence vitale de la forêt.
Comme lorsqu’elle avait émerveillé Enkrid pendant leur entraînement.
À l’époque, elle avait troublé son adversaire grâce à des attaques menées par plusieurs doubles. La même essence lui permettait également de porter des coups physiques.
Bien entendu, ce n’était pas tout ce dont elle était capable.
Ce n’avait été qu’une sorte de ruse.
Elle rassembla l’esprit né de l’essence de la forêt et en écouta la réponse.
Sinar garda cette essence en elle.
C’était un art secret des elfes, mais plus personne d’autre ne pouvait l’accomplir. Il était donc tombé dans l’oubli.
En absorbant cette essence, elle pénétra, l’espace d’un instant, dans un monde proche de celui de son adversaire.
L’épée de l’elfe transformée s’abattit sur elle. La lame de Naidhl, surnommée Lame-Feuille pour sa ressemblance avec une feuille, arriva à hauteur de son visage.
Sinar avait déjà absorbé sans retenue l’essence qu’elle avait gardée en réserve pour cet instant. Elle put donc frapper presque aussi vite que son adversaire.
Tung !
Elle ne se contenta pas de repousser la lame. Elle remonta en pivotant, par en dessous, et dévia le coup qui s’abattait.
Son épée se mit à luire d’un doux éclat vert.
La Lame-Feuille Naidhl se transformait grâce à une technique appelée « Saisons ».
La lame qu’elle tenait à présent était le printemps.
La Naidhl du printemps libérait l’essence vitale avec plus d’intensité que jamais. Sa forme ne changeait pas, mais le pouvoir qui l’habitait, lui, était différent.
Sinar se mit alors à bouger comme une danseuse. Sans les mouvements où elle déviait, tailladait, transperçait et brisait, on aurait cru à une danse.
Elle brisa peu à peu la lame de son adversaire, puis la roua de coups. Ainsi, elle écrasa l’elfe chimère qui avait tenté de se hisser jusqu’au rang de chevalier.
* * *
En observant le combat engagé par Sinar, Audin prit la parole.
« Je suis en retard ; pour me punir, j’en prends deux. »
À peine eut-il fini que les autres gardes bougèrent à leur tour.
Comme l’elfe transformée, ils étaient eux aussi plus rapides que Rierbart dès qu’ils se mettaient à courir.
Bien sûr, pas au point de poser problème à Audin et aux deux autres.
En entendant Audin, Ragna tendit son épée.
« Plus vite et plus fort. »
Que pouvait-il faire pour y parvenir ?
La Volonté.
Une force informe se logea dans son bras.
Il insuffla la Volonté dans son intention de trancher, puis la mêla à ses membres.
Il reconnut le mouvement de la Volonté et la dirigea.
Voilà la réponse que Ragna avait trouvée.
Alors il s’exécuta.
Cette énergie se disperserait au bout de deux respirations à peine, mais cela suffirait.
Le temps d’un instant, Ragna manifesta une épée de chevalier.
Plus précisément, il s’agissait de l’épée qu’avait montrée le chevalier d’Azpen.
Elle était simplement rapide et tranchante.
Ragna fit de même.
Il avança le pied gauche d’un demi-pas et réduisit autant que possible l’amplitude de son mouvement. Puis il fit pivoter son corps, de la cheville jusqu’à la taille, pour y accumuler la puissance du Style de l’épée lourde. C’était un mouvement préparatoire.
Face à la créature qui fonçait sur lui, Ragna semblait d’une lenteur extrême, jusqu’au moment où il leva son épée et changea d’appui.
Vu de l’extérieur, on aurait cru qu’il allait se faire empaler par des griffes, se faire arracher le cœur ou les entrailles et finir à frapper aux portes du paradis.
À condition d’avoir l’Acuité visuelle dynamique nécessaire pour voir tout cela.
L’épée de Ragna accéléra en un instant.
Elle traça une ligne bien plus rapide que la charge de l’ennemi.
Face à une vitesse et une force impossibles à suivre, la tour bâtie sur des moyens factices s’effondra sans résistance.
Fouic, déchire !
Tout se passa en un instant.
L’ennemi chargea, fut coupé en deux et vola en morceaux de chaque côté.
Rem, qui rouait à l’instant son adversaire de coups de hache et de marteau, le vit lui aussi.
« Ce malade… »
Il était devenu encore plus déchaîné qu’avant.
Rem avait déjà affronté l’un de ces assaillants, et le monstre n’avait rien eu de facile à abattre.
Rem n’hésita pas.
Il sortit ce qu’il avait récupéré en traquant le Fou immortel.
Dans l’ouest, la patrie de Rem, le mot « Volonté » n’existait pas. Le concept lui-même était inconnu.
Mais il existait un moyen de tremper l’esprit et d’aller de l’avant.
Ce qu’on obtenait ainsi s’appelait la sorcellerie.
Pour la tribu de Rem, la sorcellerie était l’une des armes indispensables à quiconque voulait devenir un héros.
Leurs armes héritées venaient aussi de cette tradition.
« Regarde bien, minus. »
Rem lança ces mots à Ragna, puis écrasa un totem entre le pouce et l’index de la main qui tenait le marteau.
Le totem était une petite figurine, épaisse de deux doigts environ. Son effet était simple :
Invoquer le Pas de foudre dans le corps de celui qui l’utilisait.
Puis, sans se retenir, Rem sortit un autre talisman, le froissa et le fourra dans sa bouche.
Ce talisman conférait le Bras d’ours.
Deux formes de sorcellerie s’installèrent dans ses bras et ses jambes, modifiant la force de ses quatre membres.
Ces pouvoirs ne lui appartenaient pas et il ne les avait pas forgés par ses propres incantations, mais cette astuce lui permettait d’utiliser la sorcellerie pendant un court instant.
Elle accéléra Rem et renforça ses muscles.
Son adversaire chargea, une épée épaisse dans chaque main.
C’était celui qui évitait encore et encore les attaques de Rem, comme si esquiver suffisait à lui seul.
La hache de Rem, qui jusque-là avait surtout servi à parer, comme lorsque Enkrid s’était battu contre Rierbart, prit un angle qu’elle n’avait encore jamais emprunté.
Elle remonta d’un coup, puis s’abattit comme la foudre.
Boum !
L’adversaire para le coup, mais fut repoussé. Le choc qui lui engourdit tout le corps le força naturellement à reculer.
Même avec la sorcellerie, une telle puissance était difficile à déployer. Seul Rem en était capable.
Il avait un talent inné pour manier la sorcellerie, supérieur à celui qu’il avait pour maîtriser son propre corps.
Et il était encore meilleur quand il s’agissait de l’appliquer à lui-même.
Voilà le résultat.
Il fracassa le flanc de son adversaire avec son marteau. Puis sa hache, qui avait feint de se retirer et trompé ses mains, fusa en avant et fendit le crâne de la chimère.
Crac !
Le crâne, dur et résistant, se fendit verticalement.
Peut-être à cause du sang, des os et de la peau de Créature démoniaque, la tête ne se fendit qu’à moitié. Les globes oculaires et tout ce qu’elle contenait jaillirent de la fente.
Les bras ballants, Rem songea :
Celui-là allait lui laisser des séquelles.
Il n’y pouvait rien. C’était le prix à payer pour emprunter la sorcellerie de quelqu’un d’autre.
Son regard se porta sur les deux derniers adversaires.
Au premier coup d’œil, Audin semblait tout juste réussir à les contenir, mais personne n’intervint, bien entendu.
Il avait dit qu’il en prendrait deux ; il devait donc assumer.
Rem le trouvait fanatique et malchanceux, mais il savait aussi qu’Audin tenait toujours parole.
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