Chapitre 378
TRADUCTIONS WE TRIED
Traducteur : Hydrogen B
Relecteur : Abstract
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UN CHEVALIER QUI RÉGRESSE ÉTERNELLEMENT
Chapitre 378 : Répétition
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« Comment avait-elle acquis une telle délicatesse dans ses mouvements ? »
Dans ses souvenirs, Sinar faisait tournoyer son épée. Ses pas étaient légers comme ceux d’un papillon. La Lame Feuille qu’elle tenait en main l’était tout autant.
Malgré sa forme de feuille et son milieu renflé, la lame semblait toujours voltiger.
À la voir danser dans les airs, on aurait dit qu’elle ne pesait pas un gramme.
Mais en plein affrontement, c’était différent. Chacune de ses frappes avait une vraie puissance. Enkrid le savait bien, puisqu’il avait lui-même croisé le fer avec elle.
Comment s’y prenait-elle ?
Pour exécuter un geste précis, il fallait se crisper. Mais pour reproduire ce genre de mouvement, il fallait se détendre.
Il comprenait la méthode, mais une autre question demeurait : un corps pouvait-il vraiment bouger ainsi ?
Est-ce une voie que je ne connais pas ?
Non. Il la connaissait déjà. Il l’avait apprise, travaillée et répétée tant de fois qu’elle s’était inscrite dans son corps.
« Tu crois qu’il n’y a qu’une seule manière de déployer sa force ? Sans précision, la Technique d’isolement ne sert à rien. »
Audin lui avait dit qu’il existait plusieurs types de muscles.
Il y avait les gros muscles, et les petits qui contrôlaient les mouvements les plus fins.
Si Sinar était aussi précise, c’était parce qu’elle entraînait ces muscles encore et encore.
Enkrid en avait besoin, lui aussi.
« Si tu affûtes tes sens, tu le sentiras. »
Jaxon le lui avait répété d’innombrables fois. En s’appuyant là-dessus, Enkrid mi-clos les yeux et se mit à manier les armes qu’il tenait dans chaque main.
Il traça une ligne imaginaire dans l’air, puis frappa exactement à cet endroit. Il n’y parvint pas du premier coup. Ce n’était pas grave. Enkrid recommença.
Cela ressemblait à l’exercice où l’on dessinait un cercle sur un arbre pour apprendre à ne frapper que ce point précis. Mais il y avait un monde entre fracasser un grand cercle tracé sur un tronc et l’exercice qu’il appelait « pointe contre pointe ». La précision et la délicatesse requises jouaient dans une tout autre catégorie.
En prenant pour comparaison les grades militaires de Naurillia, c’était comme comparer le plus humble des soldats à quelqu’un qui se situait au-delà du grade le plus élevé.
Et en plus, la lame de son adversaire ne cessait jamais de bouger.
Aisia ne reste jamais immobile.
Elle déplaçait peu à peu ses pieds, faisait pivoter son corps et changeait sans cesse la direction de sa lame.
La réponse était évidente. Il devait acquérir la précision nécessaire pour arracher une plume à un oiseau en plein vol.
Voilà pourquoi il devait s’entraîner à opposer les pointes. Enkrid s’y plongea si profondément qu’il eut l’impression de nager dans un océan de concentration.
Puis des voix lui parvinrent.
« Un barbare n’a rien à faire là-dedans ! Va donc téter une chèvre ! »
La troisième séance d’entraînement de la journée n’avait pas été très différente des autres, mais sa rencontre avec le commissaire à la sécurité, point de départ de toute cette histoire, avait pris une tournure complètement différente cette fois-ci.
Enkrid tourna la tête : Rem souriait en serrant le manche de sa hache.
« Une chèèèvre ? »
Ah, trop tard pour l’arrêter, maintenant.
À cette pensée, Enkrid retint le pas qu’il s’apprêtait à faire.
Devant le commissaire, le capitaine de la garde de la porte Sud tentait désespérément de calmer le jeu. Par loyauté, par inconscience ou parce qu’il se fiait à ses propres capacités, un soldat tira son épée et l’abattit.
« Espèce d’enfoiré ! »
En hurlant, il se rua sur Rem et visa sa tête.
Juste avant que l’acier ne touche ses cheveux, Rem bougea.
Il prit appui au sol et bondit de côté.
L’épée fendit le vide. Rem fit aussitôt pivoter sa hache, changea de direction et frappa.
Boum !
Un son net et vif retentit. Ce n’était pas une frappe tranchante, fulgurante comme un rayon de lumière, mais un coup contondant porté par la tête de la hache.
Le ventre frappé par le dos de la tête de hache s’enfonça un instant, puis reprit sa forme. Le coup n’était pas destiné à tuer, mais il n’avait rien d’une petite tape amicale.
« Guek ! »
Le soldat s’envola après avoir reçu le coup en plein ventre.
Ça a dû faire mal.
Enkrid le savait pour avoir lui-même encaissé un tas de coups. Ce n’était pas un maillet en mousse. Si le marteau d’Audin faisait à peine supportable, celui-là pouvait briser des os et rompre des organes en cas de mauvais impact.
Le soldat vola sur le côté et roula au sol.
Puis il vomit. Des larmes et de la morve coulaient avec le reste. Il y avait aussi du sang.
Après avoir encore roulé, il eut un haut-le-cœur, révulsa les yeux et s’évanouit. Il n’avait reçu qu’un coup au ventre.
Rem renifla et marmonna :
« Faible. »
Il avait parlé à voix basse, mais c’était celui qui venait de clouer tout le monde au silence d’un seul coup. Même murmuré, le mot avait été entendu par tous.
Le commissaire resta bouche bée. Puis il referma la bouche, serra les dents et cria :
« … Trahison ! »
Si ça continuait, Rem allait se mettre à massacrer tout le monde. Ragna et Jaxon, derrière lui, se battraient à ses côtés au lieu de l’arrêter.
Dès que le commissaire eut fini de parler, Enkrid bougea. Il s’interposa pour tenter une nouvelle fois de les raisonner.
D’une légère impulsion du pied, il abaissa son corps et s’élança. Une fois à portée, il frappa la nuque de l’homme qui lui barrait le passage du tranchant de la main.
L’homme fixait Rem d’un air hébété, puis, en entendant « trahison », avait resserré par réflexe sa prise sur sa lance.
Les veines saillantes sur le dos de sa main étaient frappantes, mais cette même tension avait figé son corps.
Même s’il n’avait pas été paralysé, il n’aurait pas eu les compétences nécessaires pour réagir.
Crac !
Frappé à la nuque, l’homme émit un gargouillis et s’effondra. Avant même que son corps ne touche le sol, Enkrid pivota sur lui-même, amplifia la force centrifuge et abattit sa paume sur le casque du soldat suivant.
Sa paume heurta le casque dans un bruit sourd.
« Uk ! »
Les genoux du soldat fléchirent comme des tentacules de pieuvre, et il s’écroula.
Son cerveau avait été secoué ; il ne retrouverait pas ses esprits de sitôt.
C’étaient précisément les deux soldats qui se tenaient entre Enkrid et le commissaire.
Après les avoir mis à terre tous les deux, Enkrid saisit la cheville du commissaire, toujours en selle. Le commissaire, pris de court, baissa les yeux vers lui.
Leurs regards se croisèrent. Enkrid lui adressa un petit sourire, puis tira.
Crac !
« Aaaah ! »
La jambe opposée du commissaire, encore prise dans l’étrier, se brisa. Enkrid venait de lui faire ce que Dunbakel avait fait autrefois, mais de ses propres mains.
Puis il frappa du coude la tête du commissaire, qui pendait à moitié dans l’étrier, et l’assomma.
Boum. Crac.
Une vertèbre cervicale avait bougé, mais il était probablement encore en vie.
Tout s’était passé en l’espace d’une ou deux respirations.
Hiii !
Ce ne fut qu’alors que le cheval paniqua et se cabra. Enkrid avait déjà fait tout ce qu’il avait à faire ; il recula donc de deux pas pour éviter les antérieurs de l’animal.
L’écuyer, qui se tenait un pas derrière le commissaire, ne put que le fusiller du regard, l’épée à moitié dégainée.
Juste à côté de lui, le capitaine de la sécurité avait posé une main sur son épée, mais s’était arrêté.
« Pourquoi ne pas l’avoir simplement tué ? »
Rem marmonna encore sur le côté. Enkrid contempla le commissaire inconscient, qui pendait au cheval, puis fronça les sourcils.
« Comment s’appelait déjà le commissaire ? »
Il y avait prêté si peu d’attention qu’il l’avait oublié.
« Polman Vertes. »
Le capitaine de la sécurité répondit tout en jaugeant la situation.
« Si vous avez fini, vous feriez mieux de partir. »
Enkrid prononça ces mots. L’écuyer ouvrit la bouche comme pour répondre, puis la referma.
Qu’aurait-il bien pu dire dans une situation pareille ?
Tous gardèrent le silence. Les soldats n’avaient plus rien à dire. Le capitaine de la sécurité jugea qu’il n’avait aucune raison de s’en mêler pour finir avec une jambe cassée, lui aussi.
Un silence encore plus lourd que celui qui s’était installé après que Rem avait envoyé un soldat voler s’abattit sur eux.
« Tu as l’air pire que moi. Je devrais te léguer le titre de Chasseur de nobles. »
« Garde-le. »
Rem débita une absurdité, et Enkrid la lui renvoya aussitôt.
Clop-clop-clop !
Des sabots lancés au galop résonnèrent alors, impossibles à confondre, suivis d’un cri :
« À l’aide ! »
Le cri venait du fond des tripes et débordait de sincérité. Bien sûr, cette voix lui était familière, et c’était exactement ce à quoi Enkrid s’attendait.
Marcus.
C’était déjà arrivé deux fois.
Enkrid traversa droit devant lui les soldats qui lui barraient un côté du passage et grimpa sur le mur.
Les soldats n’osèrent même pas essayer de l’arrêter. Ils s’écartèrent plutôt.
Rem le suivit et monta lui aussi sur le mur. Dunbakel bondit à côté d’eux.
« Rem. »
Tout en parlant, Enkrid regarda Marcus qui se faisait poursuivre, puis se retourna. Il aperçut l’un de ses poursuivants, vêtu de façon inhabituelle.
« Le Fou immortel. On l’avait raté tout à l’heure, et il traînait encore dans le coin. Je vais lui régler son compte. »
« Vas-y. »
Enkrid lui répondit aussitôt. Rem bondit sans même regarder derrière lui.
Il prit appui sur le mur et s’envola dans les airs, avec une aisance à peine humaine.
Il bondit de côté comme s’il volait, atterrit sur un autre toit, puis tira une hache de lancer et cria tout en repartant en trombe :
« Cette fois encore, essaie de t’enfuir, espèce d’enfoiré ! »
Attendre en embuscade pour l’attraper plus tard n’était pas une option.
Son adversaire se retourna aussitôt. Rem ne demandait pas mieux.
Attraper quelqu’un qui fonçait sur vous était trop facile. Il voulait poursuivre un fuyard, le rattraper et le rouer de coups. C’était son instinct de chasseur à l’état pur.
« Espèce de taré ! »
Rem entendit le Fou immortel le traiter de taré, garda le silence et continua sa course. Bientôt, il franchit des toits et des murs avant de toucher le sol. Il fila à une vitesse terrifiante, et le Fou immortel s’enfuit tout aussi vite.
Ils disparurent rapidement de vue tous les deux.
Sur le mur, Enkrid pivota seulement le haut du corps, leva une main et prit la parole.
« Je me rends au palais royal. Qui ira empêcher entre-temps les troupes du vicomte Mernes d’entrer ? »
Il raccourcit ce que l’écuyer Ropord avait dit plus tôt et fit avancer les choses.
Peut-être que les événements destinés à se produire à grande échelle finissaient toujours par arriver, quoi qu’il en soit.
Le changement d’avis de Ropord avait suivi le même principe.
Que signifiaient ces paroles de l’homme assis sur le mur ?
Pourquoi se tenait-il lui-même ici ?
« Ragna, Dunbakel. »
Voyant le regard de l’écuyer Ropord changer, Enkrid appela les deux autres.
« Compris. »
« Hnh, pigé. »
Ils répondirent. Et juste au moment où Marcus commençait à raconter qu’il s’était passé quelque chose d’impossible au palais royal, un groupe d’assassins apparut.
« Poign… »
On aurait dit qu’ils avaient trouvé du miel sur ce mur, tant ils s’y tenaient encore une fois. L’assassin aux cheveux blancs et au monocle, au centre du groupe, venait tout juste de prendre la parole.
Enkrid se rua sur lui dès qu’il l’aperçut.
À quoi bon discuter ? À rien.
Il avait l’avantage du timing, et la différence de niveau était évidente. Il chargea, bondit sur le mur et abattit son épée depuis les hauteurs.
À l’instant où il frappa, une pensée fugace lui traversa l’esprit.
Mon épée est-elle plus précise qu’avant ?
Impossible à savoir.
Il ne sentait encore aucun changement dans son corps.
Pour l’assassin, quelque chose avait surgi brusquement, puis quelque chose était tombé droit sur lui.
Il n’essaya même pas d’esquiver et offrit sa tête à la lame.
Boum, crac !
La lame qui s’abattait lui fendit le crâne à la verticale. Les morceaux de son crâne éclatèrent sur les côtés, tandis que le sang et la matière cérébrale dégoulinaient le long de la trajectoire de l’épée.
Après en avoir tué un, Enkrid bondit en arrière.
Tuk-tuk-tuk.
Trois dagues et cinq fléchettes volèrent là où il se trouvait un instant plus tôt.
Enkrid les esquiva comme s’il s’y était attendu, puis prit la parole.
« Je vous préviens tout de suite : vous m’avez poignardé. Le contrat est donc rempli. Ça m’a fait mal, oui, très mal. C’est bien ce que vous aviez commandé, non ? J’ai même encore la cicatrice, là. »
Tout en parlant, il leva le bras gauche.
Son avant-bras était bien sûr enveloppé dans sa protection ; aucune cicatrice n’était visible.
« Ce putain de taré. »
Un autre assassin marmonna.
« Quelle insulte sans imagination. »
Enkrid répondit avec désinvolture. Il avait un don inné pour faire enrager les gens.
« Toi ! »
L’homme ne pouvait que se mettre en colère.
Les assassins étaient experts en attaques furtives.
Quand les choses tournaient mal, ils tailladaient, poignardaient et tuaient. À quelle fréquence devaient-ils donc provoquer quelqu’un avec des mots ?
Et ils étaient rarement la cible de ce genre de railleries.
C’était donc efficace.
Qu’importait leur niveau, il attirait naturellement tous les regards des assassins sur lui.
Un coup d’épée et quelques paroles. C’était tout ce qu’il avait fallu.
À un moment donné, Jaxon avait déjà disparu. Même sans qu’on le lui dise, il savait quoi faire.
L’assassin aux cheveux blancs et au monocle, au centre, serra les dents et cria :
« Les informations ont fuité ! Réagissez, tous ! »
Enkrid avait réagi trop vite. À ses yeux, personne n’aurait pu le faire sans avoir été prévenu à l’avance.
Et c’était quoi, ces absurdités qu’il avait débitées ensuite ?
Poignardé ? Où ça ? Attends.
Après un instant, il crut comprendre.
Il parlait du contrat.
Ils avaient ordonné qu’on le tue, et il prétendait que le simple fait de le poignarder suffisait.
Alors pourquoi réclamait-il des insultes plus imaginatives ?
Tout ça n’avait aucun sens.
Dès le début, il était venu pour se battre.
Il était lui aussi l’un des chefs de l’Alliance des assassins. Il savait se battre quand c’était nécessaire.
Bien sûr, tout cela n’était arrivé que parce qu’Enkrid avait répété cette journée, mais il n’avait aucun moyen de le savoir.
Les mêmes schémas de mouvement se reproduisirent. Enkrid se rappela combien d’années d’entraînement ces assassins avaient derrière eux.
Ne commençaient-ils pas presque toujours les combats de la même façon, quelle que soit la situation ?
Les lanceurs lançaient leurs projectiles. Ceux qui devaient décrocher décrochaient. Les utilisateurs de poison employaient leur poison.
Pendant ce temps, Jaxon agissait un peu différemment au cours de chacune de ces trois journées.
La première fois, il avait semé le chaos avec une épée longue. Cette fois, avant que quiconque ne s’en aperçoive, il courait déjà sur le mur, un stylet dans chaque main.
Du sang giclait des lames effilées.
Il avait déjà poignardé quatre assassins à mort.
Enkrid trouva cela étrangement fascinant.
Les réactions de l’ennemi étaient les mêmes, alors pourquoi Jaxon agissait-il différemment à chaque fois ?
S’adapte-t-il à mes mouvements ?
Ce n’était qu’un instinct, mais Enkrid était convaincu d’avoir raison.
« Attaquez d’abord de ce côté ! »
Le cri venait d’ailleurs, pas de l’homme aux cheveux blancs. Il visait Jaxon.
Cette réaction s’expliquait par le danger que représentait Jaxon.
En voyant cela, Enkrid se faufila hors du combat et appela Grands Yeux.
« Emmène-moi. »
Alors qu’il courait vers l’extérieur du manoir, Grands Yeux vint se placer à ses côtés.
Marcus était en selle à l’entrée du manoir.
Enkrid lui avait fait signe de ne pas descendre. Marcus avait donc dirigé son cheval vers lui.
C’était la troisième fois qu’il vivait cette journée.
Enkrid jugea que c’était préférable à cacher Marcus quelque part.
La plupart de ses décisions ressemblaient à celles de la première journée, mais rien ne pouvait être parfait.
Depuis le début, il avait toujours fait le meilleur choix possible, en misant tout sur cette journée, même s’il la répétait.
Rien ne peut être parfait.
Il le savait. Il n’avait donc qu’à l’accepter.
« Où vas-tu te cacher ? »
« Je peux me débrouiller seul. Mon seigneur est retenu au palais royal. On dirait que l’ordre de chevalerie s’en est mêlé. »
« Oui, je sais. »
« … Quoi ? »
Dududududu.
Les sabots qui accéléraient couvrirent la suite des paroles de Marcus.
Marcus s’écarta lui aussi rapidement.
Il avait clairement l’intention de se cacher par ses propres moyens.
Pendant une brève accalmie, il déchira même sa chemise et s’en servit pour bander fermement son bras blessé.
La blessure n’était pas grave au point de nécessiter des soins immédiats.
Enkrid continua de chevaucher sur la route extérieure en direction du palais royal, éliminant les obstacles au passage.
« Ouah. »
Il eut même le temps d’apercevoir le visage stupéfait d’un soldat avant de passer à toute vitesse.
Quand Grands Yeux s’arrêta, Enkrid accompagna son mouvement et bondit de côté, presque comme s’il s’envolait. Même Grands Yeux parut surpris.
Comme s’il lui demandait : toi aussi, tu sais faire ça ?
« Merci. »
Enkrid le remercia d’un ton bourru, puis s’avança dans le palais royal.
En chemin, un vieil ennemi sortit comme pour l’accueillir.
« Toi… »
Flac !
Avant qu’il ait pu finir sa phrase, Enkrid bondit avec une brève poussée de Volonté et lui trancha la tête avec Silver.
La tête décapitée s’écrasa contre le mur blanc et bien entretenu du jardin du palais.
Dans un bruit humide, le sang éclaboussa le mur.
Avant que l’instructeur et ses hommes, qui débitaient leurs conneries, aient pu réagir, Enkrid se jeta au milieu d’eux.
Toujours comme un loup solitaire, il poignarda et abattit la meute qui s’était comportée en chiens.
Après avoir parlé à la servante, il garda le même rythme et s’enfonça plus loin dans le palais, où il rencontra le mur aux cheveux orange.
« Oui, tu n’iras pas plus loin. Commençons. »
Enkrid lança ces mots en courant.
Avant qu’Aisia ait pu dire quoi que ce soit, il pointa sa lame vers elle.
Visée de la pointe de l’épée.
Enkrid abattit son épée vers cette pointe.
Le début et la fin de ce combat ne furent guère différents des fois précédentes. Il n’était toujours pas assez fort pour surpasser Aisia.
La seule différence, c’était que l’homme qu’il avait vu le premier jour ne reparut jamais.
À la place, dès qu’elle eut vaincu Enkrid, Aisia se retourna aussitôt.
« Je dois vérifier quelque chose. »
Elle tourna les talons et partit, sans jamais revenir. Puis vint l’obscurité.
Ensuite, la répétition, et encore la répétition.
Enkrid continua à faire la même chose.
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